McGill est une station de la ligne verte du métro de Montréal et du Réseau express métropolitain (REM), située dans l'arrondissement de Ville-Marie, au cœur du centre-ville de Montréal. Établie sous le boulevard De Maisonneuve pour le métro et sous l'avenue McGill College pour le REM, elle dessert la ligne verte du métro ainsi que l'ensemble des antennes du REM en service. Elle tire son nom de l'Université McGill et de l'avenue McGill College, qui rappellent elles-mêmes le souvenir du marchand de fourrure James McGill.

La station de métro ouvre ses portes le 14 octobre 1966 dans le cadre de l'inauguration du réseau initial. Sa construction, menée en tranchée couverte, entraîne une transformation profonde du secteur avoisinant, alors marqué par la démolition d'un grand nombre de terrasses d'habitation issues de l'ancien quartier bourgeois du New Town. De 1981 à 1996, la station accueille une succursale unique de la Bibliothèque municipale de Montréal, directement intégrée à sa passerelle centrale. Après plusieurs décennies de rénovations, dont une importante réfection entre 2012 et 2016 et un chantier d'accessibilité universelle achevé en 2023, la station devient également, le 17 novembre 2025, l'un des points de correspondance du REM, dont la station éponyme, construite entre 2018 et 2025, se distingue par la complexité de son intégration au tunnel centenaire du mont Royal.

Comptant parmi les stations les plus achalandées du réseau montréalais, la station McGill se signale également par sa collection d'œuvres d'art intégrées, réalisées entre 1966 et 2023, ainsi que par sa connexion directe au réseau piétonnier souterrain de Montréal (RÉSO), qui la relie notamment au Centre Eaton de Montréal et à la Place Montréal Trust.

Situation sur le réseau Établie en souterrain, McGill est une station de passage de la ligne 1 - Verte du métro de Montréal. Elle est située entre la station Peel, en direction du terminus ouest Angrignon, et la station Place-des-Arts, en direction du terminus est Honoré-Beaugrand. Elle dispose des deux voies de la ligne, encadrées par deux quais latéraux.

Également établie en souterrain, la station du REM est une station de passage du tronçon principal du Réseau express métropolitain. Elle est située entre la station Édouard-Montpetit, en direction de Deux-Montagnes et Anse-à-l'Orme, et Gare centrale, en direction de Brossard. La station dispose de deux voies encadrées par des quais latéraux. Construite sous l'avenue McGill College à une profondeur de 10 mètres, avec des quais de 80 mètres chacun, la station du REM donne accès, par un passage commercial souterrain, au Centre Eaton de Montréal, à la Place Montréal Trust ainsi qu'à la station de métro McGill.

Histoire Métro Choix du tracé et planification (1961) Le tracé de la future station McGill trouve son origine dans les délibérations du Comité du métro, formé le 28 avril 1961 sous la présidence du maire Jean Drapeau afin de définir le parcours du réseau initial. Pour la partie centre-ville de la ligne verte, plusieurs axes sont d'abord envisagés. La rue Cathcart est initialement privilégiée par le Service de la circulation, et ce choix est approuvé par le Comité le 17 mai 1961 pour des raisons de coûts et pour éviter d'entraver la circulation sur la rue Sainte-Catherine.

Le 22 août 1961, le Comité écarte définitivement l'idée d'un tracé sous la rue Sainte-Catherine, jugeant qu'un chantier de longue durée sur cette artère commerciale majeure nuirait considérablement à la vitalité économique du secteur. Le choix se porte plutôt sur l'axe de la rue Burnside, aujourd'hui le boulevard De Maisonneuve, alors en cours d'aménagement au nord de Sainte-Catherine. Une étude du Service d'urbanisme, déposée le 27 septembre 1961, confirme que ce tracé serait nettement moins coûteux que l'option Cathcart, en raison notamment d'un nombre réduit d'expropriations et d'une meilleure qualité du sol à cet endroit. C'est sous cet axe que sera construite la station McGill.

