Le , généralement abrégé HTML ou, dans sa dernière version, HTML5, est le langage de balisage conçu pour écrire les pages web. Il s'agit d'un format ouvert très utilisé en informatique.

Comme son nom l'indique, HTML permet d’écrire de l’hypertexte. Il permet aussi de structurer sémantiquement le texte, de créer des formulaires de saisie, d’inclure des ressources multimédias dont des images, des vidéos et des programmes informatiques. Il a été conçu pour créer des documents interopérables avec des équipements informatiques variés ; l’accessibilité du web est ainsi accrue en supportant des équipements destinés aux handicapés.

HTML est souvent utilisé conjointement avec le langage de programmation JavaScript et des feuilles de style en cascade (CSS). Il est inspiré du (SGML).

Dénominations L’anglais « » se traduit en « langage de balisage d’hypertexte ».. On utilise généralement le sigle « HTML », parfois même en répétant le mot « langage » comme dans « langage HTML ». est parfois écrit pour marquer le T du sigle HTMLPar exemple dans la recommandation HTML 3.2.

Le public non averti parle parfois de HTM au lieu de HTML, HTM étant l’extension de nom de fichier tronquée à trois lettres, une limitation d’anciens systèmes d’exploitation de Microsoft.

Évolution du langage

Résumé Durant la première moitié des années 1990, il n'existe pas de norme du langage et son évolution est dictée par la mise en œuvre des navigateurs Web populaires. En 1995, la décrit , le premier standard pour HTML. Suivent en 1997 les recommandations du World Wide Web Consortium (W3C) et . Le W3C fonde ensuite HTML sur XML, et publie en 2000 et en 2001. L'orientation technique choisie pour la suite du développement de XHTML n'est pas partagée par les fabricants de navigateurs web, et c'est le Web Hypertext Application Technology Working Group (WHATWG) fondé en 2004 qui développe ce qui devient la version suivante du langage, HTML5. Depuis 2007 le W3C travaille avec le WHATWG, et depuis 2019 seul le standard évolutif du WHATWG, appelé HTML living standard, fait référence.

1989-1993 : Origines HTML est une des trois inventions fondatrices du , avec le (HTTP) et les adresses web (URL). HTML a été inventé pour écrire des documents hypertextuels liant les différentes ressources d’Internet avec des hyperliens. Aujourd’hui, ces documents sont appelés « page web ». En , lorsque Tim Berners-Lee annonce publiquement le web sur Usenet, il ne cite que le langage (SGML), mais donne l’URL d’un document de suffixe .html.

Dans son livre Tim Berners-Lee, Mark Fischetti, , Londres, Texere, 2000, ., Tim Berners-Lee décrit la décision de fonder HTML sur comme étant aussi « diplomatique » que technique : techniquement, il trouvait trop complexe, mais il voulait attirer la communauté hypertexte qui considérait que était le langage le plus prometteur pour standardiser le format des documents hypertexte. En outre, était déjà utilisé par son employeur, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN).

Hormis les hyperliens, plusieurs des premiers éléments du langage HTML viennent de SGML. Ils sont notamment utiles pour structurer sémantiquement la documentation technique. Ils comprennent :

le titre du document (entre les balises <TITLE> et <code></TITLE></code>) ; des sous-titres de 6 niveaux de H1 à H6 ; les paragraphes P ; les listes numérotées OL, non numérotées UL, et leurs éléments LI ; les hyperliens A.

La description de HTML est alors assez informelle et principalement définie par le support des navigateurs web contemporains. En Tim Berners-Lee crée la liste de diffusion WWW-talk où les sujets concernant le World Wide Web, dont HTML, peuvent être publiquement discutés. Dan Connolly a aidé à formaliser HTML en application de SGML James Gillies, Robert Cailliau, , Oxford, , 2000, ..

1993 : Apports de NCSA Mosaic L’état de HTML correspond alors à ce que l’on pourrait appeler . Il n’existe cependant aucune spécification portant ce nom, notamment parce que le langage était en pleine évolution. Un effort de normalisation était cependant en cours , , , sur w3.org.. À partir de fin 1993, le terme HTML+ est utilisé pour désigner la version future de HTML. Malgré l’effort de normalisation ainsi initié et jusqu’à la fin des , HTML est principalement défini par les implémentations des navigateurs web.

Avec le navigateur , HTML connaît deux inventions majeures :

d’abord l’invention de l’élément IMG dans permet d’intégrer des images (dans un premier temps, uniquement aux formats GIF et XBM) aux pages web ; ensuite l’invention des formulaires () rend le web interactif en permettant aux visiteurs de saisir des données dans les pages et de les envoyer au serveur web. Cette invention permet notamment de passer des commandes, et donc d’utiliser le web pour faire du commerce électronique.

1994 : Apports de Netscape Navigator Avec l’apparition de 0.9 le , le support de nombreux éléments de présentation est ajouté : attributs de texte avec FONT, clignotement avec BLINK, centrage avec CENTER

Le développement de HTML prend alors deux voies divergentes :

d’une part, les développeurs de navigateurs s’attachent à maximiser l’impact visuel des pages web en réponse aux demandes des utilisateursMarc Andreessen, créateur de , déclarait dès 1993 sur la liste de discussion www-talk : HTML Spec, daté du . ; d’autre part, les concepteurs du Web proposent d’étendre les capacités de description sémantique (logos, notes de bas de page) et les domaines d’applications (formules mathématiques, tables) de HTML.

Les concepteurs suivent les principes de SGML consistant à laisser la présentation à un langage de style. En l’occurrence, les feuilles de style en cascade (CSS) sont prévues pour HTML. En , le (W3C) nouvellement fondé propose le résultat de ses recherches sur HTML+ : le brouillon . Il comprend notamment le support des tables, des figures et des expressions mathématiques. Ce brouillon expire le sans donner de suites directes. Seul le support des tables est rapidement intégré aux navigateurs, notamment parce qu’il accroît beaucoup les possibilités de mise en page.

