La conférence de Copenhague a été la conférence des parties (COP 15) de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Elle s'est tenue à Copenhague (Danemark), du 7 au . Conformément à la feuille de route adoptée en 2007 lors de la COP 13, elle devait être l'occasion, pour les 192 pays ayant ratifié la Convention, de renégocier un accord international sur le climat remplaçant le protocole de Kyoto, initié lors de la COP 3 en 1997 et dont la première étape prend fin en 2012. Cette COP 15 était également le MOP 5 (Meeting of Parties), soit la annuelle depuis l'entrée en vigueur du protocole de Kyoto en 2005.
Quinzième édition du sommet annuel des représentants des pays ayant ratifié la CCNUCC, la COP abouti au (selon le secrétaire général de l'ONUBan Ki-Moon se félicite des résultats de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques Communiqué du Secrétaire général se l'ONU, SG/SM/12682 ENV/DEV/1103 / Département de l’information (Consulté 2010 01 03)) visant à ne pas dépasser une augmentation moyenne de en 2100 par rapport à l'ère pré-industrielle.), sans toutefois s'accorder sur l'objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à celles de 1990..
Cet accord n'est pas juridiquement contraignant ; il ne prolonge pas le protocole de Kyoto, censé prendre fin en 2013. Il n'est en outre pas assorti de dates-butoirs ni d'objectifs quantitatifs
Pré-négociations thumb|right|200px|Bella Center, le centre de réunion où se sont tenus les pourparlers à Copenhague Des scientifiques du monde entier se sont rencontrés dès , dans cette même capitale, pour mettre en commun les connaissances les plus récentes sur le changement climatique.
Un projet de texte devant être finalisé durant les négociations de Copenhague a été discuté durant une série de réunions antérieures à Copenhague et publié.
Certains experts présentaient Copenhague comme le « sommet de la dernière chance pour le climat »..
Bonn Du au , les délégués de 183 pays se sont rencontrés à Bonn avec pour objectif de discuter les textes clé de la négociation qui serviraient de base aux accords sur le changement climatique à Copenhague. À la fin de la réunion, les groupes de travail ad hoc du Protocole de Kyoto (Ad Hoc Working Group under the Kyoto Protocol, AWG-KP) chargé des négociations était loin des objectifs de réduction d'émission fixés par les scientifiques pour éviter les problèmes les plus importants liés au changement climatique. Ceux-ci s'échelonnaient de 25 % à 40 % de réduction sous le niveau de 1990 pour l'année 2020. Le groupe de travail n'avait, à la fin de ces pourparlers, pas encore défini d'objectif global de réduction des émissions pour les pays industrialisés, ni d'objectifs individuels pour chaque pays. Les préoccupations de chaque partie ont cependant été prises en compte dans le projet d'accord.
Bangkok La première de la du groupe de travail ad hoc sur la coopération à long terme (Ad Hoc Working Group on Long-term Cooperative Action, AWG-LCA) s'est tenue à Bangkok, en Thaïlande, à partir du lundi au Centre de Conférence des Nations unies du CESAP.
Barcelone La suite de la session s'est tenue à Barcelone, en Espagne, du 2 au . Le groupe de travail s'est ensuite rencontré pour la à Copenhague, concomitamment avec la des parties qui a eu lieu à partir du .
Propositions Avant et durant la conférence, certains pays ont avancé des chiffres, concernant la réduction d'émissions de gaz à effet de serre, qu'ils étaient prêts à mettre en place si un accord contraignant se dégageait du sommet.
La présidence danoise a émis un brouillon avant le début des négociations, . Le Danemark avait le envoyé à une quarantaine de pays une liste de 11 questions, dont l'une était : « Seriez-vous d'accord avec une vision partagée qui inclurait un objectif de et un objectif de réduction à long termeArticle du Monde, Avant Copenhague, les pays émergents font bloc, de Laurence Caramel et Hervé Kempf, 2009/12/0209 ? »
Aucun accord chiffré (sur les objectifs ou le financement) n'ayant finalement pu être produit à l'issue de la conférence, des objectifs quantifiés devront être débattus en 2010. Ils font l'objet d'une annexe à la fin du document produit le .
