René-Yves Creston, pseudonyme de René Pierre Joseph Creston, né le à Saint-Nazaire et mort à Étables-sur-Mer le , est un peintre, graveur, illustrateur, sculpteur et ethnologue français.
Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1936.
Biographie
Enfance et formation Après des études à Ancenis et à Saint-Nazaire où il apprend le breton, René-Yves Creston perçoit deux bourses pendant quatre ans pour étudier à l’école des beaux-arts de Nantes, puis à l'École des Beaux-Arts de Paris..
Le mouvement Seiz Breur En 1923, il cofonde avec son épouse Suzanne Creston et Jeanne Malivel, le mouvement Seiz Breur (« Union des sept frères »). Ils se donnent pour mission de renouveler l'art populaire breton..
Après la mort de Jeanne Malivel en 1926. René-Yves Cresson relance la seconde génération du groupe en participant à l'Exposition universelle de 1937.
Après la mort de Jeanne Malivel en 1926, il devient le véritable coordinateur du mouvement Seiz Breur, et ce jusqu'en , lorsqu'il cède sa place à Xavier de Langlais.
En 1927, en collaboration avec le sculpteur Jules-Charles Le Bozec, il dessine les costumes de trois pièces de théâtre : Ar C'hornandoned (Les Korrigans) de Job Le Bayon, Tog Jani (Le chapeau de Jeanne) d'Yves Le Moal, et Lina de Roparz Hemon, dont la première représentation a lieu en ..
Il écrit dans Breiz Atao et aide à la parution des revues d'art Kornog (Occident) et Keltia. Il passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à peinture à l’huile, travaille pour les faïenciers quimpérois, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezen, pour lequel il crée une nouvelle typographie. En 1926, René-Yves Creston a encore laissé des illustrations gravées sur bois pour La Brière d'Alphonse de ChâteaubriantFayard, coll. « Le Livre de demain », 1926..
Il prend part au Salon d'automne de 1928 où il présente la gravure sur bois Vent de NorvitRené Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930, ..
Travaux d'ethnologue En 1929, René-Yves Creston effectue une campagne de pêche à la morue depuis Fécamp dans les parages de la Norvège, du Spitzberg et de l'Islande, ce qui l'amène à se tourner vers l'ethnologie, tout en gardant ses activités d'artiste engagé. Il contribuera au titre d'ethnologue à la conservation du patrimoine breton. Il participe à la décoration de la salle de la Marine marchande pour l'Exposition coloniale de 1931 à Paris, pour laquelle il réalise sa fameuse Mappemonde. En 1933, il embarque pour une croisière scientifique avec le commandant Jean-Baptiste Charcot sur le Pourquoi Pas ? en tant que peintre. En 1936, il devient peintre de la Marine et dirige le département de l'Arctique du musée de l'Homme à ParisNote : si c'est le cas, la chose est temporaire et il s'agit d'un département virtuel. Le musée de l'Homme n'est inauguré que le . En 1937, Paul Rivet, son directeur, aurait nommé Boris Vildé, responsable d'un département Arctique. Précédant le musée de l'Homme, le musée d'Ethnographie du Trocadéro est fermé en 1935 pour être démoli et faire place au palais du Trocadéro qui abritera entre autres, le musée de l'Homme..
Sa découverte des mers froides, et plus particulièrement sa campagne sur le chalutier fécampois Cap Fagnet, a été relatée dans un article détaillé d'Olivier Levasseur, docteur en histoire.
Seconde Guerre mondiale René-Yves Creston affirme avoir adhéré aux Forces françaises libres dès le , il prend en tout cas part à l'un des tout premiers réseaux de résistanceSes actes de résistance sont reconnus par des sources officielles françaises (ministère de la Défense, Le réseau du Musée de l'Homme).Site gouvernemental : Chemins de mémoire... Selon l'historien américain Martin Blumenson, ou bien encore Anne Hogenhuis, il a participé au groupe dit réseau du musée de l'Homme. C'est ainsi que prend corps, au cours de l'été 1940, ce réseau, totalement structuré dès le mois d'octobre suivant. Fondée par un jeune linguiste du musée, Boris Vildé, un anthropologue, Anatole Lewitsky et la bibliothécaire, Yvonne Oddon, cette organisation recrute, à l'origine, en majorité parmi les intellectuels et les avocats, et associe différents groupes qui se sont créés spontanément, à l’instar du groupe du musée de l'Homme. Au fur et à mesure, le réseau s'accroît, sur la base de relations personnelles entretenues par les membres des différents noyaux. René-Yves Creston, sociologue au musée de l'Homme, est le premier à les rejoindre. Creston connaît Albert Jubineau, avocat membre d'un groupe anti-occupation au Palais de justice de Paris. Albert Jubineau entre lui-même en relation avec Séjournan, également fondateur d'un groupe anti-allemand Ministère de la Défense, Le réseau du Musée de l'Homme. (cf. Site gouvernemental Chemins de mémoire).. Martin Blumenson, Le réseau du Musée de l'homme, Paris, Le Seuil, 1979..
Il a contribué à préparer l'opération Chariot : les renseignements précis sont fort utiles dans la préparation de , selon les termes des spécialistes d'Outre-Manche.
Le , les membres du groupe du musée de l'Homme sont arrêtés, puis fusillés. Creston se réfugie chez son directeur mais va se livrer le sur les conseils de celui-ci, persuadé qu'aucune preuve ne peut être apportée contre lui, mais il est emprisonné. Il est finalement libéré le sur intervention du Sonderführer Leo Weisgerber, sur la pression insistante de Roparz Hemon et de François Debauvais, trois personnages influents auprès des services secrets nazis en Bretagne.
