Le Lausanne Hockey Club (abrégé LHC ou Lausanne HC) est un club de hockey sur glace professionnel de la ville de Lausanne en Suisse, créé en 1922. Il évolue en National League (anciennement Ligue nationale A), le plus haut niveau du hockey suisse.
Histoire Origines, naissance et débuts du Lausanne Hockey Club (1902-1938)
Origines et arrivée du hockey sur glace à Lausanne gauche|vignette|Match de bandy dans la station de sports d'hiver de Leysin, dans les Alpes vaudoises, au début du siècle. Dérivant du bandy pratiqué en Angleterre au siècle, mais prenant véritablement forme au Canada au siècle, le hockey sur glace arrive en Europe continentale par l’intermédiaire de touristes et étudiants du monde anglo-saxon. Entre le et le siècle, la pensée hygiéniste valorise le grand air des Alpes, réputé pur et salubre. La Suisse constitue dès lors une destination de choix. Par là même, les stations de sports d'hiver du pays (Saint-Moritz, Davos, Les Avants, Caux, Villars-sur-Ollon) accueillent les premiers matchs de hockey sur glace en terres helvétiques. La pratique du hockey, et des sports d’hiver en général, donne l’occasion aux touristes aisés d’allier santé, amusement et volonté de distinction sociale en s’adonnant à des activités inconnues. Dans les collèges privés internationaux, le sport et le hockey sur glace participent à l’apprentissage de la discipline et du respect des règles. Par conséquent, pour ces deux raisons, autant les hôtels que les instituts d'éducation font de leurs infrastructures sportives, parmi lesquelles se trouvent les patinoires, des arguments publicitaires pour attirer davantage de clients. Observé par des autochtones, le hockey sur glace se diffuse au sein de la population suisse par initiation ou imitation. Les premiers clubs suisses sont fondés soit dans des stations hivernales, soit dans des villes dans lesquelles sont établies des écoles internationales ; ces dernières introduisent de nombreux sports en Suisse, parmi lesquels, en plus du football ou du tennis, le hockey sur glace.
À Lausanne, les sports d’hiver deviennent plus accessibles à la population en 1902 avec la construction du tramway reliant le chef-lieu vaudois à Moudon. En effet, ce chemin de fer passe par Le Chalet-à-Gobet, localité dans la banlieue de la commune lausannoise, culminant à 872 mètres d’altitude. Sous l’impulsion de promoteurs du sport venus de l’étranger et grâce également au climat plus froid de cette époque, le hameau devient alors chaque hiver une petite station sportive aux portes de la ville, offrant la possibilité d’y faire du ski, de la luge, mais aussi du patinage sur la patinoire naturelle de Sainte-Catherine.
Fondation du club des patineurs de Lausanne en 1908 et du Lausanne Hockey Club en 1922 C’est dans cette émulation, en 1908, qu’est fondé le club des patineurs de Lausanne (CP Lausanne). L’association possède une section de patinage artistique, mais aussi de hockey sur glace.. Le CP Lausanne participe au premier championnat national après la fondation de la fédération suisse de hockey sur glace en 1908. et finit troisième de la compétition après avoir affronté les clubs de Vevey, Les Avants, Caux, Leysin, Servette, de Villars et de La Villa. Il gagne le titre national en 1911. Membre du championnat de Suisse de hockey sur glace jusqu'au début des années 1920, la section de hockey du CP Lausanne va être remplacée par une autres société, uniquement consacrée au hockey sur glace, le Lausanne Hockey Club.