Propositions de financements La commission européenne estimaitCommunication de la commission européenne sur les besoins de financement estimés pour la lutte contre le changement climatique et l’adaptation dans les PED, ainsi que la part des différents mécanismes (contribution des PED, finance publique, marché), septembre 2009 en qu'il faudrait pour les pays en développement 100 milliards €/an d’ici 2020 pour la lutte contre le réchauffement et pour l'adaptation, dont 22 à 50 milliards d'argent public, dont 2 à 15 milliards de la part de l'Europe.
Mi-décembre, l'Union européenne proposait d'apporter 7,2 milliards d'euros sur trois ans (2010-2012) (incluant 1,65 milliard d’euros de la Grande-Bretagne et 1, 26 milliard d’euros de la France) pour aider les pays émergents à limiter leurs émissions. Comparé à l'aide aux pays en développement actuelle (120 milliards d’euros par an dans le monde), ces chiffres sont très modestesLe financement "fast start" de l'Europe, à la hauteur de l'enjeu ? Par Sophie Galharret, 16 décembre 2009 (IDRI), consulté 2010 01 04.
Les fonds viendraient du Forum des Économies MajeuresStatement of the Chair of the Leaders’ Representatives of the Major Economies Forumon Energy and Climate on Global Partnership Technology Action Plans and Clean Energy Analysis (MEF), consulté 2010 01 04 Le FEM, groupe 17 pays parmi les plus riches, dont les États-Unis qui promettent 85 millions de dollars/an durant 5 ans; l'Italie en apportant 30, et l’Australie 5. Suède, Norvège et le Royaume-Uni s'associent au programme. Pour Steven Chu, le REDI n'est qu'un premier pas dans l'aide nécessaire aux Pays en développement.
Propositions d'action + Réduction des émissions proposées Zones 1990→2020 Référence Norvège - 40 % Afrique du Sud - 18 % Australie − 4 à − 24 % CO2-e w/- LULUCF () Brésil + 5 à − 1,8 % Canada − 3 % Japon − 25 % Union européenne − 20 à − 30 % Russie − 20 à − 25 % Nouvelle-Zélande − 10 à − 20 % États-Unis − 1,3 %
La Norvège s'est engagée à Copenhague à réduire ses gaz à effet de serre de 40 % par rapport à 1990 pour 2020, comptant ainsi montrer l'exemple à suivre. « Nous comptons devenir le premier État neutre en carbone aux environs de 2030 », affirme Hanne Bjurstrøm, chef de la délégation norvégienne aux Nations uniesSciences et Avenir décembre 2009, Eléna Sender.
Le pays prévoit une diminution de 34 % par rapport au niveau actuel pour 2020 Ceci équivaut à une réduction de 18 % par rapport aux niveaux de 1990. Elle prévoit également une diminution de 42 % par rapport au niveau actuel pour 2025.
Le pays prévoit une diminution des émissions de 38 à 42 % pour 2020, sous les niveaux prévus pour cette même année par les modèles. Ceci équivaut à une différence maximum de 5 % en gain ou 1,8 % en perte par rapport aux niveaux de 1990.
Réduire de 20 % les émissions de carbone de 2006 pour l'année 2020. Ce qui est l'équivalent de 3 % sous les niveaux de 1990 pour 2020. Les trois provinces les plus peuplées désapprouvent l'objectif du gouvernement fédéral et ont annoncé des objectifs encore plus ambitieux dans leurs juridictions. Le Québec, l'Ontario et la Colombie-Britannique ont annoncé respectivement 20 %, 15 % et 14 % comme objectifs.
L'objectif affiché par Pékin est une diminution de 40-45 % (par rapport à 2005) de la production de CO par unité de PIB d'ici 2020.
