Le gouvernement Rocard est le 20 gouvernement de la République française.

Cet article présente la composition du gouvernement français sous le Premier ministre Michel Rocard du au , pendant la présidence de François Mitterrand (1981-1995).. Il s'agit du premier gouvernement de Michel Rocard.

Contexte de formation Contexte politique et économique François Mitterrand est réélu à l'issue du scrutin présidentiel de 1988 sur sa Lettre aux Français, où il définit quatre priorités : .

La situation économique est, en ce début de septennat, plutôt positive. L'inflation s'est stabilisée autour de 2,5 %, tandis que le cycle économique montant permet à la croissance d'augmenter entre 1986 et 1988 (passant de 2,6 % à 4,7 %) et de stabiliser le chômage.

Le fait que l'économie soit en phase haute est positive pour le nouveau gouvernement et entraînera une décrue du chômage, qui passe de 10 % en 1988 à 8,9 % en 1990.

Choix des ministres Le choix de Michel Rocard est dû au fait que, lorsque François Mitterrand est réélu, les regards se tournent vers les socialistes les plus populaires à la fois au PS et parmi les sympathisants du centre. Rocard semble, par son positionnement politique et économique, correspondre. Le 10 mai, le Président invite à déjeuner Rocard, Pierre Bérégovoy et Jean-Louis Bianco. Il dit que Rocard a à la candidature au poste de chef du gouvernement. Sortant du déjeuner, il recrute immédiatement Jean-Paul Huchon comme directeur de cabinet.

Rocard, Bérégovoy et Bianco préparent l'établissement du gouvernement. Bérégovoy est assuré de retrouver son poste de ministre des Finances. Bianco refuse un ministère du Cadre de vie pour rester Secrétaire général de l'Elysée. Rocard rencontre des membres du centre, comme Bernard Stasi, Pierre Méhaignerie et Jacques Barrot. Ils se concertent pour décider d'une alliance, mais elle n'aboutit pas : Mitterrand veut dissoudre, et, avec le score qu'il a réalisé à la présidentielle, il obtiendra une majorité qui ne le contraint pas à faire alliance avec les centristes. De plus, ces derniers, libéraux, veulent des privatisations, ce que Mitterrand refuse dans sa logique de . Enfin, le centre demandait le rétablissement du scrutin proportionnel, qui lui permet d'obtenir plus de députés, mais Rocard, qui avait démissionné sur ce sujet en 1985, ne veut pas entendre parler. Les ralliements centristes seront donc des initiatives individuelles.

François Mitterrand s'attelle à la formation du gouvernement. Il souhaite originellement une équipe restreinte d'une vingtaine de personnes, avec quelques hauts fonctionnaires facilement remplaçables. Mais, devant les pressions, la nécessité de doser les courants politiques, sa volonté de faire entrer des représentants de la société civile et de donner des ministères à des socialistes qui n'ont jamais participé au gouvernement, le Président et son Premier ministre doivent finalement s'accorder sur 42 noms.

Sur ces 42 maroquins, 27 ministres et secrétaires d'Etat proviennent du Parti socialiste (dont 13 qui faisaient partie du gouvernement Fabius, et 7 aux mêmes postes). Cinq ministres sont rocardiens : Claude Évin, Louis Le Pensec, Tony Dreyfus, Michel Chapuis et Catherine Trautmann. 15 ministres ne sont pas socialistes, dont 4 proviennent du centre (Lionel Stoléru, Michel Durafour, Jacques Pelletier et Thierry de Beaucé. L'ouverture à la société civile est représentée par Pierre Arpaillange, magistrat, Roger Fauroux, président de société et Bernard Kouchner, médecin.

D'après Dominique Bussereau, ministre sous des gouvernements de droite, Jean-Michel Boucheron, élu de Charente, serait entré au gouvernement par une erreur d'homonymie. Le spécialiste des questions de défense était Jean-Michel Boucheron, élu en Bretagne. Le premier, empêtré dans des affaires qui l'enverront en prison, n'a pu rester au gouvernement. Le second n'y est jamais entréLa Charente Libre, 14 mai 2012.

Féminisation du gouvernement Le gouvernement compte six femmes ministres : Édith Cresson, Edwige Avice, Georgina Dufoix, Catherine Tasca, Véronique Neiertz et Catherine Trautmann.

Composition Michel Rocard est nommé le en remplacement de Jacques Chirac. Le président Mitterrand confie à son conseiller spécial Jacques Attali qu'il ne souhaite pas nommer Rocard, mais que sa popularité auprès de la base militante du Parti socialiste le contraint. Il ajoute qu'.

