Marine Oussedik, née le , est une artiste peintre, sculptrice et illustratrice équestre française.
Diplômée de l'école Penninghen en 1990, elle présente dès l’année suivante ses premières expositions dans des galeries d’art parisiennes. Dans la foulée, le musée vivant du cheval de Chantilly lui commande deux salles d’exposition dédiées à son travail. La première s’accompagne de la publication de son ouvrage, Les chevaux d'encre. De nombreux livres d'art suivent, comme Les Chevaux du Sahara (1998), Les Chevaux du vent (2002) et Les Chevaux de rois (2003), récompensés du prix Pégase, témoignant de sa passion pour l'illustration équestre sous toutes ses formes, avec une prédilection pour le cheval arabe. En 2014, elle illustre un ouvrage d'art consacré à l'équitation de tradition française, sur des textes de Guillaume Henry. En 2015, c'est la parution du livre Les Chevaux de Marine Oussedik chez Actes Sud. Un ouvrage qui lui est consacré et qui est écrit par l'historien Jean-Noël Jeanneney.
Également sculptrice, Marine Oussedik présente ses premiers bronzes en 1996. Au fil du temps, elle enrichit son œuvre en créant des décors pour la faïencerie de Gien, « chevaux du vent » et « chevaux du soleil », ou encore en collaborant régulièrement avec les éditions Belin. Elle travaille généralement à l’encre et sans utiliser de modèle, ce qui lui permet d'affirmer son style et de confirmer sa liberté artistique. Elle expose désormais dans le monde entier, notamment en Suisse, en Angleterre (Londres), aux États-Unis, aux Émirats arabes unis et en Chine. En 2010, une grande rétrospective lui est consacrée par les « Variations Équines » au musée-château Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou. Les critiques d'art ont souvent mis en avant l’élégance de son trait, la finesse, la justesse anatomique, le mouvement et l'onirisme exprimés par ses œuvres.
Biographie Marine Oussedik dédie sa vie au cheval« Marine Oussedik » dans La Culturelle, 0 min 50, tant à travers l'art que dans la pratique de l'équitation au quotidien. Elle ne peut envisager de vivre sans contact avec des chevauxReportage Picards d'ici, 27 min.
Enfance et formation Née d’une mère picarde et d’un père kabyle, Marine Oussedik voit le jour le à Neuilly-sur-Seine. Elle découvre le cheval à l’âge de cinq ans, au jardin du Luxembourg où elle refuse farouchement de descendre du dos des poneysReportage Picards d'ici, 23 min 11« Marine Oussedik » dans La Culturelle, 2012, 2 min 38.
Dès lors, elle commence à dessiner des chevaux, elle ne cessera jamais d'en représenter. Enfant, elle court vers son balcon lorsque retentit le claquement des sabots des montures de la Garde républicaine sur le sol parisien. C'est toutefois à dix ans qu'elle se met à pratiquer réellement l'équitation, inspirée par sa sœur aînée qui l'emmène au manège équestre de NeuillyReportage Picards d'ici, 23 min 21. Son environnement familial n'est pourtant pas spécialement lié à l'univers du cheval, et ne compte aucun cavalier« Marine Oussedik » dans La Culturelle, 2012, 2 min 32, hormis sa sœur.
Marine Oussedik poursuit sa scolarité en « peuplant tous ses cahiers de dessins équestres », au point d'« inverser le rapport habituel marge-écriture ». Elle passe toute sa jeunesse à Paris et s'évade régulièrement dans sa maison familiale en Picardie. Elle envisage un premier temps une carrière de vétérinaire, métier exercé par son grand-père. Son intérêt pour l'anatomie et la morphologie du cheval y est liéReportage Picards d'ici, 25 min à 25 min 18, mais elle n'est pas douée en mathématiques. Son talent artistique lui vaut d'entrer à l'école d'arts Penninghen où elle suit cinq ans de formation, en axant son travail sur le monde du cheval. Sa thèse de fin d'études est un petit livre d'humour consacré aux courses hippiques, dans le style des Idées noires de Franquin.
