Le musée national d'Art de Catalogne (en ), également connu par son acronyme MNAC, se trouve dans la ville de Barcelone (Espagne). Il est particulièrement renommé pour sa collection d'art roman considérée comme une des plus complètes du monde. Son directeur est Josep Serra i Villalba .

Historique

thumb|left|Le musée en lumières. Octobre 2019.

L'actuel musée a été constitué en 1990 par la réunion des collections du musée d'Art moderne (Museu d'Art Modern), créé en 1945, et du musée d'Art de Catalogne (Museu d'Art de Catalunya), inauguré en 1934. Aux pièces venant de ces musées se sont ajoutés une nouvelle section de monnaies, une autre de gravures ainsi que les fonds de la Bibliothèque générale d'histoire de l'art (Biblioteca General d'Història de l'Art). Plus tard, en 1996, a été ajouté un nouveau département consacré à la photographie. En 2006, le musée possédait environ 250 000 œuvres pour l'ensemble des différentes collections. En plus des expositions temporaires et de celles itinérantes, le musée remplit également d'autres missions comme l'étude, la conservation et la restauration des œuvres d'art.

Le MNAC est un consortium constitué par la Généralité de Catalogne, la ville de Barcelone et, depuis le début de 2005, l'Administration générale de l'ÉtatEl Patronato. À la direction du musée sont représentés, en plus des administrations publiques, des particuliers et des organismes privés qui collaborent avec le musée.

Le siège principal se trouve au Palau Nacional, situé sur la montagne de Montjuïc, édifice noucentiste des architectes Eugenio Cendoya, Enric Catà et Pere Domènech i Roura, inauguré en 1929 lors de l'Exposition Internationale tenue dans la Cité comtale.

Collections Parmi toutes les collections du musée, il faut citer en premier celle d'art roman. Le musée expose une série de peintures murales qui le rendent unique au monde. Sont également montrées diverses statues en bois, pièces d'orfèvrerie, émaux et sculptures en pierre. La majorité des pièces sont des exemplaires de l'art roman en Catalogne.

De la période gothique, le musée montre des pièces réalisées suivant diverses techniques qui servent à illustrer cette période historique en Catalogne. Dans la section consacrée à la Renaissance et au Baroque, on doit détacher deux panneaux de Bartolomé Bermejo, un Martyr de Ribera, une Immaculée Conception de Zurbarán et un célèbre Saint Paul de Vélasquez, une des rares peintures attestées de cet artiste conservées en dehors du musée du Prado. Cependant, cette section du musée demeurait incomplète et s'est enrichie considérablement avec la collection particulière de Francesc Cambó et un dépôt du musée Thyssen-Bornemisza.

La Collection Cambó fut donnée de manière désintéressée. Entre autres, il faut noter des peintures de Sebastiano del Piombo, Rubens, le Portrait de l'abbé de Saint-Non de Fragonard, deux scènes vénitiennes de Tiepolo et une curieuse scène mythologique, Cupidon et Psyché, de Goya.

Le MNAC accueille depuis 2004 des œuvres de la collection Thyssen-Bornemisza. Au début, les œuvres étaient exposées au monastère de Pedralbes, mais il a été décidé de les déplacer pour faciliter les visites du public. En font partie des peintures des périodes comprises entre la période gothique et le Rococo, par exemple de Fra Angelico, Lorenzo Monaco, Lucas Cranach, Le Carrache, Canaletto, etc.

Depuis 2005, le musée accueille également quelques œuvres de peinture catalane de la collection Carmen Thyssen-Bornemisza, cédées en dépôt gratuit. Parmi elles, on trouve des œuvres de Marià Fortuny, Lluís Graner, Josep Puigdengolas Barrella, Ramon Casas, Joaquim Mir, Hermenegildo Anglada Camarasa, Joaquín Torres García ou Antoni Tàpies.

Récemment, le MNAC a reçu diverses œuvres de Picasso, dont il faut noter Mujer con sombrero y cuello de piel, cédée comme dation en guise de paiement d'impôts.

Quelques œuvres maîtresses de la collection Art roman () La collection d’art roman est incontestablement une des plus importantes et significatives du musée en raison de la série exceptionnelle de peintures murales qu’elle contient. En effet, sa singularité n’a d’égale dans aucun autre musée du monde. La plupart de ces œuvres, qui proviennent de petites églises de campagne des Pyrénées et d’autres endroits de la Vieille Catalogne, ont été connues et appréciées au début du , surtout à partir de l’expédition d’une mission dans les Pyrénées (1907) de l’Institut d’Estudis Catalans qui publia par la suite Les peintures murales catalanes. Des années après, on découvrit qu’un groupe de financiers et d’antiquaires étrangers avaient acheté en bloc la plupart des peintures murales pour les emporter aux États-Unis. Bien qu’il n’y eût pas de lois en Espagne qui interdisaient l’expatriation d’œuvres d’art, le Comité des musées organisa une intervention efficace de rachat, récupération et transfert au musée de Barcelone (1919-1923), dans la Citadelle, pour sauvegarder ce patrimoine roman, un art absolument unique qui a été considéré comme le symbole de la naissance et de la formation de la Catalogne.

Le parcours des salles d’art roman est chronologique et stylistique, et il expose les différentes tendances artistiques de l’art roman catalan avec des œuvres qui, globalement, vont du .