Outre la multiplication des éléments de présentation, les logiciels d’alors produisant et consommant du HTML conçoivent souvent les documents comme une suite de commandes de formatage plutôt que comme un marquage représentant la structure en arbre aujourd’hui appelée (DOM). Le manque de structure du HTML alors mis en œuvre est parfois dénoncé comme étant de la « soupe de balises », .

1995-1996 : HTML 2.0 Fin 1995, le décrivant est finalisé. Le principal éditeur est Dan Connolly. Ce document décrit HTML tel qu’il existait avant , donc sans les nombreuses additions de .

1997 : HTML 3.2 et 4.0

Le , le W3C publie la spécification . Elle décrit la pratique courante observée début 1996, donc avec une partie des additions de Netscape Navigator et d’Internet Explorer. Ses plus importantes nouveautés sont la standardisation des tables et de nombreux éléments de présentation. précède de peu et contient des éléments en prévision du support des styles et des scripts.

Le , le W3C publie la spécification qui standardise de nombreuses extensions supportant les styles et les scripts, les cadres () et les objets (inclusion généralisée de contenu). apporte également différentes améliorations pour l’accessibilité des contenusLa W3C a lancé en 1997 les premiers travaux de son Initiative pour l’Accessibilité du web (WAI), qui entame alors l’élaboration de ce qui allait devenir les premières Directives pour l’Accessibilité des Contenus web (WCAG), essentiellement consacrées à l’accessibilité des documents HTML. dont principalement la possibilité d’une séparation plus explicite entre structure et présentation du document, ou le support d’informations supplémentaires sur certains contenus complexes tels que les formulaires, les tableaux ou les sigles. introduit trois variantes du format, destinées à favoriser l’évolution vers un balisage plus signifiant, tout en tenant compte des limites temporaires des outils de production : la variante stricte () exclut des éléments et attributs dits « de présentation », destinés à être remplacés par les styles CSS, ainsi que les éléments applet et frame qui sont remplacés par l’élément object conçu pour être plus apte à l’interopérabilité et à l’accessibilité ; la variante transitoire () étend la variante stricte en reprenant les éléments et attributs dépréciés de , dont les éléments de présentation sont couramment utilisés par les éditeurs HTML de l’époque ; la variante normalise la technique des jeux de cadres composant une ressource unique à partir de plusieurs pages web assemblées par le navigateur. Ces variantes perdurent par la suite sans modifications notables en et dans le format de transition issu de HTML. La dernière spécification de HTML est la datant du . Elle n’apporte que des corrections mineures à la .

2000-2010 : XHTML

En 1998, Extensible Markup Language (XML) est standardisé, et génère un fort engouement chez les professionnels. Le développement de HTML en tant qu’application du (SGML) est officiellement abandonné au profit de XHTML, application de (XML). En 2000, XHTML 1.0 est standardisé ; il s'agit d'une simple reformulation de HTML 4 en XML.

Cependant, en 2004, des éditeurs de navigateurs webL’initiative vient d’ et de Mozilla, rejoints par la suite par Apple, http://www.w3.org/2004/04/webapps-cdf-ws/papers/opera.html. créent le (WHATWG) dans le but, notamment, de relancer le développement du format HTML et de répondre aux nouveaux besoins sur une base technologique jugée plus aisément implémentable que celle du en cours de conception. Ceci s’inscrit dans le contexte d’une contestation plus générale du mode de fonctionnement du W3C, réputé trop fermé par une partie des développeurs et designers web Jeffrey Zeldman, , mis en ligne le ..

Le développement de est initialement poursuivi en parallèle, en réponse aux besoins d’autres secteurs du web, tels que les périphériques mobiles, les applications d’entreprise et les applications serveurs, Communiqué du W3C, .. Puis, en , le W3C décide la non-reconduction du à la fin 2009.. XHTML 2.0 est retiré le .

De 2007 à 2019 : HTML 5

En , tirant la conséquence des réticences d’une partie de l’industrie et des concepteurs de contenus web face à Tim Berners Lee écrivait dès : , http://dig.csail.mit.edu/breadcrumbs/node/166., le W3C relance le développement de HTML et crée un nouveau groupe de travail encadré par Chris Wilson (Microsoft) et initialement Dan Connolly (W3C), puis Michael Smith (W3C).

Il s’agit notamment : de faire évoluer HTML pour décrire la sémantique des documents mais aussi les applications en ligne ; de parvenir à un langage extensible via XML tout en maintenant une version non-XML compatible avec les analyseurs syntaxiques () HTML des navigateurs contemporains ; et d’enrichir les interfaces utilisateurs avec des contrôles spécifiques : barres de progrès, menus, champs associés à des types de données spécifiques. Les travaux du WHATWG ont été formellement adoptés en comme point de départ d’une nouvelle spécification , sur w3.org.. Ce document , http://www.w3.org/TR/html5/. a été publié sous forme de le . Parmi les principes de conception évoqués par le groupe de travail figurent en particulier , sur w3.org. : la compatibilité des futures implémentations HTML avec le contenu web existant, et la possibilité pour d’anciens agents utilisateurs d’exploiter les futurs contenus ; une approche pragmatique, préférant les évolutions aux modifications radicales, et adoptant les technologies ou pratiques déjà largement partagées par les auteurs de contenus actuels ; la priorité donnée, en cas de conflit d’intérêts, aux besoins des utilisateurs sur ceux des auteurs, et par suite, à ceux des auteurs sur les contraintes d’implémentation par les navigateurs ;