En effet, en , Alfred Mégroz, futur multiple champion de Suisse de patinage artistique enseignant à Saint-Moritz, invite les joueurs du CP Lausanne à disputer un tournoi entre Noël et Nouvel-An. « Pour de jeunes étudiants, la perspective de passer quelques jours dans la station grisonne était alléchante », se souvient Max Stoos, membre de cet effectif et premier président du Lausanne Hockey Club. Le tournoi réunit quatre équipes : le HC Saint-Moritz, le HC Davos, l'AEHC Zürich et le CP Lausanne. Durant seize ans, l'histoire du club se joue au-dessus du Chalet-à-Gobet. Les débuts en compétition sont difficiles. Les deux premières saisons, le LHC encaisse de lourdes défaites contre le futur champion national, à savoir l'institut Le Rosey de Gstaad, mais aussi le Hockey Club Château-d'Œx, champion international (joueurs étrangers admis) de Suisse de 1924. Le club demeure alors une équipe de deuxième division (série B).
Les premières années à Montchoisi : nouveau stade et fusion avec un autre club lausannois (1938-1949)
Déménagement à la patinoire de Montchoisi, surnomée le « Temple » gauche|vignette|264x264px|La patinoire de Montchoisi à la fin des années 40. En 1938, le Lausanne Hockey Club prend possession d'une nouvelle patinoire, artificielle, plus au sud de la ville, dans le quartier de Montchoisi. Le stade est rapidement surnommé le « Temple », en raison de l’atmosphère particulière qui s’y dégageait lors des matchs en soirée. Dépourvue de toit jusqu’au début des années 1980, l’arène présentait une glace transparente qui, sous l’effet de l’éclairage nocturne, scintillait comme un miroir. À la fin des années 1970, la patinoire pouvait accueillir officiellement environ , mais, en réalité, parfois plus de s'entassaient dans les tribunes tubulaires les soirs de matchs.
Dans un premier temps, ce nouvel écrin réussit au LHC, finissant vice-champion romand en 1939, puis champion romand en 1940. Pour la saison 1940-1941, la Ligue Nationale, la division la plus élevée, reprend sans deux clubs grisons. Ceux-ci viennent de régions touristiques économiquement à la peine compte tenu de la guerre. Le Lausanne Hockey Club est donc appelé à compléter la ligue, faisant d'elle la cinquième équipe du championnat. Cette promotion inattendue se termine mal : le LHC finit au dernier rang. Alors que les joueurs davosiens fêtent leur titre de champion national, Lausanne dispute une rencontre de barrage face à Bâle, champion de Série A. Devant , Doleyres, Fanchamps, Stucky, Beltrami, Caseel, Favre, Toffel, Buder et Eggimann s'inclinent 4 à 3. Le LHC est sportivement relégué. Ce même dimanche , l'autre club de la ville de Lausanne, le Star Hockey Club, bat Château-d'Œx 4 à 1 et se trouve promu en Série A.
Fusion avec Star Hockey Club : une seule équipe lausannoise sous le nom de Montchoisi Hockey Club. En , le Lausanne Hockey Club, lié alors à l'université., et le Star Hockey Club fusionnent pour devenir le Montchoisi Hockey Club (MHC). Même si une partie du Star Hockey Club s'y refuse et continuera à jouer sous le nom de Blue Star, la fusion a pour objectif d'éviter un affrontement dans une même division et, au contraire, d'unir les forces des deux équipes pour constituer un contingent compétitif au plus haut niveau. En effet, la Ligue Nationale reprend avec six clubs. Le MHC y prend part, malgré la relégation sportive du LHC la saison précédente. En outre, trois équipes sont alors inscrites dans la hiérarchie du hockey suisse : Montchoisi I, dans l'élite ; Montchoisi II, en Série A et Montchoisi III, en Série B. Dans un premier temps, la fusion s'avère plutôt payante, dans la mesure où le MHC finit troisième du championnat. Il en va de même les trois saisons suivantes. Ces résultats encourageants ne vont pas durer.
