thumb|Un centre de valorisation des déchets en Côte d'Ivoire. La valorisation ou revalorisation des déchets est un ensemble de procédés par lesquels un déchet matériel est transformé en un autre produit, matériel ou énergétique. Ce deuxième cas designe la valorisation énergétique. En gestion des déchets, la valorisation est généralement considérée comme une solution préférable à l'élimination.
Dans la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte votée en , le gouvernement français appelle ainsi à favoriser la production d'énergie issue de la valorisation des déchets lorsqu'ils ne sont pas recyclables.
Certaines techniques de valorisation font l'objet de controverses, notamment quand il s'agit de tri mécano-biologique ou d'unités d'incinération des ordures ménagères (UIOM) et de leurs impacts de santé publique.
Fractions à traiter Importance du tri à la source En l'absence de sélection ou de tri à la source, les collectivités territoriales qualifient les déchets d'ordures ménagères résiduelles (OMR). Du point de vue du contenu des poubelles ménagères, les déchets non triés posent une difficulté considérable de traitement, ce qui rend le tri des ménages aussi important. En général, les ordures ménagères résiduelles (celles ne pouvant être triées car amalgamées avec d'autres déchets) se retrouvent ainsi dans des "décharges". Au fil des années, le concept de décharges a évolué. Les Centres de stockage et de déchets ultimes (CSDU) sont devenus des Installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND). Ce changement lexical reflète le cadre réglementaire plus étoffé.
Ces installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) sont soumises à autorisation. Malgré l'évolution législative, l'installation nouvelle d'une ISDND est généralement un facteur de conflits entre les habitants locaux, les entreprises et les collectivités comme l'a démontré une étude de ParisTech sur les conflits liés aux ISDND en Ile-de-France.
Traitement après tri à la source Deux natures de déchets, ou fractions, se distinguent : la fraction fermentescible des ordures ménagères (FFOM) ; le reste, ou fraction non fermentescible des ordures ménagères (FNFOM).
Chaque fraction peut se subdiviser en sous-fractions qui reçoivent chacune un traitement différent selon leur nature.
Traitement de la FFOM La fraction fermentescible des ordures ménagères pose une difficulté de collecte. En effet, il est difficile de conserver plus de trois à quatre jours un bioseau de déchets fermentescibles sans qu'il dégage des odeurs pestilentielles. La FFOM est riche en eau et il convient de la déshydrater en la déversant dans des bacs spéciaux : les compostainers. Ce sont des conteneurs à double paroi, le bac interne se terminant par une paroi horizontale ajourée qui laisse s'écouler les lixiviats au fond du conteneur externe qui est ventilé. Des déchets peuvent se conserver plus de quinze jours dans ces bacs aérés sans dégager d'odeurs méphitiques.
La FFOM peut être traitée par : compostage (traitement domestique ou industriel). ; méthanisation.
La FFOM doit être issue de déchets ménagers organiques triés à la source et être exempte de toute substance toxique. Le compostage domestique est aisé à pratiquer en habitat individuel pourvu d'un jardin. Le compostage industriel est pratiqué dans des installations de grande taille appelées plateformes de compostageCelle d'Aspiran dans l'Hérault traite les déchets de la communauté de communes du Centre-Hérault.. Plateformes de compostage ou usines de méthanisation font passer la FFOM dans des bioréacteurs stabilisateurs. Des déchets verts broyés sont mélangés à la FFOM ainsi que des débris de cartons. L'ajout de bois broyés tels que ceux des palettes est formellement déconseillé. Ces bois sont traités avec des biocides. Or, l'objectif final est d'obtenir un compost utilisable en agriculture.
Traitement de la FNFOM La fraction non fermentescible des ordures ménagères (FNFOM ou RESTE) est considérée par les industriels du recyclage comme la plus intéressante économiquement.
Le tri à la source évite à la FNFOM les souillures qui rendraient impropre à tout recyclage les composants de la FNFOM.
Chaque composant va faire l'objet d'un traitement approprié. Par exemple, à Montpellier, la filière DEMETER recueille d'importants tonnages de cartons et papiers qui font l'objet d'un acheminement par camions vers le port de Barcelone. Des usines chinoises traitent ces ballots pour en tirer des papiers de qualité revendus dans le monde.
Controverses
Les unités de traitement des ordures ménagères ou UTOM ont été au centre des débats du Grenelle de l'environnement et des Grenelle régionaux, bien que les associations de défense de l'environnement agréées (CNIID, WWF, France-Nature environnement) aient dû se battre bec et ongles pour obtenir que le problème et ses solutions vraiment écologiques soient pris en compte et apparaissent dans les conclusions. Le problème vient de ce que les industriels de la branche ont conçu des unités de traitement des ordures ménagères (UTOM) basées sur une législation datant d'avant le Grenelle. Le vieux procédé de l'incinération (combattu par de nombreuses associations), l'utilisation de décharges monstrueuses (décharge du Thôt de Lattes-Montpellier), les projets comme celui de Fabrégues (Hérault, abandonné maintenant) et des réalisations calamiteuses (Amétyst, Montpellier) permettent de classer ces solutions « miracles » comme des impostures écologiques. La preuve en est donnée chaque jour aux riverains de ces ensembles ou de ceux à venir. Il existe pourtant des solutions sérieuses et des constructeurs expérimentés.
