Les livres deutérocanoniques sont les livres de la Bible que l'Église catholique et les Églises orthodoxes incluent dans l'Ancien Testament et qui ne font pas partie de la Bible hébraïque. Les livres de la Bible hébraïque sont dits « protocanoniques », c'est-à-dire du premier canon. Les livres deutérocanoniques sont, pour les catholiques et les orthodoxes, du second canon, d'après l'adjectif grec deuteros, (δεύτερος ) « second ». Le protestantisme et le judaïsme ne voient pas ces livres comme inspirés et les considèrent donc comme apocryphes.

Étymologie Deutérocanonique est un adjectif formé à partir de deux mots grecs. signifie deuxième. Le mot canon vient du grec ancien , signifiant et par métaphore . puis au sens figuré à partir du cela désigne l'ensemble des livres de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament reconnus par l'Église. Le mot deutérocanonique signifie donc que ces livres sont , non pas parce qu'ils auraient une valeur moindre que les autres livres mais parce qu'ils ont été acceptés dans le canon après eux.

Liste des livres vignette|Le Dominiquin, L'archange Raphaël avec Tobie.

Livre de Judith Livre de Tobie Passages grecs du Livre d'Esther : « Songe de Mardochée » et « Complot contre le roi » (avant le verset 1,1 du texte hébreu), « Édit d'Artaxerxès » (après 3, 13), « Mardochée à Esther » (ap. 4, 8), « Prière de Mardochée » et « Prière d'Esther » (ap. 4, 17), « Rencontre d'Esther et du roi » (ap. 5, 5), « Nouvel édit d'Artaxerxès » (ap. 8, 12), « Explication du songe de Mardochée » (ap. 10, 3), « Conclusion de la version grecque » Premier Livre des Maccabées et Deuxième Livre des Maccabées Livre de la Sagesse Ecclésiastique (ou Siracide) Livre de Baruch : chapitres 1 à 6 (Ba 6 = Épître de Jérémie) Passages grecs du Livre de Daniel : insertions au chapitre 3 (prière des trois jeunes gens dans la fournaise), chapitre 13 (« Suzanne »), chapitre 14 (« Bel et le Dragon »).

Constitution des canons bibliques

Le Tanakh, c'est-à-dire l'ensemble des livres qui présentent le message de Dieu aux juifs, met plusieurs siècles avant d'être clos. Jusqu'au Synode de Jamnia, à la fin du premier siècle de notre ère, il n'existe pas de liste fermée des livres qui constituent le Tanakh. Dans les communautés chrétiennes des premiers siècles, il n'y a pas non plus de liste close et il faut attendre plusieurs conciles du pour que celle-ci soit établie. même si les débats pour savoir s'il faut garder tel ou tel livre ne cessent pas.

Les bibles juives et chrétiennes diffèrent essentiellement par la présence ou non du Nouveau Testament mais il existe en plus des différences dans le choix des livres qui forment l'Ancien Testament et parmi les Églises chrétiennes, des désaccords sont aussi apparus. Ces livres qui sont rejetés par les juifs et les protestants sont appelés deutérocanoniques.

Origine Langue d'origine Les livres deutérocanoniques sont écrits par des auteurs juifs. Il semble que certains ont d'abord été écrit en hébreu ou araméen (livre de Tobit, Premier Livre des Maccabées, Siracide et livre de Judith) puis traduits en grec alors que les autres (livre de la Sagesse, deuxième Livre des Maccabées et les chapitres du livre d'Esther) l'auraient été directement dans cette langue. Le cas des ajouts au livre de Daniel est discuté.

