Charles Brault ( - Poitiers † - Albi) est un homme d'Église français des et . Il fut Évêque concordataire et Baron de l'Empire avant d'être Archevêque et pair de France.
Biographie
L'exil
Appartenant à une famille qui avait déjà produit plusieurs hommes de mérite, Charles entra dans les ordres et fut de très bonne heure chargé d'enseigner la philosophie au séminaire de La Rochelle. Les talents qu'il développa dans cet emploi fixèrent l'attention de l'évêque de Poitiers, qui ne tarda pas à le rappeler dans son diocèse. Nommé chanoine de Sainte-Radegonde à Poitiers, puis curé d'une des principales paroisses de la ville, Brault, quoique très jeune, montra dans les fonctions du pastorat un zèle et une capacité qui furent récompensés par les titres d'archidiacre, de théologal et de grand vicaire.
Peu de temps après, il fut fait professeur de théologie à l'Université de Poitiers.
Après s'être prononcé contre la Révolution, il fut forcé de quitter la France, pour ne pas prêter serment à la constitution civile du clergé. Il émigra en Piémont, et y fit une éducation pour subsister.
La famille Avogadro de Verceil, le recueillit d'abord, et se félicitant de posséder un tel hôte, fit ses efforts pour le retenir auprès d'elle. Mais la délicatesse de M. Brault craignit d'être à charge à de si généreux amis, et il préféra prendre une place de sous-précepteur dans une autre famille du pays.
Il ne rentra de son exil qu'à l'époque du Concordat de 1802. Il fut désigné pour le siège épiscopal de Poitiers ; mais, par suite d'une mesure générale, il fut pourvu, le , de l'évêché de Bayeux (confirmé le ).
Évêque concordataire et baron de l'Empire
Il fut sacré le par Jean-Armand de Bessuéjouls de Roquelaure (les coconsécrateurs furent de Maillé, évêque de Rennes et Fallot de Beaumont de Beaupré, évêque de Gand. Le mois suivant (), il fut coconsécrateur principal de de Bessuéjouls de Roquelaure lors de l'ordination de Messeigneurs Jean-Marie-Philippe Dubourg, évêque de Limoges et Jean-Évangéliste Zaepffel, évêque de Liège.
Le nouveau prélat parvint en peu de temps à apaiser les divisions qui troublaient le diocèse de Bayeux. En effet, les commencements de son épiscopat furent troublés par les tracasseries que lui suscitèrent des prêtres constitutionnels qui ne voulaient pas se soumettre. Mais sa modération et sa prudence triomphèrent des difficultés.
M. Brault organisa son diocèse, créa des établissements, et encouragea les vocations ecclésiastiques. Plusieurs communautés anciennes se reforment, et d'autres furent instituées. Le diocèse de Bayeux se rappela longtemps la sagesse de son administration, et son zèle pour réparer les désastres des temps passés. Grâce à ses soins, les établissements d'instruction et de charité, que la Révolution avait détruits, furent réparés. Un séminaire s'ouvrit pour les jeunes ecclésiastiques, les indigents furent instruits et secourus, et des missionnaires, établis pour le diocèse, portèrent, dans des paroisses encore privées de pasteurs, les paroles de l'Évangile. Son épiscopat fut remarqué par sa simplicité, sa tolérance, ses bienfaits, et un mandement sur la bataille d'Austerlitz, où il rendait hommage au génie et aux vertus du héros de l'époque, :
Depuis, l'évêque ne manqua jamais l'occasion de préconiser son héros avec autant de vérité, et l'on peut voir dans les journaux du temps tous les mandements qu'il publia à ce sujet.
Baron de l'Empire le , l'évêque de Bayeux assista au concile convoqué à Paris en , où il remplit les fonctions de promoteur. Il fut du nombre des évêques qui se prononcèrent en faveur des quatre articles regardés comme le fondement de l'Église gallicane (articles organiques) ; et, néanmoins, l'estime dont il jouissait à la cour de Rome n'en éprouva aucune atteinte.
En 1814, il publia une Lettre pastorale pour célébrer le retour du roi, et ordonna une messe d'actions de grâces à cette intention. Il obtint des rétractations des prêtres constitutionnels qui ne s'étaient pas encore soumis. M. Brault établit une association de Dames pour faire des collectes en faveur des séminaires. Il fut un des premiers évêques qui rétablirent les retraites ecclésiastiques.
Archevêque et Pair de France
Nommé au siège archiépiscopal d'Albi (que le dernier concordat avait rétabli) le , et préconisé à Rome le , il resta néanmoins plusieurs années à Bayeux, par suite des difficultés qu'avait éprouvé l'exécution du concordat de 1817, et le mauvais état de santé des deux évêques successifs qui furent appelés à lui succéder.
