Le Shatranj ou Chatrang () est considéré comme l'ancêtre du jeu d'échecs. Il est la version perse du jeu indien Chaturanga ; à moins que ce ne soit le contraire car, à ce jour, les plus anciennes traces que l'on ait des échecs sont les mentions dans trois textes épiques persesPetite histoire des échecs Collection Jeux & Stratégie, notamment le Wizârišn î chatrang ud nihišm î nêw-ardaxšîr (« l'explication des Échecs et l'invention du Nard », texte appelé aussi Mâdayân î chatrang ou encore Chatrang nâmag, « Le livre des échecs ») écrit probablement au .

Règles

Pièces de Shatranj/Chatrang 25px25px Chah - شاه (Roi) 25px25px Vazir - وزیر (Conseiller) 25px25px Rokh - رخ (Face ou Tour) 25px25px Phīl - فیل (Eléphant) 25px25px Savâry - سواری (Cavalier) 25px25px Piyâdeh - پیاده (Pion)

Les règles du Shatranj/Chatrang sont très similaires aux échecs modernes. Le jeu se joue sur un plateau monochrome. La position initiale des pièces est la même qu'aujourd'hui, à l'exception près que la position du roi n'est pas fixée en fonction de sa couleur mais par les joueurs.

Le jeu se joue avec les pièces suivantes : le roi (en persan Châh, c'est lui qui donne son nom au jeu) se déplace d’un pas dans toutes les directions ; le conseiller (en persan Farzin ou Vizir) dont le mouvement est limité à une seule case en diagonale ; l’éléphant (en persan Pil ou Fil, cf. sanskrit pīlu qui donnera "fou") avec un déplacement correspondant à un saut de deux cases en diagonale ; le cheval (en persan Asp), identique au cavalier moderne ; le char ou la tour (en persan Rokh : la tour), identique à la tour actuelle ; le soldat (en persan Piâdak : piéton, cf. sanskrit padāti : piéton, fantassin ; on le nomme également Sarbâz : soldat), l’équivalent du pion, mais dépourvu du double pas initial. Le soldat est promu en conseiller lorsqu'il arrive sur la de son adversaire.

Tabbiyyāt

Les ouvertures au chatrang, appelées (pluriel : tabbiyyāt). Le déplacement de la plupart des pièces du chatrang étant lent, l'ordre des premiers coups est peu important. Les joueurs jouaient donc directement à partir de certaines tabbiyyāt.

Les œuvres de Al-Adli et As-Suli comprennent une compilation de tabbiyyat, habituellement présentées sur un demi-échiquier, sans que ne soient proposées de séquence de coup y menant. En revanche certaines configurations ont été analysées en détail, comme la Mujannah–Mashaikhi.

Notes et références

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