Le gouvernement Juncker-Asselborn I, (en ), est le gouvernement du Luxembourg du au .
Composé d'une coalition entre le Parti populaire chrétien social (PCS/CSV) et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois (POSL/LSAP), il était dirigé par le Premier ministre Jean-Claude Juncker et le Vice-Premier ministre Jean Asselborn.
Les élections Lors des élections du , les deux partis qui avaient dirigé le pays depuis 1999 connaissent un sort inverse. Le Parti chrétien-social sort vainqueur du scrutin en gagnant cinq sièges (19 en 1999). Pour la première fois depuis 1984, il parvient à remonter la pente qui avait conduit à une lente érosion de sa position de parti prédominant. Quant à son partenaire de coalition, le Parti démocratique, il perd un tiers de ses mandats et ne dispose plus que de 10 élus à la nouvelle Chambre des députés. Les autres gagnants du scrutin sont Déi Gréng, en passant à sept sièges (contre cinq en 1999). Pour la première fois, ils sont représentés au Parlement par des élus de toutes les quatre circonscriptions. Le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois gagne un mandat et redevient avec 14 sièges le deuxième parti à la Chambre. Cependant, il ne parvient pas à atteindre la forte représentation d’avant 1999, sa progression n’étant que légère. L’ADRDepuis avril 2006, l’ADR porte le nom d’Alternativ Demokratesch Reformpartei. régresse pour la première fois depuis son entrée au Parlement en 1989 et tombe à cinq sièges (sept en 1999). L’extrême gauche, divisée entre le Parti communiste (KPL) et Déi Lénk, n’obtient aucun mandat. À la suite de ces résultats, le Parti chrétien-social et le Parti ouvrier socialiste luxembourgeois entament des négociations de coalition qui aboutissent après une quinzaine de réunions. Le a lieu l’assermentation du nouveau gouvernement CSV-LSAP. À la suite du remaniement des ressorts ministériels du , Jean-Louis Schiltz devient ministre de la Défense. Luc Frieden reste responsable des portefeuilles de la Justice ainsi que du Trésor et du Budget.
Composition Initiale (31 juillet 2004) À la suite des élections législatives du , le gouvernement se constitue comme suit.
Portefeuille Titulaire Parti Premier ministreMinistre d'ÉtatMinistre des Finances Jean-Claude Juncker CSV Vice-Premier ministreMinistre des Affaires étrangères et de l'Immigration Jean Asselborn LSAP Ministre de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement ruralMinistre de la Classe moyenne, du Tourisme et du Logement Fernand Boden CSV Ministre de la Famille et de l'IntégrationMinistre de l'Égalité des chances Marie-Josée Jacobs CSV Ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle Mady Delvaux-Stehres LSAP Ministre de la JusticeMinistre du Trésor et du BudgetMinistre de la Défense Luc Frieden CSV Ministre du Travail et de l'EmploiMinistre de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la RechercheMinistre des Cultes François Biltgen CSV Ministre de l'Économie et du Commerce extérieurMinistre des Sports Jeannot Krecké LSAP Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale Mars Di Bartolomeo LSAP Ministre de l'EnvironnementMinistre des Transports Lucien Lux LSAP Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire Jean-Marie Halsdorf CSV Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrativeMinistre des Travaux publics Claude Wiseler CSV Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaireMinistre délégué aux Communications Jean-Louis Schiltz CSV Ministre délégué aux Affaires étrangères et à l'Immigration Nicolas Schmit LSAP Secrétaire d'État aux Relations avec le ParlementSecrétaire d'État à l'Agriculture, à la Viticulture et au Développement ruralSecrétaire d'État à la Culture, à l'Enseignement supérieur et à la Recherche Octavie Modert CSV
Remaniement du 22 février 2006 Jean-Louis Schiltz devient ministre de la Défense et ministre des Communications. Luc Frieden garde le portefeuille ministériel de la Justice ainsi que celui du Trésor et du Budget.
À la suite du remaniement ministériel du , le gouvernement est constitué comme suit.
