est un magazine de science-fiction et de fantasy britannique créé sous la forme d'un fanzine intitulé en 1936. Il adopte son titre définitif en 1939 avec l'arrivée du rédacteur en chef John Carnell. Il commence à être publié professionnellement en 1946 et devient rapidement le titre-phare du genre au Royaume-Uni. Sous l'impulsion de Michael Moorcock, qui succède à Carnell en 1964, commence à publier des textes avant-gardistes d'écrivains comme Brian Aldiss, J. G. Ballard ou Thomas M. Disch, jouant un rôle décisif dans l'émergence de la « nouvelle vague » () de la science-fiction britannique.
Des problèmes financiers entraînent la disparition du magazine en 1971, après 201 numéros. Cependant, a connu plusieurs incarnations ultérieures, sous la forme de magazines ou de recueils de nouvelles.
Histoire éditoriale
Les premières années (1946-1947) En 1926 Hugo Gernsback lance , le premier magazine de science-fiction. D'autres titres ne tardent pas à lui emboîter le pas, parmi lesquels ou . Ces magazines américains sont également distribués sur le sol britannique, où des associations de fans commencent à voir le jour. En 1936, Maurice K. Hanson, un fan originaire de Nuneaton en Angleterre, créée un fanzine nommé . (« nouveaux mondes » en latin) pour la branche locale de la Science Fiction League. Après son déménagement à Londres, le fanzine devient l'organe officiel de la Science Fiction Association fondée en 1937.
Après l'arrivée d'Arthur C. Clarke, John Carnell et William F. Temple, Hanson laisse le poste de rédacteur en chef à Carnell en 1939. Celui-ci rebaptise le fanzine et réinitialise la numérotation : le premier numéro du premier volume est daté de . L'objectif de Carnell est d'en faire un magazine professionnel. Il entre pour cela en contact avec la maison d'édition par l'entremise de l'écrivain W. J. Passingham. En , demande trois numéros du magazine à Carnell. Carnell et Passingham avancent 50 livres chacun pour couvrir les frais. Pour le contenu, il fait appel à plusieurs écrivains britanniques, parmi lesquels John F. Burke, C. S. Youd et David McIlwain et obtient les droits de Paru en France sous le titre Héritage perdu dans le recueil de nouvelles Trois pas dans l'éternité en 1976 aux Éditions du Masque, coll. Le Masque Science-fiction. de Robert A. Heinlein, mais des querelles intestines entraînent la disparition de au mois de . Son président, Alfred Greig, retourne dans son Canada d'origine sans jamais rembourser Carnell et Passingham et aucun des trois numéros prévus ne voit le jour.
Carnell s'engage dans l'armée en 1940 : il sert dans la , les et le . Il retourne à la vie civile en et ne tarde pas à faire la connaissance de l'écrivain Frank Edward Arnold qui travaille avec sur une nouvelle gamme de science-fiction. Arnold lui présente le président de , Stephen D. Frances. Celui-ci est convaincu du potentiel commercial du genre et accepte de faire de un magazine professionnel, puisque Carnell possède toujours les histoires qu'il avait réunies en 1940. Le premier numéro du magazine paraît en , au prix de .. Des du premier tirage, seulement sont vendus. Carnell estime que ces ventes décevantes sont en partie dues à l'illustration de couverture, médiocre à ses yeux. Il conçoit une nouvelle maquette en s'inspirant des couvertures de magazines américains et l'envoie à l'illustrateur Victor Caesari. Cette scène spatiale devient la couverture du deuxième numéro, qui sort en . Les ventes sont bien meilleures, que ce soit dû à la couverture ou à la promotion beaucoup plus soutenue de la part de , et le premier tirage est entièrement écoulé. Les invendus du premier numéro sont ressortis avec le design de couverture du second au prix de , et ils sont à leur tour tous écoulés.
Un troisième numéro sort en avant que Pendulum Publications ne fasse faillite. Privé d'éditeur, le magazine est sauvé par un groupe de fans qui se réunit régulièrement tous les jeudis soirs dans un pub londonien, le , non loin de Ces réunions ont inspiré le recueil de nouvelles d'Arthur C. Clarke (1957).. L'une de ces réunions voit naître l'idée de créer une entreprise susceptible de ressusciter , et Frank Cooper, fraîchement débarqué de la Royal Air Force, accepte de s'en charger.
Nova Publications (1949-1964)
Printemps Été Automne Hiver Jan Fév Mar Avr Mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc1946 1/1 1/2 1947 1/3 1948 1949 2/4 2/5 1950 2/6 3/7 3/81951 3/9 3/10 4/11 12195213 14 15 16 17 18 195319 20 21 1954 22 23 24 25 26 27 28 29 30195531 32 33 34 35 36 37 38 39 40 41 42195643 44 45 46 47 48 49 50 51 52 53 54 Numéros de New Worlds jusqu'en 1956. Tous sont édités par John Carnell..
