Georges de Bazelaire ( – ) est un général de division français dont le nom est associé à la Première Guerre mondiale.
Biographie Famille Né à Briey (Meurthe-et-Moselle) de Pierre Joseph Charles de Bazelaire de Saulcy (1821-1914), Conseiller à la cour de ToulouseDocteur en droit, Université de Strasbourg (1847). Voir : A. de Fontaine de Resbecq, Notice sur le doctorat en droit, Auguste Durand, Paris, 1857 , et de Pauline Adèle Marie Jolly (1830-1905), il appartient à une ancienne famille lorraine de laquelle sont issus, au vingtième siècle, quatre générauxGeorges de Bazelaire (1858-1954), infanterie; Maurice de Bazelaire de Ruppierre (1878-1966), troupes coloniales; Roger de Bazelaire de Boucheporn (1890-1954), cavalerie; Jean Marie de Bazelaire de Lesseux (1934-2014), cavalerie. Voir : Liste de généraux français du et deux amirauxYves de Bazelaire (1908-1982); Philippe de Bazelaire (né en 1939) ainsi que huit officiers saint-cyriens morts pour la FranceVoir : Musée du Souvenir - La Saint-Cyrienne, dont son fils, Pierre-André de Bazelaire, sous-lieutenant au régiment d'infanterie, tué le au combat de Vert-la-Gravelle (Bataille de la Marne)Pierre-André de Bazelaire de Saulcy (1894-1914), Saint-Cyr, promotion de La Croix du Drapeau (1913-1914). Sous-lieutenant au régiment d'infanterie. Chevalier de la Légion d'honneur (posthume), Croix de guerre avec palme. Voir : Tableau d'honneur, morts pour la France : guerre de 14-18 - La Fare - Paris, 1921 . Également : Livre d'or de l'externat Saint-Maurille - Société Anonyme des Éditions de l'Ouest - Angers, 1921 - pages 47 et suiv. (Gallica - lire en ligne).
Son grand-père, Joseph Anne Maximilien de Bazelaire (1775-1850), sous-lieutenant au Régiment de Beauce (1788), servit dans l' Armée des Princes. Brigadier des Gardes du corps du Roi en 1815 (Compagnie d' Havré), il accompagna Louis XVIII à Gand pendant les Cent-Jours. Chevalier de Saint Louis Voir : M. de Roussel - État militaire de France pour l'année 1789 - Chez Onfroy - Paris, 1789 - page 247 (Lire en ligne). Également : Louis de La Roque (sous la dir. de) - Bulletin héraldique de France - Volume X - Paris, 1891 - page 18 (Lire en ligne).
À l'École spéciale militaire de Saint-Cyr, promotion de Plewna (1876-1878)Reçu au concours de 1876, sorti sur de sa promotion, il est le condisciple de Charles de Foucauld et de Philippe Pétain. Sous-lieutenant le , il sert dans l'infanterie. Breveté de l’École de guerre, il est Chef de bataillon le .
Trois de ses frères sont également militaires : Maximilien Adrien de Bazelaire de Saulcy (1852-1901), ancien élève de l'École polytechnique, officier du géniePromotion X 1871, Maximilien Adrien de Bazelaire est le pére de Fernand de Bazelaire. Voir : EHSS - CNRS, « Bazelaire, Fernand de (1879-1943)», correspondance familiale [enligne], Biographies, Compléments historiographiques, B, mis à jour le : 08/12/2016 ; Maurice de Bazelaire de Saulcy (1854-1885), Saint-Cyr, promotion de la Grande Promotion (1874-1876), officier d'infanterie; et Paul de Bazelaire de Saulcy (1866-1941), Saint-Cyr, promotion de Chalons (1886-1888), officier de cavalerieLieutenant-colonel au régiment de Dragons (1916-1917). Voir : Lieutenant-colonel Picaud - Historique du régiment de Dragons - Henri Charles Lavauzelle - Paris, 1919 . Colonel commandant le régiment de Dragons (1918). Croix de guerre avec palme, commandeur de la Légion d'honneur, trois citations. Le 25 mai 1918, le régiment de Dragons est cité à l'ordre de la armée (général Humbert) avec le motif suivant : « Sous les ordres du lieutenant-colonel de Bazelaire, a fait preuve, durant les journées du 23 au 31 mars, d'une ténacité et d'une énergie combative remarquables, disputant le terrain pied à pied, et ne reculant que par ordre. A apporté à l'infanterie, dans un moment difficile, le concours le plus complet de ses unités combattant à pied et de ses mitrailleuses. » Voir : Journal de marche du régiment de Dragons pendant la Campagne 1914-1918 - Imprimerie Georges Forestié - Montauban, 1920 , en particulier pages 114 et 125..