Il ne prit possession d'Albi que le . Il y fut reçu en grande pompe et avec un appareil militaire conséquent. Dans ce poste éminent, il sut, comme à Bayeux, concilier tous les partis par sa tolérance et sa charité. Dans ce diocèse tout était aussi à organiser, d'autant plus qu'il avait été supprimé en 1801 et réuni à celui de Montpellier. Le nouvel archevêque fit preuve de zèle et d'habileté ; il forma des séminaires et publia le une ordonnance étendue sur divers points de discipline et d'administration.
Il fait revenir dans le séminaire les jeunes séminaristes de Montpellier originaires du Diocèse, notamment Pierre Dalmond qu'il ordonne prêtre en 1824. Puis il renforce sa vocation missionnaire et parfaire sa formation en le nommant successivement vicaire à Saint-Pierre de Gaillac, puis curé de Marnaves, qui était une paroisse sans prêtres depuis un long moment. Ensuite il lui fait profiter d'une demande du supérieur du séminaire colonial de la Congrégation du Saint-Esprit qui cherchait à recruter un prêtre pour l'envoyer en Guadeloupe..
Trop éclairé pour être intolérant, trop monarchique pour être ultra, il fut naturellement appelé à siéger à la Chambre des pairs le , parmi un des soixante-seize nommés par le ministère Villèle. Dans la commission des petits séminaires, Brault fut un des membres qui se prononcèrent en faveur des jésuites. Il cessa de siéger en 1830.
Le prélat avait eu le chagrin de perdre son frère aîné, M. l'abbé Mathurin Brault, qu'il avait fait chanoine et grand vicaire de Bayeux, puis d'Albi, et qui avait toute sa confiance.
En possession de la double dignité d'archevêque et pair de France, il fut admis à la retraite comme archevêque le , parce qu'il ne possédait qu'un revenu de francs.
Déjà depuis plusieurs années sa vue s'affaiblissait, et il ne pouvait qu'avec beaucoup de peine remplir les fonctions les plus importantes de l'épiscopat. Il avait témoigné l'envie de se démettre, et n'était resté en place que sur des représentations qu'on lui fit sur les suites de cette démarche pour le bien de son diocèse. Charles Brault meurt à Albi le , à trois heures du matin. Le chapitre d'Albi invita Giraud, évêque de Rodez, premier suffragant de la métropole, à officier aux obsèques.
Armoiries Figure Blasonnement Armes du baron Jean-Siméon Champy et de l'Empire (1810)
Coupé : au Ier parti, d'argent à un agneau pascal d'azur et des barons évêques ; au IIe, de pourpre à une couleuvre d'or accostée à dextre et à senestre d'une colombe du même.
Décorations
().
Titres
Baron Brault et de l'Empire (lettres patentes du ).
Autres fonctions
Pair de France ().
Publications
Il a laissé des Mandements et des Lettres pastorales écrits avec une onction qui formait le trait principal de son éloquence.
Règlement d'armoiries
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
. Biographie moderne, ou, Galerie historique, civile, militaire, politique, littéraire et judiciaire: contenant les portraits politiques de Français de l'un et de l'autre sexe, morts ou vivans, qui se sont rendus plus ou moins célèbres, depuis le commencement de la Révolution jusqu'à nos jours ..., Par Alph. de Beauchamp, Étienne Psaume, Publié par A. Eymery, 1816 ; Biographie nouvelle des contemporains: ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers; précédée d'un tableau par ..., Par Antoine-Vincent Arnault, Antoine Jay, Étienne de Jouy, Norvins, Publié par Librairie historique, 1821 ; Histoire biographique de la Chambre des pairs: depuis la Restauration jusqu'à l'époque actuelle. Précédée d'un essai sur l'institution et l'influence de la pairie en France, Par Joseph Alexandre Lardier, Charles Ogé Barbaroux, Publié par Brissot-Thivars, 1829 ; Nouveau dictionnaire des girouettes, ou, Nos grands hommes, Par Girouette inamovible, Marchands de nouveautés, Collaborateur G. Doyen, Joshua Francis Fisher, Gordon Norton Ray, Marchands de nouveautés, Publié Chez les marchands de nouveautés, 1832 L'Ami de la religion, Publié par Librairie Ecclésiastique d'adrien le clere et cie, 1833 ; Biographie universelle, ancienne et moderne, ou Histoire, par ordre alphabétique, de la vie publique et privée de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes: Ouvrage entièrement neuf, Par Joseph Fr Michaud, Louis Gabriel Michaud, Collaborateur Michaud frères, Publié par chez Michaud frères, 1835 ; Biographie universelle ou Dictionnaire de tous les hommes qui se sont fait remarquer par leurs écrits, leurs actions, leurs talents, leurs vertus ou leurs crimes, depuis le commencement du monde jusqu'à ce jour, Publié par Ode, 1845.
Articles connexes
Liste des évêques de Bayeux ; Liste des évêques et archevêques d'Albi
Liens externes
Notice sur www.catholic-hierarchy.org/bishop.
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