Habère-Poche (Arpitan: Âbère d'Amo) est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Celle-ci possède une station de sports d'hiver, Les Habères, dont le domaine skiable est relié à celui de Bellevaux (Hirmentaz) et un espace nordique au col des Moises.
Géographie Localisation Habère-Poche. se situe en France dans la région du Chablais. C'est la commune qui clot au nord la vallée de la Menoge, appelée aussi vallée Verte.
Communes limitrophes vignette|redresse=1.8|center| Habère-Poche et les communes voisines.|alt=Carte montrant Habère-Poche et les communes voisines.
Hydrographie, géologie et relief La commune est dominée par le mont Forchat (), la Montagne d'Hirmentaz (), la Pointe de Targaillan () et le Crêt Vernay (). Quatre cols permettent de rejoindre les vallées environnantes : col de Cou (), col de Terramont (), col des Arces () et col des Moises ().
La Menoge y prend sa source et y reçoit son premier affluent, le ruisseau des Arces. Le débit de ce cours d'eau est très variable : lors de la crue du 4 juillet 2007 son débit instantané s'est élevé à à la station de mesure de Vétraz-Monthoux. Soit près de 40 fois son débit moyen.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne. et est dans la région climatique Alpes du nord, caractérisée par une pluviométrie annuelle de à , irrégulièrement répartie en été.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Douvaine à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Voies de communication et transports Sur la rive gauche de la Menoge, Habère-Poche se trouve sur un parcours commun aux routes départementales 12 reliant Thonon-les-Bains à Bonneville et 22 reliant Boëge à Vailly. Ce parcours est doublé sur la rive droite par la route départementale 40 qui part de Boëge pour rejoindre les lacets de la montée au col de Cou.
Habère-Poche est le terminus de lignes d'autocars vers les gares d'Annemasse et Thonon.
Urbanisme Typologie Au , Habère-Poche est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Genève - Annemasse (partie française), dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (54,5 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (54,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (45,7 %), prairies (38 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (8,9 %), zones urbanisées (7,5 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran..
Morphologie urbaine Le centre du village est peu développé. Tout autour, on trouve les hameaux suivants (altitude entre parenthèses) dont les panneaux devaient être édités en Savoyard à compter de 2015 (à la suite d'une décision du conseil municipal) : Reculfou () ; Chez Prachex () ; les Crottets () ; Argence () ; la Covasserie () ; le Vernay () ; Doucy () ; Ramble () ; les Lavouets () ; Josse () ; Sous chez Berthet () ; Chez le Moine () ; les Arces ().
Logement
Projets d'aménagements
Toponymie Anciennement Cura de Aberes (v. 1344), puis Haberes, plus récemment Les Habères.. D'après les auteurs de Histoire des communes savoyardes, Le Chablais, le territoire de la commune s'étendait autrefois jusqu'à la crête située entre le col de Cou à celui des Moises, comprenant ainsi Habère-Lullin.. L'ensemble portait le nom des Habères que l'on retrouve dans la plupart des documents antérieurs à la scission.
Gilbert Künzi, dans son ouvrage Lieux-dits entre Dranse et Arve (1997), relève cependant l'existence de deux autres origines du nom.. Il cite Albert Dauzat et son Dictionnaire étymologique des noms de lieux de France (), qui indique que Habère est une mauvaise graphie par prosthétique du mot Abère signifiant « abreuvoir, fontaine », qui correspondrait à la forme topographique du site.
Jean-Marie Jeudy, dans son ouvrage Les mots pour dire la Savoie (2006), voit éventuellement un rapprochement entre le mot arbé (« chalet ») avec le terme habert que l'on trouve en Dauphiné, et dont il fait éventuellement un rapprochement avec celui d'Habère. Pour les moines de l'abbaye d'Aulps, les habères situées sur leurs terres étaient leurs granges. Un mot qui serait ainsi issu de celui d'albergement. Il y aurait ainsi confusion entre le chalet et la grange..
Le toponyme Habères n'ayant pas d'origine latine certifiée, il est probablement celte. Si c'est le cas, la terminaison de la forme ancienne Aberes indique que c'est un ethnonyme. Dans la langue gauloise, le mot Aberes serait une composition de deux racines répandues et liées à l'eau. Ab. "rivière" et beru. « source, bouillonnement ». En langue gauloise, Aberes signifie littéralement « ceux des sources bouillonnantes ».