Marié en 1886 à Madeleine de Sevin (née en 1866)Sur la famille de Sevin, voir : Généalogie de la famille de Sevin - Honoré Champion - Paris, 1912 . Xavier de Sevin (1894-1963), Saint-Cyr, promotion de la Grande Revanche (1914), officier pilote en 1915, est un as de la Première Guerre mondiale qui compta 23 victoires dont 12 homologuées, il eut quatre enfantsVoir : Jules Villain, La France moderne - Vol. III - Imprimerie Firmin, Montane et Sicardi - Montpellier, 1911 - page 367 (Gallica - lire en ligne) : Suzanne (née en 1891); Pierre-André (1894-1914), officier d'infanterie, mort pour la France (Bataille de la Marne, 1914); Bernard (né en 1898), officier d'infanterieSergent en 1918, blessé le 12 mai 1918 à Dickebush, région d'Ypres (Belgique), cité ā l'ordre du régiment. Voir : Livre d'or de l'externat Saint-Maurille- Société Anonyme des Éditions de l'Ouest - Angers, 1921 - page 493 (Gallica - lire en ligne) ; et Yvonne (née en 1899)Yvonne de Bazelaire de Saulcy (1899-1935). Mariée à Arnaud Laparra (1895-1969), Saint-Cyr, promotion de la Croix du Drapeau (1913-1914), officier d'infanterie. Blessé au combat d'Ethe (Belgique) en août 1914, prisonnier en Allemagne. Colonel commandant le Régiment de tirailleurs marocains (1943-1944) durant la Campagne d'Italie, général de brigade commandant la région de Fès (Maroc, 1946-1955), général de division. Grand officier de la Légion d'honneur, six citations dont trois à l'ordre de l'Armée. Voir : Général Guillaume, Adieu au Général Arnaud de Laparra, in : Bulletin de liaison de La Koumia, année, No 44, novembre 1969, pages 14-16 (Lire en ligne).
Première Guerre mondiale Georges de Bazelaire participe à la première guerre mondiale, et en particulier à la bataille de VerdunAlain Denizot - Verdun 1914 - 1918 - NEL - Paris, 1996.
En 1914, le colonel de Bazelaire commande le régiment d'infanterie qui quitte Angers pour la Lorraine le . Lors du premier contact avec l'ennemi, le , le régiment subit de lourdes pertes (17 officiers, près de tués, blessés ou disparus). Bazelaire est blessé le par un éclat d'obus, mais reste à son commandement jusqu’à son remplacement par le Colonel Graux, le Louis Chaillou - Historique du régiment d'infanterie - Ancestramil, SHD - 2008 . Voir également: Les régiments angevins dans la tourmente - Août - Décembre 1914 - Musée du génie militaire, Angers.
En , engagée avec la d'infanterie lors de la Bataille des Flandres pour maintenir ou rétablir « à tout prix » la ligne de l'Yser, « la brigade de Bazelaire ()La brigade d'infanterie du colonel de Bazelaire appartient alors à la division d'infanterie, commandée par le général Grossetti, se portant avec une rapidité extrême derrière l'Yser et au Sud, tombait sur les Allemands à Stuyvekenskerke, leur arrachait le village et semblait rétablir la situation »Louis Madelin - La Bataille des Flandres, l'Yser et Ypres - Revue des Deux Mondes - Année, tome - Juillet 1917 - page 269. sur Gallica . Voir également : Commandant Eugène Barbaroux, Journal de guerre (1914-1915), ci-dessous en bibliographie.
En 1915, le général de Bazelaire commande la division d'infanterieLa division d'infanterie fait partie du corps d'armée, général Baret, de la Armée commandée par le général Pétain, qui occupera « une place d'honneur parmi les unités qui se sont distinguées le , premier jour de la deuxième bataille de Champagne » et à qui « sera confiée l'action décisive lors de l'attaque »Voir le récit détaillé de l'attaque du 25 septembre 1915, in: Commandant Janet - Deuxième bataille de Champagne - Attaque de la division d'infanterie - Revue militaire générale, tome XX, septembre 1923 - pages 682 à 779, sur Gallica .
Verdun (1916) À Verdun, en 1916, le général de Bazelaire commande le corps d'armée, renommé Groupement BazelaireBernard Pernès - Verdun sans retour - Ed. Publibook, 2009, qui défend la rive gauche de la MeuseBataille de Verdun - Situation au 21 février 1916, sous les ordres du général Pétain qui vient de prendre le commandement de la ArméeLe 26 février 1916, le général Pétain prend le commandement de la Armée, qui est réorganisée en quatre Groupements. Le Groupement Bazelaire comprend les et Divisions d'Infanterie et les et Brigades. Voir : Alain Denizot - Verdun 1914 - 1918 - NEL - Paris, 1996 - page 93. Plus généralement, on pourra se référer à : La bataille de Verdun - La grande encyclopédie Larousse, tome 20 - Paris, 1976 . Le , Bazelaire avait adressé aux troupes placées sous son commandement l'ordre du jour suivant : « En cas d'attaque de l'ennemi, la conduite à tenir est simple : l'Allemand ne passera pas, et perdra du monde et en fin de compte il sera contre-attaqué. Donc, que chacun tienne ferme : il n'y a qu'une consigne : vaincre ou mourir »Historique du R.A.C., 1914-1919 - Chef d'escadron Masson - Schmitt frères, éditeurs - Belfort .
Le général PétainPhilippe Pétain - Actes et Écrits - Flammarion - Paris, 1974 - pages 50 à 66 « confie, au général de Bazelaire la mission d'organiser une position de repli entre Avocourt et Charny »Allain Bernède - Verdun 1916 : le point de vue français - Cénomane, 2002 - page 109. Dans son récit sur La Bataille de Verdun (1929), il rappelle l'heure grave: l'attaque sur la rive gauche, et s'interroge: « Tiendrait-il, le rempart de la position de résistance entre Meuse et Argonne, devant l'attaque que nous attendions avec une réelle anxiété ? Chaque jour qui passait permettait de l'espérer davantage, tant le général de Bazelaire déployait d'activité pour articuler logiquement ses unités et asseoir leurs gros sur la ligne générale de Cumières à Avocourt par le Mort-Homme et la cote 304, ligne sur laquelle nous voulions tenir avec tous nos moyens »Général Pétain - La Bataille de Verdun - Perrin - Paris, 2015 - page 64 et 65.
thumb|Le Mort-Homme et la Cote 304, Verdun, 1917