La Mercedes-Benz est une série de véhicules haut de gamme du constructeur automobile allemand Mercedes-Benz. Elle fut produite de à et a reçu deux restylages, en 1994 et 1997. Le constructeur a principalement fabriqué ce modèle en trois carrosseries différentes : en berline tricorps à quatre portes standard () et longue (), ainsi qu'en coupé deux portes (). Une version limousine () a également été proposée à partir de .
En 1993, Mercedes-Benz a lancé les Classes et tous les modèles en production durant cette période changèrent de dénomination. La berline en fit partie et passa donc de la Sonderklasse (« classe spéciale » en français), lancée dans les années 1970 avec la Type 116, en Classe S. Quant au coupé, il fut passé sous la dénomination de Classe CL en 1996.
En , après huit années de production, la 140 fut arrêtée avec plus de fabriqués.. La berline a été remplacée par la Classe S et la version coupé par la Classe CL . Quelques exemplaires sont vendus jusqu'à début 1999 afin d'écouler les derniers stocks. Les modèles blindés et ont été disponibles jusqu'en 2000....
Ce modèle est également connu pour l'accident mortel de la princesse Diana Spencer à Paris en et en tant que voiture présidentielle de plusieurs chefs d'État et du pape Jean-Paul II.
Historique Conception et développement vignette|gauche|alt=Portrait de Bruno Sacco en 2007, le concepteur en chef du projet de la voiture.|Bruno Sacco en 2007. Le développement de la a commencé en 1981 et la production devait initialement débuter en . Au début du développement, le budget prévu était d'environ trois milliards de Deutsche Marks... Le concepteur en chef était Bruno Sacco. Entre 1982 et 1986, plusieurs projets de conception ont été élaborés et le , l'un d'eux a été sélectionné par le designer français Olivier Boulay. En 1987, plusieurs prototypes ont ensuite été testés (vingt unités en premier lieu ; 52 au total.) et la conception finale de la production a été fixé et validé en fin d'année 1987 ; des brevets allemands ont été déposés le . En 1989, la marque japonaise Lexus présente sa berline de luxe, la LS 400. En réponse à leur qualité et à leur équipement, Daimler-Benz a été contraint d'apporter des améliorations peu avant le début de la production en série en 1991 afin de consolider la position de marché de la 140.... Selon le magazine américain Motor Trend, ceci a causé des dépassements de coût de développement du projet (plus d'un milliard de Dollars) et a eu comme conséquence le licenciement de Wolfgang Peter, l'ingénieur en chef de Daimler-Benz.
vignette|gauche|alt=Photographie d'une W140 sur un banc d'essai Schenck.|Banc d'essai Schenck.
Pour la première fois, un test qui contrôle à la fois les suspensions et la rigidité de la coque a été utilisé, ce banc d'essai fabriqué en collaboration avec l'entreprise française Schenck, quelques heures peuvent représenter ce que subira une vraie voiture sur plusieurs centaines de milliers de kilomètres ( = environ ). Ce test a permis aux ingénieurs Mercedes-Benz d'avoir des données cruciales pour déterminer la durabilité de divers systèmes et leur permettent de créer une voiture d'une endurance inégalée.
Viendra ensuite les essais routiers dans lequel Mercedes-Benz aura utilisé soixante-dix voitures d'essai et auront parcouru un total de cinq millions de kilomètres. Que ce soit le grand froid nordique ou l'extrême chaleur du désert du Nevada, la Type 140 a eu droit à tous les tests grandeur nature. Quelques paparazzis ont pu la photographier dans son camouflage qui était à l'époque assez léger.
La a présenté des innovations qui marquent un saut technologique chez Mercedes-Benz, notamment avec la mise en réseau des calculateurs via le bus de données CAN (Controller Area Network ; Réseau de zone de contrôleur en français), les fenêtres double-vitrage électriques et anti-pincement, la fermeture assistée pour les portières et le coffre, les témoins arrière de stationnement qui sortent des ailes arrière (qui seront ensuite remplacés par le stationnement aidé par sonar « Parktronic »), une commande vocale pour le téléphone de la voiture, et le système de chauffage à récupération d'air chaud fonctionnant après que le moteur a été arrêté.. Pour tous ces équipements, la 140 est souvent considérée comme la dernière Mercedes-Benz « suréquipée », une caractéristique qui provoque retards et surcoûts. Mais même avec des dimensions extérieures nettement plus grandes, la prétention au leadership de Mercedes-Benz dans la classe de luxe doit être claire. L'ajout du gros moteur V12 à la gamme de moteurs était une réaction au concurrent BMW, qui avait lancé la E32 750i avec un moteur douze cylindres en 1987. Après l'été 1990 est lancée la production des véhicules de pré-série (, , et ).
Présentation et lancement vignette|Une Mercedes-Benz () de 1992 ().|alt=Photographie d'une berline Mercedes-Benz de 1992.
La a été présentée à la presse en avant-première à l'Hôtel Noga Hilton à Genève le , puis au Salon de l'Automobile de Genève quelques jours après par le président du conseil d'administration de Mercedes-Benz Werner Niefer. Les premiers exemplaires sont sortis de la chaîne de production le . Comme sa prédécesseur, la berline était disponible en deux longueurs avec l'empattement court (SE) et l'empattement long (SEL) et sont disponibles dès le début de la commercialisation. Elle était initialement prévue avec une carrosserie unique.
Les neuf premier mois suivant le lancement sur le marché, la berline a été livrée à près de . À titre de comparaison, BMW n'a pu vendre que de la tout au long de l'année 1991. Cette même année, un nouveau moteur V12 de de cylindrée développant , le , est monté pour la première fois sur la , la (ce qui en faisait, chacune, les berlines les plus puissantes au monde). Un insigne « V12 » est apposé sur le montant arrière. C'est ce même moteur qu'a utilisé le constructeur italien Pagani pour son modèle Zonda.