Le réseau, incluant ce tracé, est dévoilé publiquement le 20 octobre 1961 par le maire Drapeau et le président du Comité exécutif, Lucien Saulnier.

Construction et ouverture (1962-1966) Les travaux de construction du réseau initial débutent le 23 mai 1962, sous la supervision du Bureau du métro dirigé par l'ingénieur Lucien L'Allier. Après quatre ans de travaux, la station McGill ouvre ses portes le 14 octobre 1966, dans le cadre de l'inauguration du réseau initial du métro de Montréal, qui compte alors 26 stations réparties sur trois lignes.

Conçue par les architectes Crevier, Lemieux, Mercier et Caron, la station est bâtie en tranchée couverte sous le boulevard De Maisonneuve. Il s'agit d'une station à quais latéraux classique, dotée de deux salles de contrôle reliées par des corridors entourant les quais. Elle tire son nom de sa proximité avec l'Université McGill.

Impact initial et intégration au secteur Le percement de la ligne verte a un impact important sur le secteur avoisinant de l'avenue McGill College. Les travaux de percement entraînent la démolition d'un grand nombre de terrasses d'habitation issues du New Town, l'ancien quartier résidentiel bourgeois qui occupait alors le secteur. Le percement de la ligne verte laisse de nombreux terrains vacants, temporairement transformés en stationnement, si bien que la portion de l'avenue McGill College autour du boulevard De Maisonneuve se retrouve complètement déstructurée pendant cette période. Une fois complétée, la station bénéficie de liaisons souterraines directes avec des édifices commerciaux notables de l'époque, dont les magasins Morgans et Eaton.

Bibliothèque Métro-McGill (1981-1996) Le 14 décembre 1981, la Commission de transport de la communauté urbaine de Montréal (CTCUM) et la Bibliothèque municipale de Montréal ouvrent une succursale de prêt sur la passerelle centrale de la station, alors la plus achalandée du réseau montréalais. Ce projet, unique dans le réseau, vise à accroître l'utilisation des bibliothèques municipales en profitant de l'achalandage quotidien de plus de 73 000 personnes transitant par le secteur.

La succursale se distingue des bibliothèques traditionnelles à plusieurs égards : elle n'offre que le service de prêt, son catalogue d'environ 32 000 ouvrages (dont près de 13 000 romans) est classé par sujet plutôt que selon la classification décimale de Dewey, et le service est entièrement mécanisé. L'abonnement est gratuit pour les résidents de Montréal, tandis que les usagers de banlieue peuvent s'y inscrire pour 25 $ par année (15 $ pour les étudiants).

Une enquête menée par la bibliothécaire Nicole Lavigne en 1982 dresse un portrait détaillé de la clientèle : celle-ci se compose à 67,28 % de femmes, est relativement jeune (près de 45 % des répondants ont 32 ans ou moins) et vient majoritairement de secteurs éloignés de la succursale plutôt que du voisinage immédiat — seulement 17 % des usagers habitent à proximité. Fait notable, 67,57 % des répondants se révèlent être de nouveaux abonnés au réseau des bibliothèques municipales, recrutés grâce à la visibilité de la succursale, ce que Lavigne considère comme la preuve du succès de l'initiative. La facilité d'accès liée au passage quotidien en métro constitue la principale raison de fréquentation invoquée par les usagers, suivie de la proximité du lieu de travail.

Au cours de sa première année d'exploitation, la succursale enregistre 134 235 prêts, soit une moyenne de 600 à 700 prêts par jour, un résultat jugé satisfaisant bien qu'inférieur aux prévisions initiales de 500 000 prêts annuels.

