thumb|Réplique (à échelle réduite) du verre ardent utilisé par Joseph Priestley pour la découverte de l'oxygène, exposé dans le laboratoire de la Joseph Priestley House aux États-Unis. Un verre ardent (en latin : lens caustica) est une grande lentille convexe qui permet de concentrer les rayons du soleil sur une petite surface, la chauffant et provoquant sa combustion. Les verres ardents étaient utilisés au pour étudier la combustion de certains matériaux et analyser les gaz qui étaient émis. On utilisait également des « miroirs ardents » pour obtenir un résultat similaire au moyen de surfaces réfléchissantes afin de concentrer la lumière du soleil sur un point.
Histoire La technologie des verres ardents est connue depuis l'antiquité. Des vases remplis d'eau étaient alors utilisés pour allumer un feu. Des verres ardents étaient utilisés pour cautériser des blessures et pour allumer les feux sacrés dans les temples. Plutarque fait référence à un miroir ardent, composé de miroirs métalliques triangulaires, installé dans le temple des vestales. Aristophane mentionne les verres ardents au dans sa pièce Les Nuées.
On dit qu'Archimède, le célèbre mathématicien, a utilisé un verre ardent (ou, plus vraisemblablement, un grand nombre de miroirs hexagonaux) comme arme en , lorsque Syracuse fut assiégée par Marcus Claudius Marcellus. La flotte romaine aurait été incendiée, mais finalement la ville fut prise, et Archimède tuéLouis Dutens, Du Miroir Ardent D'Archimede, Paris : Debure, 1775. .
La légende d'Archimède a donné lieu à de nombreuses recherches sur les verres et miroirs ardents, jusqu'à la fin du . Ils furent fabriqués avec succès par Proclus () (qui, grâce à eux, aurait détruit la flotte de Vitellius assiégeant Constantinople)Reeves, ., Anthémius de Tralles (), Ibn Sahl, dans son Des miroirs et verres ardents (), Alhazen dans son Traité d'optique (1021)Roshdi Rashed (1990), « A Pioneer in Anaclastics: Ibn Sahl on Burning Mirrors and Lenses », Isis 81 (3), [464-468]., Roger Bacon (), Giambattista della Porta et ses amis (), Athanasius Kircher et Gaspar Schott (), le Comte de Buffon à Paris en 1740. Ces recréations montrent la plausibilité de la réalisation d'Archimède.
Notes et références
Bibliographie Mathurin-Jacques Brisson, Dictionnaire raisonné de physique, Paris, Hôtel de Thou, 1781 Pierre Joseph Macquer, Dictionnaire de chymie, contenant la théorie et la pratique de cette science, … Paris, chez Pierre-François Didot, 1777 Eileen Adair Reeves, Galileo's glassworks : the telescope and the mirror, Cambridge, Mass., Harvard University Press, 2008
Ardent Catégorie:Histoire de la chimie