Le littoral est une zone à la jonction entre une étendue maritime et le continent. La partie la plus reculée du littoral porte le nom d'arrière-pays. La définition inclut différents aspects : géographiques, géomorphologiques, océanographiques, biologiques, juridiques, et est aussi présent dans la culture populaire.
Selon les échelles retenues, le littoral peut s'étendre de quelques centaines de mètres à plusieurs kilomètres de part et d'autre de la ligne de rivage.
Espace d'interface, convoité, attractif, propices aux différents flux (échanges commerciaux, déplacements…), il accueille actuellement la majorité de l'humanité, nombre d'agglomérations et de nombreuses activités. On parle alors de littoralisation.
Une partie importante du littoral est considérée comme zones humides telles que définies par la convention de Ramsar.
Le trait de côte correspond à la ligne atteinte par les plus hautes eaux par temps calme.
Définition géomorphologique Au sens géomorphologique, le littoral peut correspondre uniquement à l'estran. Dans ce cas, il est constitué de l'étage infralittoral et de l'étage supralittoral de l'estran.thumb|Le littoral est riche en paysages exceptionnels qui en font un atout touristique (ici, sur le littoral Ouest de Suðuroy, archipel des Féroé), souvent au risque de sa propre dégradation par la surfréquentation. Le paysage est l'enjeu d'un des équilibres que cherchent à trouver les schémas de développement intégrés du littoral thumb|Dunes du littoral de la province de Buenos Aires, photo prise par la NASA à l'altitude thumb|Sur toute la planète, les littoraux tendent à s'artificialiser, et ils sont souvent menacés par la montée des océans (ici : Besant Nagar, Madras (Chennai), Inde) thumb|Dans les zones peu urbanisées, les littoraux sont souvent des écotones très riches, jouant aussi un rôle de corridor biologique vignette|Prélèvement de sédiments au large du port de Buchanan.
Caractéristiques
Situation générale L'écotone mouvant terre-mer constitue un environnement particulier, qui est notamment à l'origine des dunes, galets, côtes rocheuses (dont certaines à falaises), estuaires, plages, côtes marécageuses… Des microclimats et des écosystèmes complexes sont spécifiques des littoraux. Les zones estuariennes, les côtes sableuses ou rocheuses, les zones humides et les marais maritimes, présentent bien souvent, en plus de leurs attraits écologiques et paysagers, des intérêts économiques (halieutiques) notamment qui les soumettent à des pressions et dégradations importantes de la part de l'Homme. Le littoral est vulnérable à l'un des effets du réchauffement climatique qui est la montée des océans, qui se traduit dans certaines zones par un recul du trait de côte.
Littoral français Le littoral français compte de côte selon le service hydrographique et océanographique de la Marine Le Service hydrographique et océanographique de la Marine donne une longueur totale de côtes de pour la France : http://www.shom.fr/les-activites/projets/delimitations-maritimes/espaces-francais/. dont en France métropolitaine (réparties sur quatre façades maritimes, 885 communes, 26 départements et onze régions.). Le groupe 1 du Grenelle de la mer rappelait en que la zone « charnière » que constitue le littoral ou le lieu de rencontre Terre-mer en faisait un lieu de dangers, de fragilités et de pressions : « En rétrécissant le champ, à la façade, à l’estran, au domaine public maritime, à la bande littorale, à la zone côtière ou aux eaux territoriales, l’homme a concentré sur la charnière, au fil des siècles, toutes les contraintes » ; lieux où « le seuil de tolérance, la capacité d’accueil, la charge d’usages nouveaux et anciens sont aujourd’hui dépassés »Rapport du Groupe I du Grenelle de la mer (« Délicate rencontre terre - mer »), page 3 et 4.. En France la loi littoral vise à protéger ce qui reste des grands paysages littoraux contre la périurbanisation notamment.
Aménagement et gestion des littoraux Les littoraux sont aménagés sur la côte. De nombreux littoraux sont aménagés pour un développement du commerce et des activités touristiques. Ces activités sont de grosses sources de revenus pour le pays.
Menaces et vulnérabilités Menaces
Diverses menaces contribuent à vulnérabiliser les littoraux : l'érosion côtière C'est la perte progressive de sédiments (sable, roches) due aux vagues, vents, marées et courants. Ce phénomène naturel s’accélère avec la montée du niveau de la mer, l’intensification des tempêtes et l’artificialisation des sols, qui limitent l’apport naturel de sédiments. Sur l'ensemble de l'Hexagone près de 20 % du trait de côte est en recul, ce qui représente de terre en moins entre 1960 et 2010 ; le seul département du Finistère a perdu une surface estimée à pendant cette période)Jacques Chanteau, Alerte sur les dunes bretonnes, Le Télégramme, 29 novembre 2020.. Le recul des falaises hautes-normandes et picardes, de six mètres en moyenne sur la période 1966-1995, en est une illustration. la submersion marine Ce sont les inondations provoquées par l'élévation du niveau de la mer, des tempêtes plus fréquentes et intenses, et la surélévation temporaire du plan d’eau lors d'événements météorologiques extrêmes. Ces submersions menacent infrastructures, habitats, terres agricoles et favorisent la perte de biodiversité ; La croissance économique, urbaine et démographique est la première explication à l'augmentation du risque, mais la montée de la mer compte pour une part non négligeable. C'est dans les pays pauvres ou en développement que l'urbanisme s'étend le plus dans les zones à risque ; Un rapport Ranking port cities with high exposure and vulnerability to climate extremes exposure estimates environment working papers 1, ENV/WKP(2007). de l'OCDE (2008) estime que dans portuaires étudiées par le rapport, au moins un million d’habitants étaient déjà en 2005 exposés aux inondations