Par la suite, bon an mal an, l'aventure se poursuit jusqu'au printemps 1949. C'est l'époque de Jean Ayer, et de sa célèbre casquette, des Feigl, Aubort, Janski, Trivelli, Cattini, Streun, Beltrami, Favre, Minder, Brunhold, Caseel, Zurbuchen. Ce printemps-là, Montchoisi termine le championnat à l'avant-dernier rang du classement de la Ligue Nationale et laisse aux Grasshoppers le relatif honneur de disputer la rencontre de barrage face au champion de Série A. Vainqueur de Davos au cours de la dernière journée de championnat, Zurich est sacré champion de Suisse. Pour le Montchoisi Hockey Club, les critiques sont amères ; la presse locale ne tarit pas de reproches. Déjà, dans les coulisses, les dirigeants lausannois s'activent. L'équipe doit être renforcée, améliorer sa condition physique et prendre un nouveau départ.
Le Lausanne Hockey Club après le MHC : des hauts et des bas (1949-1981) Pour marquer cette volonté de renouveau et dans un souci de faire du club une vitrine publicitaire pour la ville, l'équipe renoue avec son nom des années trente : Lausanne Hockey Club. Au cours de l'été, les dirigeants du club s'assurent les services d'Othmar Delnon, de Golaz et d'Oldřich Zábrodský et fait frapper de nouveaux maillots rouges et blancs avec la mention « LHC ». Cette refonte de l'équipe amène le LHC à être sacré vice-champion de Suisse en 1950 et 1951. La suite sera nettement plus périlleuse.
Le club alterne pendant de nombreuses saisons des hauts et des bas. Ainsi, après une relégation en Ligue nationale B en 1954, il revient en Ligue nationale A en 1957, emmené par l'attaquant ontarien Robert « Bob » Dennison, mais connaît une nouvelle relégation en 1961.
Il faudra alors attendre 17 ans pour que le LHC retrouve l'élite. La promotion de 1978 est d'autant plus mémorable qu'elle est rendue possible par des joueurs qui vont marquer l'histoire du club. Sous la direction de Real Vincent, entraîneur-joueur, et sa ligne d'attaque composée de Jean-Guy Gratton, Gérard Dubi et Claude Friederich, le LHC accède à la LNA en battant Davos 8 à 4. Sept des huit buts lausannois de la soirée seront marqués par ce trio, surnommé « GDF ».. Ce retour au plus haut niveau oblige Lausanne à construire un toit pour la patinoire de Montchoisi. La ligue donne une année au club pour se mettre en conformité. Lors du retour dans l'élite, Dubi finit meilleur marqueur du championnat avec 19 buts et 29 aides, alors que Friederich de son côté termine à la sixième place avec 24 goals et 16 assists. Étant donné la qualité de leurs performances offensives et leur engagement pour le LHC, les deux joueurs verront plus tard leur numéro de maillot respectif retiré par le club, à savoir le 16 de Friederich et le 10 de Dubi. Ce dernier prend sa retraite en 1980, retraite qui coïncide avec le départ de Jean-Guy Gratton au HC La Chaux-de-Fonds, après avoir encore réalisé 19 buts et 12 aides pour sa dernière saison en rouge et blanc. Alors que la ligue évolue peu à peu vers le semi-professionnalisme et malgré les 35 points individuels de Friederich, le LHC ne parvient pas à éviter la relégation en 1981.
Entre trois divisions et l'installation au « chaudron » de Malley (1981-2000) Dans l'ensemble, les saisons suivantes seront difficiles. De retour en deuxième division, le LHC finit au troisième rang et ne peut ainsi rêver d'une remontée immédiate. La deuxième année en LNB voit les Lausannois accéder à la poule de promotion/relégation pour retrouver l'élite du hockey suisse, mais l'équipe termine à la dernière place. En 1984, Lausanne tombe de haut : l'équipe finit dernière du championnat, dernière de la poule pour le maintien : le LHC est par conséquent relégué en ligue, troisième échelon national. Cette contre-performance coïncide avec la fermeture de la patinoire de Montchoisi en tant qu'enceinte du club. Le , devant seulement 980 spectateurs, Le LHC effectue son dernier match à Montchoisi, stade vétuste, mais témoin des hauts et des bas du club depuis plus de 40 ans. Les Lausannois battent Zoug 4-3.