thumb|Cavalier baguirmi dans une gravure de 1901 Le royaume du Baguirmi est un ancien État sahélien localisé au sud-est du lac Tchad, sur le territoire du Tchad actuel. Sa capitale était Massenya. Fondé en 1480 ou 1522, il devient un protectorat français en 1897. L'État est marqué par des guerres visant à capturer des esclaves au sud et tendre à s'émanciper de sa tutelle du Kanem-Bornou.

S'il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, le sultanat demeure une chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes.

Histoire

Origine Les traditions orales sont la principale source de connaissance sur les origines du Baguirmi. Selon les sources, le royaume du Baguirmi semble avoir été fondé en 1522 (consulté le 29 novembre 2022)S. Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, , ABC-CLIO, Santa Barbara (Californie), 2017 .Ou alors « vers la fin du » d'après l'Encyclopédie Universalis.. Il est dirigé par un chef appelé le mbang (« roi »), titre qui ne fut peut-être porté qu'à partir du sultan Malo (1546-1568). Il est situé à l'est du royaume de Bornou, au sud-est du lac Tchad.

Différentes versions existent quant à l'origine des premiers chefs. Certaines parlent de chasseurs kinga qui s'installent à Massenya. D'autres racontent qu'un certain Abd el Mahmoud Begli fonde le palais de Massenya, mais que c'est Berni Besse qui fonde la dynastie, après que le premier a conduit entre 1493 et 1503 la région à faire sécession de l'empire du Kanem en pleine déliquescence. D'autres encore attribuent la fondation à des Peuls du Fouta Toro, ou encore à une fratrie issue de Njimi (royaume de Kanem). Quoi qu'il en soit, les Kinga ont toujours eu une place particulière à la cour du roi, ce qui accrédite l'idée qu'ils ont joué un rôle important dès les origines.

Expansion de l'influence Au cours du , la politique extérieure des mbang permet de capturer plusieurs esclaves et d'alimenter le commerce transsaharien. Au , le mbang consolide son état et adopte l'islam (consulté le 29 novembre 2022). Le changement a pu se faire dès le règne de Malo, ou sous le règne du quatrième roi, le sultan Abdullah.

Sous le règne de Burkumanda I (1635-1665), le royaume étend son influence jusqu'au lac Tchad. Aux s, le royaume, vassal de Bornou, prospère en pratiquant la traite des esclaves, lesquels sont souvent issus des populations animistes situées plus au sud contre lesquelles des expéditions sont menées. Le Bornou revendique la souveraineté sur le Baguirmi entre 1650 et 1675, cependant le Baguirmi répond par plusieurs raids réaffirmant son indépendance.

Déclin À la fin du , le souverain du royaume du Ouaddaï, , profite d'une période de déclin du royaume de Baguirmi pour revendiquer la suzeraineté sur le royaume. Il lance une offensive en 1805 et capture la capitale Massenya. Il tue le mbang et ses proches. Cette offensive marque le déclin et la désintégration du royaume qui ne s'achèvera qu'en 1890.

Durant la première partie du , époque où les Européens découvrent l'existence du royaume (Dixon Denham, 1823), le pays reste très actif dans le commerce et la confection de vêtements tissés, ainsi que dans le trafic d'esclaves non musulmans. Vers le milieu du siècle, l'explorateur Heinrich Barth estime que le royaume regroupe d'habitants sur un territoire nord-sud d'environ de long par . L'explorateur allemand Gustav Nachtigal séjourne au Baguirmi de mars à alors que le royaume est en proie à de grandes violencesNachtigal G., Voyage du Bornou au Baguirmi par M. le docteur Gustave Nachtigal. Traduit de l'allemand par Jules Gourdault. Paris, Hachette, Le Tour du Monde, tome XL, 1880, pp. 337-352, puis 353-369, 369-384, 385-400 et 401-416..

De fait, sa localisation entre les deux empires rivaux de Bornou et du Ouaddaï l'expose à des pillages réguliers et à devoir payer des tributs aux deux voisins, ce qui amorce son déclin. Tout au long du , les sécheresses et persécutions accentuent l'exode de populations du pays. En 1894, Rabah, seigneur de la guerre du Soudan, détruit la capitale Massenya, ce qui marque un tournant dans l'histoire du royaume.

À la suite du précédent épisode, le sultan Abd ar-Rahman Gawrang IITranslittération utilisée dans le traité : Mohammed ben Abdurahman Gaouran et Émile Gentil signent un premier accord le , qui met le royaume sous protectorat françaisFrance Diplomatie, Base des Traités, Accord 18970025, sur basedoc.diplomatie.gouv.fr Traité d'assistance (protectorat) et de commerce avec le sultan de Baghirmi (consulté le 30 novembre 2022). En 1915, le statut du Baguirmi évolue vers celui de l'administration directe, ce qui retire au sultan la plupart de ses pouvoirs.

Au , le sultanat du chari Baguirmi subsiste comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernesTchadinfos, Tchad : la première dame intronisée mère du sultanat du Baguirmi, 8 mars 2017.

Souverains du Baguirmi

Le mbang thumb|Le Mbang Gaourang (à gauche) et le Kolak Doudmourrah Le roi du Baguirmi porte le titre de mbang (roi-soleil). Du fait de l'islamisation, on parle également de sultan.

La mère du mbang est la Magira (reine-mère).

En , le sultan du Chari-Baguirmi, Mbang Hadji Woli Mahamat est réhabilité dans ses fonctions par le ministre tchadien de l'intérieur et de la sécurité publiqueAlwihda, Baguirmi-rehabilite-dans-ses-fonctions-par-le-ministre-de-l-interieur_b1920676.html Le sultan du Baguirmi réhabilité dans ses fonctions par le ministre de l'intérieur, 3 mars 2010. En , le sultan du Chari-Baguirmi Mbang Hadji Woli Mahamat est nommé au Sénat par le président de la République.

Généalogie

Bourgomanda est le mbang de Baguirmi au début du . Il a deux fils, Abdel-Kader et Djougoultoum. Quand l'aîné, Abdel-Kader, devint sultan en 1826, Djougoultoum doit s'exiler dans le Ouaddaï, puis part au pays Rounga (Dar Rounga), région frontalière entre les fleuves Azoum et Aouk, où il épouse la fille du sultan. Il créera ensuite une zone frontalière de raid d'esclaves encore plus méridionale, au sud de l'Aouk, appelée Dar el-Kouti.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Articles connexes Liste des souverains du Baguirmi Barma (peuple) Barma (langue)

Bibliographie

Annie M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad (Nord du ), L'Harmattan, Paris, 2006

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