En , Carnell peut annoncer à une convention de science-fiction londonienne qu'une nouvelle compagnie est sur le point d'être créée : . Elle voit le jour au début de l'année 1949, avec un capital de . À sa tête se trouve un comité composé de John Wyndham (le président), G. Ken Chapman, Frank Cooper, Walter Gillings, Eric C. Williams et John Carnell. Un imprimeur est trouvé non loin de chez Frank Cooper, à Stoke Newington, et le numéro 4 de sort au mois de juin. L'objectif est de parvenir à une publication trimestrielle, puis bimensuelle. Pour réduire les coûts, Nova assure elle-même la distribution du magazine. C'est un choix difficile, mais Cooper et son assistant Les Flood s'en sortent suffisamment bien pour que le projet de publication trimestrielle soit mis en œuvre. Le cinquième numéro paraît en temps et en heure en septembre, suivi du sixième au printemps 1950.
ayant atteint une certaine stabilité, Nova décide de lancer un deuxième magazine, . Son rédacteur en chef est Walter Gillings, mais il est remplacé dès le troisième numéro par Carnell, pour des raisons budgétaires (Nova ne pouvant supporter deux salaires de rédacteur en chef), ainsi que pour des . atteint une circulation de courant 1951, et devient bimensuel à la fin de l'année. La hausse du prix du papier incite Nova à rechercher un imprimeur meilleur marché et s'engage auprès de . Le numéro 21, censé paraître en , est retardé et ne sort qu'en juin ; la qualité d'impression est très mauvaise, ce qui n'est guère du goût de Nova. Il s'avère que n'est qu'un intermédiaire, qui sous-traite le travail d'impression à d'autres entreprises, mais ces dernières ne prennent en charge les commandes de Carlton qu'une fois leurs dettes passées réglées. Le numéro 22 connaît des retards à répétition : les épreuves commencent à sortir en août, mais la date prévue de novembre ne peut être tenue et Carnell ne reçoit une copie du tirage qu'en . Comme elle porte la date « 1953 » (sans mois), sa distribution serait impensable, et Carnell refuse de l'accepter.
Tandis que Nova se débat avec ses problèmes d'imprimeur, une maison d'édition spécialisée dans les ouvrages techniques, , cherche à lancer un nouveau magazine de science-fiction et contacte Carnell en ce sens. Ce dernier décline l'offre par fidélité envers Nova. En fin de compte, Maclaren prend le contrôle de Nova, étant entendu que connaîtra une publication mensuelle et Science Fantasy bimensuelle. En , lorsque Carnell reçoit la une copie du tirage du numéro 22, l'arrangement avec Maclaren est conclu, et la branche juridique de la maison d'édition joue un rôle important dans la résolution de l'affaire avec . Comme ces derniers n'ont pas encore payé l'imprimeur du numéro 22, une injonction leur est adressée pour éviter qu'il soit commercialisé afin de régler les frais d'impression. Ces numéros sont détruits au terme de la procédure judiciaire, et il est possible que l'unique copie existante soit celle en possession de Carnell. Sa couverture, une illustration de Gerard Quinn, est reprise par la suite pour le numéro 13 de Science Fantasy, et son contenu textuel est intégralement repris dans les numéros de qui paraissent l'année suivante.
Jan Fév Mar Avr Mai Jun Jul Aoû Sep Oct Nov Déc195755 56 57 58 59 60 61 62 63 64 65 66195867 68 69 70 71 72 73 74 75 76 77 78195979 80 81 82 83 84 85 86 87 88 89196090 91 92 93 94 95 96 97 98 99 100 1011961102 103 104 105 106 107 108 109 110 111 112 1131962114 115 116 117 118 119 120 121 122 123 124 1251963126 127 128 129 130 131 132 133 134 135 136 1371964138 139 140 141 142 143 144 145 1965146 147 148 149 150 151 152 153 154 155 156 1571966158 159 160 161 162 163 164 165 166 167 168 1691967170 171 172 173 174 175 176 177 178Numéros de New Worlds de 1957 à 1967, édités par :
Le soutien financier de Maclaren permet d'assurer une publication mensuelle régulière à partir du numéro 22, qui voit enfin le jour en , et pour les dix années qui suivent. Seul le numéro d' est retardé en raison d'un problème d'imprimerie, et finalement combiné avec celui de septembre. Malgré cette stabilité, la diffusion de diminue à partir du début des années 1960. connaît le même déclin, de même qu'un troisième magazine, , lancé par Nova en 1958 et supprimé en . Le conseil d'administration de Nova décide de supprimer et en . Au mois de décembre, Carnell, se voyant bientôt au chômage, signe un contrat avec la maison d'édition Dennis Dobson pour éditer une collection de recueils, .
Roberts & Vinter (1964-1967)
Le salut pour les deux magazines vient de David Warburton, de la maison d'édition londonienne Roberts & Vinter. Croisant par hasard l'imprimeur de et dans un pub, il apprend la disparition prochaine des deux magazines. Or, Roberts & Vinter a du mal à écouler ses propres magazines, qui publient des violent. Il cherche à acquérir des titres plus respectables afin de forcer l'entrée dans le réseau de distribution britannique alors dominé par les chaînes de librairies W. H. Smith et John Menzies. Le partenaire de Warburton, Godfrey Gold, publie des magazines de pin-ups en lien avec Roberts & Vinter et lui aussi peine à les faire distribuer correctement.
Carnell s'étant engagé auprès de Dennis Dobson, il ne souhaite pas conserver le poste de rédacteur en chef de et . Il recommande à Warburton un jeune écrivain, Michael Moorcock, qui lui a déjà vendu quelques nouvelles. Un vendeur d'art d'Oxford ami de Brian Aldiss, Kyril Bonfiglioli, est également intéressé. Warburton laisse à Moorcock le premier choix entre les deux magazines, et il choisit . Bonfiglioli devient ainsi rédacteur en chef de . Moorcock souhaite adopter un format plus grand, mais Warburton tient au format afin d'être cohérent avec les autres magazines de Roberts & Vinter, tout en lui promettant d'y réfléchir si les ventes sont suffisamment bonnes. Le premier numéro de l'ère Moorcock est le 142, daté de mai/. Le magazine redevient brièvement un bimensuel avant de retrouver son rythme mensuel au début de l'année 1965.