La place de l'Estrapade est une voie située dans le de Paris, marquant la limite du quartier du Val-de-Grâce et de la Sorbonne.
Situation et accès Elle est située à la jonction de la rue de l'Estrapade avec les rues Lhomond et des Fossés-Saint-Jacques.
Origine du nom La place tient son nom du supplice de l'estrapade, qui était une peine infligée aux soldats déserteurs jusqu'à la fin du Jourdan, Decrusy, Isambert, Recueil général des anciennes lois françaises, tome XXIII, , Ordonnance portant, entre autres choses, modération des peines contre les déserteurs, Versailles, le 12 décembre 1775.Hurtaut et Magny, Dictionnaire historique de la ville de Paris, tome II, 1779..
Historique vignette|gauche|redresse|Place de l'Estrapade sur le plan Sauvé de 1630. vignette|gauche|Ancien nom.
Cette place était située à l'extérieur du fossé du mur d'enceinte de Philippe Auguste supprimé dans la première moitié du , entre la porte Saint-Jacques à l'angle de la rue Saint-Jacques et de la rue Soufflot et la porte Bordet à l'angle des actuelles rues Descartes et ThouinPlan de Belleforest, 1565..
Lieu du supplice de l'estrapade jusqu'en 1687, la place est rénovée peu après la destruction de la porte Saint-Jacques. L'instrument de torture est alors déplacé au marché aux chevauxJaillot, Recherches critiques, historiques et topographiques sur la ville de Paris, 1775, tome IV, entrée « Rue du Marché-aux-Chevaux ».Jacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris, Éditions Princesse, 1956.. Il est possible qu'elle ait été le lieu d'exécutions publiques de protestants pendant les violences religieuses du , car l'estrapade était populaire contre les huguenotsLa principale source est Voltaire dans lHistoire du Parlement de Paris, tome XIX. Le Littré dit qu'il y a eu de nombreuses exécutions de protestants mais peut se fonder sur Voltaire, et de toute façon fait une autre erreur dans l'article.estrapade dans le Littré. L'estrapade qui était également le supplice infligé aux soldats déserteurs fut aboli par Louis XVI en 1776..
Lors des Journées de Juin, le général Édouard Damesme est mortellement blessé en attaquant la barricade dressée sur la place.
Elle a également porté les noms de « carrefour de Braque », du nom d'un jeu de paume, et « place Neuve-de-Fourcy », du nom d'Henri de Fourcy, le prévôt des marchands qui l'a rénovée. Le « Temple de Jérusalem », lieu de rassemblement des protestants, faisait face au jeu de paume. En 1562, il est pillé et incendié, tome I, page 481..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire Du au , la porte Papale de l’abbaye Sainte-Geneviève est située « place de la Vieille-Estrapade ».
Au se tenait sur la place le bureau central des falots du quartier. On pouvait louer les services d’un homme chargé de vous éclairer jusqu’à chez vous, à l’aide d’une lanterne, page 165..
, Maison Moreau, du nom du maître d'œuvre de la construction, Sylvain Moreau. L'architecte de cet immeuble de 1775-1776 est François Soufflot, dit le Romain, qui y habita. François Soufflot est le cousin de Jacques-Germain Soufflot, architecte de l'église Saint-Geneviève, actuel Panthéon. Le sculpteur David d'Angers y habitait lors de la réalisation du fronton du Panthéon en 1837.. Le milieu de la place est occupé par une fontaine et un espace planté d'arbres. : sous la Révolution et le Premier Empire, il y avait, à ce numéro, la caserne de l'Estrapade qui fut détruite lors du réaménagement de la place. inconnus : à la fin du : « théâtre des Muses », où étaient célébrés les anniversaires nationaux. On y jouait, aussi, des symphonies et des danses. Joseph Vernet y vécut.
La place dans l'audiovisuel En 2008, la place est utilisée dans le film Les Derniers jours du monde des frères Larrieu.
Dans la série Emily in Paris, l'héroïne éponyme habite au cinquième étage du , la Maison Moreau.
En 2023, la première partie du film The Killer s'y déroule.
Notes et références
Annexes Bibliographie Vincent Landel, Place de l'estrapade, Éditions de la Table ronde, 1999, .
Articles connexes Liste des voies du arrondissement de Paris
Liens externes
Estrapade