L'oblomovisme ou oblomovchtchina (en russe ) ou encore oblomoverie est un mélange d'apathie, de léthargie, d'inertie, d'engourdissement, de rêverie inactive, qui se manifeste dans l'horreur du travail et de la prise de décision, ou encore la procrastination.
Origine du terme Le terme, imaginé par Gontcharov, fait référence à l'apathie légendaire d’Oblomov, le héros éponyme du roman publié en 1859 par Ivan Gontcharov. C'est l'un des derniers mots du roman : lorsqu'on demande à Stolz, l'ami d'Oblomov, la cause de la mort de ce dernier, celui-ci répond : Dans l'original : ..
Traduction Selon Pierre Cahné, qui a préparé l'édition Gallimard, Oblomoverie correspond mieux au russe Oblomovchtchina en rendant de façon plus claire l'aspect péjoratif du terme. Le terme Oblomovisme efface quant à lui cette nuance péjorativeNote 1 page 243 de Oblomov, Collection « Folio », ..
Influence
En 1859, le critique littéraire russe Nikolaï Dobrolioubov publie dans Le Contemporain une critique du roman, en particulier de son personnage principal, intitulée Qu'est-ce que l'oblomoverie ? () qui fait dateEfim Etkind (dir.), Histoire de la littérature russe : Le temps du roman, ..
Pour le critique littéraire, . Après avoir affirmé la présence universelleTout au moins dans l'Empire russe. d'Oblomov et montré l'actualité de l'oblomoverie, Dobrolioubov termine son article ainsi :
Cependant, la critique « socialisante » de Dobrolioubov introduit une confusion en prêtant à Gontcharov des intentions politiques qu'il n'avait pas, ce qui vaudra plus tard à l'auteur l'accusation de trahir le socialisme, cause qu'il n'avait jamais fait sienne.
Toujours en 1859, le critique Alexandre Droujinine, qui consacre aussi une étude au roman de Gontcharov, rejette la vision « politique » de Dobrolioubov et voit plutôt en Oblomov une incarnation de la pureté moraleBoris Égorov, article « Alexandre Droujinine » in Efim Etkind (dir.), Histoire de la littérature russe : Le temps du roman, ..
Plus tard, Lénine reprend le terme oblomovchtchina pour désigner péjorativement le mouvement menchevik.
Philosophie
La conscience humaine fait l'exception de l'homme. Elle peut être un don comme un fardeau. L'oblomovisme désigne alors une paresse maladive due à la fatigue d'exister, d'être soi, d'avoir à penser et à avoir conscience de sa condition. Oblomov dort alors pour se divertir et échapper à sa conscience, à son angoisse existentielle.
Notes et références
Bibliographie
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Catégorie:Psychologie morale Catégorie:Littérature russe