Intégration dans les canons Jusqu'au troisième siècle avant notre ère, la Bible existe seulement en hébreu. Mais à cette époque, une importante communauté juive s'est installée en Égypte et surtout à Alexandrie. Selon une légende rapportée dans la lettre d'Aristée, le roi Ptolémée II aurait ordonné que 72 traducteurs soient isolés individuellement pour traduire le Tanakh. Ceux-ci seraient alors tous parvenus à la même traduction. Au-delà de la légende, cette histoire montre qu'à cette époque les livres du Tanakh existent bien dans une version grecque. Par la suite, d'autres livres, appelés deutérocanoniques, sont aussi traduits et ajoutés à la Septante. Selon les époques, les juifs reconnaissent ou rejettent cette traduction de la Bible mais ils n'acceptent jamais les textes grecs. En effet selon eux, une traduction doit toujours être mise en regard du texte hébreu qui est la langue dans laquelle la Torah a été révélée. Ce n'est qu'à partir de ce texte qu'il est possible de comprendre vraiment le message divin. Dès lors, il n'est pas possible qu'un texte écrit dans une autre langue que l'hébreu soit inspiré par Dieu. Cette traduction en grec est toutefois retenue par les chrétiens, d'autant que le Nouveau Testament étant écrit en grec, la question de la langue pour l'Ancien Testament ne se pose pas ..

À la demande du pape Damase , Jérôme, au , traduit en latin le Nouveau Testament et les Psaumes à partir du texte grec. Après la mort de Damase, il poursuit ce travail et traduit le reste de l'Ancien Testament toujours à partir de la Septante. Par la suite il recommence cette traduction mais cette fois-ci à partir des textes hébreux Ce sera la Vulgate.

La tradition affirme qu'en 382 au concile de Rome une liste des livres canoniques est établie dans un décret, non daté, attribué au pape Damase . Cette liste est reprise lors du concile d'Hippone en 393 et ceux de Carthage en 397 et 419 et à chaque fois les livres deutérocanoniques sont présents.. La liste complète et officielle établie à Carthage en 397 est la plus ancienne qui nous soit parvenue. Cependant, malgré ces listes, les discussions pour savoir s'il faut garder tel ou tel livre ne cessent pas.. Les églises grecques valident leut accord avec l'intégralité du canon occidental lors du concile in Trullo en 692., c'est-à-dire tous les livres présents dans la Bible latine, y compris les deutérocanoniques..

Présentation des livres Livre de Judith Récit Le Livre de Judith comprend 16 chapitres. Le récit est habituellement divisé en deux parties (quoiqu'une minorité de chercheurs le divise en trois). Dans la première Nabuchodonosor décide de soumettre les peuples à l'ouest de son royaume et son général Holopherne mène une campagne victorieuse jusqu'à ce qu'il arrive devant Israël. Holopherne fait dresser son camp devant Béthulie, une des cités d'Israël. Judith, une de ses habitantes séduit Holopherne et après un banquet, elle lui tranche la tête qu'elle porte ensuite dans la cité pour qu'elle soit pendue à la muraille. Les habitants de Béthulie, aidés par le reste d'Israël met alors en déroute l'armée Assyrienne.

Texte Le Livre de Judith a été écrit en hébreul'araméen a aussi plus rarement été envisagé puis traduit en grec. L'original sémitique a disparu mais il a influencé Jérôme de Stridon lorsqu'il a traduit la Bible en latin. Celui-ci explique qu'il a repris les traductions latines existantes, la vetus latina, mais qu'il les a corrigées avec une version araméenne. La vetus latina est elle-même une traduction du texte grec mais pas de celui de la Septante comme le prouvent des différences dans le texte. Il existe des versions hébraïques mais elles sont des adaptations de la Vulgate ou sont des midrahim médiévaux qui présentent une version différente du récit et montrent par là la persistance d'une tradition orale chez les juifs.

