René Ballet, né le et mort le .., est un écrivain français, communiste et résistant. Grand reporter, essayiste et romancier, il est membre fondateur des Éditions Le Temps des cerises et a été aussi rédacteur en chef de La Revue Commune.

Il est également connu pour avoir été un ami intime des époux Vailland, spécialiste de l'œuvre de Roger Vailland, très liée à sa femme, Élisabeth Vailland, après le décès de ce dernier en 1965. Il est cofondateur de l'association Les amis de Roger Vailland.

Biographie

René Ballet naît à Saint-Étienne (Loire) et passe son adolescence à Grenoble (Isère), où il est élève au lycée Champollion. Il a pour professeur d'histoire dans sa classe de terminale Jean Gacon, historien marxiste, dont il apprécie beaucoup l'enseignement..

Sous l'Occupation, son frère Georges, appelé au Service du travail obligatoire (STO), décide d'entrer dans la Résistance et le met en contact avec les maquis du Vercors.

Après la guerre, il milite d'abord à l'UJRF (Union de la jeunesse républicaine de France) puis au Parti communiste français. Inscrit à la faculté de droit, il passe avec succès le concours d’inspecteur-élève des Contributions directes.

En 1951, il se marie avec Simone Perrier. Le couple réside d'abord à Lyon, où il termine sa licence en droit, puis dans un petit village de l'Isère, Pact. Il devient l'ami de l'écrivain Roger Vailland qui habite à Meillonnas, petit village du département de l'Ain. René Ballet fait lire à Roger Vailland l'un de ses manuscrits, Echec et mat. Roger Vailland lui conseille alors de le présenter aux Éditions Gallimard qui décident de le publier en .

En 1961, le couple s'installe à Paris, où Simone termine ses études d'économiste et de juriste, (et obtient plus tard un poste de professeur agrégé à l'Université Paris-Descartes), tandis que René Ballet publie, toujours chez les éditions Gallimard, Les jours commencent à l'aube en , et L'inutile retour en .

Après un bref passage à l'administration des Finances, puis à l'Éducation nationale, René Ballet se consacre au journalisme sous diverses formes : articles sur la littérature, la peinture, la sculpture, la photographie, le cinéma et le théâtre. Il a été producteur d'émissions à la télévision scolaire et collaborateur à des émissions de télévision, mais a surtout privilégié le journalisme de terrain : dans la presse automobile d'abord (essayeur de voitures et reporter sur les circuits de Formule 1), il a écrit de nombreux articles sur les courses automobiles. puis grand reporter et rédacteur en chef de la revue franco-suisse Constellation de 1971 à 1978, il a été à la direction des Relations extérieures du groupe FIAT, à la tour Fiat de la Défense et à Turin. Dans son livre Ma vie chez Fiat (Éditions du Félin, 2005) Marc Brianti, directeur général adjoint chargé des relations extérieures de Fiat-France, relate sa collaboration avec René Ballet : « En , je fis la connaissance de René Ballet, un intellectuel qui devint mon ami et l'écrivain de notre direction. Nous sympathisâmes immédiatement. Nous arrivions au bureau pratiquement en même temps vers huit heures et nous discussions des événements survenus la veille, des tâches de la journée et d'un tas d'autres choses. En fait, je crois qu'il existait entre nous une sorte de complicité qui facilitait grandement notre travail. Il nous quitta à la fin des années soixante dix pour entrer, malgré la différence de salaire, comme grand reporter à L'Humanité. Je connaissais évidemment ses opinions politiques et je me souviens à son propos de la phrase d'un grand patron dont j'ai oublié le nom : Les communistes sont pour moi les meilleurs ouvriers. Nous sommes restés en contact et nous nous voyons de temps à autre, toujours avec plaisir ». Ainsi, il va retourner au journalisme mais avant de quitter la société Fiat, il réalise pour le journal l'Humanité un reportage incognito dans le Chili de Pinuchet. Puis il devient grand reporter au quotidien L'Humanité (en France, en Europe, en Amérique, en Afrique et en Asie). cofondateur et vice-président de l'association des Amis de Roger Vailland et des Rencontres Roger Vailland (chaque année à Bourg-en-Bresse) membre du comité de rédaction des Cahiers Roger Vailland cofondateur des Éditions Le Temps des Cerises cadre|centré|René Ballet à sa grande table de travail léguée par Roger Vailland cofondateur de La Revue Commune (revue culturelle), avec notamment, Francis Combes, Roger Bordier et Catherine Claude.

