Le Groupement d'intervention spécial (GIS), plus connu sous le surnom des « Ninjas », était une unité d'intervention des forces spéciales algériennes appartenant au Département du renseignement et de la sécurité (DRS).. Il était spécialisé dans la lutte antiterroriste (en particulier dans les actions de contre-guérilla ainsi que la chasse aux terroristes dans les zones hostiles et complexes), la libération d'otages, la protection rapprochée et à tout autres types de missions à caractère spécial. Possédant son propre budget et recevant une formation locale ainsi qu'à l'étranger, le groupe employait des tactiques et des moyens d’actions particuliers, mis en œuvre par un personnel entrainé et hautement qualifié.
Unité caractérisée par sa grande discrétion, elle constituait la force de frappe des services de renseignements algériens. Il n'en demeure pas moins qu'elle était considérée comme l'élite des forces spéciales algériennes et l'une des meilleures d'Afrique et du bassin méditerranéenhttp://www.lesoirdalgerie.com/articles/2013/01/20/article.php?sid=144185&cid=2.
En 2013, le groupement s'était fait remarquer pour avoir participé à la libération de plusieurs personnes pendant la prise d'otages d'In Amenas.
Historique Période de création (1987-1991) Créé en 1987, sur ordre du général Lakehal Ayat, alors Délégué général à la documentation et à la sécurité (ancêtre du DRS moins la sécurité de l'armée). Le groupement affichait à son actif initialement 300 membres recrutés auprès des différents corps de sécurité. La plupart d'entre eux furent sélectionnés parmi les commandos parachutistes qui constituaient à l'époque l'élite des troupes de choc de l'armée algérienne..
À ses débuts, le GIS était déjà préparé à contrer d'éventuelles actions terroristes mais n'avait pour mission que la protection et la sécurité présidentielle ainsi que la protection rapprochée de certaines personnes haut placées.
Période de la décennie du terrorisme (1991-2002)
Après l'annulation des élections législatives de 1991 remportées par les islamistes du Front islamique du salut (FIS), la situation sécuritaire se dégrada graduellement et l'Algérie fut face aux premières insurrections et attentats terroristes. Des milliers d'islamistes prirent les armes pour les maquis prenant ainsi les militaires et les policiers pour cible, les victimes civiles ne tardèrent pas à suivre peu de temps aprèsLuis Martinez, La guerre civile en Algérie :1990-1998, Paris 1998, .
Les éléments de l'ANP étant formés avant tout pour les guerres conventionnelles furent dépassés et impuissants devant ce nouveau type de conflit. Les embuscades et les prises d'otages se multiplièrent causant de lourdes pertes du côté des soldats inexpérimentés.
Face à cette situation totalement nouvelle, il était plus qu'évident qu'il fallait créer des unités aptes à conduire des opérations spéciales antiguérillas et antiterroristes. La police algérienne et la gendarmerie nationale créèrent leurs propres unités d'intervention et l'armée établit une vaste campagne de formation et de perfectionnement des régiments de commandos parachutistes.
Le GIS étant l'unité la mieux formée de toutes bien avant le commencement des événements, eut son premier baptême du feu dès le début de l'insurrection, elle réalisa de bons résultats sur le terrain et prouva son efficacité contre les groupes armés de l'AIS, du GIA et du GSPC.
Le , le président Mohamed Boudiaf fut assassiné par Lambarek Boumaarafi qui était membre de la garde présidentielle.. À la suite de cet événement, le GIS cessa toutes ses activités de protection rapprochée du président, il se concentra totalement à la lutte antiterroriste.
Néanmoins, le GIS souffrait d'un manque de matériel adéquat pour mener ce type d'opération. Un embargo militaire contre l'Algérie fut imposé au début des années 1990 par les pays occidentaux, scandant que la situation ressemblait beaucoup plus à une guerre civile qu'à du terrorisme. Toutefois, après les attentats du 11 septembre 2001, le monde prit conscience de l’ampleur de la situation et les fournisseurs occidentaux ont été autorisés à vendre des équipements à l'Algérie au nom de la guerre contre le terrorisme international..
