Dawit Isaakk, né le , est un journaliste, poète et écrivain suédois d'origine érythréenne. Il vint en Suède en 1987 et est devenu citoyen suédois en 1992, tout en gardant son ancienne citoyenneté érythréenne. En 1993, après la fin de la guerre et l'indépendance de l'Érythrée, il retourne à Asmara où il est cofondateur et rédacteur en chef du premier journal indépendant du pays, dénommé Setit..
En septembre 2001, Isaac et plusieurs autres journalistes sont emprisonnés pour avoir écrit sur un groupe de quinze membres du gouvernement qui exigeaient des réformes démocratiques et dont onze sont actuellement en prison. Parmi les journalistes et politiciens emprisonnés en , au moins dix sont morts en prison, y compris l'ancien ministre des affaires étrangères Mahmud Ahmed Sherifo, et le journaliste Fesshaye Yohannes www.newssafety.com.
La photographie ci contre (en haut à droite) présente une reconstitution de sa cellule-prison présumée en Érythrée, une boite surchauffée, sans fenêtres, installée dans le centre de détention d'Eiraeiro, sur la mer Rouge où Dawit Isaak serait enfermé depuis janvier 2010, à l'isolement, en dépit d'un état de santé physique et mentale très dégradé. Cette reconstitution a été exposée aux Media Days à Göteborg en mars 2015 (le dessin sur le mur extérieur de la cellule est flouté pour de ne pas enfreindre les droits d'auteur présumés).
Selon les informations de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples en 2016, il était encore vivant et probablement . Selon le gouvernement suédois il était encore en vie fin 2025.
Selon Reporters sans frontières, en 2021, Dawit Isaak, adopté par Amnesty International comme prisonnier d'opinion est .
Enfance et éléments de biographie Né en Érythrée, Dawit Isaak (parfois orthographié Isaac) a cinq frères et sœurs qui grandissent dans une famille qui vit d'un petit magasin de spécialités italiennes..
Dans sa jeunesse, il écrit et monte des pièces de théâtre. Adulte il publie plusieurs livres (deux romans écrits en tigrinya (l'une des langues de l'Érythrée) qui lui valent plusieurs prix littéraires attribués lors de différents festivals en Érythrée.
Fuyant la guerre d'Érythrée, il arrive dans le camp de réfugiés de Markaryd en Suède. De 1985 à 1992, il trouve un travail d'agent d'entretien et vit à Lerum près de Göteborg, tout en restant actif dans la diaspora érythréenne avec, entre autres, Yonas Manna (devenu depuis chargé d'affaires de l'Érythrée).
En 1992, il devient citoyen suédois.
Un an plus tard (1993), alors que la guerre s'est conclue par l'indépendance de l'Érythrée, il rentre à Asmara où il devient cofondateur, journaliste, copropriétaire et rédacteur en chef du premier journal indépendant du pays, dénommé Setit
De 1992 à 1997 il travaille pour le théâtre, créée un groupe de théâtre pour enfants, écrit un livre sur la guerre entre l'Éthiopie et l'Érythrée.
En 2000 il part pour un an à Göteborg avec sa famille puis rentre en Érythrée.
Père de trois enfants, âgé de 36 ans, il est brutalement privé de liberté et de ses droits, et il l'est resté depuis 2001.
Arrestation Le , , Dawit Isaak est arrêté par deux policiers érythréens du Service de la sûreté.
Au même moment, dans le pays, le gouvernement fait arrêter dix autres journalistes indépendants et onze éminents hommes politiques réformistes (incluant d'anciens ministres) appartenant à un groupe dit « G-15 » ou « groupe des 15 ». Ces incarcérations semblent être liées au fait qu'ils ont tous en 2001 critiqué la manière dont Isaias Afewerki dirigeait l'Érythrée, et qu'ils ont dans une série de lettres ouvertes au président Isayas Afeworki, demandé des réformes démocratiques incluant la mise en place d'élections et de la constitution promises. La presse indépendante, dont le journal Setit, avait couvert l'affrontement entre le président et les réformateurs et Dawit Isaak avait mentionné ces lettres dans son journal.
Selon la presse érythréenne, Yemane Gebremeskel (Conseiller du Président de la République), a justifié que les journalistes arrêtés à cette occasion l'ont été pour s'être soustraits au service militaire obligatoire. Mais ces arrestations faisaient suite à la fermeture et censure, le , par les pouvoirs publics, de huit journaux érythréens (les détenus ayant en outre tous eu leurs comptes bancaires bloqués et leurs avoirs confisqués), et Isaac avait rapporté dans son journal Setit des critiques visant le président Afwerki.
Emprisonnement sans charge, ni inculpation, ni procès thumb|Le président-dictateur érythréen Isaias Afewerki, lors d'un point de presse à Asmara (10 décembre 2002). Cette année là, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), D. Isaak a dû être hospitalisé après avoir été torturé, ce que le régime de Isaias Afewerki a nié. Mais depuis, nul visiteur indépendant n'a autorisé à rendre visite au prisonnier. Isaak Dawit est ensuite détenu , sans droit de visite, et sans procès, comme des milliers d'opposants et des dizaines d'autres journalistes (dont au moins trois sont morts). précise l'ONG Reporter sans frontière., alors que les autorités érythréennes ont accepté l' Habeas Corpus, qui prévoit que tout prisonnier a droit de bénéficier des services d'un avocat et de se défendre..
