La recherche publique en France est la part de la recherche scientifique organisée et financée par l'État français et les collectivités territoriales françaises. Une autre part est financée par les entreprises privées, il s'agit de la recherche privée. Pour l'ensemble de sa recherche et développement, selon les chiffres de l'OCDE dans sa publication à ce sujet de , la France subit un déclassement, son investissement se situe à 2,2 % du PIB et la place parmi les 37 pays les plus développés, en 1992 elle occupait la place des pays de l'OCDE...
L’organisation de la recherche publique en France s'organise autour des organismes publics civils de recherche et des universités.
L'organisation relève du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Toutefois, d'autres départements ministériels (Défense, Santé et Agriculture notamment) exercent des attributions en matière de recherche.
Historique 1636 : création du Jardin royal des plantes médicinales 1667 : création de l'Observatoire de Paris 1939 : création du Centre national de la recherche scientifique. Irène Joliot-Curie est la première chargée de la Recherche dans un Gouvernement (« Sous-secrétaire d'État à l'Éducation nationale, chargé de la Recherche scientifique ») 1945 : création de Commissariat à l'énergie atomique. qui marque le démarrage des programmes nucléaires militaire et civil 1961 : création du Centre national d'études spatiales qui marque le démarrage du programme spatial français. 1982 : loi d’orientation et de programmation pour la recherche et le développement technologique de la France 2006 : loi de programme pour la recherche 2013 : loi relative à l'enseignement supérieur et à la recherche 2020 : loi de programmation de la recherche pour les années 2021 à 2030
En 2020, le retard pris par la France pour développer un vaccin contre la Covid-19 est analysé par le Conseil d'analyse économique. Selon deux économistes, cet échec est le signe du retard pris par la recherche française depuis plus d’une décennie, n'ayant pas pris suffisamment en compte l'évolution de la chimie vers la biotechnologie pour les médicaments et les vaccins...
Pilotage et évaluation de la recherche publique
Plusieurs structures contribuent au pilotage et à l'évaluation de la recherche publique en France.
Ministère Le ministre chargé de la Recherche (le plus souvent aussi chargé de l'Enseignement supérieur), est chargé de coordonner la politique de recherche. Il est référent pour la mission interministérielle « Recherche et Enseignement supérieur ».
La direction générale de la Recherche et de l'Innovation
thumb|250px|La direction générale de la Recherche et de l'Innovation est située au 1 rue Descartes à Paris, dans les anciens locaux de l’École polytechnique.
Au sein du ministère, la direction générale de la Recherche et de l'Innovation, créée en 2006, pilote l'élaboration de la stratégie nationale de recherche, en étroite collaboration avec les ministères concernés et en impliquant l'ensemble des parties prenantes. Elle la décline par grands domaines scientifiques et dans ses dimensions transversales. Elle s'assure de sa mise en œuvre et veille à son évaluation. À ce titre, elle contribue au renforcement de la capacité nationale d'innovation..
Le Conseil stratégique de la recherche
Le Conseil stratégique de la recherche propose les grandes orientations de la stratégie nationale de recherche et participe à l’évaluation de leur mise en œuvreArticle L120-1 du code de la recherche.
Le Conseil stratégique de la recherche est placé auprès du Premier ministre. Il est présidé par le Premier ministre ou, par délégation, par le ministre chargé de la Recherche.
Financement et contrôle
Synthèse des principaux budgets de la recherche publique L'ensemble des dépenses de recherche publique est synthétisé par les DIRDA (dépenses intérieures de recherche et développement des administrations), par opposition aux dépenses intérieures de recherche et développement des entreprises (DIRDE). Les DIRDA atteignaient la somme 19,969 milliards d'euros en 2022, soit 0,75 % du PIB.. La recherche publique est financée via plusieurs programmes budgétaires dont certains incluent à la fois enseignement supérieur et recherche comme le programme 150 qui s'élève à hauteur de 15,279 milliards d'euros en 2025. De plus certains organismes sont financés à la fois par des dotations directes étatiques et via des ressources propres venant de multiples organismes publics. A titre d'exemple, sur les 1 134 millions d'euros de ressources propres du CNRS, 228 millions d'euros venaient de l'Agence Nationale de la Recherche.. Il est donc particulièrement difficile de présenter une vision synthétique de la recherche publique en raison des financements croisés entre programmes budgétaires et organismes. Afin de présenter quelques ordres de grandeurs, voici quelques tableaux récapitulatifs des budgets annuels des principaux organismes : +Principaux budgets des EPSTOrganismeBudget annuel (M€)dont dotations publiques directes (M€)AnnéeCNRS409829642023INSERM1225726,42024.INRAE1071,3825,12022.INRIA312,11862022.IRD2772122023.INED26,120,42023. +Principaux budgets des EPICOrganismeBudget annuel (M€)dont dotations publiques directes (M€)AnnéeIFREMER263,5184,32023.ADEME123510632025.CEA (hors défense)338311072023.INERIS74,642,92022. +Agences de financements OrganismeBudget annuel (M€)AnnéeANR1192,62023.Horizon Europe (part touchée par les lauréats français)11762023
L'Agence nationale de la recherche
L'Agence nationale de la recherche (ANR) a été, à l'origine, constituée sous forme d'un groupement d'intérêt public en 2005. Elle a été transformée en établissement public. Elle se veut exclusivement une « agence de moyens », elle a donc pour mission de recueillir et de répartir des crédits à destination des établissements ou des entreprises dans le cadre de partenariats public-privé. Alors qu'auparavant, les budgets alloués à la recherche étaient distribués aux laboratoires, l'ANR les attribue désormais en fonction de « programmes de recherche » d'une durée de 3-4 ans, programmes qui sont déterminés par le Ministère. Ceci a suscité un certain nombre de protestations, critiquant la vision à court terme, le productivisme, et la mainmise du pouvoir politique sur la liberté de la recherche.
