Les élections législatives indiennes se sont déroulées en cinq phases entre le 16 avril et le afin d'élire la législature de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement indien. Avec un corps électoral composé de 714 millions de personnes (plus que l'Union européenne et les États-Unis réunis), il s'agissait des plus grandes élections démocratiques jamais organisées dans le monde.

Conformément à la Constitution indienne, les élections à la Lok Sabha doivent avoir lieu au moins tous les cinq ans, à moins d'une dissolution. Les dernières élections s'étant tenues en 2004, la Lok Sabha voyait son mandat expirer le . Les élections sont organisées par la Commission électorale indienne en plusieurs phases afin de mieux gérer l'immense corps électoral et les problèmes de sécurité. Le budget de ces élections, présenté en février 2009, s'élève à crores de roupies.

Les résultats définitifs de ces élections ont été annoncés le . Le gouvernement de l'Alliance progressiste unie (UPA), dirigé par le Parti du Congrès, a été reconduit et Manmohan Singh est devenu le premier Premier ministre à être réélu après avoir achevé un mandat complet de cinq ans depuis Jawaharlal Nehru en 1962. L'UPA a réuni le soutien de 322 députés sur les 543 membres de la Chambre. Bien que ce soit moins que les 335 membres qui avaient appuyé le gouvernement lors de la dernière législature, l'UPA seule a obtenu une majorité relative de plus de 260 sièges contre 218 sièges dans la Lok Sabha. Le gouvernement semble donc être plus stable que le précédent. En dehors de l'UPA, le Bahujan Samaj Party, le Samajwadi Party, le Janata Dal (Secular), le Rashtriya Janata Dal et d'autres petits partis ont soutenu le gouvernement.

Des élections pour l'Assemblée législative locale ont également eu lieu dans trois États indiens: l'Andhra Pradesh, l'Orissa et le Sikkim.

Procédure et régime électoral

Système électoral

Les élections se tiennent au scrutin uninominal majoritaire à un tour : les députés sont élus par circonscriptions, à raison d'un député par circonscription. Dans chacune d'entre elles, le candidat ayant rassemblé le plus grand nombre de voix, quel que soit son score, est déclaré élu.

Le scrutin s'est déroulé en cinq phases distinctes : Le dans 124 circonscriptions ; Les 22 et dans 141 circonscriptions ; Le dans 107 circonscriptions ; Le dans 85 circonscriptions ; Le dans 86 circonscriptions.

En annonçant la tenue des élections le , la Commission électorale indienne a également annoncé que 499 circonscriptions sur un total de 543 avaient été redécoupées sur la base des résultats des travaux de la Commission de délimitation réunie par la Loi sur la délimitation de 2002. Les territoires de la Capitale nationale de Delhi et de Pondichéry et tous les États étaient concernés, à l'exception de l'Arunachal Pradesh, l'Assam, le Jammu & Kashmir, le Jharkhand, Manipur et le Nagaland General Elections - 2009, 02/03/2009, sur le site de la commission électorale indienne.

Machines à voter

L'élection s'est effectuée à l'aide des machines de vote électronique, comme cela a été fait avec le scrutin de 2004. Il y a en tout machines à voter disponibles dans le pays.

Les machines de vote sont principalement constituées de deux unités : l'unité de contrôle et l'unité de vote, connectée à l'unité de contrôle par un câble de raccordement. Une unité de vote peut permettre de voter pour 16 candidats différents. Quatre unités de vote peuvent être reliées les unes aux autres et à une même unité de contrôle pour atteindre 64 candidats potentiels. L'unité de contrôle est placée sous l'autorité d'un président de bureau de vote et les unités de vote sont utilisées directement par les électeurs pour accomplir leur devoir civique.

Sur chaque machine, les candidats apparaissent avec leur symbole électoral, comme sur un bulletin de vote classique. L'électeur appuie sur un bouton bleu pour voter pour le candidat de son choix.

Bureaux de vote

Il y a eu bureaux de vote répartis dans tout le pays, soit 20 % de plus qu'en 2004. Cette forte augmentation avait pour objectifs une moins grande vulnérabilité des électeurs aux menaces et à l'intimidation et la réduction de la distance à parcourir par les électeurs entre leur domicile et le bureau de vote afin de lutter contre l'abstentionnisme.

Listes électorales

Les listes électorales ont dû être complètement revues du fait de l'entrée en vigueur du nouveau découpage électoral. Le processus de mise à jour des listes électorales s'est poursuivi jusqu'à la date butoir de dépôt des candidatures. 714 millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales en 2009, soit 43 millions de plus qu'en 2004 (+ 6,4 %).

Ces élections ont aussi vu le recours aux photos sur les listes électorales généralisé à la totalité du pays à l'exception de l'Assam, du Nagaland et du Jammu-et-Cachemire. Cette mesure devait avoir pour effet de faciliter l'identification des électeurs et de prévenir l'usurpation d'identité.

Principales formations politiques en lice

L'Inde compte un très grand nombre de partis politiques, qui se regroupent pour les élections législatives au sein de vastes coalitions.