Portefeuille Titulaire Parti Premier ministreMinistre d'ÉtatMinistre des Finances Jean-Claude Juncker CSV Vice-Premier ministreMinistre des Affaires étrangères et de l'Immigration Jean Asselborn LSAP Ministre de l'Agriculture, de la Viticulture et du Développement ruralMinistre de la Classe moyenne, du Tourisme et du Logement Fernand Boden CSV Ministre de la Famille et de l'IntégrationMinistre de l'Égalité des chances Marie-Josée Jacobs CSV Ministre de l'Éducation nationale et de la Formation professionnelle Mady Delvaux-Stehres LSAP Ministre de la JusticeMinistre du Trésor et du Budget Luc Frieden CSV Ministre du Travail et de l'EmploiMinistre de la Culture, de l'Enseignement supérieur et de la RechercheMinistre des Cultes François Biltgen CSV Ministre de l'Économie et du Commerce extérieurMinistre des Sports Jeannot Krecké LSAP Ministre de la Santé et de la Sécurité sociale Mars Di Bartolomeo LSAP Ministre de l'EnvironnementMinistre des Transports Lucien Lux LSAP Ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire Jean-Marie Halsdorf CSV Ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrativeMinistre des Travaux publics Claude Wiseler CSV Ministre de la Coopération et de l’Action humanitaireMinistre des CommunicationsMinistre de la Défense Jean-Louis Schiltz CSV Ministre délégué aux Affaires étrangères et à l'Immigration Nicolas Schmit LSAP Secrétaire d'État aux Relations avec le ParlementSecrétaire d'État à l'Agriculture, à la Viticulture et au Développement ruralSecrétaire d'État à la Culture, à l'Enseignement supérieur et à la Recherche Octavie Modert CSV
La politique extérieure Dans sa déclaration sur l’état de la nation en 2007, le Premier ministre Jean-Claude Juncker a affirmé que « seule l’Union européenne donne au Luxembourg les moyens d’exercer de l’influence sur les événements étrangers ; aussi est-il important pour le Luxembourg d’influencer le devenir de l’Europe ». En effet, la communauté européenne reste le champ de prédilection de la diplomatie luxembourgeoise. Plusieurs fois par le passé, les représentants politiques du Grand-Duché s’étaient vu attribuer des postes de haute responsabilité au sein de l’Union. Le , le Premier ministre et ministre des Finances luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, est élu par ses collègues européens à la présidence de l’Eurogroupe, la réunion informelle des ministres des Finances des pays membres de la zone euro. Son mandat sera renouvelé à deux reprises, en 2006 et en 2008, chaque fois pour une durée de deux ans. L’Eurogroupe, bien qu’étant une organisation informelle, joue un rôle important dans la coordination des politiques budgétaires des États membres de la zone euro. La fonction de président de l’Eurogroupe permet à Jean-Claude Juncker d’assister régulièrement à des réunions du G7 et du Fonds monétaire international afin d’assurer une représentation unifiée de la zone euro auprès de ces organismes internationaux.
La Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne au premier semestre de l’année 2005 constitue indéniablement un temps fort sur le plan de la politique extérieure. Luxembourg devient pendant cette période le théâtre de nombreuses réunions ministérielles et sessions préparatoires. Les avancées les plus importantes de la Présidence luxembourgeoise sont la relance de la stratégie de Lisbonne et la réforme du pacte de stabilité et de croissance. La stratégie de Lisbonne formulée en 2000 visait à faire de l’Union européenne à l’horizon 2010 l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, qui pourrait en même temps répondre aux attentes sociales et environnementales des citoyens. En 2005, à mi-parcours, il s’avère nécessaire de procéder à une réorientation. Afin de responsabiliser davantage les gouvernements face à leurs partenaires européens, chaque État membre doit soumettre un programme national de réforme à la Commission européenne pour les années 2005-2008.
Le gouvernement luxembourgeois plaide pour une approche intégrée dont le but ne saurait être la seule compétitivité, mais également « une plus grande cohésion sociale et un environnement plus harmonieusement équilibré ». Un deuxième grand dossier que la Présidence luxembourgeoise parvient à conclure avec succès est la réforme du pacte de stabilité et de croissance. Adopté en 1996, ce dernier forme la pierre angulaire de l’Union économique et monétaire. Imposant une discipline budgétaire rigoureuse, il doit garantir la stabilité de la monnaie commune, l’euro. Le défi consiste à trouver une formule permettant une application plus souple du pacte, qui tienne compte des réalités conjoncturelles sans pour autant autoriser un laisser-faire budgétaire. L’exigence de maintenir le déficit et la dette publique en dessous des seuils respectifs de 3 % du PIB et de 60 % du déficit public est maintenue. Mais la réforme qui entre en vigueur fin permet aux États membres d’échapper à une procédure de déficit excessif en cas de récession et après examen d’un certain nombre de « facteurs pertinents ».
La politique européenne pendant la période considérée est marquée par les efforts pour aboutir à une refonte de l’architecture institutionnelle de l’Union, rendue nécessaire par l’élargissement successif. Le à Rome, les responsables politiques luxembourgeois signent le Traité établissant une Constitution pour l’Europe. Ce traité constitutionnel aurait dû entrer en vigueur en 2006 après avoir été ratifié par chacun des États signataires, ce qui n’a finalement pas été le cas. En effet, plusieurs pays, dont le Luxembourg, décident de procéder à la ratification par voie de référendum national. Alors que les électeurs luxembourgeois votent majoritairement (56,52 %) en faveur de la Constitution européenne lors de la consultation populaire qui a lieu le , le « non » l’emporte en France et aux Pays-Bas. Pour pallier cet échec, une conférence intergouvernementale prépare une nouvelle convention, le traité de Lisbonne qui est signé le dans la capitale portugaise entre les 27 États membres de l’Union européenne. Le , la Chambre des députés ratifie ce texte « modificatif » et simplifié sans qu’un nouveau référendum soit nécessaire.
Outre les affaires européennes, un volet important de la politique extérieure consiste dans la promotion des industries luxembourgeoises et de la place financière à l’étranger. Le gouvernement luxembourgeois multiplie les missions économiques dans les pays surtout asiatiques (Chine, Inde, Japon, Corée du Sud, Vietnam, Émirats arabes unis, Jordanie, Arabie saoudite, Dubaï, Turquie, Koweït, Qatar), mais aussi nord- et sud-américains (États-Unis, Canada, Mexique, Pérou) ainsi qu’européens (Russie, Suède, Finlande). Le but de ces visites est de se faire connaître dans des régions à très fort potentiel de croissance et de soutenir les entreprises luxembourgeoises dans leur recherche de nouveaux marchés. Afin d’encourager les efforts d’internationalisation de l’économie luxembourgeoise, le gouvernement crée en 2007 deux agences de promotion qui fédèrent les principaux acteurs du secteur économique et financier : Luxembourg for Business et Luxembourg for Finance.