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Chronologie au Soudan
Janvier 2009 au Soudan
Février 2009 au Soudan thumb|right|Omar el-Béchir (février 2009) Lundi : Selon le ministère canadien des Affaires étrangères, une journaliste canado-égyptienne de 25 ans, Heba Aly, travaillant pour différents médias internationaux a été expulsée du Soudan vers Le Caire. Diplômée de l'université Carleton d'Ottawa, elle était arrivée au Soudan en juin dernier et collaborait notamment avec les agences Bloomberg et Irin - l'organe de presse humanitaire de l'ONU - ainsi qu'avec le Christian Science Monitor. Depuis début janvier, son permis de travail n'avait pas été prorogé et elle travaillait donc sans papiers en règle, les autorités soudanaises lui avait alors enjoint de quitter le pays dans les plus brefs délais Le Figaro.fr, Soudan : une journaliste expulsée .
Mercredi : Le président chinois Hu Jintao réaffirme son soutien au président Omar el-Béchir accusé de crimes de guerre au Darfour : « Les relations sino-soudanaises ont traversé des vicissitudes internationales mais ont réussi à se développer sans problèmes […] La Chine respecte la souveraineté et l'intégrité territoriale du Soudan et soutient ses efforts pour réaliser la réconciliation nationale ».
Jeudi : Le Soudan, soutenu par des pays arabes et africains, renouvelle son appel au Conseil de sécurité de l'ONU pour qu'il suspende pendant un an toute procédure légale internationale contre le président Omar el-Béchir, accusé de génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, par le procureur Luis Moreno-Ocampo de la Cour pénale internationale.
Mardi : Au Qatar, début des pourparlers en vue d'une conférence de paix sur le Darfour entre le gouvernement de Khartoum et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), le plus actif des groupes rebelles de la province de l'ouest du Soudan. Le représentant du JEM, Gibril Ibrahim, pose comme conditions premières et de confiance, la participation de son mouvement au gouvernement central de Khartoum, le démantèlement des milices pro-gouvernementales au Darfour, la libération des prisonniers du JEM et la garantie d'une distribution sans difficulté de l'aide humanitaire. Il demande aussi que son mouvement puisse « conserver ses combattants au Darfour pendant une période transitoire avant un accord final qui permettrait de les intégrer dans les forces régulières ».
Jeudi : Les juges de la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) décident d'émettre un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir, pour les crimes commis au Darfour, où près de trois cent mille personnes ont péri depuis 2003. Les juges ont notamment demandé la liste des pays dont la coopération sera sollicitée pour arrêter le président soudanais, qui fera, de fait, l'objet d'un avis de recherche s'il refuse de se présenter à la CourLe Monde.fr, La CPI va inculper le président du Soudan, Omar Al-BachirLe Monde.fr, Le président soudanais sera-t-il un jour jugé par la CPI.
Mercredi : Décès en exil à Londres de l'écrivain Tayeb Saleh (80 ans) considéré comme un des plus grands écrivains en langue arabeLe Figaro.fr, Décès de l'écrivain Tayeb SalehLe Monde.fr, Pour saluer Tayeb Salih.
Dimanche : Le président Omar el-Béchir est au Caire pour une visite officielle au président Hosni Moubarak qui estime qu'un « mandat d'arrêt contre le président Béchir aurait des conséquences dangereuses sur la situation au Darfour et au Soudan en général »Le Monde.fr, L'Égypte ne veut pas d'un mandat d'arrêt contre Omar El-Béchir.
Mars 2009 au Soudan Mardi : Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo affirme avoir de lourdes preuves contre le président Omar el-Béchir : « Nous avons plus de trente différents témoins qui diront comment il a tout dirigé et contrôlé ». Le président soudanais pourrait ainsi faire l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes de guerre, crimes contre l'humanité et génocide au Darfour, ce qui serait le premier mandat d'arrêt contre un chef d'État lancé par la CPI, en fonction depuis 2002.
Mercredi : Le Parlement de la Mauritanie condamne le lancement par la Cour pénale internationale (CPI) d'un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir pour « crime contre l'humanité au Darfour » : « Nous exprimons notre solidarité avec le président et le peuple soudanais face à cette injustice et demandons aux parlements dans le monde de faire bloc contre cette décision et d'œuvrer à son annulation, sur le plan pratique et politique ». Les parlementaires accusent les États-Unis d'utiliser la CPI comme « un simple outil politique contre les Arabes et Africains », avec « deux poids et deux mesures », rejettent « l'idée même de faire cas des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre commis par Israël à Gaza et au Liban ainsi que par Washington en Irak et en Afghanistan » et affirmant que la Cour a ainsi « prouvé combien cette juridiction a été politisée à outrance et combien elle a perdu son indépendance et sa crédibilité ».
