Les tueries et massacres de la guerre israélo-arabe de 1948 font référence aux meurtres de civils ou de soldats désarmés, palestiniens et israéliens, qui se produisirent entre et durant la Première Guerre israélo-arabe.
La guerre causa la mort d’environ , civils et militaires dont environ 12 000 Arabes, soit environ 2 % de la population de la Palestine. Sur ces 12 000 victimes, plusieurs dizaines de Juifs et probablement plusieurs milliers d'Arabes perdirent la vie lors de massacres Benny Morris, 1948. A History of the First Arab-Israeli War, cite les chiffres de à morts chez les Juifs pour une population de personnes et rapporte les chiffres de Mohammed Amin al-Husseini qui parle de morts chez les Palestiniens ; il cite également le chiffre de 800 personnes massacrées côté Palestiniens ; , il rapporte côté juif 150 prisonniers massacrés à Kfar Etzion et 39 civils lors des incidents de la raffinerie de Haïfa. Avec les 79 morts du convoi de l’hôpital Hadassah, on arrive à environ personnes massacrées durant la guerre. Sur l’ensemble de la guerre plus de et prisonniers de guerre arabes sont tués.. La liste ci-dessous recense 70 massacrés de Palestiniens.
Événements Contexte
Après une trentaine d’années de conflit nationaliste en Palestine mandataire entre Arabes palestiniens et Juifs sionistes et tandis qu’aucun accord ne peut être trouvé entre les parties, les Britanniques décident en de remettre à l'ONU le mandat qui leur a été donné pour administrer le pays.
À la suite de cette décision, le , l’Assemblée générale des Nations unies vote le Plan de partage de la Palestine alors sous mandat britannique.
Le vote est immédiatement suivi d’une flambée de violence où les Arabes palestiniens, soutenus par l’Armée de libération arabe, et les Juifs palestiniens s’affrontent tandis que les Britanniques cessent de maintenir l'ordre.
Le , une guerre régulière succéda à la guerre civile quand la Jordanie, l’Égypte, la Syrie et l’Irak envoient des corps expéditionnaires en Palestine pour y combattre les Israéliens.
Ampleur Massacres En fonction des sources et de la définition qu’on donne au terme, entre 10 et se produisirent durant la guerre de 1948 Benny Morris, , , 2008, . Jawad (2007), , in E. Benvenisti & al, , Berlin, Heidelberg, New-York : Springer, .Rosemary Esber, Under the Cover of War: The Zionist Expulsion of the Palestinians, Section , 2009, ..
Selon Benny Morris, les Israéliens furent responsables de durant la guerreMorris, Benny (2004), interviewé par Ari Shavit, , Haaretz.. Aryeh Yizthaki rapporte majeurs (c’est-à-dire qui firent plus de chacun) Rosemary Esber (2009), .. Le chercheur palestinien Salman Abu-Sitta en rapporte 33, dont la moitié se produisirent durant la période de guerre civile, c'est-à-dire avant l'intervention des armées arabes dans le conflit. Enfin, Saleh Abdel Jawad liste où des actes de tueries sans discrimination de prisonniers et de civils ne présentant aucune menace contre les soldats israéliens furent commis Saleh Abdel Jawad (2007), , in E. Benvenisti & al, , Berlin, Heidelberg, New-York : Springer, ..
Les principaux massacres perpétrés par les Arabes palestiniens et les soldats arabes furent ceux de la raffinerie d’Haïfa quand furent tués et le massacre de Kfar Etzion où un nombre indéterminé des combattants faits prisonniers furent massacrés par des irréguliers arabes. Le massacre du convoi de l’hôpital Hadassah est souvent cité comme autre exemple de massacre car, bien qu’il visât un convoi de ravitaillement armé, il inclut dans ses de nombreux membres désarmés du personnel médical et des patients Yoav Gelber (2006), , .Karsh (2002), ..
Sur l’ensemble de la guerre « les troupes du Yichouv assassinèrent probablement plus de et prisonniers de guerre arabes ». La plupart des tueries et des massacres se produisirent lors de la capture de villages durant la période de guerre civile et durant les opérations Dani, Hiram et Yoav. Rosemary Esber rapporte l’affirmation d’Aryeh Yitzhaki, un historien israélien qui fut directeur des archives de Tsahal et qui écrit que . Selon Ilan Pappé, dans le contexte de ce qu’il nomme un nettoyage ethnique qui Ilan Pappé, , 2006, ..
