vignette|Armoiries du Salvador. vignette|Salvador au présent

Le Salvador, un pays d'Amérique centrale, côté pacifique, peuplé d'environ sept millions d'habitants, Salvadorien(ne)s, parlant principalement espagnol standard et/ou espagnol salvadorien et/ou nahuatl, présente de nombreux faits saillants dans son histoire.

Avant 1500c : peuplement autochtone, pipil, maya et lenca

Avant la conquête espagnole, le territoire qui est maintenant le Salvador était divisé en trois grands États indigènes : Le royaume Payaquí au Nord, confédération d'origine maya, très fortement influencée par la culture Pipil. Le (~1200-1528) à l'Ouest , composé d'une population pipile et organisé en système cacique, de fait l'État le plus important de la région à l'arrivée des Espagnols. Le cacique dominant était celui de Cuzcatlan (situé dans la région de San Salvador) et les autres caciques (des royaumes d'Izalco, Apaneca, Ahuachapán, Guacotecti, Īxtēpetl, Apastepeque et Tehuacán) lui versaient un tribut. La principauté de Najochan à l'Est, réunissant une population maya et lenca, fortement influencée par la cité de Copán.

La population indigène majoritaire était Pipile, une tribu nomade de Nahuatls établis depuis longtemps au centre du Mexique. Tôt au cours de leur histoire, ils sont devenus l'un des seuls groupes indigènes d'Amérique centrale à avoir aboli le sacrifice humain. Leur culture est proche de celle de leurs voisins aztèques et mayas. Des restes de la culture amérindienne se retrouvent dans certaines ruines telles que Tazumal (près de Chalchuapa), San Andrés, et Joya de Cerén.

Conquête espagnole (1524-1540) vignette|Pedro de Alvarado Le premier conquistador à découvrir les terres aujourd'hui salvadoriennes est Gil González Dávila qui longeait la côte Pacifique de l'Amérique centrale à la recherche d'un passage maritime communiquant avec l'Atlantique. Mais la première expédition pour conquérir le territoire est menée par Pedro de Alvarado, venant de ce qui est aujourd'hui le Guatemala, qui décide de conquérir Cuzcatlan en 1524. À l'arrivée des Espagnols et de leurs alliés indiens (250 soldats espagnols pour 6 000 autochtones), les Pipils s'enfuient des villages pour se réfugier dans les montagnes. Le premier combat se déroule à Acaxual (aujourd'hui la ville d'Acajutla) où les Pipils réussissent à encercler l'armée espagnole. Durant la bataille le cacique d'Izalco, Atonal, réussit à blesser Pedro de Alvarado à la cheville (le laissant boiteux pour le reste de sa vie), obligeant l'armée espagnole à se replier malgré la victoire. La deuxième bataille a lieu dans les environs de Sonsonate où l'armée pipile subit de grosses pertes, car les soldats ont préféré se munir de protections en coton (qui se sont révélées inefficaces) aux dépens de la mobilité. À la suite de cette bataille, Alvarado reçoit une proposition de paix de la part du cacique de Cuzcatlan, mais le conquistador refuse la proposition et marche vers la ville de Cuzcatlan, qu'il trouve vide, les Pipils ayant fui une nouvelle fois dans les montagnes. Les Espagnols s'y installent, mais sont obligés de repartir en juillet 1524 dans les régions guatémaltèques à cause du climat.

En 1525, Alvarado retourne à Cuzcatlan, et la ville de San Salvador est fondée au mois d'avril de la même année, dans la même vallée où se situe la ville de Cuzcatlan. Mais les Pipils l'attaquent en et l'incendient, obligeant les Espagnols à s'enfuir. Une nouvelle expédition espagnole, menée par le frère de Pedro de Alvarado - Diego, part du Guatemala pour refonder la ville de San Salvador (dans la même vallée mais pas à l'endroit exact de la première ville) en 1528 et les Espagnols s'y installent définitivement. Une autre expédition part en 1530 conquérir la principauté de Najochan, à l'est du pays, et la résistance menée par le chef cacique lenca, Lempira, est vaincue en 1537. Les Espagnols contrôlent désormais tout ce qui va devenir le Salvador, mais les attaques sur San Salvador des Pipils de Cuzcatlan, toujours réfugiés dans les montagnes, ne cessent qu'en 1539, et la région n'est entièrement pacifiée qu'en 1540.