2002-2016
Organisation L'organisation du GIS reste à ce jour classifiée, l'organigramme exact de sa composition et de son fonctionnement sont quasiment inconnus du grand public. Selon les rares informations disponibles à ce sujet, il se subdivise en plusieurs unités, chacune ayant sa propre fonction. Selon la nature de la mission, elles peuvent travailler communément dans une opération aussi bien séparément.
Néanmoins, il est possible de classer ces unités de la sorte : Unités d'interventions : groupes d'assauts, groupes d'appui, tireurs de précision. Unités d'appui opérationnel : reconnaissance, observation, écoute, brouillage. Unités de nageurs de combat : assauts amphibies, sabotage, reconnaissance, sauvetage. Unités de protection rapprochée et d'escorte : protection, sécurisation, escorte. Unités d'artificiers et de démineurs : déminage, effraction, assistance technique. Unités cynophiles : groupes d'appui, assistance cynotechnique, recrutement et éducation des chiens.
Missions Les missions principales du GIS sont : Lutte anti-terroriste et libération d’otages ; Lutte anti-guérilla ; Neutralisation de forcenés ou de malfaiteurs dangereux ; Protection rapprochée et l’escorte de hautes personnalités ; Opérations spéciales clandestines.
Recrutement Très peu d'informations à ce sujet, classé secret défense par le Département du renseignement et de la sécurité.
Formation Le Groupement d'intervention spéciale (GIS) a une formation très poussée composée de plusieurs cycles dans différents domaines (assaut, sniping, aéronef, squadbomb) à l'École d'application des troupes spéciales (EATS) en Algérie, sans oublier les formations aux côtés des Spetsnaz Russes. Les hommes du GIS sont initiés au Ju-Jitsu art de combat japonais et au Kuk Sool Won art de combat coréen, mais dans un aspect purement militaire. Avec sa panoplie de formation et son expérience sur le terrain et reconnue par les différents groupes tactiques dans le domaine de la lutte antiterroristes au point où le GIS a été recommandé par l'USSOCOM pour former plusieurs groupes africains.
Matériel et équipement Armement Le groupement a accès à tout un arsenal d'armes qui sont choisies selon les besoins et la nature de la mission. Chaque opérateur est équipé d'une arme principale (généralement un fusil d'assaut ou un pistolet mitrailleur), d'une arme de poing et s'ajoutent à cela les différents types de grenades (fragmentation, fumigène, aveuglante, etc.).
Les fusils d'assauts ainsi que les pistolets mitrailleurs sont favorisés lors d'un assaut, ce type d'armes confient une précision et une certaine puissance de feu pendant le combat.
Les équipes tactiques d'appuis ont recours aux armes munies de systèmes de visées optiques moyennes distance. Lorsque la situation l'impose, les membres du GIS arrivent à utiliser des mitrailleuses légères chargées de munitions perforantes qui ont un impact redoutable à faire taire les feux ennemis et qui peuvent carrément percer les murs de briques. On retrouve ce mode opératoire fréquemment lors de missions qui ont pour objectif d'éliminer les insurgés et où la négociation est impossible, cela se passe généralement en milieux forestiers ou dans une zone dépourvue de civils pour éviter ainsi les dommages collatéraux.
Les tireurs de précision et les snipers ne manquent pas dans le groupement, une multitude de choix leur est proposé, allant du petit et moyen calibre jusqu'aux gros calibres employés pour le tir antimatériel qui permet de détruire des équipements légers.