Premières expositions Marine Oussedik connaît une « ascension fulgurante ». En 1991, elle présente sa première exposition de dessins à l'encre dans une galerie du VIe arrondissement de Paris. Puis Amaury de Louvencourt (propriétaire de la galerie de la Cymaise, rue du Faubourg-Saint-Honoré à Paris et expert en œuvres d’art) découvre ses œuvres et lui propose immédiatement une exposition. Une longue collaboration s’ensuivra. Le fondateur du musée vivant du cheval Yves Bienaimé, découvre son art dans la revue Equus et lui commande deux salles de dessins pour le musée. La première est consacrée aux chevaux arabes dans les proverbes orientaux (en 1993), la seconde (en 1995« Chantilly : musée vivant du cheval » dans Connaissance des arts, numéros 517 à 519, Société Française de Promotion Artistique, 1995, ) aux spectacles équestres du musée. La salle des proverbes orientaux devient, selon Yves Bienaimé, « rapidement l'une des plus belles et des plus populaires du musée ». Cette exposition permanente est visible jusqu'en 2008, où le musée entre en travaux. Elle permet la publication de son premier ouvrage d'art, Les chevaux d'encre (1993), aux éditions du musée vivant du cheval. Il contient une sélection de proverbes orientaux autour du cheval arabe. Cet ouvrage est très vite épuisé, et recherché par les collectionneurs.
Renommée
À partir de 1992, Marine Oussedik est sollicitée dans le monde entier, notamment à Lausanne et Genève (Suisse), Londres (Angleterre), Séoul (Corée du Sud), Anvers et Bruxelles (Belgique), à Shanghaï (Chine), ou encore aux États-Unis et aux Émirats arabes unis. Elle réalise ses premières sculptures de bronze en 1996. D’après elle, « spontanément, la sculpture lui a paru facile ». L'expert Amaury de Louvencourt l'encourage à continuer. Elle se montre humble face au succès de ses œuvres :
En 1998, l'office du livre algérien fait appel à elle pour illustrer une réédition des Chevaux du Sahara. Elle collabore à de nombreux ouvrages pour différentes maisons d'édition, ainsi qu'à des magazines équestres comme Cheval pratique. Passionnée par les livres, elle apprécie le travail avec les éditeurs et les auteurs, un travail d’équipe riche de connaissances et d’échangesReportage Picards d'ici, 26 min 23. En 2002, elle anime une présentation et un atelier de dessins autour du cheval à l'institut du monde arabe, au moment où paraît son ouvrage Les chevaux du vent, oiseaux sans ailes« Activités jeunes » dans Le Figaroscope, 27 novembre-3 décembre 2002.
En 2004, elle reçoit le prix Pégase de l'association pour le développement de la culture équestre (ACDE) pour les Chevaux du vent et Les Chevaux de rois. Devenue membre de cette académie, l’année suivante, elle crée le trophée du prix Pégase. Elle crée aussi des trophées pour le championnat du monde du cheval arabe au salon du cheval de Paris, dont celui de la plus belle têteReportage « Championnat du monde du cheval arabe - 7 décembre 2011 » de La Culturelle, Equidia Life.
En 2010, elle expose lors d'une rétrospective pour ses vingt ans de créations aux « Variations Équines » du musée-château Saint Jean de Nogent-le-Rotrou, pour la première fois consacrées à une unique artiste. En 2014, Marine signe pour Gien un nouveau décor, « chevaux du soleil », dédié au cheval portugais. En , un beau livre d'art, le premier consacré à l'équitation de tradition française, sort chez Belin : Une histoire de l'équitation française. Marine Oussedik a réalisé une centaine de dessins originaux illustrant les textes de Guillaume Henry. Ces originaux sont exposés au Cadre noir de Saumur (pendant le festival AR(T)CHEVAL) du au , et à Equita'Lyon du au . En , l'historien Jean-Noël Jeanneney consacre un ouvrage rétrospectif à ses œuvres, chez Actes Sud.
