L’Acadèmia Nissarda, nom niçois signifiant « Académie niçoise » en français, est une société savante et association culturelle fondée à Nice en 1904. Elle se consacre à l’histoire, au patrimoine, à la littérature, aux arts, aux traditions et à la langue niçoise, principalement dans le territoire de Nice et de l’ancien comté de Nice..
Créée à l’initiative d’Henri Sappia et de Charles Vieil, avec Alexandre Baréty comme premier président, elle reprend en 1904 la revue Nice Historique, fondée par Sappia en 1898, qui devient son principal organe éditorial. Elle publie également des ouvrages et organise des activités consacrées à l’histoire et au patrimoine du pays niçois.
L’Acadèmia Nissarda est présidée depuis le par Jean-Paul David, qui succède à Jean-Paul Baréty..
Histoire
Fondation
vignette|redresse|Henri Sappia, fondateur de Nice Historique et l’un des initiateurs de l’Acadèmia Nissarda.
La fondation de l’Acadèmia Nissarda intervient dans le contexte des transformations que connaît Nice après son annexion à la France en 1860. Le développement urbain et touristique de la ville, ainsi que les évolutions démographiques et culturelles qui l’accompagnent, suscitent chez une partie des érudits et notables locaux un intérêt accru pour l’histoire, la langue et les traditions niçoises. Les historiens Paul Isoart et Paul-Louis Malaussena replacent la création de l’association dans ce mouvement de définition et de transmission d’une identité locale..
D’après ces deux auteurs, quatre-vingt-quatre Niçois se réunissent le dans un salon du Café de l’Univers, boulevard Mac Mahon (aujourd'hui boulevard Jean-Jaurès), afin de constituer l’Acadèmia Nissarda. Les participants adoptent un sceau de forme ovale composé de l’aigle de Nice, surmonté des mots « Acadèmia Nissarda », et de la devise latine Nunc et semper (« maintenant et toujours »), placée sous l’aigle. vignette|Le palais Baréty, construit en 1897 pour le médecin Alexandre Baréty, futur premier président de l’Acadèmia Nissarda. L’assemblée générale se tient le , date choisie en hommage au comte Hilarion Spitalieri de Cessole, mort le 11 octobre 1845 et qui avait exercé la fonction de premier président du Sénat de Nice. Elle procède à la désignation des douze membres du conseil de direction. Les statuts sont adoptés le . Le médecin et érudit Alexandre Baréty devient le premier président de l’association, tandis qu’Henri Sappia est élu secrétaire perpétuel. Celui-ci avait préparé la création de la société avec Charles Vieil, courtier et érudit niçois qui avait réuni une importante documentation sur l’histoire locale.
L’association retient traditionnellement le comme date de fondation. Les notices d’autorité de la Bibliothèque nationale de France et d’IdRef enregistrent toutefois le 19 décembre, date d’adoption des statuts, comme date de création de la compagnie...
Évolution au XXe siècle vignette|La villa Masséna, siège de l’Acadèmia Nissarda.
La revue Nice Historique, fondée par Henri Sappia en 1898, est reprise par l’Acadèmia Nissarda en 1904 et devient son organe officiel. Sa publication est interrompue de mars 1915 à septembre 1919 en raison de la Première Guerre mondiale..
Durant l’entre-deux-guerres, l’association poursuit ses travaux historiques, littéraires et linguistiques. Dans leur étude consacrée à la période 1904-1944, Paul Isoart et Paul-Louis Malaussena analysent l’Acadèmia comme l’une des institutions autour desquelles se structurent les représentations savantes de l’identité niçoise.
Pour la période de la Seconde Guerre mondiale, l’historien Jean-Louis Panicacci mentionne l’Acadèmia parmi les organisations agissant pour valoriser le « patriotisme nissart »..
