de Bourbon, né le et mort le à Tours, comte de Vendôme (1393–1446), fils de Jean de Bourbon, comte de la Marche, et de Catherine de Vendôme comtesse de Vendôme et de Castres. Il est un descendant à la en lignée masculine du roi Saint-Louis et l'ancêtre également à la en lignée masculine du roi . Il exerça des fonctions importantes sous le règne de Charles VII, et fut un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.
Biographie Origines familiales
Louis est le second fils de Jean Ier de Bourbon-La Marche, comte de La Marche, et de Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres. Il a pour frère ainé Jacques, ainsi qu'un frère cadet, Jean, et également trois sœurs, Anne, Marie et Charlotte.
Son père, Jean Ier de Bourbon-La Marche est le fils de Jacques Ier de Bourbon-La Marche connétable de France, descendant de Saint-Louis et de Jeanne de Châtillon-St-Pol. Sa mère, Catherine de Vendôme, comtesse de Vendôme et de Castres est la fille de Jean VI de Vendôme comte de Vendôme et de Castres et de Jeanne de Ponthieu.
Règne de Charles VI Le , par lettres écrites au château de Montoire, ses parents font le partage de leurs terres entre Louis et trois de ses frères et sœurs (les deux dernières, Charlotte et Marie n'étant pas encore nées). L'aîné Jacques reçoit les comtés de La Marche et de Castres, plus les terres situées en Hainaut que possède la famille. À Louis, en tant que puîné, est promis le comté de Vendôme, la seigneurie d'Épernon et les terres du Perche. Pour le benjamin des frères, Jean, sont réservées les terres picardes. Enfin Anne reçoit 10 000 francs de dot pour son mariage et des biens en Normandie (finalement remplacés par des seigneuries de Basse-Marche lors de son mariage en 1390). Le fait que Louis reçoive une si belle part de la succession montre l'attachement de sa mère pour lui, qui fait ainsi perdurer à travers lui le nom de Vendôme.
En 1393, à la mort de son père, son frère aîné Jacques hérite donc des comtés de la Marche et de Castres. Leur mère Catherine de Vendôme associe alors Louis au gouvernement du comté de Vendôme au même moment.
En 1396 son frère le comte de La Marche part pour la croisade de Nicopolis, lors de laquelle il est fait prisonnier et mis à rançon de 32 000 francs (réduite à 13 000 en 1400). Le jeune Louis est alors nommé par sa mère, le , lieutenant pour les terres du sud (comté de Castres), il doit aller y percevoir une aide de 6000 francs demandée par sa mère pour la rançon et qu'ils refusent de payer. Il est alors à Roquecourbe le puis à Castres le 23. Il échoue dans un premier temps à récolter l'argent. Cependant à l'été 1399, en les menaçant de ne pas s'opposer aux possibles exactions des compagnies défaites du connétable et en leur promettant de nouvelles franchises il parvient à obtenir de l'argent pour son frère prisonnier. Sa mère lui renouvellera sa confiance dans cette charge en 1400, 1409 et 1411.
Par acte signé à Paris le , elle cède officiellement à Louis la propriété du comté de Vendôme, tout en s'en réservant malgré tout l'usufruit et les droits sur les officiers et les bénéfices. Elle y déclare également que Louis doit porter les armes d'icelle conté escartellees de celles de mondit seigneur [son père Jean de Bourbon]. Le 24 du même mois il confirme à Catherine l'usufruit pour le comté, elle établit le même jour son testament, dans lequel elle fait de Louis son exécuteur testamentaire principal, au côté de six autres.
vignette|gauche|180px|Détail d'un vitrail de la cathédrale Notre-Dame de Chartres.
