Federico Jiménez Losantos, né à Orihuela del Tremedal, dans la province de Teruel, le , est un entrepreneur, journaliste, écrivain, commentateur politique et polémiste espagnol .

Membre d’organisations d’extrême gauche et participant à la contre-culture barcelonaise dans les années 1970, il a effectué un virage idéologique radical jusqu’à devenir une .

Il est directeur et présentateur du programme Es la mañana de Federico, sur esRadio, une radio créée le et éditorialiste pour le quotidien El Mundo.

Biographie Premières années Il naît à Orihuela del Tremedal (province de Teruel) le . Il fait ses études secondaires à Teruel, où il est l’élève de José Antonio Labordeta et de José Sanchis Sinisterra..

Études à Barcelone et activisme culturel durant le franquisme À l'âge de 20 ans, il s’installe à Barcelone, où il étudie la philologie romane à l’Université de Barcelone.. Il obtient sa licence en soutenant une dissertation sur l'écrivain espagnol moderniste Valle Inclán.

Il adhère à l'Organisation communiste d'Espagne – Drapeau rouge et au PSUC (parti communiste catalan), principale organisation antifranquiste de gauche de Catalogne dans les années précédant la transition démocratique. Il prend ses distances avec le communisme en 1976, après avoir lu L'Archipel du Goulag et visité la Chine de Mao.

Dans une interview donnée en 2018, il se justifie en expliquant qu’à l'époque les opposants au franquisme étaient peu nombreux et que le PSUC en accueillait une grande partie, car il était l’une des rares organisations disposant véritablement de ressources, par exemple pour soutenir les opposants au régime en cas d'ennuis avec la Justice. Selon lui, il n’était pas membre du parti mais faisait seulement partie de son entourage. Il affirme qu’il était déjà anti-communiste et que de nombreux membres du PSUC n’étaient pas eux-mêmes communistes.

Avec Alberto Cardín, il fonde Revista de Literatura (1974) et le magazine culturel Diwan (1978), qui est reçu très positivement dans les milieux intellectuels.. Il introduit en Espagne l’œuvre du philosophe Jean-François Lyotard, dont il traduit en 1979 l’essai Discours, Figure.

Il enseigne le castillan et la littérature dans un lycée de Santa Coloma de Gramenet.

Premières polémiques En 1978 (dans les premiers mois de la transition démocratique), il écrit un article intitulé « » (« La culture espagnole et le nationalisme »), qui sera à l'origine d’une grande polémique. Dans celui-ci, il soutient que le PSOE et le PCE se soumettent aux idées des nationalismes périphériques, notamment du catalanisme, et denonce ce qu’il considère une trahison de l’héritage de la gauche républicaine, de la lutte antifranquiste et des nombreux exilés de la guerre civile.

L’article suscite de vives réactions, de soutien ou de rejet, à Madrid comme en Catalogne, et remporte le prix de meilleur essai de l'année décerné par la prestigieuse revue culturelle El Viejo Topo. La publication d'un recueil d’articles de Jiménez Losantos intitulé Lo que queda de España (), incluant l'article incriminé, est envisagée par la revue, mais suscite un conflit au sein de sa rédaction et l’opposition de Miguel Riera, son principal rédacteur, qui juge certains passages trop polémiques, si bien que le projet est abandonné. En soutien, plusieurs centaines d’intellectuels catalans signent un manifeste opposé à toute forme de censure. La principale concurrente, la revue de contre-culture de tendance libertaire Ajoblanco, décide de publier en 1979 le recueil, qui nourrit encore la polémique. Dans celui-ci, Jiménez Losantos accuse notamment la Généralité de Catalogne de pratiquer une discrimination envers les hispanophones.

En 1980, il se présente aux élections au Parlement de Catalogne sur la liste du Parti socialiste andalou (PSA), plateforme qui défend les droits des Espagnols venus d’autres régions, sans toutefois être élu. Cette candidature lui vaut un conflit avec l'équipe rédactionnelle de Diwan, entraînant la fin de sa collaboration avec El País et son entrée à Diario 16, dirigée par Pedro J. Ramírez, qui fondera quelques années plus tard El Mundo.

Il fait partie des signataires d'un manifeste publié le par le journal Diario 16, dans lequel des intellectuels dénoncent une . En représailles, il est séquestré pendant environ deux heures par le groupe terroriste nationaliste catalan Terra Lliure le ; lui tire une balle dans la jambe et Jiménez Losantos est abandonné attaché à un arbre dans un terrain vague d’Esplugues de Llobregat Interview de Federico Jiménez Losantos par Jesús Quintero sur TVE1 (6 min 42 s), 31-01-2007......

Départ à Madrid et début de sa carrière de journaliste Après l'attaque, il quitte la Catalogne et s’installe à Madrid..

Fondation de Libertad Digital En 2000, avec la collaboration de ses pairs Javier Rubio Navarro, José María Marco, Alberto Recarte, et Pedro Schwartz, il participe à la création de Libertad Digital, un journal en ligne anti-socialiste et très marqué à droite. La moitié des capitaux initiaux ont été fournis par le conservateur Groupe Intereconomía.

Il participe activement à la diffusion des théories du complot sur les attentats de Madrid du 11 mars 2004.