Après la guerre, la succession de ses présidents et la poursuite de la publication de Nice Historique assurent la continuité de l’association. En 1955, son cinquantenaire fait l’objet de plusieurs contributions rétrospectives dans Nice Historique. En 1960, elle prend en charge l’organisation matérielle du neuvième congrès de la Fédération historique de Provence, réuni à Nice à l’occasion du centenaire du rattachement du comté de Nice à la France.
Jean-Paul Baréty préside l’Acadèmia de 1978 jusqu’à son décès en 2018. Sous sa présidence, l’activité éditoriale se développe notamment avec Le Pays de Nice et ses peintres au XIXe siècle, publié en 1998 à l’occasion du centenaire de Nice Historique, puis avec Le Port de Nice des origines à nos jours, publié en 2004 pour le centenaire de l’Acadèmia. Ce centenaire donne également lieu à un numéro de Nice Historique consacré à l’histoire de la société savante.
L’Acadèmia poursuit ensuite un ancien projet éditorial de Jules Eynaudi et Louis Cappatti en publiant, en 2009, une édition complète de leur Dictionnaire de la langue niçoise. Elle continue d'éditer un certain nombre d'ouvrages sur des oeuvres importantes de la culture niçoise.
En 2016, l’Acadèmia confie aux Archives départementales des Alpes-Maritimes les fonds des photographes niçois Joseph Dognibène et Vincent Gargano, afin de contribuer au recueil, à l’enrichissement et à la conservation de documents anciens. Le fonds Dognibène comprend près de 4 000 images, parmi lesquelles des albums personnels, des photographies prises dans le département, des tirages relatifs à la vie politique sous le régime de Vichy et des documents photographiques publiés dans la presse locale. Celui de Vincent Gargano est estimé à environ 8 000 images consacrées notamment à la vie publique, culturelle et quotidienne à Nice.
Les documents liés à la présidence de Jean-Paul Baréty sont notamment conservés dans le fonds Baréty des Archives Nice Côte d’Azur.. La bibliothèque de l’Acadèmia est déposée à la bibliothèque de Cessole.
Période contemporaine
Présidence de Jean-Paul David Le , Jean-Paul David, lui-même apparenté à la famille Barety, est élu à l’unanimité du conseil de direction à la présidence de l’Acadèmia Nissarda. Il succède à Jean-Paul Baréty, qui dirigeait la société depuis 1978. Il est alors maire de Guillaumes, conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur et président de l’Association des maires ruraux des Alpes-Maritimes..
Lors de son élection, il présente la transmission de l’histoire, de la culture et des traditions du pays niçois comme l’une des principales orientations de son mandat. Il entend notamment associer de nouveaux chercheurs et contributeurs aux travaux de l’Acadèmia, valoriser la revue Nice Historique et développer des partenariats dans les domaines de l’histoire, du patrimoine, de la cuisine et de la langue niçoises. Il inscrit ces orientations dans la continuité des missions historiques de la compagnie, tout en cherchant à renouveler ses activités et à élargir son public.
Cette orientation s’accompagne de la volonté d'accueillir de nouveaux membres, appelés « soci », représentatifs de l'ouverture de la société niçoise et de l'ensemble du territoire du comté de Nice. Cette évolution vise également à permettre l’adhésion de descendants de familles niçoises qui ont suivi la maison de Savoie, ainsi que de développer les membres correspondants. Afin d'accompagner cette ouverture, l'Académie prévoit la mise en place de référents territoriaux.
Sous sa présidence est relancée l’Aigla Nissarda, distinction créée en 1962 à l’initiative de Léon Baréty afin d’honorer des personnes nées en dehors de l’ancien comté de Nice mais ayant contribué à sa vie culturelle ou publique. Après plus de trente ans d’interruption, elle est réactivée en 2019 par Jean-Paul David et François Daure, neveu de Jean-Paul Baréty, qui reconstituent son conseil et préparent une nouvelle médaille inspirée de la distinction originale. Nice-Matin la présente alors comme une « Légion d’honneur version niçoise »..