Arme de poing Makarov PM en PM, présent depuis l'indépendance au sein de l'ANP et fabriqué localement à l'Établissement de construction mécanique de Khenchela (ECMK), ce pistolet semi-automatique reste très prisé en raison de ses dimensions ( de longueur totale et de masse à vide) qui en font une arme compacte et discrète. Possédant un canon court, il est surtout employé pour l’autodéfense plutôt que pour l'offensive pendant une opération. Beretta 92 en Parabellum, est en dotation aussi chez la DGSN, cette arme est nettement plus précise que le Markov. Utilisé aussi bien en milieu naturel ou pendant le combat en milieu clos (la libération d'otage dans une habitation par exemple), ce semi-automatique apporte une certaine précision et légèreté à la fois. Browning GP en Parabellum. Beretta 93R en Parabellum. Glock 17 en 9 × 19 mm Parabellum, ce semi-automatique est l'un des pistolets les plus réputés au monde. Fabriqué en polymère, il donne la capacité d’être utilisé à des températures extrêmes, amoindrit le recul de par la souplesse du son matériau, possède une grande légèreté et une oxydation totalement nulle. Sa capacité de 17 coups +1 lui donne l'avantage tactique certain devant les deux premiers pistolets cités plus haut. Le GIS l'emploie carrément comme arme d'assaut dans les milieux clos en raison de sa précision, ce qui est crucial pendant une opération délicate telle une prise d'otage. Caracal en , ce pistolet est fabriqué en Algérie à l'ECMK, depuis le ministère de la Défense nationale a conclu un accord en avec l’émirati Caracal, filiale du fonds d’investissement du même pays, Tawazun. Ce même accord aboutit à la création d'une société mixte qui porte le nom de Caracal Algérie et qui a pour objet de moderniser les infrastructures industrielles et technologiques au niveau de l'établissement de fabrication.. Les premiers modèles sortis de l'usine furent distribués aux éléments du GIS pour des essais de tir. Après des résultats concluants, le Caracal fut adopté par le groupement qui en fit l'une des principales armes de poing. Ce pistolet fait appel aux dernières innovations dans le domaine de l'armement. Il se compose de 28 pièces ce qui permet de le démonter en quelques secondes. La carcasse est en polymère intégrant un berceau en acier pour allier légèreté et robustesse. Afin de diminuer au maximum le relèvement de l'arme au tir, le canon est surbaissé dans la carcasse. Pour en assurer la meilleure précision, ce dernier est fabriqué par martelage à froid ce qui est très rare pour une arme de poing..
Pistolet mitrailleur Beretta M12 en Parabellum, HK MP5A5 en Parabellum, il est caractérisé par une crosse rétractable, un sélecteur navy, une poignée universelle et un cache-flamme étoile. Réputée pour sa qualité, sa grande fiabilité, sa bonne précision au tir (qui s'effectue la culasse fermée) et sa bonne flexibilité le MP5 est l'une des armes les plus répandues au sein des services de polices et d'unités spéciales au monde. Le GIS fut la première unité en Algérie à avoir intégré cette arme en dotation. Bien avant le début du terrorisme, ce pistolet mitrailleur était très apprécié pour assurer la protection rapprochée du fait de sa légèreté ( chargé) et de sa maniabilité. Utilisée que très rarement en milieux sauvage, cette arme fut utilisée en revanche dans la plupart des opérations qui ont été menées, notamment pour l'interception et l'élimination de terroristes dans les zones à grande fréquentation et dans le "Close Quarter Combat". HK MP7 MP5SD3 MP5K MP5A3
Fusil d'assaut AKM AKMS Steyr AUG HK G36 ARX-160 M16A4
Fusil mitrailleur PKM RPK 74
Fusil de précision SVD M40A3 Barrett M82
Fusil à pompe de combat Beretta RS 202 SPAS 12
Autres armes RPG-7
Équipement individuel Standard Tenue : combinaison de combat GIS noire, tenue de combat de l'ANP avec motif Camouflage DPM, tenue de combat des troupes spéciales avec motif camouflage Lizard et Woodland, Tenue de combat désert, combinaison de combat montagnard blanche Chaussures : chaussures d'interventions rangers de type Magnum Elite Spider et récemment des Magnum Response II 8