Tant les archives israéliennes que les témoignages palestiniens attestent que des atrocités se produisirent dans de nombreux villages.
Les « pires exemples » furent les massacres de Saliha (70 à ), de Deir Yassin (environ ), de Lydda (environ ), d’ (des centaines de morts) et d’Abou Shousha (), Haaretz, .. De son côté, Saleh Abdel Jawad rapporte le témoignage du mukhtar du village d’al-Dawayima Pappé (2006), . selon lequel , dont et enfants furent tués au cours du massacre commis dans son villageSaleh Abdel Jawad (2007), , E. Benvenisti & al, , Berlin, Heidelberg, New-York : Springer, ..
Après des années de controverse, le massacre d'al-TantouraPappé (2006), .Yoav Gelber (2006), - , . a été confirmé en par des vétérans de la brigade Alexandroni dans un documentaire d'Alon Schwarz. Plus de 200 civils auraient été massacrés après la reddition du village.
Attentats à la bombe
Au début de la guerre civile, les milices juives organisèrent plusieurs attentats à la bombe. À la mi-décembre, l’Irgoun commet plusieurs attentats ; le 12, elle fait exploser une voiture piégée en face de la porte de Damas, provoquant la mort de Karsh (2002), . ; d’autres attentats suivent le 13, dont un au cinéma L’Alhambra de Jaffa. Le , le Lehi fit exploser un camion devant l’hôtel de ville de Jaffa abritant le quartier général d'al-Najjada, tuant et en blessant 80 dont 20 gravementYoav Gelber, Palestine 1948, .Walid Khalidi cite le chiffre de tués en plus des cibles militaire dans , 1984. et photos . Benny Morris, , , .. La nuit du 6 au , à Qatamon dans la banlieue de Jérusalem, la Haganah fit exploser l’hôtel Semiramis dont ses services de renseignement avaient signalé qu’il abritait des miliciens arabes ; sont tuéesBenny Morris, , .. Le , à Jérusalem, des membres de l’Irgoun lancèrent une bombe à un arrêt de bus, tuant Dominique Lapierre et Larry Collins, Ô Jérusalem, .. Le , une bombe de l’Irgoun explosa dans le marché de Ramla, provoquant la mort de et en blessant 45Site internet de l’Ambassade d’Israël à Londres se référant à Zeez Vilani, .. Le , le Palmach, troupe d'élite de la Haganah, commit un attentat à la voiture piégée dans un garage arabe à Haïfa, faisant et dans le camp arabeBenny Morris, , ..
Le , des hommes d’Abd al-Kader al-Husseini organisèrent avec l’aide de déserteurs britanniques trois attaques contre des Juifs . Des voitures piégées explosèrent devant les bureaux du , dans le marché de la rue Ben Yehuda et dans l’arrière-cour des bureaux de l’Agence juive. Ils firent respectivement 22, 53 et juivesYoav Gelber (2006), .Efraïm Karsh, 2002, ..
Pendant les premiers mois de 1948, la ligne de chemin de fer entre Le Caire et Haïfa fut souvent prise pour cible. Le , elle fut minée près de Binyamina, une implantation juive au voisinage de Césarée. L’explosion tua et en . Les pertes furent toutes civiles, principalement arabes bien qu’il y eut quelques soldats dans le train qui ne furent pas blessés. Le et le attribuèrent les attaques au Lehi, ., ..
Causes Benny Morris considère que les tueries et les massacres qui se produisirent lors de la guerre sont un événement qui accompagne toujours les guerres dans des circonstances analogues.
Pendant la guerre civile, la Haganah avait reçu l’ordre d’éviter toute action à l’encontre des femmes et des enfants mais l’Irgoun et le Lehi ne pratiquèrent quant à eux aucune discrimination. De l’autre côté, les « milices arabes palestiniennes ciblaient souvent délibérément les civils ». Du fait que les Britanniques ne s’étaient pas encore retirés, les deux camps ne purent pas établir des camps de prisonniers et en conséquence, n’en firent pas.