côtières centennale (sur quarante millions de personnes y habitant (soit 0,6 % de la population mondiale et environ un habitant sur dix de ces villes, et ce nombre pourrait être multiplié par trois de 2005 à 2070, pour atteindre de personnes environ) ; l'artificialisation et l'urbanisation Ce sont le développement des infrastructures, l'urbanisation croissante, la construction de routes et ponts, qui réduisent l’espace naturel disponible et fragilisent les écosystèmes littoraux ; la pollution Les apports de polluants, les rejets industriels et domestiques, les marées noires dégradent la qualité des eaux et des sols côtiers, menaçant la faune et la flore. La pression démographique et touristique C'est la forte fréquentation en période estivale, qui accentue la pression sur les milieux naturels et accroît la vulnérabilité des littoraux face aux risques naturels ; la perte de biodiversité Ce sont la destruction d'habitats naturels, la salinisation des terres (notamment en zones basses comme la Camargue), introduction d’espèces exotiques envahissantes, la surpêche, qui menacent les écosystèmes et la stabilité des littoraux ; la salinisation des nappes phréatiques côtières Des déplacements de nappes ou du biseau salé peuvent entraîner une salinisation ; la surexploitation des sables Elle est notamment destinée à la fabrication du béton. ; les tsunamis Les tsunamis sont parmi les aléas naturels les plus catastrophiques en termes de dégâts économiques et humains causés. Ils ne sont pas liés au changement climatique, mais ils représentent un risque sérieux pour de nombreuses zones côtières. ; le déclin de la mangrove les séquelles de guerre Ce sont les épaves de bateaux, d'avions, de sous-marins, les mines, les bombes et autres munitions non explosées, munitions immergées, bunkers ; les munitions immergées pourraient commencer à fuir et perdre leurs toxiques dans les premières décennies du .
Zones à risque Nombre de littoraux ont attiré l'urbanisation : les villes de Bombay, Canton, Shanghai, Miami, Hô Chi Minh-Ville, Calcutta, Alexandrie et La Nouvelle-Orléans, ainsi que les agglomérations de New York et d'Osaka-Kobe sont les plus vulnérables du point de vue du nombre d'habitants exposés.
En France, en 2006, les communes littorales abritaient une personne sur dix ( de personnes au ), sur seulement 4 % du territoire, (cette proportion étant stable depuis les années 1980), avec (densité supérieur à la moyenne métropolitaine)La population du littoral métropolitain en 2006, Commissariat général au développement durable, (consulté ).. La population n'y était que de d’habitants en 1968 (soit + 25 % entre 1968 et 2006).
Du point de vue des risques/coûts pour le patrimoine, les grandes villes portuaires les plus exposées sont Miami, l’agglomération new-yorkaise, La Nouvelle-Orléans, Osaka-Kobe, Tokyo, Amsterdam, Rotterdam, Nagoya, Tampa-St. Petersburg, et Virginia Beach, toutes situées dans trois pays (États-Unis, Japon, Pays-Bas). Selon l'OCDE, le patrimoine menacé par cet aléa en 2005 était estimé à de dollars américains (5 % du PIB annuel mondial) et pourrait être multiplié par dix d'ici 2070 avec une valeur de de dollars américains menacée (9 % du PIB annuel mondial projeté par les prospectivistes).
Tourisme littoral et maritime Le tourisme maritime est celui qui s'est le plus développé au , non sans impacts négatifs, avec notamment le bétonnage et l'artificialisation du littoral.
À partir des ports, s'est développé un tourisme maritime et de plaisance, pour un chiffre d’affaires estimé de d'euros en 2004 pour l'Europe, selon l'European Sea Ports Organisation, dans sa contribution au livre vert de l'Europe, l'écotourisme connaissant un développement rapide http://www.tourism-research.org/sustainable.pdf., et la plaisance (+5 à 6 %/an en Europe malgré son coût et le manque de place dans les ports) continue à croître, ainsi que la croisière (+10 %/an, les navires de croisières étant presque tous construits en Europe). Ces chiffres proviennent des représentants de ces secteurs d'activité et seraient à mettre en balance avec les coûts socio-environnementaux et l'empreinte écologique élevée de certaines formes de tourisme ; les chantiers navals ont gagné 43 % en productivité mais perdu 36 % de leurs emplois, et les impacts de la déconstruction artisanale des navires amiantés ou non dans les pays pauvres ne sont que rarement pris en compte, de même que le devenir des bateaux de plaisances (plastique, peintures toxiques, batteries)Livre vert..
Stratégie européenne En Europe, au milieu des années 1990, environ de personnes vivaient à moins de du littoral européen, qui s'étend sur une bande d'environ et l'Europe ne disposait d'aucun système global de gestion des zones côtièresÉvaluation DOBRIS Agence européenne pour l’environnement 1994. Les zones de polders (Pays-Bas, Flandre Belge, Nord de la France) sont exposées à un risque de submersion et en 2009, la pollution marine de ces zones reste un problème majeur dans toutes les mers européennes.
La succession des accidents maritimes a rappelé qu'il n'y avait pas de coordination des politiques maritimes des pays européens. Dans ses objectifs stratégiques pour 2005-2009, la Commission a déclaré, et elle le rappelle dans sonlivre vert. livre vert Vers une politique maritime de l’Union: une vision européenne des océans et des mers.Rapport sur la consultation. ; « il est particulièrement nécessaire de développer une politique maritime exhaustive visant à assurer une économie maritime prospère, acceptable pour l'environnement et soutenue par l'excellence de la recherche scientifique, de la technologie et de l'innovation dans le secteur maritime.» Le livre vert se conclut par un projet de consultation qui devrait s'achever en 2009.
L'Europe a contribué à la conférence mondiale des océans. de Madado qui l'engage à mieux protéger l'océan mondial Déclaration de Manado.