Les objectifs visés par l'administration américaine sont une diminution de l'émission des gaz à effet de serre de 17 % d'ici à 2020, 30 % d'ici à 2025 et 42 % d'ici à 2030 par rapport à 2005. À terme, le but est de réduire les émissions de 83 % d'ici à 2050. Mais Todd Stern (envoyé spécial américain pour le climat) conditionne les efforts américains à une participation active des principaux pays en développementCyberpress 2009 12 11. B. Obama est contraint par son Congrès et certains lobbies, et élus de droite très agressifs, voire franchement climatosceptiques (c'est-à-dire ne croyant pas au réchauffement climatique)Le Nouvel ObservateurLe Point.
L'Inde s'engage pour 2020 à diminuer de 20 % l'intensité carbone de son économie (quantité d'émissions par unité de PIB), ce qui en réalité ne l'éloigne pas d'un scénario tendanciel « business as usual » (estimation de l'évolution des émissions si aucune politique spécifique n'est menée)Olivier Godard « Négociations sur le climat : la bifurcation opérée à Copenhague en 2009 », Critique internationale 3/2011 (), ..
L'objectif de l'Union européenne est une diminution de l'émission d'au moins 20 % d'ici 2020 par rapport aux valeurs de 1990.
Sommet officiel thumb|235px|Session d'ouverture du COP15 au 7 décembre
Organisation générale thumb|235px|right|Connie Hedegaard, ancienne présidente de la Conférence des Nations unies de 2009 sur le climat à Copenhague (laissant la fonction au premier ministre danois Lars Løkke Rasmussen, le 16 décembre) Connie Hedegaard, ministre danoise de l’Environnement, fut la présidente de la conférence jusqu'au . Elle abandonna la fonction dans les derniers jours de la conférence, au moment des négociations impliquant les chefs d'État et de gouvernement, au premier ministre danois Lars Løkke RasmussenClimate conference president resigns, Rasmussen to take over. Mint. 16 December 2009..
La chaine de télévision d'information Euronews a décrit l'organisation des derniers jours du sommet comme . Connie Hedegarde, a reconnu que , mais rajoute également que ce n'est pas pire .
La moitié des effectifs de la police du Danemark était réunie pour encadrer samedi 12 les (représentant environ 500 ONG) attendues au défilé devant partir du centre-ville pour le Bella CenterAnne CHAON et Jérôme CARTILLIER Cyberpress (Canada) 2009 12 11.
Représentants Les États-Unis ont été représentés par le président Barack Obama, pour le dernier jour des négociations, le .
La Chine a été représentée par le premier ministre Wen Jiabao.
La Belgique quant à elle a été représentée par le premier ministre Yves Leterme lors de la dernière journée. Paul Magnette, ministre fédéral du climat, l'a remplacé pour le discours de la Belgique lors de la séance plénière du .
Avancées des négociations Vers la fin du sommet, le , plusieurs sources spéculaient que le sommet était en danger, à la suite des nombreux retards pris dans les discussions. À la veille de l'arrivée des premiers dirigeants, s'attendant à n'avoir à négocier que les derniers détails, de nombreux points du débat restaient ouverts. Les négociateurs ont parlé d'atteindre, au mieux, un accord politique faible qui ne donnerait aucune voie précise dans la lutte contre le réchauffement.
À l'aube du dernier jour, les délégués des différents pays ont décrit la situation comme « confuse » et « désespérée ». Un projet d'accord politique élaboré par un petit groupe de pays, dont le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Australie, a été rejeté lors des discussions de la nuit.
Soirée du 18 décembre thumb|left|150px|Barack Obama à la session plénière du COP15 le 18 décembre 2009 au matin. Le sommet, qui devait se terminer le à 18h s'est prolongé tard dans la soirée. Plusieurs représentants l'ont cependant quitté au fur et à mesure des négociations. À 19h15, le président russe, Dmitri Medvedev, a quitté Copenhague. À 21 h, c'est au tour du président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva de partir.
À plusieurs reprises la Chine a été montrée du doigt comme bloquant les négociations, notamment par Yves Leterme, premier ministre belge, et Yukio Hatoyama, premier ministre japonais. À deux reprises dans la journée du 18, Barack Obama et Wen Jiabao ont discuté en aparté sur les garanties de vérification des engagements, le financement de la lutte contre le réchauffement et le niveau des émissions.