Le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur
Le Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (HCERES) est une autorité administrative indépendante. Sa mission d'évaluation s'exerce vis-à-vis des établissements, des équipes et du personnel.
Une étude de l’Observatoire des sciences et techniques (OST) sur le site du HCERES concernant les données provisoires de l'année 2020, portant sur le volume des publications scientifiques nationales, alerte sur le déclassement de la France. Alors qu’elle en était sixième position en 2009, la France a été dépassée en 2017 par l’Italie, elle en passe d’être exclue du top 10 par le Canada, l’Espagne et l’Australie..
Sous investissements
Le projet de loi sur la recherche de 2020 n'est , selon le « Rapport sur l'état annuel de la France » du Conseil économique, social et environnemental (CESE), assemblée constitutionnelle française. Le texte prévoit qu'à l'horizon 2030, , relève le Cese qui alors qu'..
Le CESE estime que la situation de la recherche publique française est préoccupante : financement d’ensemble très insuffisant, faiblesse des moyens financiers et infrastructurels alloués pour la réalisation des missions, érosion des effectifs de personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR), diminution du temps disponible pour la recherche, manque de personnels de soutien, dégradation des conditions de travail et niveau très bas des rémunérations, liens distendus entre recherche publique, administration..
En , dans le cadre d’un audit, la Cour des comptes souligne que la France a investi trois fois moins dans la recherche publique que le Royaume-Uni ou l’Allemagne pour lutter contre la pandémie de Covid-19 et plaide pour un financement pérenne de la recherche. En France, du au , 530 millions d’euros ont été affectés à la recherche publique dans le cadre de la lutte contre le Covid-19..
Stratégie et mise en œuvre
Stratégie nationale
La stratégie nationale de recherche est élaborée en cohérence avec celle de l’Union européenne. Elle vise à répondre aux défis scientifiques, technologiques, environnementaux et sociétaux en maintenant une recherche fondamentale de haut niveau..
La stratégie nationale pour la recherche et l'innovation de 2009 définit trois axes prioritaires : la santé, l'alimentation, les biotechnologies ; l'urgence environnementale et les écotechnologies ; l'information, la communication et les nanotechnologies..
Le grand emprunt décidé par le chef de l'État à partir de 2010, vise également un certain nombre de priorités en cohérence avec la stratégie des Investissements d'avenir. : enseignement supérieur, formation : 11 milliards d'euros ; recherche : 8 milliards d'euros ; numérique : 4,5 milliards d'euros ; développement durable : 5 milliards d'euros ; filières industrielles et PME : 6 milliards.
En , la Cour des comptes a étudié les « programmes d'investissements d'avenir » (PIA) et critique «le caractère limité de la démarche d'évaluation des actions financées»..
Depuis 2013, la loi prévoit qu’une stratégie nationale de recherche, comportant une programmation pluriannuelle des moyens, est élaborée et révisée tous les cinq ans sous la coordination du ministre chargé de la recherche en concertation avec la société civile. Cette stratégie vise à répondre aux défis scientifiques, technologiques, environnementaux et sociétaux en maintenant une recherche fondamentale de haut niveau. Elle comprend la valorisation des résultats de la recherche au service de la société. À cet effet, elle veille au développement de l'innovation, du transfert de technologie, de la capacité d'expertise et d'appui aux politiques publiques et aux associations et fondations, reconnues d'utilité publique. Elle comprend également un volet relatif à la recherche et à l'innovation agronomiques. La culture scientifique, technique et industrielle fait partie de la stratégie nationale de recherche et est prise en compte dans sa mise en œuvreArticle L111-6 du code de la recherche.
En 2014, la stratégie porte sur dix défis sociétaux pour le au sein de sa stratégie « France Europe 2020 », articulée avec le programme Horizon 2020. : gestion sobre des ressources et adaptation au changement climatique ; une énergie propre, sûre et efficace ; le renouveau industriel ; santé et bien-être ; sécurité alimentaire et défi démographique ; transports et systèmes urbains durables ; société de l’information et de la communication ; sociétés innovantes, intégratives et adaptatives ; une ambition spatiale pour l’Europe ; liberté et sécurité de l’Europe, de ses citoyens et de ses résidents.
En 2020, la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR) prévoit 5 milliards d'Euros d'investissement jusqu'en 2030, pour atteindre l'objectif européen des 3 % du PIB pour l'investissement en R&D. Selon le « Rapport sur l'état annuel de la France » du Conseil économique, social et environnemental (CESE),
En 2021, l’État annonce un plan pour la recherche et l’innovation afin de remédier aux manquements dans le système de santé français révélés lors de la pandémie du Covid-19. Ce plan est issu des travaux du Conseil stratégique des industries de santé nouvellement créé..
Politique européenne
Établissements publics de recherche
Aux termes de l'article L112-2. du code de la recherche, la recherche publique française est organisée dans les services publics et notamment : les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP) ; les établissements publics à caractère scientifique et technologique (EPST) ;