Marie Duhem, née Marie Sergeant à Guemps le et morte à Douai le , est une artiste peintre française.
Biographie Les parents de Marie Amélie Hortense, Victor Sergeant et Marie Hubert, dirigent une manufacture de dentelle. Dès son enfance, elle se familiarise au travail des dessinateurs de modèles. Elle devient l’élève du peintre Adrien Demont, époux de l’artiste peintre Virginie Demont-Breton. C’est dans leur atelier de Wissant qu’elle rencontre, en 1889, Henri Duhem, de 11 ans son aîné, avocat et peintreLa rencontre de Henri et Marie Duhem l'été 1889 est racontée par Adrien Demont, dans son ouvrage Souvenances, page 314 et suivantes (éditions de la Nouvelle Société Anonyme du Pas-de-Calais, 1927). Ainsi, selon Adrien Demont : « Ce fut par une après-midi d'été que Mademoiselle Marie Sergeant arriva. Nous étions tous en train de peindre sur la route de Marquise quand passa le petit omnibus de Duval qui l'amenait accompagnée de Madame Sergeant, sa mère. Nous leur fîmes un salut amical de la main et ce rapide instant suffit à Henri Duhem pour être frappé de la beauté et du charme de Mademoiselle Marie ».. Ils se marient en 1890 et, l'année suivante, elle donne naissance à un garçon, Rémy Duhem (1891-1915). C'est l'époque du groupe de Wissant (encore appelé École de Wissant) : autour des Demont-Breton, chaque été pendant plusieurs années, les Duhem, installés dans leur maison de campagne à Camiers, retrouvent tout un groupe d’amis venus peindre, sur le motif, la campagne du boulonnais et le littoral de la Côte d'Opale. Parmi les plus assidus, l’on compte Georges Maroniez, Francis Tattegrain, Fernand Stiévenart ou encore Félix PlanquetteCe groupe de Wissant est évoqué par Adrien Demont, dans son ouvrage Souvenances, au chapitre XVI intitulé « Wissant - La mer - Le Typhonium » (page 310 et suivantes)..
Marie Duhem forme avec son mari un couple d’artistes unis partageant quêtes esthétiques et passion pour la collection. Ils acquièrent ainsi un ensemble d’œuvres impressionnistes et postimpressionnistes de premier ordreOn retrouve un catalogue précis des œuvres collectionnées par les Duhem dans l'ouvrage de Marianne Delafond, La Donation Duhem ; Musée Marmottan ; Paris, éditions du Musée Marmottan, Paris, 1987., dont la Promenade près d'Argenteuil peinte en 1875 par Claude Monet, ou Bouquet de Fleurs peint en 1897 à Tahiti par Paul Gauguin.
Marie Duhem a une carrière au rayonnement national. Elle est nommée officier des Palmes académiques, puis reçoit une médaille à l’Exposition universelle de 1900. Une exposition personnelle lui est consacrée en 1906, à Paris, à la galerie Georges Petit. Cette même année, l’État acquiert une huile sur toile intitulée Renoncules blanches pour le musée du Luxembourg, maintenant conservée au musée d’Orsay, qui possède également ses Reines Marguerites dans un vase. Elle expose également à l’étranger (Londres, Rome, Saint-Pétersbourg).
Marie Duhem est impliquée dans la vie culturelle de son époque : tout comme son mari, elle entretient des liens amicaux avec Camille Pissarro, Auguste Rodin ou encore Henri Le SidanerCes amitiés sont précisément évoquées par Jacqueline Chœur, à travers la correspondance de Henri Duhem conservée aux Archives Duhem du musée de la Chartreuse de Douai, dans son article intitulé « Les correspondants des Duhem », in les Mémoires de la Société d'agriculture, sciences et arts de Douai, 1992-1995, (1996), .. De ce dernier, elle réalise un portrait à l’huile (aujourd’hui conservé au musée des beaux-arts de Dunkerque) révélateur de l'intimisme dans lequel Henri Le Sidaner et les Duhem s’inscrivent.
Durant la Première Guerre mondiale, le couple perd son fils unique, Rémy Duhem, jeune peintre à l'avenir prometteur, tué au front le . Marie Duhem, très affectée par la mort prématurée de son fils, succombe d’une tumeur, dans la maison familiale de Douai, le , à l’âge de 47 ans.
En 1922, Henri Duhem évoque le souvenir de son fils et de sa femme dans un récit intitulé La Mort du foyerÉditions Figuière.. Deux ans plus tard, le critique d’art Camille Mauclair, grand ami du couple, retrace l’œuvre dessinée et peinte des deux artistes défunts, dans un ouvrage à l’iconographie très documentée, intitulé Marie Duhem, Rémy Duhem : hommage, paru aux éditions Jacomet. Nelly Sergeant-Duhem, fille adoptive des Duhem, donne leur collection en 1985 à l'Académie des beaux-arts : elle est conservée au musée Marmottan à Paris.
Distinctions
Son œuvre On retrouve dans la peinture de Marie Duhem l’atmosphère sobre et de recueillement caractérisant également l’œuvre de son mari. Certaines de ses œuvres, tel le Jardin à la campagneHuile sur toile conservée au musée du Touquet-Paris-Plage. témoignent, par leur facture néo-impressionniste et intimiste, de l’influence d'Henri Le Sidaner.