Alliance progressiste unie

thumb|right|150px|Sonia Gandhi, présidente du Congrès et leader de l'UPA L'UPA (United Progressive Alliance), coalition à dominante sociale-démocrate formée autour du Congrès de Sonia Gandhi, dont est membre le Premier ministre sortant Manmohan Singh. Le manifeste du Congrès pour les élections de 2009 a été présenté par Sonia Gandhi le . Le slogan du parti pour cette élection était « Aam admi ke badhte kadam, har kadam par Bharat buland » : « L'homme commun va de l'avant et à chacun de ses pas l'Inde prospère ». Le manifeste mettait en évidence toutes les réalisations du gouvernement soutenu par l'UPA au cours de son premier mandat, et en particulier les améliorations engendrées par les différentes politiques publiques mises en œuvre en faveur des populations rurales et des couches les moins favorisées de la société indienne CNN-IBN, Congress manifesto for General Elections '09.

Après plusieurs spéculation sur son état de santé, Sonia Gandhi a fait taire les rumeurs en confirmant, le , que Manmohan Singh serait bien le candidat de l'Alliance progressiste unie pour les élections de 2009 CNN-IBN, Sonia does it again, picks Manmohan for PM job. Perçu comme un bureaucrate austère, Manmohan Singh, économiste de formation, n'est généralement pas considéré comme un politicien charismatique. Certains l'accusaient en outre de n'être qu'une marionnette à la botte de Sonia GandhiAujourd'hui l'Inde, Élections indiennes : Manmohan Singh le bureaucrate contre Advani le vétéran, 12/04/2009.

Le Congrès avait racheté les droits de la bande originale du film Slumdog Millionaire de Danny Boyle (oscar du meilleur film 2008) pour l'utiliser comme thème musical de sa campagne officielle. Le titre de la chanson, Jai Ho (« Soyons victorieux ») et sa popularité ont été utilisés par le Congrès pour galvaniser les masses au cours de la campagne Financial Times, India’s Congress buys rights to Slumdog tune, 05/03/2009.

Alliance démocratique nationale

Principal parti d'opposition, le BJP (Bharatiya Janata Party, parti du peuple indien) et ses partenaires regroupés au sein de la NDA (National Democratic Alliance, libéraux-conservateurs nationalistes), ont annoncé le que leur candidat au poste de Premier ministre serait le chef du BJP Lal Krishna Advani, leader de l'opposition. Le , les dirigeants du BJP et d'autres éléments de l'alliance ont été convoqués pour élire officiellement leur candidat The Hindu, NDA endorses Advani as its prime ministerial candidate, 23/01/2008. Militant au RSS, organisation hindouiste d'extrême droite, puis figure de l'aile droite du BJP, dont il devient président en 1986, M. Advani a été ministre de l'intérieur du gouvernement BJP en poste de 1998 à 2004. Après son investiture, il s'est employé à se défaire de son image radicale afin d'opter un profil plus conciliant, plus crédible aux yeux de l'opinion. Apprécié des milieux nationalistes, M. Advani est aussi connu pour avoir souvent contribué à exacerber les tensions entre musulmans et hindouistes, réputation dont il a cherché à se défaire pendant la campagne.

Pour contrer les slogans du Congrès, le BJP a utilisé l'expression « Kushal neta, nirnayak sarkaar » qui se traduit par « Un leader capable, un gouvernement qui prend des décisions ». Le BJP espérait ainsi profiter du fait qu'il disposait d'un leader clairement identifié, alors que le Congrès apparaissait, du point de vue de ses détracteurs, comme dirigé par deux personnes à la fois (à savoir Sonia Gandhi et Manmohan Singh). Le BJP a voulu focaliser sa campagne sur l'image de leader d'Advani CNN-IBN, BJP coins new slogan to counter Congress' Jai Ho, 07/03/2009.

Le , le BJP a publié son manifeste électoral à New Delhi. Son programme reposait sur trois piliers : la bonne gouvernance, le développement et la sécurité. Le manifeste mettait en lumière les différentes politiques prônées par la majorité et l'opposition, mettant l'accent sur la menace terroriste et sur une plus grande fermeté en matière de sécurité intérieure BJP Manifesto, Lok Sabha Election 2009, sur le site officiel du BJP.

Troisième Front Plusieurs partis issus du Front de gauche (Left Front, coalition essentiellement constituée de partis communistes) ou de l'Alliance progressiste nationale unie (régionalistes de gauche) se sont regroupés pour former un Troisième Front contre les alliances du BJP et du Congrès. Allant de la gauche à l'extrême gauche, sa principale composante est le Parti communiste d'Inde (marxiste) (PCI(M)). Le PCI(M) avait créé un site internet pour mieux relayer sa campagne d'information afin d'attirer de nouveaux sympathisants parmi les internautes susceptibles de voter pour ses candidats Livemint, Reds go online for votes, cash in on run-up to ‘young’ polls, 18/03/2009 cpim.org, Vote for CPI(M) campaign site, 18/03/2009.

Le BSP, parti des Dalits (Intouchables), indiens des classes populaires exclues du système de castes régissant la société indienne, a également rejoint le Troisième Front CNN-IBN, BSP says would emerge third largest party after polls, 03/03/2009.

Autres Après avoir fait part de son intention de rallier l'UPA CNN-IBN, Lalu, Mulayam, Paswan sign deal, ask Cong not to worry, 03/04/2009, le Samajwadi Party a décidé de faire liste commune avec le Rashtriya Janata Dal, constituant ainsi un « Quatrième Front ». La base électorale de ces deux partis est principalement formée de Yadav, membres de la classe intermédiaire.

Résultats thumb|right|350px|Résultats en voix par coalition. thumb|right|350px|Composition politique de la nouvelle législature thumb|right|350px|Carte des résultats par circonscription.