Le il est témoin, au côté de son frère le comte de La Marche (qui représente le roi), pour un traité signé avec les ambassadeurs d'Owain Glyndwr, noble gallois révolté contre les Anglais. Ce traité prévoit l'envoi d'une armée conduite par Jacques, au côté duquel est Louis, ainsi que leur jeune frère Jean. La flotte part de Brest assez tardivement à la mi-, et n'obtient aucun réel succès, perdant même des navires au cours d'une tempête. Lors d'un des combats menés durant l'expédition, Louis est fait chevalier, ainsi que Jean, par leur frère aîné.
Le à Paris, il est présent lors du mariage de son frère Jacques avec Béatrice de Navarre, fille du roi de Navarre Charles III, dont il se porte pleige pour le douaire.
En mai 1406 il part combattre au Périgord, de nouveau au côté de son frère aîné. La même année, il rachète la seigneurie de Mondoubleau au comte de Dammartin d'alors (le fils ainé de Bureau de La Rivière). Ainsi Mondoubleau passe enfin totalement sous contrôle vendômois, en la rattachant au comté (son petit-fils François fera de même de Saint-Calais en 1491).
À partir de , et pendant environ deux ans, le comte de La Marche part en Navarre. Durant cette absence Vendôme prend de l'importance à la cour, en obtenant notamment l'office de grand chambellan de France le .
La guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons
À la mort du duc d'Orléans, le comte de Vendôme assiste à ses obsèques le . Il est au côté des ducs de Berry, de Bourbon et du comte de Clermont, le pour accueillir la veuve du duc d'Orléans, Valentine Visconti, à son entrée à Paris pour demander justice et vengeance au roi. Vendôme et les trois autres grands seigneurs évoqués escortèrent la reine et le dauphin à Melun, suite au départ du duc de Bourgogne de la capitale.
Les fortes tensions politiques entre le parti du défunt duc d'Orléans et le duc de Bourgogne, amènent à des conflits armés, auxquels le comte de Vendôme participe, au côté de son frère La Marche, du moins dans un premier temps. On les retrouve tous deux présents à la cérémonie de la paix de Chartres le . Ils semblent également tous deux régulièrement présents au conseil du roi
Le , au côté de sa mère Catherine de Vendôme et son frère Jacques comte de la Marche, il s'oblige envers un marchand florentin de la cour de France, pour la somme de 25 000 £.t à délivrer au roi Janus de Chypre, suite à son mariage avec leur sœur Charlotte .
Le duc de Bourgogne les invite à diner le , il semble qu'à cette occasion, il parvienne à rallier les deux frères à sa cause. Il les met à la tête, au côté du comte de Saint-Pol et du prévôt de Paris, d'une commission de réforme, avec des avantages sur les finances royales.
Le printemps 1410 voit les tensions politiques s'exacerber mais apaisées grâce à la paix de Bicêtre. Le comte de Vendôme semble alors s'éloigner de la cour, n'y apparaissant que le . Les tensions s'accentuent de nouveau à l'été 1411, années ou Louis est plus présent à la capitale, prêtant même 4 500 £.t. au duc de Bourgogne. Cependant, à la différence de son frère La Marche, il ne participe à aucun conseil prenant des décisions importantes contre les Armagnacs. Durant les années 1411-1412 Louis a une position de plus en plus ambigüe et distante auprès du duc de Bourgogne et de son frère Jacques.
Il est nommé ambassadeur, en fin 1411, pour la femme de son suzerain le duc d’Anjou, Yolande d’Aragon, qui l’envoya vers Ferdinand d'Antequera pour faire reconnaître les droits de cette dernière sur la succession de la couronne d’Aragon, suite à la mort de Martin Ier d'Aragon. Le prince de Vendôme est à Perpignan le , et repart de Barcelone le , sans le succès escompté.
Mangeant de nouveau chez le duc de Bourgogne en avec son frère aîné, ils sont également présents aux conférences de la paix d'Auxerre.
