Plounérin est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Géographie Localisation Le territoire de Plounérin forme la limite extrême du département des Côtes-d'Armor à l'ouest. En le quittant vers l'Ouest, on entre dans le Finistère. Bien qu'appartenant historiquement à l'évêché de Tréguier (désormais à l'évêché de Saint-Brieuc), Plounérin se trouvait en Cornouaille, à son extrême-nord, et non en Trégor. La commune fait partie de l'arrondissement de Lannion.

Communes limitrophes thumb|left|Carte de Plounérin et des communes avoisinantes.

Relief et hydrographie Le relief de la commune est assez accidenté : le point le plus haut (246 mètres d'altitude) est situé à l'extrême ouest du finage communal, à la limite du département avec celui du Finistère et de la commune de Guerlesquin ; le point le plus bas (105 mètres) est situé à l'extrémité nord-ouest du territoire communal, dans la vallée du Yar, à l'endroit où ce fleuve côtier quitte la commune.

La majeure partie de la commune, y compris le bourg, est située vers 190 à 200 mètres d'altitude. thumb|left|Carte du réseau hydrographique de Plounérin. Le Yar, dit aussi "Pont-ar-Yar", qui a sa source dans la commune voisine de Guerlesquin, est ainsi décrit en 1890 : il coule généralement vers le Nord, et remplit, à l'Ouest de Plounérin, l'étang de Lesmoal, dit aussi étang du Moulin Neuf, situé à 179 mètres d'altitude et d'une trentaine d'hectares de superficie, et il était décrit comme « fort poissonneux » et faisait alors tourner cinq moulins.. De nos jours, l'étang n'est plus permanent. Deux affluents de rive droite du Yar concernent la commune : le Rosambo et le Dour Elego, ce dernier servant un temps de limite communale avec Plufur.

Par ailleurs le Guic sert au Sud-Est de limite communale avec Plougras et Loguivy-Plougras. Un petit affluent de rive gauche de celui-ci traverse la partie centrale de la commune et alimente l'étang de Milin-ar-Mestr.

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Yar, le Guic, le Dour Elego. et le Rozanbo...

Le Yar, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Guerlesquin et se jette dans la baie de Lannion à Plestin-les-Grèves, après avoir traversé ..

Le Guic, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Botsorhel et se jette dans le Léguer à Belle-Isle-en-Terre, après avoir traversé ..

Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : Stank ar Vilin Nevez ()..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de PlounérinLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lannion à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports

Plounérin est sur l'axe allant de Guingamp à Morlaix, et par extension de Paris à Brest : le tracé quasi rectiligne de l'ancienne Route nationale 12 fut celui d'une voie romaine, avant d'être celui d'une route royale, puis nationale, Plounérin étant un relai et un gîte d'étape sur ce parcours ; cette route traditionnelle n'est plus désormais que la D 712 depuis que l'actuelle Route nationale 12 a été aménagée en voie express contournant par le sud le bourg de Plounérin. La commune est desservie par deux échangeurs : celui de Plounérin, situé au sud du bourg, est un demi-échangeur permettant de sortir de la RN 12 depuis l'ouest et d'y entrer en direction de l'est ; celui de Beg ar C'hra, situé à la limite orientale de la commune perment une desserte complète dans les deux sens et dessert aussi la D 11 qui, côté nord, va en direction de Plouaret et Lannion et, côté sud, de Loguivy-Plougras et Calanhel.

La ligne ferroviaire de Paris-Montparnasse à Brest traverse la partie nord de la commune, la gare de Plounérin étant située à environ deux kilomètres au nord-ouest du bourg, accessible par la D 56, qui, côté nord, va en direction de Plufur et, côté sud, vers Guerlesquin.

La halte de la gare de Plounérin, qui n'a plus son bâtiment voyageurs car celui-ci a été détruit, bénéficie de travaux de réaménagement en 2011.

Urbanisme Typologie Au , Plounérin est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Morlaix, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (82,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (86,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (71,4 %), forêts (13,2 %), terres arables (8 %), prairies (3,4 %), zones urbanisées (3,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Ploenerin fin du , en 1425., 1434., 1444, 1453, 1481, Plouerin en 1512, Plouenerin en 1516, Ploenerin en 1537, Plounérin en 1620, Plonerin en 1630, Plouerin en 1654, Plounérin en 1793, Plounérin et Plounerin en 1801.