Le coupé (SEC), quant à lui, a été présenté pour la première fois en au Salon international de l'automobile d'Amérique du Nord situé dans la ville de Détroit. La présentation en Europe a suivi deux mois plus tard au Salon de l'automobile de Genève. Leurs moteurs, et la plupart de la technologie, sont similaires à ceux de la berline . Les et font leurs débuts au salon de Paris en octobre. Mercedes-Benz présente également un véhicule d'essai à carburant flexible pour le fonctionnement au méthanol basé sur la .
Réglementation pour les gros moteurs
Initialement pour le coupé, deux variantes étaient proposées à partir d' : la avec un moteur V8 développant et la avec le moteur V12 . Ce dernier a cependant été modifié afin que sa puissance ne dépasse pas les ; celui-ci développe donc . En Europe, dès 1992, une législation européenne est mise en place visant à réduire les émissions des véhicules à moteurs à explosion.
Début 1993, la puissance des berlines V8 baissent également et passent à pour se conformer aux règlements plus restrictifs des contrôles des émissions aux États-Unis et en Europe.
Restylages et nouvelles dénominations
Comme tous les modèles de Mercedes-Benz, la a été rationalisée vers la fin de l'année 1993 utilisant la nouvelle nomenclature. Les noms de « SE », « SEL » et « SEC » ont été retirés au profit de désignations alphanumériques inversées. Par exemple, la est devenu la , la est devenu la et la est devenu la . Cette nouvelle dénomination permet également à la marque de revisiter le lifting des différents modèles ; ainsi, la est proposée en . Elle a été présentée au Salon de l'Automobile de Genève en .
Au niveau de l'esthétique, l'échancrure des parties inférieures du pare-chocs et des surfaces de protection latérales était plus prononcée, et les deux étaient divisées horizontalement par un bourrelet circonférentiel. La calandre et les phares ont changé, ils sont apparus plus larges. Les modèles à six et huit cylindres ont reçu une calandre redessinée avec un pli vertical au milieu. Dans le même temps, une version séparée avec des ailettes transversales chromées et un cadre chromé considérablement élargi a été utilisée pour les moteurs V12. La partie arrière a également été revue : l'arrière est apparu plus large et plus bas dans l'ensemble. Quelques mois après la présentation du modèle facelift , les rétroviseurs extérieurs étaient également légèrement arrondis et pourvus d'un bourrelet horizontal. Les caches clignotants avant passes de l'orange à blanc et les phares sont équipés d'ampoules H7 et H1 séparées (les véhicules pré-1995 utilisaient une ampoule H4 et H3).
vignette|gauche|Une Coupé .|alt=Photographie d'un coupé Mercedes-Benz .
Au salon de Genève en , deux ans après sa première européenne, la famille des coupés se renforce avec la . Comme son homologue à quatre portes de la gamme des berlines, le coupé est équipé d'un moteur V8 de à quatre soupapes et développe la même puissance que la , soit .
Trois innovations techniques fondamentales étaient disponibles pour la première fois dans la en . La première était une boîte de vitesses automatique à cinq rapports entièrement nouvelle avec un embrayage de verrouillage du convertisseur de couple à glissement contrôlé et une commande électronique a été introduite, ce qui a réduit la consommation de carburant. Cette nouvelle boîte de vitesses automatique est nettement plus légère et plus compacte que les autres boîtes comparables à cinq rapports de l'époque et était également moins chère à fabriquer car le nombre de pièces individuelles pouvait être réduit de près de . La deuxième innovation, introduite en même temps et était également la première Mercedes-Benz à en être équipée, a été le programme de stabilité électronique (l'ESP), qui assiste le conducteur dans les situations critiques en neutralisant le moment de lacet (rotation autour de l'axe vertical) sous contrôle informatique par le freinage ciblé d'une ou plusieurs roues, contribuant ainsi à la sécurité de conduite. La troisième innovation, était l'introduction du système de navigation GPS Auto Pilot System APS, comprenant un CD-ROM, des cartes et un écran couleur.
Après le restyling du milieu de l'année en 1994, Mercedes-Benz a fait de l'ESP une option mais les berline et les coupés ont été équipées de l'ASR (antipatinage) de série.
En 1995, les témoins arrière de stationnement qui sortent des ailes arrière ont été remplacés par le système « Parktronic » : un sonar qui mesure la distance du pare-chocs aux obstacles.
En , la subit une troisième et dernière révision. Certaines pièces de carrosseries qui étaient auparavant conservées dans une couleur contrastante sont désormais disponibles dans la couleur de la carrosserie. De plus, les clignotants intégrés aux feux arrière ont reçu un cache blanc. D'autres changements principaux, au niveau sécurité étaient la transmission automatique à cinq rapports avec embrayage de verrouillage du convertisseur de couple et commande électronique était désormais de série sur tous les modèles (à l'exception de la ), le système de contrôle de traction (ASR) était désormais de série, des airbags conducteur et passager avant ainsi que latéraux sont désormais de série sur tous les modèles et une détection d'occupation du siège pour le déclenchement de l'airbag passager avant. D'autres changements étaient, entre autres, un capteur de pluie qui régule l'intervalle d'essuyage en fonction de la quantité de pluie, des phares au xénon (uniquement pour les feux de croisement) avec système de nettoyage des phares et contrôle dynamique de la portée des phares (en option) ou encore des filets à bagages dans le coffre et le plancher du passager. Il y a eu d'autres changements dans la production en série qui n'ont pas été introduits à ces dates de lifting, comme l'antidémarrage disponible en standard sur tous les modèles en .