Il a rédigé de nombreuses préfaces pour les livres de Roger Vailland (quinze actuellement)Parmi ces préfaces, celles de : La Visirova, L'épopée du Martin-Siemens, N'aimer que ce qui n'a pas de prix, Marat-Marat, Le conservateur des hypothèques, Le soleil fou, De l'amateur et Le Saint-Empire., ainsi qu'une biographie écrite en collaboration avec Élisabeth Vailland, parue en 1973 aux Éditions Seghers.

Dans l'apport de René Ballet à l'œuvre de Vailland : la parution des Écrits journalistiques de Roger Vailland, édités en 1985 par les Editions Messidor à l'occasion du vingtième anniversaire de sa mort sous le titre : Chronique des années folles à la Libération, 1928-1945, tome I : préface de Roland Leroy et René Ballet Chronique d'Hiroshima à Goldfinger, 1945-1965, tome II : préface de René Ballet la présentation de l'œuvre romanesque de Roger Vailland au Livre club Diderot en 1974.

Participation de René Ballet à des émissions de télévision concernant Roger Vailland : Esquisse pour un portrait de Roger Vailland avec Jean Recanati : France INA 1968 (Collection voir et lire, O3) Pousse-café : Meillonnas : tournage le , diffusion le . Ces 2 émissions peuvent être visionnées sur le site suivant : "René Ballet grand reporter, essayiste et romancier "

Il anime des colloques et des tables rondes avec Christian Petr et Jean Sénégas dans le cadre de l'association des Amis de Roger Vailland et collabore régulièrement au site Roger Vailland dirigé par Alain Georges Leduc et Élizabeth Legros.

Le journalisme comme œuvre de fiction : présentation de Vailland journaliste par René Ballet.

Deux hommes dans le tournant Dans l' article publié dans Les Cahiers Roger Vailland, René Ballet tente d'expliquer l'évolution radicalement différente de Roger Vailland et de Pierre Drieu la Rochelle faits a-priori pour s'entendre. Ce sont deux hommes décalés dans les années 1930, en marge d'une société que globalement ils rejettent, en phase avec cette déclaration d'Aragon : « Je n'ai jamais cherché autre chose que le scandale et je l'ai cherché pour lui-même. »cet Article publié dans Les Cahiers Roger Vailland.

Ils traînent leur ennui de vivre, comme Jacques Rigaud qui se suicidera en 1930 mais disait six ans plus tôt : « La vie ne vaut pas qu'on se donne la peine de la quitter. » Ils ont suivi des voies parallèles, Drieu la Rochelle écrit dans ses Carnets : « Il n'y a plus rien à attendre de la bourgeoisie » tandis que Vailland accepte encore « de prendre une position sans trop y attacher d'importance. » Conquis par le surréalisme, ils proclament avec lui : « Mangez de la poudre d'étoiles, vous serez poètes, » mais en en seront assez vite déçus, Vailland écœuré écrivant à sa famille : « La vie est saloperie… c'est une atmosphère irrespirable. »

Leurs routes vont pourtant rapidement diverger car Drieu la Rochelle est un homme désabusé qui se sent comme un 'agent double' qui trahit puis revendique ses actes, du nom de la nouvelle qu'il publie en 1935. Vailland a choisi mais il joue la duplicité, tantôt avec les surréalistes du Grand Jeu, « tantôt avec les plus tristes imbéciles et fripouilles du monde. » Pourtant, tous deux connaissent la peur, celle d'adolescents pas très costauds, Drieu la Rochelle voudrait « peser dix kilos de plus, » Vailland rencontre la peur dans les meetings lors de heurts avec la police.