D'après ce relevé, la graphie Plounérin apparaît en 1620.

Plounérin est pour « Plou erin », et signifie, pour certains, peuplade irlandaise, peuplade venue d'Erin. Selon Bernard Tanguy, le toponyme procède du vieux breton ploe, associé au saint éponyme Nérin, patron de la paroisse. Sa fête se célèbre le troisième dimanche de mai.

En breton, le nom de la commune est Fañch al Lae, Anoiou lehiou meneget e "BILZIG" (parreziou pe keriadennou), Emgleo Breiz, Brest, 1963.Dictionnaire breton (breton-français / français-breton), sous la direction de Per Jakez Helias, Editions Garnier, Paris, 1986.Francis Favereau, Geriadur Bras, Skol Vreizh, Morlaix, 2022., forme attestée par écrit depuis 1865.

Histoire

Préhistoire

D'après certains témoignages, le site de la commune de Plounérin portait des traces, aujourd'hui disparues, d'une occupation ancienne. Il existait un menhir à la Clarté, aux environs duquel une hache polie aurait été découverte..

Un dépôt de 81 haches à douilles a été mis au jour en 1864 sur le territoire de la commune.

Antiquité

Une fortification de terre, au lieu-dit Ar C'hastell, aurait livré des monnaies romaines.

Une borne romaine au nom de l'empereur Septime Sévère a été trouvée au lieu-dit Pont-Hir. Sa datation est fixée soit en 195, soit en 198, soit en 202. Références : CIL 17-02, 00414, CIL 13, 09014, ILTG 00477, AE 1957, +00211

Moyen-Âge

Le territoire de Plounérin forme une encoche profonde aux environs de la chapelle de la Trinité, toujours au-delà de la rivière qui aurait dû constituer sa limite naturelle (...). Tout cela indique que Plouégat-Moysan est un ancien hameau érigé en paroisse à une époque ou l'on créait encore pour les paroisses des noms en plou-, et qu'il appartenait primitivement à Plounérin (...). Aucune limite naturelle ne la sépare de Plounérin, la frontière suit plusieurs petits chemins, et travers la lande, sur le plateau ; par ailleurs il existe en Plounévez-Moëdec un hameau du nom de Nérin, et ce hameau est le lieu où saint NérinSelon le site Internet "Nominis" saint Nérin serait un compagnon de saint Efflam. avait établi primitivement son culte..

Plounérin renfermait le membre de Saint-Jean du Rochou (qui dépendait de la commanderie de Pont-Melvez), mentionné dans la charte de Quimper de 1182, donnée en faveur des Templiers sous le nom de Le Rachoou ; ce lieu est appelé en 1617 "Le Temple de Rochou" ; il s'y trouvait une chapelle dédiée à saint Jean et .. Il n'en subsiste de nos jours que peu de vestiges..

Selon Jean-Baptiste Ogée le château de Bruilhac [Bruliec ou Bruillac], qui disposait du droit de haute justice, appartenait en 1280 à l'illustre famille du Châtel ; la seigneurie de Plounerin appartenait en 1424, à Jean de Penhoët, chevalier, chambellan et Amiral de Bretagne, fils de Guillaume de Penhoët et de Jeanne d'Albret, comtesse de Fronsac..

La paroisse de Plounérin est créée en 1425 ; de la première église, qui possédait un chevet à noues multiples de style Beaumanoir daté de 1503, il ne subsiste rien. Au Moyen Âge, outre la présence des Hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, la paroisse compte les cisterciens de l'abbaye du Relec, qui possèdent treize tenures en quévaise.

Cette paroisse a été transférée du ressort de la Cour de Guingamp à celle de Morlaix, en faveur de ce seigneur, par lettres du duc Jean V, données le .

En 1500, Kerprigent, appartenait à Jean du Perrier, sieur du Mené ; le Bezuon, à Guillaume de la Lande ; Coettéon, à Yves du Coffre ; Kerlan, à Henri de Kergabin et Keregoan au vicomte de Rohan ; Kerouach, Kermeno, Keris, Keragus, le Cozou et Quellennec, à N... ; la haute justice de Kermoal et de Favet appartenait à M. de Kersauson.

Bien que son nom la désigne comme une ancienne paroisse bretonne de l'Armorique primitive, Plounérin n'apparaît sous ce nom qu'à la fin du dans les documents.

Époque moderne