Valorisation énergétique
L'expression valorisation énergétique consiste à récupérer et valoriser l'énergie produite lors du traitement des déchets par différents biais, parmi lesquels la combustion, la biomasse ou encore la méthanisation. L'énergie produite est ensuite utilisée sous forme de chaleur ou d'électricité. La valorisation peut aussi être effectuée directement (pour les déchets ménagers ou municipaux) ou elle peut être différée (pour les déchets industriels).
Dans son ouvrage, Dany Dietmannop. cit. Danny Dietmann, 2005 qualifie ce procédé (le feu purificateur) :
Une tonne de déchets ménagers incinérée demande la consommation de d'air nécessaires pour fournir l'oxygène nécessaire à la combustion. Elle produit : de fumées dont de CO2 (dioxyde de carbone.) et divers COV, HAP, dioxines ; de déchets humides (lavage des fumées) ; de mâchefers ; de REFIOM (métaux lourds, dioxines, etc.),
soit très toxiques en sortie à multiplier par le tonnage journalier, mensuel et annuel d'un tel UTOM ! Les filtrats des fumées et les mâchefers toxiques vont aller garnir les décharges de classe 1 ainsi que les décharges hydrauliques. Et la décharge atmosphérique ? Ce qui ne se voit pas n'est pas forcément inexistant.
La chaleur produite est volatile et ne peut être stockée, de même que l'électricité des moteurs de cogénération. Un bilan objectif du point de vue de l'environnement, effectué par les associations membres de commissions locales d'information et de surveillance (CLIS), montre que la pollution aux dioxines est effectiveAffaire des œufs contaminés aux environs de Lunel, Hérault, en 2007. Quel bénéfice exact ? L'intérêt écologique à long terme, face aux intérêts économiques à court-terme.
Tri mécanobiologique
Le tri mécanobiologique ou traitement mécano-biologique est une technique controversée visant à recycler ou optimiser le traitement des ordures ménagères résiduelles (OMR). À l'heure actuelle, le TMB fait l'objet de critiques des associations de défense de l'environnement comme de l'Ademe qui en précise les limites.
Sur 15 sites de TMB français, seuls quatre produisent un compost répondant à la norme NF U 44-051Norme NF-U-44-051.
Le tri mécanobiologique est le plus souvent utilisé pour « stabiliser » des OMR en les débarrassant de la FFOM, le reste (la FNFOM) ou « stabilisat » étant destiné à être enfoui dans des ISDND. Les stabilisats sont assimilés à des déchets non dangereux et ne devraient plus continuer à fermenter. Or, le plus souvent ils continuent leur fermentation, preuve qu'ils ne sont pas des déchets ultimes.
Réalisations industrielles Les procédés de valorisation industrielle des déchets incluent notamment l’incinération avec récupération d’énergie, permettant la production d’électricité et de chaleur pour des réseaux urbains. Ces installations sont généralement intégrées dans des dispositifs de gestion territoriale des déchets et s’inscrivent dans les objectifs de réduction de l’enfouissement. La méthanisation des déchets organiques constitue également une filière importante, produisant du biogaz utilisé comme source d’énergie renouvelable, ainsi que du digestat pouvant être valorisé en agriculture sous certaines conditions réglementaires. Varennes-Jarcy et son UTOM L’unité de tri-méthanisation-compostage de Varennes-Jarcy, située dans l’Essonne, constitue une installation industrielle de traitement des ordures ménagères résiduelles. Mise en service au début des années 2000, elle repose sur une combinaison de tri mécano-biologique, de méthanisation et de compostage. Le procédé permet la production de compost à partir de la fraction organique des déchets ainsi que la valorisation énergétique du biogaz produit sous forme d’électricité et de chaleur. Le site est exploité dans le cadre d’une délégation de service public et s’inscrit dans une logique de réduction de l’enfouissement et de valorisation matière et énergie des déchets. Montpellier et son UTOM « Amétyst » L’unité de tri-méthanisation Amétyst, située à Montpellier (quartier Garosud), est une installation industrielle de traitement des ordures ménagères résiduelles et des biodéchets. Mise en service en 2008, elle associe des étapes de tri mécano-biologique, de méthanisation et de compostage. Le procédé permet la production de biogaz valorisé sous forme d’électricité et de chaleur injectée dans le réseau de chauffage urbain, ainsi que la production de compost à partir de la fraction organique des déchets. L’installation s’inscrit dans la stratégie de valorisation matière et énergie des déchets de la métropole, visant à réduire le recours à l’enfouissement.
Sources Notes et références
Bibliographie
{a été traduit en français par Raymond GIMILIO}
Voir aussi Articles connexes Gestion des déchets Compostage (biologie) Méthanisation des déchets fermentescibles Recyclage Surcyclage Valorisation des déchets en matière plastique Valorisation des déchets en papier et en carton
Catégorie:Gestion des déchets