Ban-de-Sapt () est une commune française située dans le département des Vosges, en région Grand Est.
Ses habitants sont appelés les Saptésiens.
Géographie Localisation Senones est à , Saint-Dié-des-Vosges est à par le col des Raids à d'altitude débouchant sur la vallée du RobacheOn peut comparer avec les distances indiquées en 1845, sur chaque parcours, les rectifications et les ouvrages d'art ont permis de réduire les distances d'environ .. On peut rejoindre Saales, à , par le col du Las à d'altitude.
Géologie et relief La commune, située dans le massif des Vosges, réunit quelques hameaux disséminés sur les rebords d'un plateau et dans l'échancrure mollement vallonnée, drainée par les minuscules contributeurs du ruisseau de la HureLe féminin est nécessaire, mais trompeur. Le Hure provient du rain de Lassaux, sur la commune voisine de Saint-Jean-d'Ormont. Les Anciens appelaient le ru du Las ce ruisseau de la Hure des anciennes ou nouvelles cartes françaises, truffées d'erreurs toponymiques.. Elle en comptait une dizaine autrefois. Inspiré par une fausse interprétation du vieux nom, Ad septem abietes, le chef du premier bureau de la préfecture à Épinal, Charles Charton, responsable de la statistique des Vosges entre 1830 et 1850, a tacitement considéré que chacun des sept hameaux principaux d'autrefois était représenté par un sapin : il supposait que ce lieu commun aux habitants était un lieu-dit autrefois connu, « La Justice » qu'il situe sur un tertre à proximité de la via salaria ou voie des SaulniersIl mentionne qu'un monticule de trois à quatre mètres de hauteur y était encore observable. Selon Charles Charton, les sept gros hameaux fondateurs seraient Faymont, Le Fraiteux, Geminfaing, La Fontenelle, Laître, Le Rouaux, Launois.. À son époque, un bon observateur compte au moins neuf gros hameaux.
À Launois se trouvent aujourd'hui la mairie, l'école. et l'église, c'est-à-dire le centre de la vie communale. Les autres hameaux La Fontenelle, le Rouaux, Laître, Nayemont, Gemainfaing, Bourras et le Fraiteux restent à l'écart du centre.
Communes limitrophes
Dans la région, un ban désigne une communauté, autrefois rassemblée sous une même autorité politico-religieuse ; Sapt se réfère à l'appellation initiale « Ad septem abietes », littéralement aux sept sapins. Outre la dénomination d'une communauté qu'il nous faudra définir, le lieu précis est le lieu d'assemblée d'un ban, issu du découpage carolingien du ban mérovingien de Gondelbert, et il est fort vraisemblable que ce toponyme précis soit à LaîtreL'étymologie le mentionne, l'aître désigne en ancien français le cimetière. Voilà le lieu commun aux habitants et plus surprenant pour un esprit moderne, le lieu d'assemblée et de rencontre des vivants pour les affaires et la politique..
Le plateau était autrefois traversé par la voie des Saulniers, antique voie romaine qui reliait autrefois Saint-Blaise à Saales. La vieille route des Saulniers est abandonnée depuis 1800.
Hydrographie vignette|centre|redresse=2.0|Réseaux hydrographique et routier de Ban-de-Sapt.|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune.
La commune est située dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau le Hure, le ruisseau de Lavaux, le ruisseau des Gouttes et le ruisseau du Pré de l'Aune..
Le Hure, d'une longueur totale de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Meurthe à Étival-Clairefontaine, après avoir traversé ..
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971–2000.. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de )..
Pour la période 1971–2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991–2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041–2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Ban-de-Sapt est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..
Elle est située hors unité urbaine.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Dié-des-Vosges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=2.1|centre|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (72,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (73,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (72,3 %), prairies (18,3 %), zones agricoles hétérogènes (9,4 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820–1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Ad Septem Abietes capellam S. Gregorii (1140) ; Bannus de Sessei (1172) ; Bannum de Selsez (1172) ; A banno de Sessez (1180) ; Tocius banni de Setsez (1187) ; In banno de Selez (1254) ; De Ceses, li bans de Seses () ; Li bans de Secez (vers 1300) ; De banno de Cesses (1310) ; Seces (1312) ; In banno nostro de Seusses (1313) ; Le ban de Sça (1328) ; Les bans de Cecez, de Saules et de Provenchieres (1336) ; Le ban de Seupt (1341) ; ? R. de Xixey (1344) ; Li bans de Cessait (1360) ; Hue de Xeixei (1360) ; Li bans de Sesés () ; Ou ban de Sept Sapz (1396) ; Ban de Say (1437) ; Ban de Cept (1459) ; Seignourie du ban de Sept (1489) ; Le ban de Ça (1496) ; Le ban de Cecept, le ban de Sesaipt () ; Le ban de Sept (1594) ; Es Sept Sapins () ; Bam de Sapt (1628) ; Ban de Sapt (1656) ; Sapt, nom d’un ban dont Laître est le chef-lieu (1753) ; Laître ou le Ban de Sas, Septem Abietes (1768) ; Baudesapt (an X)..
