right|thumb|300px|Les flèches verticales montrent la hauteur de culminance de trois pics sur une île. Une ligne pointillée horizontale relie chaque pic (excepté le plus haut) à son col le plus élevé

La proéminenceSylvain Jouty et Hubert Odier, Dictionnaire de la montagne, Omnibus, 2009, ou hauteur de culminance, qui utilise le terme proéminence pour l'isolation topographique est la différence d'altitude entre un sommet donné et l'ensellement ou le col le plus élevé permettant d'atteindre une cime encore plus haute. En d'autres termes, c'est aussi le dénivelé minimum de la descente à parcourir pour remonter sur un sommet plus élevé.

Cette notion est utilisée par les montagnards collectionneurs de sommets comme critère en complément de l'altitude pour distinguer les « vrais » sommets (ceux qui dépassent une certaine hauteur de culminance) des sommets secondaires, antécimes, épaules, gendarmesEn géographie physique, un gendarme est un pilier ou bloc isolé, sur l'arête d'une montagne.… Elle est utilisée pour définir des listes de sommets dépassant une certaine altitude dans un massif, ou un nombre défini de sommets les plus hauts.

Vocabulaire C'est une notion relativement récente et peu courante. Elle est usitée surtout dans les pays de langue anglaise, sur internet et dans quelques publications, sous l'appellation (on trouve aussi , ou , en allemand ).

Historique thumb|Quoique la Viererspitze (à g.) soit apparemment haute vue de Mittenwald (Allemagne), elle ne possède en fait qu'une très faible hauteur de culminance, de environ. La notion de proéminence est apparue pour distinguer les sommets principaux des sommets secondaires dans les listes exhaustives établies par les collectionneurs de sommets (les « »).

Au tournant du et du apparaissent les premières listes de sommets dépassant une certaine altitude. En 1891, Hugh Munro publie la liste des 538 sommets d'Écosse de plus de (), dont 283 peuvent être considérés comme des montagnes distinctes (as may fairly be considered as separate mountains) Hugh Munro, « Tables giving all the scottish mountains exceeding 3000 feet in height », Scottish mountain Club Journal, 1891, vol . 1, , qui seront appelés munros. En 1911, l'Autrichien Karl Blodig revendique l'ascension de tous les sommets des Alpes de plus de d'altitude. Dans ces deux cas il n'y avait pas de critère explicite pour distinguer les « vrais sommets » de ceux qui n'étaient pas suffisamment individualisés pour être dans la liste.

Le premier à introduire la notion de proéminence (mais pas le mot) pour délimiter une liste est John Rooke Corbett, qui établit dans les années 1920 la liste des collines d'Écosse entre et (entre et ), en ne retenant que ceux avec (« une dénivellation d'au moins de tous les côtés »). Cette liste des corbetts ne fut publiée qu'en 1952, après sa mort J. Rooke Corbett « List of Scottish Mountains 2,500 Feet and under 3,000 Feet in Height », Scottish mountain Club Journal, 1952, vol. 25, .

Après l'ascension du pic Jongsong en 1930, Günter Oskar Dyhrenfurth commença à dresser la liste des sommets de plus de en établissant une distinction entre montagnes indépendantes, pics majeurs et pics mineurs en fonction de la « profondeur de col » Eberhard Jugalski, « Short History of Orometrical Prominence », sur 8000ers.com. Ces listes furent publiées dans le journal Berge der Welt en collaboration avec le Suédois Berge der Welt, , 1966-1967.

La notion de « selle relative » fut présentée par Klaus Hormann en 1965 Klaus Hormann, « Uber die morphographische Gliederung der Erdoberfläche », Mitteilungen der Geographischen Gesellschaft in München, vol. 50, 1965, pages 109–126 ; « Relative Einsattelung und Rampenlänge der Pässe von Kärnten und Osttirol », Mitt. d. Geogr. Ges. in München, 1966.. Le concept a ensuite été affiné et étendu.

La question se posa également aux États-Unis, pour dénombrer les , c'est-à-dire les sommets de plus de () du Colorado. En , William Graves proposa dans , le bulletin du Colorado Mountain Club, comme critère d'un sommet distinct qu'il soit séparé d'un sommet plus haut par un col plus bas d'au moins () Mike Garratt, Bob Martin, Colorado's High Thirteeners': A Climbing and Hiking Guide, Big Earth Publishing, 1992, pp. IX-XI. Cette règle qui permettait quasiment de retrouver la liste classique, a par la suite été globalement acceptée, même si la liste la plus courante des 54 inclut le pic North Marroon et qui ne remplissent pas ce critère.

Le terme anglais prominence fut inventé en 1981 par l'américain Stephen Fry Stephen Fry Lettre à l'American Alpine Club, 1983, et utilisé pour la première fois en 1987 dans un article dans lequel il définit les (plus de de proéminence), les (plus de ), les (entre ) et les (entre 250 et ), avec en outre des critères sur la raideur des faces Stephen Fry, « Defining and Sizing-Up Mountains », Summit, janvier-février 1987, .

En 1992, Alan Dawson établit la liste de tous les sommets de Grande-Bretagne de plus de de proéminence (indépendamment de leur altitude), qu'ils baptise les marilyns Alan Dawson The Relative Hills of Britain, Cicerone Press, 1992.

En 1994, l'Union internationale des associations d'alpinisme (UIAA) établit une liste « officielle » de 82 sommets des Alpes de plus de d'altitude, en prenant en compte comme « critère topographique » une proéminence de , définis en faisant la moyenne des sommets tangents, et aussi parce qu'ils représentent la longueur de corde de l'alpinisme classique (l'isolation topographique pouvant aussi être prise en compte). D'autres critères, morphologique et propres à l'alpinisme, sont toutefois également pris en compte, et certains sommets remplissant le critère topographique, comme le Grand Gendarme du Weisshorn ou le Nez du Liskamm ne sont pas inclus dans la liste, au contraire du mont Blanc de Courmayeur qui n'a que de proéminence.

Notes et références

Annexes Articles connexes Altitude Isolation topographique Sommet ultra-proéminent

Bibliographie Adam Helman The Finest Peaks : Prominence and Other Mountain Measures, Trafford Publishing, 2005

Liens externes

« Website for the mountains of the world based on prominence » Eberhard Jurgalski « Das erweiterte Prominenzkonzept » Mitteilungen der Fränkischen Geographischen Gesellschaft Band, 61/62 (2015 /16),

Catégorie:Topographie Catégorie:Montagne