Dans le cadre de compressions budgétaires de l'administration du maire Pierre Bourque, la succursale Métro-McGill est visée par des fermetures, aux côtés des bibliothèques Benny (Notre-Dame-de-Grâce), Georges-Vanier (Petite-Bourgogne) et Centrale-Annexe (édifice Gaston-Miron). Des manifestations menées par le syndicat des employés et des citoyens touchés forcent la ville à imposer un moratoire sur la fermeture des bibliothèques Benny et Georges-Vanier, toutes deux encore en activité. La succursale Métro-McGill, cependant, ferme définitivement le , après plus de 14 ans d'activité. Le bibliothécaire en chef de la Ville, Jacques Panneton, justifie alors ce choix par la nécessité de préserver les heures d'ouverture et les budgets d'acquisition dans l'ensemble du réseau. L'espace qu'occupait la bibliothèque est depuis occupé par une succursale bancaire.

Évolution des couleurs Les couleurs de la station ont changé à plusieurs reprises au fil des décennies. À l'origine, les piliers sont peints en orange, avec des murs jaunes. Dans les années 1990, les piliers sont repeints en vert, la station adoptant alors des teintes vert et bourgogne. Un annonceur dont l'orange constitue la couleur principale de la marque prend par la suite la majorité de l'espace publicitaire de la station, ce qui entraîne un retour des piliers à l'orange; une fois ce partenariat terminé, les piliers passent au blanc dans le cadre d'une autre campagne publicitaire. Les piliers sont aujourd'hui de couleur rouge, une teinte associée à l'Université McGill.

Affaissement du secteur (2007) Le vendredi , vers , alors que des employés du magasin La Baie enquêtent sur une infiltration d'eau observée les jours précédents, ils constatent que le plafond du passage souterrain reliant le sous-sol du magasin à la station de métro s'est affaissé d'environ deux centimètres sur une longueur de sept mètres. Ils préviennent aussitôt la police. La police et les pompiers évacuent aussitôt le sous-sol du magasin et ferment le boulevard De Maisonneuve entre les rues Aylmer et Union, au-dessus du secteur touché. En fin d'après-midi, la découverte de morceaux de béton tombant de la structure du Parkade Montreal, un stationnement à étages surmonté de bureaux, entraîne également l'évacuation de cet édifice.

Un vaste périmètre de sécurité, délimité par les rues University, De Bleury, Sherbrooke et Sainte-Catherine, est établi et complètement fermé à toute circulation pour au moins la durée de la fin de semaine, le temps de procéder aux analyses nécessaires. Sept rues du centre-ville sont fermées au total, et au moins quatre édifices du secteur sont évacués, de même que la station McGill. Le service de la ligne verte du métro est interrompu jusqu'à nouvel ordre entre les stations Lionel-Groulx et Berri-UQAM, et des autobus supplémentaires sont mis en circulation sur la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque pour compenser. Le service est entièrement rétabli sur la ligne verte le dimanche 26 août 2007 à , rendant de nouveau accessibles les stations Saint-Laurent, Place-des-Arts, McGill, Peel, Guy-Concordia et Atwater.

Le chef des pompiers de Montréal, Serge Tremblay, indique qu'il est encore trop tôt pour déterminer la cause ou la durée d'existence des fissures, mais que les autorités doivent se préparer au pire. Le lendemain, samedi, les autorités municipales font état d'environ 1 000 étançons installés afin de soutenir la dalle de béton fissurée sur toute la longueur d'un pâté de maisons; le maire de Montréal, Gérald Tremblay, précise que le périmètre de sécurité demeurera en place tant que les autorités ne seront pas assurées de la sécurité de cette structure vieille de 40 ans, et qu'il n'y a pas de problème de structure au niveau de la station de métro elle-même. L'ensemble des experts et ingénieurs de la Ville, ainsi que les services de police et d'incendie, sont mobilisés pour assurer la sécurité du public.

L'incident a également des répercussions politiques : le 30 août 2007, le maire Tremblay rétrograde le maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoit Labonté, et reprend personnellement le contrôle des grands chantiers du centre-ville. Labonté quitte à son tour le parti Union Montréal du maire Tremblay le mois suivant.