En avril 2026, l’Acadèmia annonce la création de deux distinctions littéraires. Le prix littéraire de l’Acadèmia Nissarda récompense des publications consacrées au patrimoine niçois, tandis que le prix Gioffredo porte plus particulièrement sur le patrimoine religieux et l’histoire religieuse de Nice. Jean-Paul David présente cette initiative comme une reprise de l’objectif fixé par les fondateurs en 1904 : encourager les travaux historiques et artistiques consacrés à Nice et à son ancien comté..
Activités et publications récentes L’activité contemporaine de l’Acadèmia reste principalement éditoriale et patrimoniale. En 2019, Nice Historique consacre un numéro spécial au centenaire du musée Masséna, intitulé De la villa au musée Masséna, histoires d’un centenaire 1919-2019..
Depuis 2019, l’Acadèmia participe régulièrement à des salons et festivals du livre, notamment dans le haut pays niçois. Elle intervient également dans des manifestations mémorielles liées à ses publications. En 2021, elle prend part, avec la commune de Saint-Étienne-de-Tinée, à une journée de mémoire consacrée à l’incendie du 31 juillet 1929, qui détruisit une grande partie du village, et à sa reconstruction. Jean-Paul David et Denis Andreïs y présentent le numéro de Nice Historique intitulé Regards croisés sur la vallée de la Tinée.
En 2024, l’Acadèmia participe au 29 Festival du livre de Guillaumes, consacré cette année-là au quatre-vingtième anniversaire de la Libération et aux événements de juillet 1944 dans le réduit Guillaumes–Beuil, premier territoire libéré par les FFI dans le département et où repose les cendres du général Jacques Lécuyer. Une convention de partenariat est conclue à cette occasion avec le Musée de la Résistance azuréenne, présidé par l’historien Jean-Louis Panicacci. Elle est également présente au Festival du livre de la Haute-Tinée, organisé à Saint-Étienne-de-Tinée et à Auron.
En 2025, elle participe au Salon international du livre de Monaco, organisé au Grimaldi Forum. À cette occasion, Femmes niçoises de l’historienne Simonetta Tombaccini, publié par l’Acadèmia et consacré à l’histoire des femmes à Nice de l’Ancien Régime à la Belle Époque, figure parmi les cinq ouvrages sélectionnés par Monaco Tribune.
Objectifs et activités
Le Comité des travaux historiques et scientifiques présente l’Acadèmia Nissarda comme une société destinée à encourager les études historiques, littéraires et artistiques relatives à Nice et à l’ancien comté de Nice, à maintenir les parlers et les traditions locales et à susciter des recherches sur le pays niçois. L’association organise également des conférences et des activités consacrées à la culture et à la langue niçoises, ainsi que des rencontres entre ses membres, dont le traditionnel past de l’An noù..
Ses activités comprennent principalement la publication de la revue Nice Historique, l’édition ou la coédition d’ouvrages, ainsi que l’organisation ou la participation à des conférences, présentations de publications et manifestations patrimoniales. Certaines de ces activités sont conduites avec des communes, des musées, des bibliothèques, des services d’archives ou d’autres associations historiques et culturelles dans une volonté de nouer de nouvelles partenariats.
Nice Historique
Nice Historique est fondée le par Henri Sappia, qui en assure la direction. Elle précède donc de six ans la création de l’Acadèmia Nissarda, laquelle la reprend en 1904 et en fait son organe officiel..
La revue publie à partir de 1905 une traduction française par épisodes du Nicaea civitas sacris monumentis illustrata de Pierre Gioffredo, commencée par Henri Sappia. Interrompue après la mort de ce dernier en 1906, elle est reprise en 1910 par le chanoine Antoine-Joseph Rance-Bourrey, qui poursuit ce travail jusqu’aux années 1930.
À l’origine bimensuelle, la revue devient ensuite trimestrielle. Sa périodicité et son mode de livraison varient toutefois selon les périodes ; les années contemporaines comportent notamment des numéros regroupés sous les numérotations 1-2 et 3-4..