Les ministres et les ministres délégués sont nommés le et les secrétaires d'État le .

Image Fonction Nom Parti 80px Premier ministre Michel Rocard PS Ministres 80px Ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de la Recherche et des Sports Lionel Jospin PS 80px Ministre d'État, ministre de l'Économie, des Finances et du BudgetPierre BérégovoyPS 80px Ministre d'État, ministre de l'Équipement et du LogementMaurice FaureMRG 80pxMinistre d'État, ministre des Affaires étrangèresRoland DumasPS 80px Garde des Sceaux, ministre de la Justice Pierre Arpaillange SE 80px Ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement PS 80px Ministre de l'Intérieur Pierre Joxe PS Ministre de l'Industrie, du Commerce extérieur et de l'Aménagement du territoire Roger Fauroux DVG 80px Ministre des Affaires européennes Édith Cresson PS 80px Ministre des Transports Louis Mermaz PS 80px Ministre de la Fonction publique et des Réformes administratives Michel Durafour UDF-PRV 80px Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi Michel Delebarre PS 80px Ministre de la Coopération et du Développement Jacques Pelletier UDF-PRV 80px Ministre de la Culture et de la Communication Jack Lang PS 80px Ministre de l'Agriculture et de la Forêt Henri Nallet PS 80px Ministre des Postes et télécommunications et de l'Espace Paul Quilès PS 80px Ministre de la Mer Louis Le Pensec PS Ministres délégués 80px Ministre chargé des Relations avec le Parlement Jean Poperen PS 80px Ministre chargé des Départements et Territoires d’Outre-mer Olivier Stirn PS 80px Ministre chargé de la Recherche Hubert Curien DVG 80px Ministre délégué et des Affaires étrangères Edwige Avice PS 80px Ministre chargé de l'Aménagement du territoire et des Reconversions Jacques Chérèque PS 80px Ministre chargé du Commerce, de l'Artisanat et du Tourisme François Doubin MRG 80px Ministre chargé de la Famille, des Droits de la Femme, de la Solidarité et des Rapatriés Georgina Dufoix PS 80px Ministre chargé de la Santé et de la Protection sociale Claude Évin PS80px Ministre chargé de la Communication Catherine Tasca PS Secrétaires d'État 80px Secrétaire d'État aux Anciens combattants Jacques Mellick PS Secrétaire d'État chargé du Plan Lionel Stoléru DVG 80px Secrétaire d'État chargé de l'Environnement Brice Lalonde ÉCO 80px Secrétaire d'État Tony Dreyfus PS 80px Secrétaire d'État chargé de l'Enseignement technique Robert Chapuis PS 80px Secrétaire d'État chargé des Sports Roger Bambuck DVG 80px Secrétaire d'État chargé de la Consommation Véronique Neiertz PS 80px Secrétaire d'État chargé du Logement Philippe Essig SE 80px Secrétaire d'État chargé des Grands travaux Émile Biasini SE 80px Secrétaire d'État chargé des Relations culturelles internationales et de la Francophonie Thierry de Beaucé SE 80px Secrétaire d'État chargé des Collectivités territoriales Jean-Michel Boucheron PS 80px Secrétaire d'État chargé des Voies navigables et des Transports routiers Georges Sarre PS 80px Secrétaire d'État chargé de la Formation professionnelle André Laignel PS 80px Secrétaire d'État chargé de l'Insertion sociale Bernard Kouchner DVG 80px Secrétaire d'État chargé des Personnes âgées et des Handicapés Catherine Trautmann PS

Répartition partisane

Parti Premierministre Ministresd'État Ministres Ministresdélégués Secrétairesd'État Total Répartition le 13 mai 1988 1 4 13 9 14 41 Parti socialiste 1 3 9 7 8 28 Mouvement des radicaux de gauche 1 1 2 UDF - Parti radical valoisien 2 2 Divers gauche 1 1 3 5 Sans étiquette 1 3 4 Divers écologiste 1 1

Analyse de la popularité

Réception Le nouveau gouvernement est mal reçu dans la presse, déçue de son manque d'originalité. Sept ministres ont déjà été ministre sous le gouvernement de Laurent Fabius. François Mitterrand déclare dans la soirée :

Démission À la suite des élections législatives de 1988, le gouvernement démissionne le .

Notes et références

Voir aussi Liens externes

*01 Catégorie:1988 en France Catégorie:Politique en mai 1988 Catégorie:Juin 1988