est un genre fossile de dinosaures carnivores de la famille des Dromaeosauridae, dont une seule espèce est connue, . Ce dinosaure long d'approximativement a vécu au Crétacé inférieur, entre environ (du milieu de l'Aptien au début de l'Albien). Ses fossiles ont été découverts dans les États américains du Montana, du Wyoming, de l'Utah et de l'Oklahoma, dans les roches des formations de Cloverly et d'Antlers. Des dents qui pourraient appartenir au genre Deinonychus ont été trouvées beaucoup plus à l'est dans le Maryland.
L'étude de Deinonychus par le paléontologue John Ostrom à la fin des années 1960 a révolutionné la façon de penser des scientifiques sur les dinosaures, conduisant à la et rallumant le débat pour savoir si les dinosaures étaient des animaux à sang chaud ou à sang froid. Avant cette étude, la conception populaire faisait des dinosaures des sortes de reptiles géants peinant à se déplacer. Ostrom a remarqué que Deinonychus avait un corps petit et harmonieux, à la posture horizontale, à la colonne vertébrale ressemblant à celle des ratites et surtout ayant aux pattes arrière de grandes griffes comme les rapaces, ce qui suggère qu'il s'agissait d'un prédateur actif et agile.
Le nom du genre, du grec ancien , deinós, , et , ónyx, , qui signifie littéralement , fait référence à l'inhabituellement longue griffe en forme de faucille trouvée sur le deuxième orteil de chaque patte arrière. Le fossile catalogué YPM 5205 possède cette grande griffe fortement courbée. Les archosauriens actuels ont un étui corné qui s'étend sur toute la longueur de l'os. Ostrom a étudié les griffes de crocodiles et d'oiseaux et reconstruit de là les griffes de YPM 5205 qui devaient mesurer plus de de long. L'épithète spécifique antirrhopus, qui signifie « contrepoids », renvoie à l'idée que se faisait Ostrom du rôle de la queue. Comme chez d'autres droméosauridés, les vertèbres de la queue ont une série de tendons ossifiés et de processus osseux très allongés. Ces caractéristiques semblaient faire jouer à la queue un rôle de contrepoids raide, mais un fossile de Velociraptor mongoliensis (IGM 100/986) très étroitement apparenté au Deinonychus avait une queue courbée latéralement en forme de « S ». Ceci suggère que sa queue pouvait se plier latéralement avec un grand degré de flexibilité.
Dans les formations de Cloverly et d'Antlers, les restes de Deinonychus ont été retrouvés étroitement liés à ceux de l'ornithopode Tenontosaurus. Par ailleurs, des dents de Deinonychus ont été découvertes avec des fossiles de Tenontosaurus, ce qui signifie que ce dernier était, soit chassé, soit charogné par Deinonychus.
Historique
Le genre Deinonychus et l'espèce Deinonychus antirrhopus sont décrits en 1969 par le paléontologue américain John Harold Ostrom (1928-2005).
Fossiles Selon Paleobiology Database en 2026, ce genre Deinonychus a quarante-six collections référencées de fossiles, du Berriasien du Crétacé inférieur au Cénomanien inférieur du Crétacé supérieur, c'est-à-dire datant de .
Découverte et dénomination Des restes fossilisés de Deinonychus ont été retrouvés dans la formation de Cloverly au Montana et au Wyoming. et dans la formation à peu près contemporaine d'Antlers dans l'Oklahoma., en Amérique du Nord. La formation de Cloverly s'étend sur une période allant de l'Aptien supérieur au début de l'Albien, au Crétacé inférieur, il y a environ 115 à ... En outre, des dents trouvées dans la formation d'Arundel (mi-Aptien) et dans la formation de Potomac dans les plaines côtières atlantiques du Maryland peuvent être considérées comme appartenant au genre Deinonychus..
Les premiers restes ont été découverts en 1931 dans le sud du Montana, près de la ville de Bridger. Le responsable de l'équipe, le paléontologue Barnum Brown, avait principalement pour consigne de dégager et de préparer la dépouille d'un dinosaure ornithopode Tenontosaurus mais, dans son rapport sur le site de fouilles fait au Muséum américain d'histoire naturelle, il signale la découverte d'un petit dinosaure carnivore à proximité du squelette du Tenontosaurus, malheureusement pris dans le calcaire et difficile à préparer.. Il appelle l'animal de manière informelle « Daptosaurus » et se prépare à le décrire lorsqu'il aura le squelette à disposition, mais ne termine jamais ce travail.. Brown ramène de la formation de Cloverly le squelette d'un petit théropode aux dents apparemment surdimensionnées qu'il appelle officieusement Megadontosaurus. Le paléontologue John Ostrom examine les pièces rapportées des décennies plus tard, et se rend compte que les dents venaient d'un Deinonychus mais que le reste du squelette venait d'un animal complètement différent. Il appelle ce squelette Microvenator.
Un peu plus de trente ans plus tard, en , John Ostrom mène une expédition pour le de l'université Yale qui découvre de nouveaux morceaux de squelettes. Des expéditions au cours des deux étés suivants ont découvert plus de os, provenant d'au moins trois individus. Comme les possibilités d'association entre les divers os récupérés sont faibles, et qu'il est donc impossible de déterminer avec certitude de quel animal les pièces proviennent, le spécimen type (YPM 5205) de Deinonychus n'est composé que d'un pied gauche complet et d'une partie de pied droit qui ont certainement appartenu au même individu. Les autres échantillons sont catalogués dans cinquante entrées distinctes au .