L'équitation thumb|Marine Oussedik avec son cheval Selle français, Jefferson. Marine Oussedik est également cavalière, avec une prédilection pour le dressage classiqueReportage Picards d'ici, 23 min 37. Elle possède deux chevaux dans son domaine familial, en Picardie. Ses journées s'organisent en suivant un équilibre entre la pratique de l'équitation et le dessin ou la sculpture, selon le climat et la lumière. Elle monte à cheval pendant deux à trois heures au quotidien. Pour elle, le compagnonnage avec ses deux chevaux lui est bien plus précieux que la compétitionReportage Picards d'ici, 22 min 45. Elle fait un parallèle entre l’art et l’équitation, comme une remise en question permanente : « on n’en voit jamais la fin, il y a toujours une progression vers quelque chose de mieux »Reportage Le Magazine du cheval, France 3 national, samedi 23 janvier 1999 à 14h05.
Créations Si le thème de Marine Oussedik est unique (le cheval), les supports sont variés. Elle s'intéresse et s’essaie à de nombreuses techniques.
Encre, dessins et peintures
Marine Oussedik s’est fait connaître grâce à ses travaux à l’encre, présentant des chevaux harnachés sur papier coloré et doré. La plume et le pinceau lui permettent d'atteindre une grande précision dans ses illustrationsReportage Picards d'ici, 23 min 55. Elle utilise différentes encres pour donner des couleurs vives à ses créationsReportage Picards d'ici, 24 min. En plus de l'encre, Marine Oussedik manie le fusain, la pierre noire, le crayon, et la peinture à l'huile« Marine Oussedik » dans La Culturelle, 2012, 2 min 20.
Le choix du papier est important. Marine Oussedik travaille sur du papier de couleur, dont la teinte rappelle souvent le sable du désertReportage Picards d'ici, 24 min 15. Ce papier lui permet de travailler le blanc comme une couleur à part entièreReportage Picards d'ici, 24 min 23. Elle n'hésite pas à se procurer des papiers rares et de grande qualité, comme celui qui est fabriqué en Égypte par les chiffonniers du Caire, par pressage entre des feuilles au séchageReportage Picards d'ici, 24 min 30. Elle travaille aussi sur du papier pailleté d'orReportage Picards d'ici, 24 min 45.
Sculptures La sculpture est pour Marine Oussedik un art complémentaire au dessin, qui nécessite d'être « juste sous toutes les facettes »« Marine Oussedik » dans La Culturelle, 2012, 2 min. Elle sculpte d'abord son modèle en terre ou en cire. Le fragile équilibre du cheval (une masse sur des membres finsReportage Picards d'ici, 25 min 40) nécessite souvent et selon sa position, une armature et une potence. Une fois fini, le modèle est moulé et douze bronzes (huit épreuves numérotées et quatre épreuves d'artistes) peuvent être fondus avant que le moule ne soit détruit.
Arts de la maison et jouets
Elle crée pour le faïencier Gien la collection des « chevaux du vent », plus d'une vingtaine de pièces sur le thème du cheval arabe. À la suite du succès de cette collection, une série limitée peinte à la main voit le jour. Elle réalise également quelques pièces uniques rehaussées d'or pour une exposition à Dubaï, au Dubaï Mall : « Objets de rêve, Icônes du style français » en 2010. En 2014, elle crée une nouvelle collection, « Chevaux du soleil », consacrée au cheval portugais. Une série limitée peinte à la main est en préparation.. Marine Oussedik, qui avoue volontiers avoir gardé son âme d'enfant, réalise également des jouetsReportage Picards d'ici, 26 min 30. Elle signe la gamme « équidés » de la marque de figurines française Papo, et créé des pièces originales telles que des jeux des petits chevaux avec des figurines en terre cuiteReportage Picards d'ici, 26 min 35, et un cheval arabe à roulettes. Des pièces originales sont exposées lors des variations équines 2012, sur le thème « le cheval amusant », au musée-château de Nogent-le-Rotrou.
Performances