Déchirure fraternelle vignette|redresse|Jacques de Bourbon, comte de La Marche, et sa troisième épouse Jeanne II de Naples À la mort de sa mère Catherine de Vendôme, le , il revient à Louis d'avoir à gérer son patrimoine mobilier (monnaies, bijoux et argenterie), en tant que principal exécuteur testamentaire (testament de 1403). Cela rend Jacques II de Bourbon-La Marche, en tant qu'aîné, jaloux, de plus il a besoin d'argent pour payer sa rançon suite à sa capture de . Le comte de La Marche parvient alors, le , à mettre sous séquestre les biens de leur mère, empêchant toute exécution du testament. Tous les exécuteurs testamentaires, dont le comte de Vendôme, entament un procès contre Jacques. La cour accorde alors à Louis 2000 £.t. de biens pour accomplir les legs souhaités par sa défunte mère, en attendant la suite du procès. Louis retrouve son frère Jacques auprès du roi à Auxerre jusqu'au . Les évènements tournent alors ensuite au drame. Vers septembre, des agents de son frère La Marche, sans autorités judiciaires, l'arrêtent par surprise et le jettent au cachot, dans un lieu inconnu et dans des conditions difficiles. Durant sa captivité il fait vœu de délivrance à la Vierge noire de Chartres. Il reste au moins durant huit mois enfermé, jusqu'à Pâques 1413. Le comte de La Marche, semble alors ne plus s'arrêter à la gestion des biens mobiliers de leur mère, mais également en contestant à Louis son patrimoine, ses biens et ses titres! Mais il est également possible que les dissensions familiales soit en partie dues au faible engagement de Louis pour la politique pro-bourguignone de son frère.
Durant l'emprisonnement de Louis, Jacques agit en vrai comte de Vendôme, notamment lors de son second mariage il forme la moitié du douaire de sa nouvelle épouse, sur les terres vendômoises de son frère. Et en s'intitulant "conte de La Marche, de Vendosme, et de Castres".
Les conditions de la délivrance du comte de Vendôme sont assez floues, il semble cependant que le duc d'Anjou, suzerain du Vendômois, refuse à Jacques la possession du comté, et que le clergé faisait également pression sur lui. Suite à sa délivrance, Louis, le , est à Angers et octroie à Jean des Croix la seigneurie de Savigny-sur-Braye "pour avoir pousuy et pourchacé la delivrance dudit monseigneur le conte". Il se rend à Tours quatre jours plus tard afin de réaliser un vœu lié à sa détention. Un autre de ses vœux le conduit à la cathédrale de Chartres le . Durant ce pèlerinage, le prince de Vendôme participe aux processions et célébrations du chapitre de la cathédrale pour l’Ascension. Le , il fonde des services solennels et déclare souhaiter ériger une chapelle dans la nef, autorisée par les chanoines le .
thumb|redresse|La chapelle Vendôme à la cathédrale de Chartres, fondée par le comte de Vendôme, suite à sa délivrance.
Après sa délivrance, il retrouve son frère afin de clore leurs désaccords, par un traité passé à Tours le , confirmant le partage des terres d'avant l'accaparement des titres par Jacques. Un second traité est signé à Paris le , dans lequel Jacques II de Bourbon-La Marche, s'engage à restituer 10 000 £.t. des biens de leur mère, que Jacques avait empruntés au duc d'Anjou qui en avait la garde (en raison du procès). Suite à ces dramatiques évènements les deux frères n'auront plus que des relations froides et assez distantes, seulement guidées par les nécessités de cour.
Suite à sa délivrance le comte de Vendôme semble totalement abandonner le parti du duc de Bourgogne pour celui des Orléans/Armagnacs, durant la suite de la guerre civile, il est nommé souverain maître de l'hôtel du roi de 1413 à 1418. D'avril à il est au côté du roi et du duc de Guyenne aux sièges de Compiègne, Soissons et Arras.
Le , par contrat passé à Paris, il épouse Blanche de Roucy, fille du comte Hugues II de Roucy et de Blanche de Coucy.