Exclu de la direction de l'Institut celtique de Bretagne et des Seiz Breur, il dénoncera à la Libération treize membres des Seiz Breur comme ayant été coupables de faits de collaboration.
Bertrand FrelautBertrand Frelaut, Les nationalistes bretons de 1939 à 1945, . et Denis-Michel BoëlÉtude sur le passage du folklore à l’ethnologie de la Bretagne, « Ar Seiz Breur 1923-1947, la création bretonne entre tradition et modernité» sous la direction de Daniel Le Couédic et Jean-Yves Veillard. relèvent qu'il fournit des illustrations et des articles au journal pro-nazi L'Heure Bretonne, signés de son nom ou de son pseudonyme « Halgan ». Il était relativement fréquent que des résistants participent à la presse indépendantiste, selon Mona Ozouf, Préface à Résistance et conscience bretonne, de Jean-Jacques Monnier, Yoran Embanner, 2007, .. Sur un de ses dessins, Creston se réjouit des victoires allemandes, on peut lire en légende : ; .
Il est un membre influent de l'Institut celtique de Bretagne qui regroupe l'élite culturelle de BretagneCahier de l'Institut celtique de Bretagne.. Il participe à la Radio Rennes Bretagne dirigée par Roparz Hemon, tout aussi collaborationniste que Radio Paris. À la Libération, le parcours de Creston lui vaut d'être inquiété par la Résistance :
Le , il reçoit le Certificat of Service signé du maréchal Bernard Montgomery pour son action au service des AlliésDocument hors-texte in Jean-Jacques Monnier, Résistance et conscience bretonne - L'hermine contre la croix gammée, Éditions Yoran Embanner, Fouesnant, octobre 2007..
Après 1945 La paix revenue, Creston reprit les rênes du mouvement en Avec à ses côtés le druide Rafig Tullou et Gaston Sébilleau..
Il intègre le CNRS en 1949 et y mène des recherches ethnologiques sur les costumes des Bretons.
Après avoir été exclu de la direction de l'Institut celtique de Bretagne et des Seiz Breur, René-Yves Creston dénonce à la Libération treize membres des Seiz Breur comme ayant été coupables de faits de collaboration.
Décès René-Yves Creston meurt le .
Œuvres
Mappemonde, 1930 Décor du 10, rue d'Argentré à Rennes, 1943
Publications avec Paul Ladmirault, Jorj Robin skulter vrezon, e vuhez, e ober. Jorj Robin sculpteur breton, sa vie, son œuvre, Unvaniez ar Seiz-Breur, [plaquette commémorative éditée pour Keltia (Cahiers Interceltiques d'Art et de Littérature)], 1931.
Les costumes des populations bretonnes, préface de Pierre-Roland Giot (5 vol.), Rennes, Laboratoire d'anthropologie générale, 1953-1961. [tome I : « Généralités » (1953) ; tome II : « La Cornouaille » (1954) ; tome III : « Le Léon, le Trégor, le Goëlo, la Bretagne médiane » (1959) ; tome IV : « Le Pays de Vannes, le Pays de Guérande, la Haute-Bretagne » (1961) ; fascicule additionnel : « Méthode pour l'étude des costumes populaires » (1959)]. Journal de bord de saint Brendan à la recherche du paradis. Présenté et commenté par robert-yves (sic) Creston. P., éd. de Paris, 1957, illustrations de Creston [].
Ouvrages illustrés
Alphonse de Châteaubriant, La Brière, Fayard, Livre de demain, 1926 ; retirages en 1938 et 1946. Jeanne Coroller-Danio, Histoire de notre Bretagne, première édition illustrée par Jeanne Malivel, Dinard, Éd. de l'Hermine, 1932 ; nouvelle édition illustrée par Kreston. Youenn Drezen, Kan da Gornog, Brest, 1932. Jakez Riou, Keravel et Recouvrance, 13 planches, Keltia, 1932. Marc Elder, Le quai de la Fosse, Keltia, 1932. Édouard Peisson, Le Courrier de la Mer blanche, Fayard, col. « Livre de demain », 1935. Francis Carco, Verotchka l'étrangère, Fayard, col. « Livre de demain », 1939. Michel Geistdoerfer, Images ouessantines, Rieder, 1940. Youenn Drezen, Itron Varia Garmez, Brest, Skrid ha skeudenn, 1941 ; nouvelle éd. Al Liamm, 1977. Yann Sohier, Me a lenno, Rennes, Imp. centrale, 1941. Job de Roincé, Guionvac'h, légende bretonne en trois actes, d'après le roman de L. Kerardven, préface de Morvan Marchal, Rennes, Imp. du Nouvelliste, 1942. Jakez Riou, Dogan, Skrid ha skeudenn, 1943. Roger Vercel, Au large de l'Eden, Arc-en-ciel, 1945. Roger Vercel, La Hourie, Moulin de Pen-Mur, 1946. Youenn Drezen, Pemp pezh-c'hoari, Nantes, Skrid ha skeudenn, 1947. Georges-Gustave Toudouze, Le premier des globe-trotters, André Bonne, 1955.
Exposition René-Yves Creston, du trait à la faïence, Suzanne Candré-Creston, du au au musée de la Faïence de Quimper.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
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Olivier Levasseur, « René-Yves Creston et la découverte des mers froides », Annales du Patrimoine de Fécamp, , Fécamp, 2012. . .
Liens externes
Une conférence sur Creston au Musée breton
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