Livre de Tobie Récit Le Livre de Tobie, parfois écrit Livre de Tobit, comprend 15 chapitres. Après le prologue des deux premiers versets, le récit se divise en deux parties avant l'épilogue. Dans la première Tobit, le père de Tobie, devient aveugle et Sara, une parente, est accusée d'assassiner ses maris successifs lors de la nuit de noce alors qu'ils sont en réalités tués par le démon Asmodée. Dans la deuxième, Tobie est envoyé par son père pour récupérer de l'argent. En chemin, il est accompagné par l'ange Gabriel et il pêche un poisson dont le foie est le moyen de chasser Asmodée. Tobie et Sara se marient sans qu'Asmodée l'empêche. De retour à Ninive, où vit Tobit, son fils lui donne le foie de poisson qui le guérit de sa cécité. L'épilogue raconte la mort de Tobit puis celle de son épouse. Tobie part alors pour Ecbatane, ville de la famille de Sara et Ninive est détruite par Xerxès.

Texte Le texte du livre existe en plusieurs versions. Dans la Septante on peut trouver une version courte, une longue et une mixte. Alors que la version courte paraissait la plus ancienne, la découverte à Qumran de quatre fragments en araméen et un en hébreu ont remis en cause cette unanimité. Par ailleurs la version de la Vetus Latina, revue sommairement par Jérôme avec un texte en araméen, comporte des différences avec les textes de la Vulgate. Le bibliste Ernst Axel Knauf conclut de cette diversité des textes que le livre devait être populaire mais qu'il n'existait pas de version officielle.

Livres des Maccabées Il existe sept livres des Maccabées. Les deux premiers appartiennent au corpus deutérocanonique et sont donc inclus dans la Bible par les catholiques et les orthodoxes. Les troisième et quatrième livres sont acceptés par les orthodoxes et par certaines églises syriaques. Enfin l'Église orthodoxe tewahedo reconnaît trois livres des Maccabées (nommés Meqabyan) mais qui ne correspondent à aucun autre livre des autres Églises. Il existe donc seulement deux livres des Maccabées deutérocanoniques.

Canon orthodoxe

En règle générale, le canon orthodoxe s'accorde avec le canon catholique.

Canon protestant vignette|La Bible de Luther inclut les deutérocanoniques entre l'Ancien et le Nouveau Testaments, sous le titre Apocryphes. Les réformateurs n'ont, pour l'Ancien Testament, reconnu comme inspirés que les livres du canon hébraïque, à la suite de Luther, qui jugeait les livres « antilégomènes », c'est-à-dire des « livres qui ne sont pas regardés comme ayant la même valeur que le canon hébraïque, mais qui sont pourtant utiles et bons à lire, il ne les a cependant pas retirés de la Bible, la Bible de Luther avait donc les 73 livres».

C'est en 1825 que les premières Bible à 66 livres sont imprimées par la société anglicane The Bible Company, qui considérait déjà ces livres comme apocryphes et qui, pour des raisons économiques décida de retirer les 7 livres Deutérocanoniques de la Bible.

Les protestants désignent ces derniers livres sous le terme d'« apocryphes ». Ils les ont longtemps maintenus en annexe dans leurs éditions de la Bible.

Les protestants gardent donc strictement le canon hébraïque (fixé en l'an 90 lors du concile Juif de Jamina), considérant que l'Ancien Testament fut confié aux Juifs comme le Nouveau Testament à l'Église selon Romains 3:2.

Ils ont, en revanche, gardé l'entièreté du canon catholique du Nouveau Testament bien que Luther. se soit interrogé sur l'Épître de Jacques, dont il disait qu'il s'agit d'une « épître de paille » qui « n'a pas de contenu évangélique » faisant peu de références christologiques. Cette appellation est également due au fait, qu'a contrario de la parole de Luther et des lettres de Paul, cette épître fait mention du salut par les œuvres. Malgré cela, la foi sans les œuvres étant morte, Luther décida de la garder.

Notes et références Notes

Sources secondaires

Sources primaires

Bibliographie

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Bibliographie complémentaire . .

Articles connexes Antilegomena Bible Canon biblique Inspiration biblique Apocryphe biblique Période intertestamentaire