« La légende de Atlacatl » : Atlacatl est le cacique de Cuzcacatlan ayant proposé la paix à Pedro de Alvarado avant de lui résister et de harceler la ville de San Salvador. On sait aujourd'hui qu'en nahuatl Atlcatl ne désigne pas une personne mais un lieu, l'erreur de traduction proviendrait de travaux de Charles Étienne Brasseur de Bourbourg. La connaissance de cette erreur de traduction n'est pas encore très répandue au Salvador et Atlacatl reste le symbole national de la résistance amérindienne face à la conquête espagnole. C'est Pedro de Alvarado qui a nommé ce territoire « San Salvador » (« le Saint Sauveur » - en référence à Jésus Christ).

Époque coloniale espagnole (1530-1821) vignette|Vice-royauté de Nouvelle-Espagne, 1819. La région est intégrée à l'Empire espagnol, et fait partie de la Nouvelle-Espagne dès 1535. En 1540 la capitainerie générale du Guatemala est créée, et la région du Salvador y est intégrée. De 1532 à 1786, la région est divisée en trois communes (« Alcaldia Mayor » en espagnol) : la commune de Sonsonate à l'Ouest, la commune de San Salvador au centre, et La commune de San Miguel à l'Est. Puis, de 1786 à 1821, la région est divisée en deux : la commune de Sonsonate, et l'Intendance de San Salvador (« Intendencia de San Salvador » en espagnol) regroupant les deux autres anciennes communes

À la suite de la conquête, les Espagnols introduisent des animaux et des cultures européennes. Il y a aussi de grands efforts pour convertir les Indiens au catholicisme et au mode de vie européen en général. Ainsi, les ordres religieux, en particulier les franciscains et les dominicains, collaborent étroitement avec les autorités espagnoles pour évangéliser les indigènes. Le système d'encomienda est établi pour pouvoir contrôler la population indienne et récompenser les conquistadors pour les services rendus à la Couronne. Mais il doit être abandonné après les « Nouvelles Lois » et l'interdiction de l'esclavage d'Indiens en 1542.

La société coloniale salvadorienne est divisée en classes sociales fondées sur l'origine des personnes. La classe supérieure et dirigeante se compose des Espagnols nés en métropole. Viennent ensuite les Créoles (les blancs nés dans les colonies), propriétaires des facteurs de production (les terres en particulier), les Métis et enfin les Indiens. À la suite de l'interdiction de l'esclavage d'Indiens, des esclaves africains sont introduits en petit nombre pour le travail dans les mines : ils s'assimilent très vite aux métisses blancs/indiens. Ces derniers constituent la plus grande partie de la population salvadorienne lors de l'indépendance.

De 1550 à 1600, la région est principalement productrice de cacao dans la région occidentale (Sonsonate et Izalco) et d'un baume spécifique à la région dans la région côtière. Au , la culture du cacao est remplacée par celle de l'indigotier pour la production de teintures indigo (dont la région devient un des grands producteurs mondiaux avant l'apparition des colorants synthétiques).

Indépendance (1811-1821) vignette|200px|Éruption du volcan Ilopango au Salvador.

Dès la fin du , dans différentes régions d'Amérique latine, des révoltes contre la domination espagnole éclatent. Le commerce des colonies d'Amérique reste sous le monopole de la métropole, les colonies ne pouvant exporter que vers la métropole qui se charge par la suite de réexporter les produits vers le reste du monde (en particulier aux États-Unis et en Grande-Bretagne). Inspirés par les Lumières (dont les écrits demeurent interdits dans l'Empire espagnol), les créoles voient dans l'indépendance des États-Unis et la Révolution française des exemples à suivre. Au début du les autorités coloniales espagnoles promulguent des lois économiques et fiscales impopulaires dans les colonies pour financer les guerres européennes de la Couronne espagnole. Ces mesures augmentent la volonté d'indépendance des créoles.