De l'oïl ban « territoire où s'exerçait la juridiction d'un suzerain ».. Le ban permettait en outre au seigneur d'exiger un droit de passage sur ses terres, un péageDominique Barthélemy, Les deux âges de la seigneurie banale. Pouvoir et société dans la terre des sires de Coucy (milieu du ), éditions de la Sorbonne, 2019.. L'adjectif « banal » ou « bannal » (au pluriel : banaux) qualifie les choses relevant du ban. Son sens moderne de « banal » (au pluriel : banals) en est dérivé : ce qui est banal est commun, ordinaire "banal, adj." OED En ligne, Oxford University Press, janvier 2018..
Sapt se réfère à l'appellation initiale « Ad septem abietes », littéralement « aux sept sapins ». Toponyme assez courant dans la région qui évoque un sapin ou une sapinière. Sapt pourrait provenir du sapage des arbres à la racine, les toponymes évoquent les formes usagères longtemps pratiquées.. Autrefois le Ban-des-sept-Sapins était composé de sept sections : Nayeumont, le Fraiteux, Gemainfaing, la Fontenelle, Laitre, le Rouaux et Launois.
Histoire Le ban doyenné Le ban Ad septem abietem est un des nombreux bans provenant de l'éclatement politique de la partie méridionale du ban de GondelbertIl est avec les bans de Provenchères, de Spitzemberg, de La Grande-Fosse, de Saales... issus des découpages ultérieurs qui ont divisé la partie proche de la voie des Saulniers. La vaste part excentrée au nord est le ban de Senones, donné en commende en 775 à l'évêque de Metz.. L'ancienne église de Laître, bâtie en 738 selon les archives religieuses, atteste l'apparition de ce ban. Le hameau de Laître est le premier chef-lieu du ban. Les vestiges de l'édifice, soient le chœur et une voûte y étaient encore préservés et visibles en 1839.
Vers l'an mil, l'Abbaye Saint-Hydulphe de Moyenmoutier administre pour les ducs de Lorraine la via salaria qui mène de Saint-Blaise à Saales. L'abbaye associée de Ebersmunster, à l'autre extrémité, devrait administrer la partie alsacienne de la voie de Saales à Scherwiller, mais les guerriers de l'Ortenberg contrôlent et sécurisent la voie depuis de nombreuses décennies.
Le doyenné ou décanat est une ancienne organisation qui gère un ban. Une assemblée élit une dizaine de représentants, des dizainiers choisis et élus par les hommes libres. Parmi ceux-ci, un doyen chef de communauté rend compte aux seigneurs. Ce mode de fonctionnement préserve l'héritage de multiples censes ou d'un ban autrefois autonomes. Ici, le ban n'existe plus depuis l'an mil car le pouvoir temporel et spirituel est au main de l'abbaye de Moyenmoutier et de son voué, le duc de Lorraine. C'est pourquoi le doyenné n'est qu'une simple entité champêtre du ban de Moyenmoutier, dépendant pour la justice et le pouvoir militaire de la prévôté de Saint-Dié et du bailliage de Nancy en 1593.
En 1710, le bailliage est à Saint-Dié. L'administration française confirme cette mutation en fixant, sous la coutume de Lorraine, bailliage et maîtrise à Saint-Dié.
La paroisse découpée au treizième siècle a toujours été administrée par un moine de l'abbaye de Moyenmoutier. Le moine bénédictin titulaire nommé à la cure du Ban-de-Sapt par l'abbé a pu rétribuer, par voie contractuelle avec ses bénéfices, un prêtre, simple remplaçant. Le pauvre desservant révocable à merci effectue à sa place les tâches pastorales et les collectes de dîmes et taxes. Cette pratique sous-traitante s'efface depuis la réforme bénédictine de saint Vanne et saint Hydulphe et n'existe plus à la fin du siècle des Lumières, le moine prêtre est également le premier desservant.
La commune En 1790, la commune fondée par l'achat symbolique d'un coffre à archives fait partie du canton de Saales et du district de Saint-Dié. Le conventionnel Georges Couthon, chargé de l'annexion de la principauté de Salm à la France, rattache la commune au canton de Senones nouvellement formé ainsi que l'ensemble de la vallée du Hure, Saint-Jean-d'Ormont, Denipaire, Hurbache et Moyenmoutierc'est une partie de l'ancien ban de Moyenmoutier..
À partir de 1800, le vieux tracé n'est plus emprunté, mais les routes venant de Moyenmoutier ou de Senones convergent toujours vers le ban de Sapt et Saales. La réalisation finale de la route de Saint-Dié à Strasbourg par Provenchères, le col de Saales et Schirmeck au cours des années 1840 amène un lent déclin de ce réseau routier, lieu de rencontre traditionnel des Lorrains et Alsaciens, et entraîne à long terme un exode des services et petites industries désormais pléthoriques, surtout après les périodes de prospérité de l'Empire libéral.
Ban de Sapt en 1839 vignette|gauche|Église dans le hameau du Launois.