Le royaume du Ouaddaï et aboucharib ou Ouadaï est un ancien État localisé à l'Est du Tchad actuel. Il n'existe plus aujourd'hui en tant qu'entité politique indépendante, mais seulement comme chefferie traditionnelle en relation avec les autorités administratives tchadiennes modernes.
Histoire vignette|droite|Guerriers du Ouadaï (1851) Le royaume du Ouaddaï est fondé par les Toundjours lors de leur migration occidentale depuis le Darfour. Ceux-ci sont ensuite conquis est repoussé vers le Kanem par les avec à leur tête Abdel-Karim. Selon la version de l'explorateur allemand Heinrich Barth, le royaume est fondé en 1611, tandis que son compatriote Gustav Nachtigal, il le serait en 1635. Bien qu'un royaume Toundjour existe auparavant, à la mort du dernier roi, remplacé par le prince Abdel-Karim, celui-ci est généralement considéré comme le royaume du Ouaddaï après avoir établi sa capitale à Ouara. Se faisant, il fonde la dynastie des kolak ou kallak qui règne jusqu'à la chute du royaume en 1910.
Après la mort d'Abdel-Karim, le royaume est marqué par de nombreuses guerres civiles et des relations hostiles avec le Sultanat du Darfour qui vise à confirmer sa suzeraineté, ainsi que l'état voisin du Bornou. Une aristocratie se forme, reposant sur les principes de l'islam comme religion d'État, et le commerce des esclaves au sein du commerce transsaharien. Au , le sultan réforme son armée et la dotte d'armes à feu et de cotes de mailles afin de piller le royaume du Baguirmi et le Bornou. Son règne marque une courte montée en puissance du royaume.
En 1815, à la mort d'Abd al-Karim Sabun, une guerre de succession permet au sultant du Darfour d'intervenir et de rétablir son contrôle dès 1838 et installant Muhammad al-Sharif qui lui promet l'assujettissement. Ce dernier, proche de Mohammed ben Ali al-Senoussi, noue une alliance avec celui-ci et embrasse la Sanousiyya. Tirant profit d'une nouvelle route commerciale passant par les bastions de cette confrérie, il fonde une nouvelle capitale, Abéché, et renforce son contrôle sur les marchands. En 1846, il défait le Bornou, saccage la capitale Kukawa et soumet complètement le Baguirmi à l'état de tributaire. Ses successeurs, ‘Ali ibn Muhammad Sharif (1858-1874) et Yusuf ibn Muhammad Sharif (1874-1898) connaissent de longs règnes durant lesquels ils préservent le contrôle de la région.
La mort de Yusuf en 1898, et la succession de Mohamed Daoud Mourra ibn Yousouf, coïncide avec la chute du Soudan mahdiste et le retour d'Ali Dinar installé par les britanniques comme sultan du Sultanat du Darfour. En 1906, la pression coloniale française atteint le royaume Ouaddaï et y emploie une politique aggressive. Déjà en conflits avec les Senoussi, la guerre du Ouaddaï débute alors. Le , la capitale Abéché tombe aux mains des forces françaises. Le sultanat est défait en 1911.
Étymologie Le terme Ouaddaï vient du mot arabe Ouadda signifie envoyer. il tire sa source des tributs que le Royaume payait depuis sa création au Sultan du Darfour mais le roi Yakhoub Arouss a cessé de payer. Une autre version soutient que le terme vient du mot arabe Ouaddu qui signifie Ablution.
Organisation politique et administrative Le Kam Kallak
Le roi du Ouaddaï est appelé «Kam Kallak», qui signifie «le grand» en maba, la langue des habitants du Ouaddaï. Du fait de l'islamisation du royaume, il porte le titre officiel d’Amir Al Mouminine, qui signifie «Commandeur des croyants» en arabe.
Les notables étrangers à la famille royale 250px|vignette|Abéché (1918) Beaucoup de notables étrangers ont contribué au développement du royaume du Ouaddaï, surtout après le transfert de la capitale à Abéché en 1909.. Il s'agit des populations de l'Afrique de l'Ouest notamment des Peuls, Haoussa, Bornous. À cela se sont ajoutées des populations venues de la Libye, sans compter l'apport très important fourni par la communauté soudanaise, appelée par les autochtones Djallaba.
La contribution et l'apport de cette communauté sont extrêmement significatifs et sans commune mesure dans des domaines divers. Dans les sciences et l'éducation, le Cheikh Oulech Aouda fut le premier Tchadien à obtenir un doctorat en théologie à l'université al-Azhar du Caire. Il a enseigné beaucoup auprès des ressortissants de la région, ayant eu pour disciples Adoum Barka, Ibrahim Djabaye. Cheikh Oulech Aouda a créé en 1935 l'Institut Islamique d'Amsiogo qui sera dirigé par son disciple et cousin Salah Idjémy, imam spécialiste en Charia, qui lui aussi a étudié à al Azhar en Égypte et y a obtenu une maîtrise dans les années 1945. vignette|vignetteCarte du Ouadaï - dressée sous la direction du colonel Largeau, commandant le territoire militaire du Tchad Cheikh Ahmat Taha, chef de canton d'Abéché rural, fut un excellent leader, et ayant attiré par sa gestion l'attention des Français, ces derniers lui proposèrent de le nommer sultan du Ouaddai, mais, fort de sa culture, imbu d'une personnalité hors de commun, il a décliné l'offre, en argumentant que la famille a été bien accueillie par la famille royale autochtone.
Dans le domaine économique, la famille Cheikh Hissein a brillé, voire excellé à Abéché, tandis que les riches Abdel Madjid Taha et Moussa Abdel Mouti ont migré vers Fort-Lamy dans les années 1940 et y ont étendu leurs activités.
Organisation territoriale
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Ouaddaï Liste des souverains du royaume du Ouaddaï
Liens externes Sultanat du Ouaddaï
Bibliographie
Annie M.-D. Lebeuf, Les populations du Tchad (Nord du ), L'Harmattan, Paris, 2006
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