Depuis (de 2001 à 2021 au moins), comme ses confrères journalistes emprisonnés depuis , il ne peut toujours pas se défendre, et n'est toujours ni même avec la Croix-Rouge internationale, alors même qu'aucun motif, aucune charge n'ait été donné contre lui pour justifier son arrestation. Après 20 ans d'emprisonnement, . Reporter sans frontière rappelle en 2011 que
En avril 2002, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), a rapporté qu'Isaak avait été hospitalisé pour torture. Le gouvernement érythréen nie qu'il ait été torturé, mais n'a autorisé personne à lui rendre visite. Isaak Dawit n'a pas été jugé devant un tribunal.
En raison de sa double nationalité (suédoise et érythréenne), les autorités suédoises ont commencé à œuvrer à sa libération, par une « diplomatie silencieuse » (selon des sources gouvernementales).
En 2004, un comité de soutien Free Dawit est créé en Suède. Depuis, chaque semaine, des représentants du groupe se rendent à l'Ambassade de l'Érythrée à Lidingö (près de Stockholm) et y déposent une lettre de protestations, faute de pouvoir rencontrer l'Ambassadeur, et de nombreuses voix ses sont élevées dans les journaux suédois exigeant que Dawit soit libéré, sans résultats jusqu'en 2021.
Le , il peut sortir de sa prison mais, selon des sources officielles érythréennes, uniquement pour consulter un médecin. Après seulement deux jours de liberté, et alors qu'il se rendait à l'hôpital, Isaak est de nouveau emprisonné. Il serait détenu à la prison de Carchele, dans le centre d'Asmara.. Sonfrère Esaya Isaak a pu parler une minute au téléphone avec lui, pour la dernière fois.
Fin 2008, il est transféré de la prison d'Amara dans une prison éloignée de la capitale. Les conditions de détention y sont connues comme . Début février, selon l'organisation du droit de l'homme EWHRD (Eritrea Watch for Human Rights and Democracy), il avait du être hospitalisé dans un hôpital militaire, dans un état critique.
Soutien international et de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples Chaque semaine, plusieurs ONG (dont Reporters sans frontières et le National Press Club) demandent à l'ambassade d'Érythrée de Stockholm la libération d'Isaak Dawit..
En 2009, Dawit Isaak est sur la liste des candidats au prestigieux Prix Sakharov, attribué à des personnes et à des organisations consacrant leur existence à la défense des droits de l'homme. Le quatre des cinq plus grands journaux suédois (Aftonbladet, Expressen, Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet) publient en première page un plaidoyer pour sa libération, et ces cinq journaux publieront des rapports conjoints sur la situation d'Isaak Dawit. Une pétition conjointe est remise à l'ambassade d'Érythrée à Stockholm le . Au , l'avaient signé. Le , lors d'une interview accordée à la chaîne suédoise TV4 (chaîne 4), le président de l'Érythrée a catégoriquement rejeté l'affaire avec les mots .
En 2010, la méthode de la « diplomatie silencieuse » est mise en échec depuis 10 ans. Elle est critiquée par plusieurs médias suédois, et par Jesper Bengtsson, le président de la branche suédoise de Reporters sans frontières, en : . Un rapport juridique conclut que le droit international sur la double nationalité fait que le gouvernement suédois peut et doit soutenir Dawit Isaak. Ce rapport est envoyé au Ministère suédois des Affaires étrangères (MAE), mais aussi à la commission européenne et au président du Parlement européen. En Janvier 2010 RSF exhorte le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants à tout mettre en œuvre pour améliorer les conditions des journalistes emprisonnés en Érythrée.
En 2011, le une « rapporteure spéciale » de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples envoie une lettre à la République d'Érythrée (le ) disant notamment .Cette même année, en juin, avec les avocats Me Percy Bratt et Me Prisca Orsonneau, Me Alcalá avait adressé à la Cour suprême érythréenne une ordonnance d'Habeas Corpus en faveur de Dawit Isaac. La cour suprême, bien que les tribunaux érythréens soient supposés indépendants, a cependant jusqu'en 2021 au moins, refusé de juger ce cas.
Après la libération du pilote américano-albanais James Berisha, le vice-Premier ministre du Kosovo, Behgjet Pacolli, entamera une nouvelle mission en Érythrée pour la libération d'Isaak..
En 2012, le le secrétariat de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples reçoit une plainte introduite par Prisca Orsonneau, Jesus Alcala et Percy Bratt représentant Dawit Issak, (le Plaignant), contre la République d'Érythrée, plainte déposée dans le cadre des dispositions des articles 55 et 56 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. La commission se saisit du dossier lors de sa Session extraordinaire (du 19 au ), le juge recevable en 2014. Malgré plusieurs rappels, l'État érythréen n'a pas soumis ses observations sur le fond, et ce malgré plusieurs rappels de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples ; il a (le ) cependant contesté la décision de recevabilité, et plus tard soutenu que et, deux ans plus tard, rend une « décision sur le fond », lors de sa Session Extraordinaire (16 au ), concluant que la République d'Érythrée a violé la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples qu'elle a ratifié le et réaffirmant ses conclusions dans la Communication 275/03 : Article 19 c/ Érythrée, selon lesquelles, l'État défendeur devrait : procéder à la libération ou assurer un jugement rapide et équitable des 18 journalistes (y compris M. Dawit Isaak) détenus depuis et lever l'interdiction sur la presse ; accorder aux détenus un accès immédiat à leurs familles et à leurs avocats ; et prendre les mesures idoines pour garantir le paiement de l'indemnisation des détenus ». La commission ; Dans sa conclusion, la Commission rappelle aussi que L'article 23(2) de l'Acte constitutif de l'Union africaine dispose que .
Le , selon un ancien gardien de prison, Dawit est encore en vie et l'année suivante, en janvier l'ambassadeur de l'Érythrée en Israël affirme à un correspondant du journal Expressen que Dawit Isaak .