Cette force qu'ils recherchent en compensation, éloigne Drieu la Rochelle du peuple, il est très attiré par les forces de l'ordre, « c'est écrasant de beauté » écrit-il à une amie en parlant de défilés nazis. Par contre, Roger Vailland admire la force de ces hommes que -dans son récit historique Un homme du peuple sous la Révolution- il présente comme massifs, impassibles « pas un muscle de leur visage ne bougeait » et décidés, « ils ferment leurs doigts calleux habitués à manier l'outil. » Ce sont ces hommes qui après la guerre deviendront pour lui ces bolcheviks qu'il prendra comme modèles.

Ce cher métier d'écrivain « Roger Vailland parlait rarement de la façon dont se passait son métier d'écrivain mais un jour à Lyon, il se confie à son ami René Ballet qui l'accompagnait."Quand je tiens une scène...je m'étends et je rêve éveillé : je me la représente, je plante les décors. Par exemple, si la scène se passe dans une salle meublée d'une table et d'une chaise, je vois cette table et cette chaise à une place bien déterminée. Il se peut que cette indication ne se retrouve pas dans le récit écrit mais elle y est intimement mêlée. Si le déroulement de la scène exige le déplacement d'un de ces meubles, je suis gêné." Voilà Roger Vailland plongé dans la création, avec ses phases de rédaction et de rêverie active... » (Article de René Ballet consacré au processus d'écriture de Roger Vailland : Entretiens, Roger Vailland, éditions Subervie)

De nombreux autres articles publiés par René Ballet dans Les Cahiers Roger Vailland, esquissent un portrait global de Roger Vailland : ses engagements, ses goûts pour la littérature, la peinture, le cinéma etc. Dans les numéros suivants : de , « revisité par Guy Rétoré », de , « L'actualité de Roger Vailland », de , « La plume et le plomb, Vailland journaliste », de , « Vailland et le cinéma, une vieille histoire », de « Vailland et l'argent ». Il en est de même pour un article de René Ballet publié dans le journal Le Manifeste, de : « Roger Vailland, l'après-guerre au scanner ».

Œuvres Échec et mat, Gallimard, 1960 « L'auteur a su, d'une manière originale, poser un problème si souvent déjà abordé, (le suicide d'une jeune femme). Et l'on est pris, non pas tant par la personnalité de son héroïne que par le jeu intellectuel qu'il nous propose", Ginette Guitard-Auviste (Le Figaro Littéraire, ). Les jours commencent à l'aube, Gallimard, 1961 « La fougue de René Ballet c'est aussi de l'animosité; ses personnages sont constamment dressés les uns contre les autres...Ce ne sont pas des amants mais des antagonistes. » L.L.(Le nouveau Candide : les épilogues de Cunégonde. Les Lettres françaises, 11/01/1962) L'Inutile Retour, Gallimard, 1962 « René Ballet est un romancier intelligent et de grand talent... Il nous montre une fois de plus, dans "L'inutile retour", la puissance dramatique des situations sans issue » Michel de Smet (Le soir de Bruxelles). Dérive, Calmann-Lévy, 1972 Bourges : une affaire de cœur, essai, éditions Messidor, 1985 Des usines et des hommes, éditions Messidor, 1987 Le Domaine du bout de l'île, Scandéditions, 1992 L'Organidrame, éditions Messidor, 1986 « Disons-le sans phrases : voici un grand livre! » Claude Prévost (l'Humanité ') Nommé pour le prix Goncourt 1986. Soleil froid, éditions Messidor, 1989 Une petite ville sans mémoire, éditions Messidor, 1984 « Ce roman, qui se lit d'un trait, nous interpelle et nous avertit » André Remacle (in La Marseillaise, ). Le Réalisme socialiste : ce bel inconnu, La collection Commune Éditions/ Le Temps des Cerises, 1999 Lettres texanes, éditions Messidor-Libre propos, 1990 L'Affaire Antigone, pièce de théâtre mise en scène par Christine Farré et jouée au théâtre de La Clé à Paris en 1991. 89 bis, 200 ans après, où en sommes-nous ?, scénario de René Ballet, mise en scène de Christian Ferrari, chef de chœur Jean-Claude Chambard, avec les jeunes comédiens de La Cocarde et la Chorale populaire de Paris.

Éditions du Temps des cerises cadre|droite Paul Vaillant-Couturier, introduction et présentation d'un choix de textes, 1992