L’itinéraire commence avec les peintures murales de Sant Joan de Boí, proches de la tradition carolingienne française, puis se poursuit avec les œuvres d’influence italienne, sans doute liées à l’essor de la réforme grégorienne, qui dominent le panorama pictural à partir de la fin du . Les peintures murales de Sant Quirze de Pedret, Santa Maria d’Àneu ou Sant Pere del Burgal en sont de remarquables exemples.

Mais les salles du MNAC possèdent aussi un chapitre de l’art roman européen exceptionnel par son originalité et son expressivité : il s’agit des peintures murales de l’abside de Sant Climent de Taüll, avec leur célèbre Pantocrator ou Christ en majesté, un chef-d’œuvre indiscutable du et le témoignage concret de la force créative de la peinture catalane. À côté, il faut remarquer l’ensemble de Santa Maria de Taüll, l’exemple le plus important conservé au musée d’intérieur d’église romane entièrement peint, dont les décorations se sont en bonne partie conservées.

La fin du parcours se concentre sur les peintures de San Pedro d’Arlanza et de la salle capitulaire de Sainte-Marie de Sigena. Ces dernières représentent l’un des plus beaux ensembles picturaux dans le style rénovateur européen de 1200 ; le musée les conserve depuis le grave incendie qui les a abîmées en 1936, pendant la guerre civile.

Le parcours montre également d’autres techniques typiques de l’art catalan, comme la peinture sur bois ou la sculpture en bois, ainsi que d’autres savoir-faire qui complètent les conceptions esthétiques de l’art roman, comme l’orfèvrerie ou la sculpture en pierre.

La collection de peintures sur bois, unique en Europe, représente aussi un chapitre singulier de la peinture romane, tant par la quantité et l’ancienneté des œuvres catalanes conservées – qui proviennent elles aussi de l’intérêt pour l’art roman né à partir de la fin du – que par la qualité et la variété techniques qui les caractérisent. Les devants d’autel comme celui des Apôtres ou de la Seu d’Urgell, ceux d’Alòs d’Isil, d’Avià ou de Cardet peuvent être considérés comme les paradigmes d’une technique picturale originale de grand intérêt artistique. De son côté, la collection de sculptures en bois offre un panorama du roman avec des œuvres remarquables de types différents, comme la Vierge de Ger, la Majesté Batlló ou les sculptures de la Descente de Croix d’Erill la Vall.

Il faut aussi mentionner les exemples de sculptures en pierre, parmi lesquels se distinguent quelques pièces de Ripoll et un grand groupe d’œuvres qui proviennent de la ville de Barcelone, avec les chapiteaux raffinés en marbre de l’ancien hôpital de Sant Nicolau. Enfin, la collection possède aussi un groupe important d’émaux pour la plupart produits à Limoges, comme la Crosse de Mondoñedo.

Œuvre Auteur Date ImageMajesté BatllóAnonymemilieu du .70px|centerAutel de TavèrnolesAnonymemilieu du .70px|centerPeintures de l'abside de Sant Climent de TaüllMaître de Taüllca. 118070px|centerFresques de Sant Joan de BoíMaître de Boí70px|centerFresques de Maître d'Orcau1125-113070px|centerDevant d'autel de la Seu d'Urgell ou des Apôtresaprès 115070px|centerDevant d'autel de l'ermitage Sant Quirc de Durro70px|centerDevant d'autel de Sant Miquel de SoriguerolaMaître de Soriguerolacommencement du .70px|center

Cercle de Pedret - Abside de Santa Maria d'Àneu (fragment) Maître de la Seu d'Urgell - Abside de la Seu d'Urgell Maître de Pedret - Abside latérale droite de Sant Quirze de Pedret (fragment) Maître de Santa Maria de Taüll - Abside centrale de Santa Maria de Taüll Maître du Jugement Final - Fragment du mur occidental de Santa Maria de Taüll Anonyme - Devant d'autel d'Esquius Anonyme - Abside de Sant Joan de Surp Mestre d'Avià - Devant d'autel d'Avià Anonyme - Devant d'autel de Durro Anonyme - Ciborium de Tost Maître de Baltarga - Frontal de Baltarga Anonyme - Peintures de San Pedro de Arlanza Anonyme - Panneau devant d'autel de Sant Romà de Vila Maître des Archanges - Devant d'autel des Archanges Anonyme - Ciborium de Tavèrnoles Atelier de Ribagorça - Devant d'autel de Cardet, Devant d'autel de Rigatell

Art gothique (fin du - ) La collection d’art gothique que présente le MNAC a commencé à se former au cours de la première moitié du , quand on entreprit de sauvegarder et conserver le patrimoine catalan, dévasté par les incendies de couvents qui coïncidèrent avec le désamortissement des biens ecclésiastiques en 1835.

La collection d’art gothique se distingue par l’importance de la présence catalane, mais aussi par une représentation extraordinaire des autres territoires de l’ancienne couronne d’Aragon. Ainsi, elle couvre un vaste panorama de la production artistique gothique dans les trois grands pays péninsulaires de la couronne – la Catalogne, l’Aragon et Valence –, et plus partiellement Majorque.

Les salles du gothique comprennent des œuvres de la fin du et du , présentées dans un ordre globalement chronologique – rassemblées selon les écoles et certaines affinités typologiques –, mais aussi en regroupements thématiques. Ainsi, les célèbres peintures murales de la conquête de Majorque, de la fin du , illustrent un premier domaine avec d’autres œuvres qui relèvent d’une thématique profane ou civile, allant des caissons de plafond de demeures nobles de Barcelone aux châsses d’amour.