Œuvres dans les collections publiques
Bailleul, musée Benoît-De-Puydt : Enfants jouant devant une chaumière, huile sur toile. Cambrai, musée de Cambrai : Les Communiantes, huile sur toile. Blackburn, Blackburn Museum and Art Gallery : Enfant au jardin (œuvre dédicacée à Thomas Ingham), huile sur panneau. Douai, musée de la Chartreuse : Jonquilles, huile sur toile ; La Véranda, huile sur toile ; La Maison blanche, huile sur toile ; Dahlia jaune sur fond noir, dessin à la pierre noir et à l'aquarelle ; Les Communiantes, 1914, aquarelle. Dunkerque, musée des beaux-arts : Portrait d'Henri Le Sidaner, huile sur toile. Étaples, musée Quentovic d'Étaples : Paysage, huile sur toilePaysage, Musenor.. Paris : musée du Louvre, département des Arts graphiques : Jeune garçon assis sur une chaise, lisant, 1903, crayon noir et fusain. musée Marmottan : Jeune femme et son chien, huile sur toile ; Champ avec meules de blé, huile sur toile. musée d’Orsay : Reines marguerites dans un vase, huile sur toileNotice sur le site du musée d'Orsay. ; Renoncules blanches, 1906, huile sur toile. Le Touquet-Paris-Plage, musée du Touquet-Paris-Plage : Jardin à la campagne, huile sur toile ; Clair de lune à Camiers, huile sur toile ; Arbre et banc, huile sur toile. Valenciennes, musée des beaux-arts : Âne au pré, huile sur toile.
Galerie
Iconographie Léon-Ernest Drivier, Marie Duhem, buste en bronze, musée de la Chartreuse de Douai.
Philatélie Un timbre postal français, représentant les Reines marguerites dans un vase (huile sur toile, Paris, musée d’Orsay), a été édité à 5 millions d'exemplaires et mis en circulation le . Il intègre le carnet de 12 timbres intitulé Bouquets de fleurs proposant des reproductions de peintures de bouquets de fleurs réalisées par des peintres des sSe trouvent ainsi notamment reproduits des bouquets de Paul Gauguin, de Vincent van Gogh, de Paul Cézanne, d'Auguste Renoir, d'Édouard Manet ou encore d'Henri Fantin-Latour..
Notes et références
Annexes Bibliographie Henri Duhem, La Mort du foyer, Éditions Figuière, 1922. Camille Mauclair, Marie Duhem, Rémy Duhem: hommage, Éditions Jacomet, 1924. Adrien Demont, Souvenances, Éditions de la Nouvelle Société Anonyme du Pas-de-Calais, 1927. Henri Duhem, Ève ou l'épicier, Éditions de la Flandre, 1935. Collectif, Les Peintres et le Pas-de-Calais, Éditions Sogemo, 1995. Jacqueline Chœur, « La Maison Duhem », in la revue Les Amis de Douai, 1986, Marianne Delafond, La Donation Duhem ; Musée Marmottan ; Paris, Éditions du musée Marmottan de Paris, 1987. Jacqueline Chœur, « Rencontre avec les Duhem », in Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Douai, 1992-1995, , 1996, Jacqueline Chœur, « Les correspondants des Duhem », in Mémoires de la Société d'Agriculture, Sciences et Arts de Douai, 1992-1995, , 1996, . Sylvie Carlier, « Le couple Henri et Marie Duhem à Douai au 10 rue d'Arras », in Les Amis de Douai, 2001, . Sylvie Carlier, « Henri Le Sidaner - Henri Duhem : témoignage d'une amitié à travers leur correspondance », in Henri Le Sidaner en son jardin de Gerberoy 1901-1939 [ouvrage collectif], Éditions Monelle Hayot, 2001, . Collectif, 60 figures douaisiennes du , Éditions des Archives communales de Douai, 2006. Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture : 1820-1920, Les Éditions de l’Amateur, 2008. Jean-Marie Ball, Annette Bourrut Lacouture et Philippe Gallois, L'École de Wissant et ses peintres, Association Art et Histoire de Wissant, 2012. Collectif, Visages de Terre et de Mer - Regards de peintres à Wissant à la fin du , Michèle Moyne-Charlet, Anne Esnault, Annette Bourrut Lacouture, Yann Gobert-Sergent, Jean-Marie Ball, Philippe Gallois, Brigitte Potiez-Soth, Édition du Pas-de-Calais, Silvana Editoriale, , 135 p. . Collectif, Intimité(s) : les peintres de la Côte d’Opale, Anne Moitel, Yann Gobert-Sergent, Éditions Invenit, 2020, 96 pages. Julien Deloffre, « De la souffrance au renouveau : Douai vu par le peintre Henri Duhem au sortir de la Grande Guerre », in Les Amis de Douai, juin 2021, . Julien Deloffre, « Marie Duhem : parcours d’une artiste peintre au tournant du XXe siècle, des amitiés artistiques à la reconnaissance institutionnelle », Femmes Artistes de la Côte d’Opale 1880-1930,[ouvrage collectif sous la direction d’Anne Moitel], Éditions Invenit, 2024, .
Liens externes
Catégorie:Peintre française du XIXe siècle Catégorie:Peintre française du XXe siècle Catégorie:Peintre postimpressionniste français Catégorie:Peintre intimiste français Catégorie:Peintre français de nature morte Catégorie:Peintre paysagiste français Catégorie:Peintre portraitiste français Catégorie:Peintre français d'art sacré Catégorie:Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1912 Catégorie:Officier d'Académie Catégorie:Camiers Catégorie:Naissance en mars 1871 Catégorie:Naissance dans le Pas-de-Calais au XIXe siècle Catégorie:Décès en juillet 1918 Catégorie:Décès à Douai Catégorie:Décès à 47 ans