thumb|De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers (1615) de . La lycanthropie (du grec lukanthrôpos, « homme loup ») est une maladie mentale où le patient se croit transformé en loup ou, par extension, en tout autre type d'animal.

En médecine, elle est documentée depuis l'antiquité : au , Marcellus de Side la considère au cours de procès en sorcellerie.

Au , Jean Wier, médecin néerlandais, explique la lycanthropie comme un phénomène imaginaire et maladif.

Au , le médecin français reconnaît dans la lycanthropie, à la suite de Jean Wier, une forme de maladie mentale qu'il appelle « mélancholie ou folie louvière ». Au , Collin de Plancy considère que les mélancoliques sont plus disposés .

Au l'ouvrage de Jean de Nynauld de 1615 donne lieu à une édition critique, dans le cadre d'étude des textes démonologiques des Lumières au , notamment sur le thème des loups-garous et de la lycanthropie. Au , Jean-Michel Gentizon, s'autorisant de sa pratique clinique comme psychiatre, reconduit le terme de « lycanthropie » en tant que « mélancolie louvière ».

Historique Si, en remontant à l'antiquité, , croyances ayant donné lieu en Europe à la fin du à , la lycanthropie qui s'est trouvé très tôt Alexandra Baratta, et Luisa Weiner, « La lycanthropie : du mythe à la pathologie psychiatrique », L'information psychiatrique, Volume 85(7), 2009, , .

Selon la tradition persane, le prince bouyide Majd ad-Dawla Rustam (993-1029) avait l'illusion d'être une vache et a été guéri par Avicenne.

Selon Philippe Nieto, le terme de « lycanthropie » est documenté par des procès et de nombreux récits mythologiques et légendaires. La croyance en la lycanthropie connaît diverses explications, telles que la peur du loup, le mysticisme, diverses maladies ou encore des prises de drogues et d'hallucinogènes. En médecine, la lycanthropie est connue depuis Marcellus de Side (117 à 161 apr. J.-C.) et .

Jean Wier, médecin des Pays-Bas (1515-1588), explique la lycanthropie comme un phénomène imaginaire et maladif. Il décrit ainsi les malades qui en sont atteints : ils sont pâles, ont les yeux enfoncés et la langue fort sèche. Johannes Wier reconnaît dans ce phénomène . Dans son ouvrage De Praestigiis daemonum (1563), .

Il en est de même de qui publie en 1615 De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers « mélancholie ou folie louvière à cause de ceux qui en estoient atteints pensent être transformés en loup ou en chien. »

Deux siècles plus tard, Collin de Plancy, dans son Dictionnaire infernal, publié en 1818, définit la lycanthropie comme une « maladie qui, dans les siècles où l’on ne voyait partout que démons, sorcelleries et maléfices, troublait l’imagination des cerveaux faibles, au point qu’ils se croyaient métamorphosés en loups-garous, et se conduisaient en conséquence. Les mélancoliques étaient plus que les autres disposés à devenir lycanthropes, c’est-à-dire hommes loups. ».

Sur la lycanthropie au En 1990, avec Maxime Préaud, , professeure de littérature à l'Université de Picardie Jules-Verne, spécialisée dans l’étude des textes démonologiques des Lumières au , notamment les loups-garous et la lycanthropie, réalise une édition critique de l’ouvrage de de 1615 , avec Maxime Préaud, De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers, Frénésie, Paris, 1990, . Davidson, Jane P. (2012) Early modern supernatural: The dark side of European culture, 1400–1700, Santa Barbara : ABC-CLIO, , ..

Au , dans son livre paru en 2016 intitulé De la lycanthropie, que Jean-Michel Gentizon Jean-Michel Gentizon, De la lycanthropie, L'Âge d'Homme, 2016, , présentation sur le site de l'éditeur . Au cours d'une interview de 2019 avec la revue Quinzaines, il reprend à propos de ce livre le terme de Patricia de Pas, « Entre chien et loup. Entretien avec Jean-Michel Gentizon », Quinzaines, N° 1208, 01 février 2019, de Wier et de Nynauld. En 2016, Jean-Michel Gentizon s'adresse au lecteur en ces termes : Dans son analyse du livre de Gentizon, Thierry Trémine voit surtout dans la lycanthropie Thierry Trémine, « Analyse de livre : Jean-Michel Gentizon, De la lycanthropie, Lausanne : éditions L’Âge d’homme, 2016 », L'information psychiatrique, Volume 93(3), , 2017 ..

Personnages célèbres Henri-Jules de Bourbon-Condé Manuel Blanco Romasanta

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

(Dans l'ordre chronologique :)

, De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers, 1615. , avec Maxime Préaud, De la lycanthropie, transformation et extase des sorciers, Frénésie, Paris, 1990, . Alexandra Baratta, et Luisa Weiner, « La lycanthropie : du mythe à la pathologie psychiatrique », L'information psychiatrique, Volume 85(7), 2009, , Davidson, Jane P., Early modern supernatural: The dark side of European culture, 1400–1700, Santa Barbara : ABC-CLIO, , 2012, . Jean-Michel Gentizon, De la lycanthropie, Lausanne, L'Âge d'Homme, 2016, , réédition chez Rue Férou l'Age d'Homme, collection « Rue Ferou Poche », 2018 . Présentation sur le site de l'éditeur Thierry Trémine, « Analyse de livre : Jean-Michel Gentizon, De la lycanthropie, Lausanne : éditions L’Âge d’homme, 2016 », L'information psychiatrique, Volume 93(3), , 2017 . Patricia de Pas, « Entre chien et loup. Entretien avec Jean-Michel Gentizon », Quinzaines, N° 1208, ,

Articles connexes Mélancolie Loup-garou Thérianthropie

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