Départ de la COPE et esradio Lors de la campagne des élections générales de 2011, il soutient Rosa Díez du parti UPyD.

En , après le rejet par la justice allemande de la demande d'extradition de Carles Puigdemont, il appelle à retenir en otages les Allemands vivant dans les Baléares.

En 2021, il se montre très critique envers le mouvement antivax et est au centre d’une polémique avec certains représentants du parti Vox qui appuient ces thèses, lors de laquelle il les qualifie de , d’ et d’« » (qu’on peut traduire par ) et clame que .

Discours, style et idéologie Connu pour son style et son habileté à créer des surnoms qu’il utilise pour railler ceux qu’il critique, il est considéré comme un influent proche des idées de la droite radicale, du néo-conservatisme et de l'extrême droite nationaliste espagnole .

Ses critiques sont aussi bien adressées à la droite qu’à la gauche, bien qu’il se focalise généralement davantage sur les personnalités de cette dernière sensibilité. Une de ses lignes directrices est la défense d’une selon lui menacée par des mécanismes qu’il qualifie de . Ses cibles récurrentes sont les gouvernements autonomes du Pays basque et de Catalogne, notamment leurs systèmes éducatifs, qu’il accuse de mener un Par exemple le 27 novembre 2009, il déclare sur les ondes d’esRadio : , voir .

Il se définit comme un ultra-libéral, ferme défenseur des libertés individuelles et soutient que les idées de gauche sont dépassées et incapables d’apporter des solutions d’avenir.

Selon l’hispaniste britannique H. Rosi Song, .

Autour de 2007, Mariano Rajoy lui-même, président du Parti populaire, fait l’objet d'une véritable campagne de dénigrement, au cours de laquelle Jiménez Losantos le surnommait notamment « Maricomplejines » Francesc de P. Burguera, Federico, ¡más caña!, El País, 3/9/2006. Francesc de P. Burguera, Rajoy ya no es "maricomplejines", El País, 22/01/2007.. (qu’on pourrait traduire ).

Du fait de ses interventions pamphlétaires, ses confrères le surnomment « le petit taliban des sacristies ». L'écrivain Javier Cercas parle de lui en ces termes : « Avec trois comme lui, on monte une guerre civile ! »François Musseau, Federico Losantos. L'ange de vipère Libération, 22 novembre 2007..

Au début des années 2020, il tient un discours ouvertement climato-dénialiste .

En 2024, des internautes créent un site web baptisé «», compilant les surnoms donnés par Jiménez Losantos aux différentes personnalités politiques et proposant différentes activités ludiques en rapport.

Procès Son style journalistique extrêmement polémique l'a amené de nombreuses fois devant les tribunaux.

Il fut ainsi condamné à verser au maire de Madrid Alberto Ruiz-Gallardón pour , de dommages et intérêts, pour , au parti Esquerra Republicana de Catalunya, pour avoir soutenu que ce dernier détenait (il fut relaxé en appel de cette dernière condamnation), ou à pour avoir traité un magistrat de .

En , il est condamné à payer une amende de à la suite de ses propos misogynes concernant la députée de gauche Irene Montero.

Publications Essais Lo que queda de España Barcelone, (réédition augmentée : Madrid, ). Contra el felipismo Madrid, . La última salida de Manuel Azaña Barcelone, . La dictadura silenciosa Madrid, . Crónicas del acabose Madrid, . Los nuestros: cien vidas en la historia de España Barcelone, . Con Aznar y contra Aznar: artículos y ensayos 1983-2002 Madrid, . El adiós de Aznar Barcelone, . Federico responde: los chats de Libertad Digital Madrid, . España y Libertad , Madrid, . De la noche a la mañana , Madrid, . La ciudad que fue: Barcelona, años 70 , Madrid, 2007. Más España y más Libertad , Madrid, 2008. Lo que queda de España (Reimpresión y ampliación) , Madrid, 2008. Historia de España. De los primeros pobladores a los Reyes Católicos. (Junto a César Vidal). , Planeta. Barcelone, 2009. Historia de España II. De Juana la Loca a la Primera República. (avec César Vidal). Planeta. Barcelone, 2009, Historia de España III. De la Restauración a la guerra civil. (avec César Vidal). Planeta. Barcelone, 2010. El linchamiento , Madrid, 2011. Historia del franquismo: Historia de España IV (avec César Vidal). Planeta. Barcelone, 2012. Los años perdidos de Mariano Rajoy, La Esfera de los Libros, 2015. Memoria del comunismo. De Lenin a Podemos, La Esfera de los Libros, 2018. Barcelona, la ciudad que fue. La libertad y la cultura que el nacionalismo destruyó Madrid, 2019. La vuelta del comunismo , Madrid, .

Poésie Diván de Albarracín Madrid, . Poesía perdida (1969-1999) Valence, . La otra vida. Haikus de la nieve, del agua, de la luz y de la niebla, 2009.

Notes et références

Annexes Articles connexes Luis Herrero Libertad Digital César Vidal

Bibliographie Francesc de Paula Burguera (préf. Francesc Bayarri, Antoni Furió, Gustau Muñoz, Francesc Pérez Moragón), Des de la trinxera periodística: Articles 2003-2009, Valence, Universitat de València, 2010, 222 p.

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