Pendant la guerre régulière, après le , les armées combattantes furent plus ou moins disciplinées et les « tueries de civils ou de prisonniers de guerre stoppèrent quasiment, à l’exception d’une série d’atrocités commises par les troupes de l’armée israélienne ».
Le , deux jours avant la fin du mandat britannique, la Légion arabe n'empêcha pas des milices de massacrer des prisonniers juifs à la suite de la chute de Kfar Etzion.
Selon Benny Morris, en dépit de leur rhétorique, les armées arabes perpétrèrent peu d’atrocités et aucun massacre de prisonniers à grande échelle bien qu’ils eurent l’occasion de le faire quand ils prirent la Vieille Ville de Jérusalem ou les implantations d’, Neve Yaakov, Nitzanim, et Mishmar-Hayarden. Au contraire d’ailleurs, le , quand les combattants et les habitants de la Vieille Ville se rendirent et tandis qu’ils craignaient pour leur vie, les soldats de la Légion arabe les protégèrent de la foule et abattirent des émeutiers arabes pour éviter des débordements Benny Morris, , , 2008, ..
En ce qui concerne les massacres perpétrés par l’armée israélienne à la fin de la guerre et particulièrement durant l’Opération Hiram au cours de laquelle une dizaine de massacres se produisirent, un manque de discipline ne peut pas expliquer les événementsYoav Gelber (2006), .. Yoav Gelber souligne et le fait que ces derniers n’avaient pas fui comme lors des opérations précédentes. Benny Morris pense que les massacres furent motivés par un sentiment de .
Pour expliquer la différence dans le nombre de tueries et de massacres de part et d’autre, Benny Morris souligne que . Il considère aussi que les belligérants se comportèrent relativement bien et que la .
Conséquences
Selon les historiens, qu’ils soient délibérés ou non, les massacres eurent une influence importante sur l’exode de la population arabe palestinienne au cours de la guerre par la terreur qu’ils suscitèrent dans cette dernière, souvent livrée à elle-même, faute de structures dirigeantes et sujette à la propagande adverse.
Le massacre de Deir Yassin participa également fortement à la décision des États arabes d’intervenir contre Israël le alors que ceux-ci n’en avaient pas la ferme intention. Le chef de la Ligue arabe, Abdul Rahman Hassan Azzam déclara que Tom Segev, , 1986, ..
Évolutions historiographiques Avertissements et menaces arabes À l'encontre des Juifs de Palestine Après le vote du plan de partage, certains dirigeants arabes menacèrent la population juive, invoquant ou de débarrasser la Palestine .
Selon l’historiographie israélienne traditionnelle, ces propos reflétaient les intentions arabesMitchell Bard, , sur le site de la .Benny Morris (2008), .. Bien que Benny Morris considère l’image à donner aux intentions arabes comme plus complexe, notamment parce qu’ils étaient bien conscients qu’ils ne pourraient vaincre les Juifs, il souligne que le Yichouv était menacé d’extermination et craignait ce qui se passerait si les Arabes venaient à gagnerBenny Morris (2004), .. Yoav Gelber voit néanmoins ces déclarations publiques comme et considère que yoav Gelber, , Automne 2008, ..
À l'encontre des Juifs d'en dehors de Palestine Dans le contexte du vote du plan de partage, les populations juives des pays arabes en dehors de Palestine furent également menacées. Le , le délégué égyptien aux Nations unies déclara que Malka Hillel Shulewitz (2000), .. Dans les faits, la déclaration de partition servit de prétexte à un pogrom à Aden où le , furent massacrésReuben Ahroni, , Brill, 1994, ..
Dans son édition du , le rapporta un mémorandum du Congrès juif mondial exprimant ses craintes relatives à cette situation dans un article intitulé : , 16 mai 1948, consultable ici.. Au Caire en Égypte, entre juin et , plusieurs attentats à la bombe eurent lieu. Certains suivaient les attaques aériennes de la ville par l’armée israélienne et causèrent la mort d’une centaine de Juifs, , , 1998, ..
« Pureté des armes »