L'évènement déclencheur des soulèvements indépendantistes en Amérique latine, et en Amérique centrale en particulier, est l'invasion napoléonienne de la métropole espagnole. La Conférence de Bayonne, où la dynastie des Bourbons abdique en faveur de Joseph Bonaparte, et la Guerre d'indépendance espagnole sapent l'autorité espagnole et rendent les colonies plus autonomes. Durant cette période (1808-1814) l'Intendance de San Salvador connaît plusieurs soulèvements :

Le soulèvement du , connu comme le « Premier cri d'indépendance » (Primer Grito de Independencia), il débute dans la ville de San Salvador avant de se propager dans les autres villes de la région durant tout le mois de novembre. Ce soulèvement est mené par les créoles José Matías Delgado, Manuel José Arce et les deux frères Aguilar. Deux autres soulèvements éclatent le et le de la même année. Finalement, la déclaration d’indépendance de 1811 échoue car la vice-royauté du Guatemala envoie des troupes à San Salvador, dans le but d’étouffer le mouvement. Le soulèvement du à San Salvador n'a pas plus de succès et les dirigeants sont arrêtés.

En mai 1814, Ferdinand VII retrouve le trône d'Espagne et réinstalle une monarchie absolue. En Amérique centrale, les indépendantistes et les libéraux subissent alors de plein fouet la répression. En 1820, la constitution de Cadiz, plus libérale, est rétablie. Le capitán general du Guatemala Carlos Urrutia s'y rallie, et convoque des élections municipales et législatives, et accepte la liberté de la presse. C'est à cette période que naissent le mouvement libéral et le mouvement conservateur qui vont durablement animer la vie politique du Salvador, et de toute l'Amérique centrale, jusqu'à l'apparition du communisme au début du .

En août 1821 la nouvelle de l'indépendance du Mexique parvient en Amérique centrale. Devant cette nouvelle situation (la capitainerie générale du Guatemala dépend de la Nouvelle Espagne, donc du Mexique nouvellement indépendant), le Capitaine général Gabino Gaínza convoque les représentants des différentes provinces centre-américaines en assemblée à Ciudad de Guatemala. Le , à Ciudad de Guatemala, les provinces centre-américaines proclament leur indépendance vis-à-vis de l'Espagne, et un gouvernement provisoire est formé sous la présidence de Gabino Gaínza. La nouvelle de l'indépendance parvient à San Salvador le .

Empire mexicain, République Fédérale d'Amérique centrale (1821-1840)

Après la déclaration d'indépendance, trois choix politiques s'offrent à l'ancienne capitainerie générale : son rattachement à l'empire mexicain d'Iturbe, la formation d'un pays fédéral ou l'indépendance complète des différentes municipalités. Le gouvernement provisoire décide de consulter les municipalités, qui votent toutes le ralliement au Mexique, sauf les communes de San Salvador et de San Miguel. Le , l'annexion est proclamée, et des troupes mexicaines, menées par le général Vicente Filísola, sont envoyées par Augustin du Mexique pour soumettre l'ancienne Intendance de San Salvador. Les troupes entrent à San Salvador en février 1823 à la suite de la bataille de Mejicanos, et la région est annexée au Mexique. Mais en Augustin abdique : Vicente Filísola, fidèle à son empereur et non pas au Mexique, fait convoquer les députés centraméricains.

Le est déclarée l'indépendance des Provinces Unies d'Amérique centrale vis-à-vis de l'Espagne, du Mexique ou de toute autre nation. La fédération prend comme nom officiel de république fédérale d'Amérique centrale en 1824. Le la commune de Sonsonate et l'Intendance de San Salvador s'accordent pour s'unir, et l'État du Salvador, membre de la République Fédérale d'Amérique centrale, est proclamé le . L'assemblée constituante fédérale, présidée par José Matías Delgado, promulgue la première constitution fédérale le . Mais la fédération connaît de longs affrontements armés entre conservateurs et libéraux.