Jeudi : Quelque dix mille personnes participent au centre de Khartoum à la manifestation de soutien au président Omar el-Béchir visé par la mandat d'arrêt de la CPI. Ils ont conspué le procureur de la CPI, les États-Unis, le Royaume-Uni et les « juifs ». Dans son discours, le président a déclaré : « Les véritables criminels sont les leaders des États-Unis et de l'Europe [… Les États-Unis] ont perpétré des génocides contre les Amérindiens, à Hiroshima et au Vietnam ». Il accuse la CPI et les organisations internationales de « néo-colonialisme » et appelle les États africains de quitter la CPI. Il annonce sa décision d'expulser une dizaine d'organisations non gouvernementales accusées d'avoir « violé la loi »Le Monde.fr, Bachir : "Les criminels sont les leaders des États-Unis et de l'Europe". Le chef de la délégation soudanaise auprès de l'Union africaine demande aux États africains de quitter la CPI, au cours d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'organisation continentale, à Addis Abeba. Il a également demandé au Conseil « de publier une décision claire et de rejeter dans les termes les plus forts la décision de la CPI ». Il demande l'organisation d'un sommet d'urgence sur cette question au niveau des chefs d'État et de gouvernement de l'UA. Le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine annonce qu'il demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'« interrompre » la procédure engagée contre le président soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Pour Jean Ping, le président de l'organisation, le mandat d'arrêt de la CPI « menace la paix au Soudan […] Nous constatons que la justice internationale ne semble appliquer les règles de la lutte contre l'impunité qu'en Afrique comme si rien ne se passait ailleurs, en Irak, à Gaza, en Colombie ou dans le Caucase ». L'Éthiopie a fait savoir qu'elle ne tiendrait pas compte du mandat d'arrêt, l'Ouganda en demande la suspension, l'Égypte se dit « très troublée » et l'Afrique du Sud partage l'opinion de l'UA. De nombreux autres pays et personnalités du monde ne partagent pas la décision de la CPI : le président russe, Dmitri Medvedev estime qu'il s'agit d'un « dangereux précédent » qui « risque d'avoir des conséquences négatives sur le Soudan », la Turquie émet des « inquiétudes » et estime que « les problèmes vont s'accroître », la Syrie fait part de son inquiétude estimant qu'il s'agit d'« un dangereux précédent, qui ignore l'immunité accordée aux chefs d'État et garantie par l'accord de Vienne de 1961 », l'Iran estime qu'il s'agit d'« une violation de l'autorité qui a cassé l'immunité accordée aux chefs d'État (…) et une ignoble innovation qui est inacceptable pour la communauté internationale », La Chine, proche alliée de Khartoum, réclame la suspension de la procédure de la CPILe Monde.fr, l'Union africaine veut interrompre la procédure contre Al-Bachir. En France, le président du Mouvement démocrate, François Bayrou s'inquiète des risques de « massacres » et de « déstabilisation politique de grande ampleur » engendrés par la décision du Soudan d'expulser une dizaine d'organisations humanitaires du Darfour : « Il peut se produire, par exemple, de grandes vagues de déplacements de gens voulant reprendre leurs terres avec les massacres qui iront avec, et des déstabilisations politiques de grande ampleur […] C'est une situation dont je crains que l'Occident ne prenne pas réellement la mesure du risque […] J'espère que l'Union européenne en particulier, mais aussi par exemple la Chine qui a joué un rôle important dans tout cela, vont pouvoir prendre leurs responsabilités, pour que le pire n'arrive pas ».
Vendredi : Le Conseil de sécurité constate à nouveau ses désaccords sur les moyens de faire face à la situation au Soudan, après l'émission d'un mandat d'arrêt contre le président Omar el-Béchir par la CPI et la décision de ce dernier d'expulser 13 ONG du Darfour. Ils n'ont pu s'entendre sur une déclaration appelant Khartoum à revenir sur cette décision. Plus d'un millier de personnes manifestent devant la représentation de l'Union européenne à Khartoum en soutien au président Omar el-Béchir visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour. Par ailleurs, environ 500 femmes participent à un sit-in devant les portes des bureaux du Programme des Nations unies pour le développement.
Dimanche : La république de Djibouti rejette la « décision injuste » de la Cour pénale internationale (CPI) qui a émis un mandat d'arrêt contre le président soudanais Omar el-Béchir estimant que « cette décision de mise aux arrêts d'un chef d'État bénéficiant de l'immunité dont le pays n'est pas membre de cette Cour reflète son caractère insidieux et purement politique, ce qui constitue une menace incontestable aux efforts de paix déployés au Darfour ».
Dimanche : à la suite de l'arrêt de la Cour pénale internationale, le comité des oulémas soudanais a émis une fatwa — un édit religieux — déconseillant au président Omar el-Béchir de se rendre les 29 et au prochain sommet arabe à Doha et à la fin du mois au Qatar, car il pourrait tomber dans un piège « des ennemis de Dieu et de la souveraineté nationale » : « Ceci est une fatwa sur l'inadmissibilité pour le président de la République d'assister au sommet de la Ligue arabe au Qatar dans les conditions actuelles alors que les ennemis de Dieu et de la souveraineté de la nation vous y attendent ».
Lundi : Le président Omar el-Béchir est arrivé en Érythrée pour son premier voyage à l'étranger depuis le mandat d'arrêt international lancé contre lui le dernier par la Cour pénale internationale (CPI). La chaîne Al-Jazira a diffusé en direct des images montrant son arrivée à l'aéroport d'Asmara et la réception officielle qui l'attendait.
Mercredi : Le président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), est arrivé au Caire pour y rencontrer le président Hosni Moubarak. Comme la plupart des pays arabes, à l'exception de la Jordanie et des Comores, l'Égypte n'est pas signataire du traité de Rome instituant la Cour pénale internationale. Le Caire, estimant que ce mandat d'arrêt risquait d'avoir « des conséquences dangereuses sur la situation au Darfour et au Soudan en général » a demandé à la CPI de surseoir à l'inculpation du président soudanais, se déclarant « très troublé » par sa décision de délivrer un mandat d'arrêt à son encontre Le Figaro.fr, Omar el-Béchir au Caire .