Plus tard, Ostrom et Grant E. Meyer étudient leur propre matériel ainsi que le Daptosaurus de Brown en détail et découvrent qu'ils appartiennent à la même espèce. Ostrom publie ses conclusions en 1969, donnant aux pièces trouvées le nouveau nom de Deinonychus antirrhopus., « » signifiant « contrepoids » et faisant probablement référence à la queue raide de l'animal..
Bien qu'une myriade d'os soit disponible en 1969, de nombreux os parmi les plus importants sont manquants ou difficiles à interpréter. Il y a peu d'éléments du crâne post orbitaire, pas de fémur, pas de sacrum, pas de furcula ou de sternum, il manque des vertèbres et Ostrom croit ne disposer que d'un petit fragment d'une coracoïde. La reconstruction du squelette de Deinonychus par Ostrom inclut un os du pubis très rare, de forme trapézoïdale et plat, contrairement à celui des autres théropodes, mais qui a la même longueur que l'ischion trouvé juste à côté.
Nouvelles découvertes En 1974, Ostrom publie une monographie sur l'épaule de Deinonychus où il explique s'être rendu compte que ce qu'il avait décrit comme le pubis était en fait un coracoïde . La même année, un autre spécimen de Deinonychus est dégagé dans le Montana par une expédition de l'université Harvard dirigée par Farish Jenkins. Cette découverte apporte plusieurs éléments nouveaux : des fémurs bien préservés, des pubis, un sacrum et des ilions en meilleur état ainsi que des éléments des pieds et du métatarse. Ostrom décrit le spécimen et révise sa conception du squelette de Deinonychus. Cette fois, il montre un pubis très long, et Ostrom commence à soupçonner qu'il pouvait même avoir été un peu rétroversé comme celui des oiseaux..
Un squelette de Deinonychus avec des os véritables constituant le plus complet des spécimens peut être vu au Muséum américain d'histoire naturelle., et un autre spécimen est exposé au de l'université Harvard. Les spécimens de l' et de l'université Harvard n'ont pas la même origine que les spécimens de Yale. Cependant il manque à ces deux reconstitutions des éléments comme les sternums, des côtes thoraciques, des furcula et des gastralia. Toutefois, après les divers travaux d'Ostrom, plusieurs petits blocs de matériau engainés de calcaire sont restés stockés à l’. Il s'agissait principalement d'os isolés et de fragments d'os pris dans la matrice rocheuse ainsi que des fragments rocheux avoisinants. L'examen de ces blocs préparés par Gerald Grellet-Tinner et Peter Makovicky en 2000 a révélé des détails intéressants qui avaient été négligés. Plusieurs os longs et minces identifiés sur les blocs comme des tendons ossifiés (structures qui contribuaient à raidir la queue de Deinonychus) se sont révélés être des gastralia (côtes abdominales). Plus important encore, un grand nombre de coquilles d'œufs fossilisés qui étaient auparavant imperceptibles ont été découvertes dans la matrice rocheuse qui entourait l'échantillon original de Deinonychus..
Dans un rapport plus détaillé paru par la suite sur les coquilles d'œufs, Grellet-Tinner et Makovicky ont conclu que les œufs étaient sûrement ceux de Deinonychus, en faisant les premiers œufs de Dromaeosauridés à être identifiés. En outre, la surface externe d'un œuf a été trouvée en étroit contact avec des gastralia, suggérant que Deinonychus pourrait avoir couvé ses œufs. Cela implique qu'il utilisait le transfert de chaleur de son corps comme mécanisme d'incubation, un système analogue à celui des oiseaux actuels.. Une étude plus approfondie menée par Gregory Erickson et son équipe constate que cet individu avait 13 ou au moment de son décès et que sa croissance était terminée. Contrairement à ce qui a été observé chez d'autres théropodes, dans des études de spécimens trouvés avec des œufs ou des nids, celui-ci avait fini de grandir au moment de sa mort, et était donc mature et potentiellement l'animal qui avait pondu ces œufs.
Conséquences thumb|upright|La similitude des membres antérieurs de Deinonychus (à gauche) avec ceux de l'Archaeopteryx (à droite) a conduit John Ostrom à relancer le lien entre les dinosaures et les oiseaux.
La description de Deinonychus faite en 1969 par Ostrom est souvent considérée comme la découverte la plus importante de la paléontologie des dinosaures du milieu du .. La découverte de ce prédateur manifestement actif et agile a contribué à changer la conception que les scientifiques (et le grand public) se faisaient des dinosaures et a ouvert la porte à l'hypothèse selon laquelle les dinosaures auraient pu être des animaux à sang chaud. Cette évolution des mentalités est appelée la renaissance des dinosaures. Plusieurs années plus tard, Ostrom a noté des similitudes entre les pattes antérieures de Deinonychus et celles des oiseaux, une observation qui l'a amené à relancer l'hypothèse suivant laquelle les oiseaux descendent des dinosaures.. Quarante ans plus tard, cette idée est presque universellement acceptée..
En raison de son anatomie très ressemblante à celle des oiseaux et de ses relations étroites avec d'autres dromæosauridés, les paléontologues ont émis l'hypothèse que Deinonychus était probablement couvert de plumes.... Alors que l'on a des preuves que plusieurs dromæosauridés comme Velociraptor et Microraptor avaient des plumes analogues à celles des oiseaux actuels, il n'existe à ce jour aucune preuve directe pour affirmer que Deinonychus en possédait lui-même. Quand les paléontologues comme Phil Senter ont étudié l'amplitude des mouvements au niveau des membres antérieurs, ils ont pris en compte la présence probable de plumes au niveau des membres.
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