La bataille de Metz opposa la du général Knobelsdorff à la du général Patton durant la Seconde Guerre mondiale.

Point d'orgue de la campagne de Lorraine, la « bataille de Metz » se déroula du au , dans l'ouest mosellan, entre Thionville au nord et Pont-à-Mousson au sud. L’attaque de la place forte du Reich par la armée américaine rencontra une forte résistance de la défense allemande, et se solda par de lourdes pertes de part et d'autre de la ligne de frontSelon le général Friedrich von Mellenthin, officier à l’état-major du Groupe d'armées G, la bataille de Metz « fut une suite d’erreurs provoquées, en grande partie, par un optimisme débordant exprimé par ceux qui dirigèrent les opérations » (« Objectifs atteints mais… », in Les années Liberté, Metz, 1994.). La ville fut prise le , mais certains forts de Metz ne déposèrent les armes qu’en . La bataille se termina par la victoire des Alliés, et par la reddition des forces allemandes dans ce secteur du front. Le département de la Moselle ne fut totalement libéré que plusieurs mois plus tard.

Contexte historique vignette|250px|gauche|Inspection de Himmler et de Sepp Dietrich au fort de Plappeville, le . À la veille de la Seconde Guerre mondiale, Metz est une ville fortifiée, située entre les rivières de la Moselle et de la Seille. Outre les nombreux ouvrages récents de la région fortifiée de Metz, appartenant à la ligne Maginot, les anciennes fortifications allemandes de la Moselstellung sont encore opérationnelles en 1939. Autour de la cité messine, les forts de Metz en particulier forment deux ceintures fortifiées, distantes de du centre-ville. Ces périmètres fortifiés sont composés de dix-huit forts, ou groupes fortifiés, d'une vingtaine d'ouvrages d'infanterie, de batteries et de postes d’observation interconnectés. La ville tombe pourtant sans combattre aux mains des forces allemandes le et le territoire est peu après annexé au Troisième Reich. Aux yeux des dignitaires nazis, il ne faisait aucun doute que la ville de Metz, qui avait donné tant de généraux et d’officiers à l’armée du ReichParmi ces généraux et officiers allemands nés à Metz, actifs pendant la Seconde Guerre mondiale, on peut citer l’amiral Hans Benda (1877†1951), le général Arthur Kobus (1879†1945), le général Sigmund von Imhoff (1881†1967), le général Günther Rüdel (1883†1950), le général Joachim Degener (1883†1953), le général Wilhelm Baur (1883†1964), le général Hermann Schaefer (1885†1962), le général Otto Schumann (1886†1952), le général Kurt von Falkowski (1886†1953), le général Bodo Zimmermann (1886†1963), le général Walther Kittel (1887-1971), le général Hans von Salmuth (1888†1962), le général Karl Kriebel (1888†1961), le général Hans-Henning von Fölkersamb (1889†1984), le général Friedrich Blaul (1889†1947), le général Eduard Schützek (1890†1979), le général Otto Krueger (1891†1976), le général Arthur von Briesen (1891†1981), le général Eugen Müller (1891†1951), le général Ernst Schreder (1892†1941), le général Ludwig Bieringer (1892†1975), l'intendant général Erich Knitterscheid (1892†1981), le général Josef Gutzeit (1894†1975), le général Edgar Feuchtinger (1894†1960), le général Kurt Haseloff (1894†1978), le général Hans-Albrecht Lehmann (1894†1976), le général Theodor Berkelmann (1894†1943), le général Hans Leistikow (1895†1967), le général Rudolf Schmundt (1896†1944), le général Wilhelm Falley (1897†1944), le général Julius von Bernuth (1897†1942), le général Johannes Hintz (1898†1944), le général Herbert Gundelach (1899†1971), le général Joachim-Friedrich Lang (1899†1945), le général Heinz Harmel (1906†2000), mais aussi Otto Behrendt (1880†ap.1945), Kurt Griepenkerl (1888†ap.1944), Friedrich Mühlmann (1890†1939), Rolf von Lilienhoff-Zwowitzky (1895†1956), Erich von Brückner (1896†1949), Gerhard von Wrisberg (1898†1986), Bernhard Wintzer (1905†ap.1945), Helmuth Bode (1907†1985), Johannes Mühlenkamp (1910†1986), Wilhelm Loos (1911†1988), Peter-Erich Cremer (1911†1992), Joachim Pötter (1913†1992), Ludwig Weißmüller (1915†1943), ou encore Walter Bordellé (1918†1984)., était une ville allemande. La répression allemande, sur la population civile restée attachée à la France, n’en sera que plus brutale.

Pendant l’annexion, la Wehrmacht ne considère pas la ville de Metz comme un site stratégique et n’hésite pas à réduire son dispositif défensif, en désarmant la plupart des forts autour de Metz. Toutefois, lorsque les forces alliées commencent à progresser en France, après le débarquement de Normandie, Metz devient un site stratégique important pour le commandement allemand, qui se met à organiser la défense de la ville, pour tenter de contrôler l’avance des Alliés. À la fin du mois d’août 1944, les forces allemandes réussissent momentanément à contrôler l’avance des Alliés, grâce à des positions défensives, sur l’ensemble du front occidental. Une ordonnance de Hitler, de mars 1944, ordonne en effet aux commandants des différentes places fortes du Troisième Reich, comme à ceux de la région messine, de tenir les positions jusqu’au bout, sauf décision expresse du Führer. Le commandant de Metz suit cet ordre à la lettre, dès le début du mois de , face à l’avancée des troupes de la armée américaine du général George Patton. Devant Verdun, la armée menace déjà gravement la défense de la région de la Sarre, en Allemagne. Espérant gagner du temps pour renforcer le front Ouest, le commandement allemand décide de freiner l’avancée de Patton en renforçant les points stratégiques de ce front. Le secteur de Metz relève de la armée allemande commandée par le général Kurt von der ChevallerieLa armée allemande fut commandée par le général Kurt von der Chevallerie jusqu’au 6 septembre 1944. Il fut remplacé ensuite par le général Otto von Knobelsdorff.. Le , la défense de Metz est confiée au général Walter KrauseWalter Krause sera remplacé par le général Vollrath Lübbe le 18 septembre 1944, puis par le général Heinrich Kittel, le 14 novembre 1944..

Juillet 1944 Malgré une première réunion tenue le dans les souterrains de la Kommandantur de Metz sur l’initiative des généraux Schroth et von Poten, et une seconde réunion organisée par le colonel SS Ernst Kemper le , la défense de Metz n’est pas à l’ordre du jour à Berlin. Selon Kemper, la place de Metz devait être approvisionnée pour six semaines, et le pouvoir civil devait passer le relais aux autorités militaires. La police de sûreté devait en outre expulser les éléments francophiles de la population, afin d'éviter des sabotages et des trahisonsErich Spiwoks, Hans Stober: Endkampf zwischen Mosel und Inn: XIII. SS-Armeekorps, Munin-Verlag, Osnabruck, 1976 ().. L’état-major allemand refuse d’envisager le pire et considère que la progression des Alliés peut encore être contenue sur le front Ouest. Les propositions faites par le commandant de la ville et par Kemper, concernant la défense de Metz, sont donc rejetées.

Fin , Metz est la base arrière de : une partie de l’état-major de la région militaire ou "Wehrkreis XII, dont le siège administratif est à Wiesbaden, commandée par le General der Infanterie Walter Schroth ; l’état-major de la division de réserve, future 462. Volks-Grenadier-Division, sous le commandement du Generalleutnant Krause depuis le ; l’état-major du commandement de la place de Metz, dirigé par le Generalmajor Ernst von Poten ; l’école des élèves officiers de la Wehrmacht ( Standarten-Oberjunker et Standarten-Junker), sous l’autorité du colonel Joachim von Siegroth. La « Fahnenjunkerschule VI » était ouverte depuis ; l’école des transmissions des élèves sous-officiers SS, sous l’autorité du colonel SS Ernst Kemper. La « Nachrichtenschule der Waffen-SS Metz » était ouverte depuis le ; l’état-major du service de santé du Wehrkreis XII, depuis le ; l’état-major du dépôt central de remonte des territoires de l’OuestDepuis la fin de 1942, la pénurie d’essence oblige l’armée allemande à assurer son service de place par traction hippomobile ; l’état-major central des services de ravitaillement et d’intendance ; l’état-major de réserves générales du service des munitions ; l’état-major de la 4. Jagd-DivisionLa division de chasse aérienne, ou 4. Jagd-Division, commandée par le colonel Carl Vieck, a été formée à Metz le 15 septembre 1943. Devant l’avancée des troupes américaines, la division sera dissoute le 8 septembre 1944. de la Luftflotte 3 du Generalfeldmarschall Hugo Sperrle ; l’état-major général du secteur aérien du Wehrkreis XII, basé à Metz-Frescaty, dirigé par le Generalmajor Meier ; l’état-major des services de guerre, casernements et fortifications de Metz ; l’état-major des services de sécurité du Gau Westmark, comprenant, outre la police et la Gestapo, un régiment de sécurité sous les ordres du SS-Brigadeführer Anton Dunckern.

Août 1944