Le nom de la commune en francoprovençal est (graphie de Conflans) ou (ORB), prononcé localement ... Avec sa voisine Habère-Lullin, elles sont souvent regroupées sous l’appellation commune de (), et partagent un même gentilé, et ( et ). Il est intéressant de noter que ce toponyme révèle deux traits phonétiques de l'accent locale de l'arpitan : les -o finaux atones sont réduits à un schwa, fait assez courant en arpitan, et le mot est dénasalisé, fait très rare.
Histoire Pré et proto-histoire Une cavité dite « Tônne dé Feulapes » sous les rochers de la crête d'Hirmentaz, identifiée avant la guerre, et la découverte d'une hache en silex datée de 3 500 av. J.-C.. laisse supposer au moins des occupations nomades des néandertaliens. La découverte d'objets de bronze à Habère-Lullin attestent d'une occupation plus constante aux périodes du bronze final puis gallo-romaine après la reddition des Allobroges en 121 av. J.-C.
Moyen Âge Un acte du pape Alexandre III du confirme à Ysard abbé d'Aulps la possession de l’église des Habères et de ses dépendancesMémoires et documents publiés par l'Académie salésienne, 1905, .. Ses moines s'installent au hameau actuel des Lavoëts pour défricher les bois et broussailles des terres de Poche. Au , deux épidémies de peste ravagent le pays entraînant une chute durable de la population qui ne retrouve son niveau qu'au début du ..
Temps modernes Lors de l’invasion du Chablais savoyard par les Bernois et les Valaisans en 1536, les Dabhèrants et les troupes de Charlotte d'Orléans, veuve de Philippe de Savoie, arrêtent les troupes bernoises à l'entrée de la vallée Verte., alors que ceux-ci occupent Draillant, Lullin, Bellevaux et la basse vallée. La Réforme est cependant imposée dans la région jusqu'au traité de Lausane en 1564Traité de Lausanne. Le 25 septembre 1598 Charles-Emmanuel de Savoie abolit la liberté du culteConseil presbytéral composée de Mmes Bachofner, Bourgeois, Grezet, Millet, Perrot, de Wattevile, et de MM Cari, Flaissier, Honegger, avec l'aide de Mlle Lapiné, de Mme Nivat et de M. Yung, Le Livre du Centenaire (1893 — 1993), « La Réforme en Chablais » sur le site Église protestante unie du Genevois et Giffre - eglise-genevois-giffre.org et le lendemain les chefs de famille du Chablais abjurent le protestantisme.
Vers 1700, Joseph de Gerbais de Sonnaz, général de l’armée sarde et marquis d’Habère-Lullin acheté quatre ans plus tôt, revendique la seigneurie des deux Habères. Le prieur de l’abbaye d’Aulps lui rappelle alors que le fief d’Habère-Poche relève toujours des moines de Saint-Jean-d’AulpsMémoires et documents publiés par l'Académie salésienne, 1905, .. La Maison Blanche où la famille de Sonnaz séjournait chaque printemps existe toujours entre les deux communes au hameau de Reculfou.
Lors de l'Assemblée nationale des Allobroges du 22 octobre 1792 à Chambéry., les députés de la paroisse approuvent leur rattachement à la France sous réserve du respect absolu du culte religieux. Ils seront déçus et leur curé, l’abbé Louis Gurliat, se réfugie en vallée d’Aoste alors que son frère le remplace dans la clandestinité. Ses cachettes existent encore au Vernay et aux Lavoëts. Le mécontentement provoque une réaction qui permet à l’armée sarde de tenter une reconquête. Mais elle est défaite à la bataille de Méribel le 28 septembre 1793. La région ne repasse au royaume de Piémont-Sardaigne qu'en 1814 avec l'écroulement de l'empire napoléonien.
Époque contemporaine Entre 1814 et 1860, la branche d'Habères de la famille Gerbaix de Sonnaz fournit au royaume de Piemont-Sardaigne de nombreux dignitaires militaires et des députés. Pendant cette période et jusqu’en 1836 les deux Habères constituent une même paroisse. On édifie une chapelle l'année suivante.., sur les vestiges d’un ancien château. Bénite le , elle devient paroissiale en 1841 et est dédiée à saint François de Sales. Elle sera consacrée le . Le clocher et la première horloge datent de 1853.
Lors des débats sur la réunion du duché de Savoie à la France en 1859-60, un courant pro-suisse réclame dans la partie nord du duché la réunion à la Suisse voisine. Une pétition rassemble plus de dont une cinquantaine dans le village.. Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et 23 avril 1860 où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »..