Le musée national des Antiquités et des Arts islamiques, inauguré en 1897, est situé dans l'enceinte du parc de la Liberté (ex-parc de Galland) à Alger. Il est le plus ancien musée d'Algérie et d'Afrique.. Il couvre l'histoire de l'art en Algérie depuis ans, et abrite une importante collection d’antiquités classiques composée de vestiges mis au jour lors de fouilles sur les différents sites archéologiques d'Algérie et une collection d'art musulman présentant des objets provenant des différentes dynasties arabo-musulmanes ayant exercés leur pouvoir en Algérie, dans le Maghreb et du Proche-Orient. Les œuvres du musée sont de nature variée : céramiques, peintures, sculptures, poteries, textiles, objets archéologiques, objets d'art de divers matériaux, entre autres.

Historique thumb|Môle d'Alger, et au premier plan à droite, maison ayant abrité un temps la bibliothèque-musée. Dessin vers 1830 du lieutenant Letouzé de Longuemar.

Ancien élève de l'école des Chartes et secrétaire du maréchal Clauzel, Adrien Berbrugger avait songé dès les débuts de la conquête à organiser une bibliothèque et un musée : la première fut fondée en , et les collections d'antiquités furent rassemblées dans la caserne des Janissaires, rue Bab Azoun, en 1838. Dès 1845, le musée occupait une dizaine de chambres du palais de la Jenina, et en 1848, la Bibliothèque et le Musée furent installés dans une belle maison mauresque, rue des Lotophages, démolie en 1862.

thumb|Palais de la Jenina en 1856. En 1863, les pièces du musée étaient conservées, avec la première Bibliothèque nationale d'Algérie au palais Mustapha Pacha, dans la casbah. En 1896, déménagement du musée vers la partie haute du parc de Galland dans une structure occupée précédemment par la première école normale d'instituteurs. En 1897, le musée est inauguré par Félix Faure.. En 1907 il reçoit dans son jardin le pavillon des forêts d'Algérie originellement construit par Georges Guiauchain pour l'exposition coloniale de Marseille en 1906. Cité dans Halimede..

thumb|Vue sur le parc de la Liberté (ex-parc de Galland). En 2004, la collection d'art islamique est transférée dans une maison mauresque voisine du bâtiment principal.

Le , le musée a fait l'objet d'acte de vandalisme à l'occasion du Hirak qu'a connu le pays.. La police a pu récupérer les objets volés.. thumb|Le masque de Gorgone.

Le masque de Gorgone qui date de l'époque romaine ( ou ) et découvert au site archéologique d'Hippone en 1930, été exposé provisoirement au musée, à la suite de sa récupération par les autorités algériennes de Tunisie en 2014, en attendant la création d'un nouveau musée à Annaba où il sera transféré. Pour rappel, ce masque a été volé en 1996 du site antique d'Hippone, avant d'être retrouvé en 2011 en Tunisie dans la maison du gendre du président tunisien déchu Zine el-Abidine Ben Ali, en pleine révolution tunisienne...

En 2020, le masque a été remis à nouveau au musée d'Hippone à Annaba pour y être exposé.

Répartition des collections dans le musée Le musée des antiquités et des arts islamiques comprend différentes collections très riches d'œuvres d'art provenant de civilisations, de cultures et d'époques variées. Il est composé de deux pavillons, un pavillon consacré aux antiquités et un autre consacré aux arts islamiques..

Le pavillon des antiquités, dont la collection remonte à 1835, regroupe sculptures, mosaïques, bronzes et céramiques découverts sur les sites archéologiques d'Algérie. thumb|Pavillon des antiquités

Le pavillon des arts de l'islam, dont le fonds initial remonte à 1846, est constitué essentiellement d'objets et pièces découverts sur les sites archéologiques d'Algérie. On y trouve aussi, une riche collection de pièces de monnaie, de manuscrits, de tapis et broderies, de céramiques et de travaux sur bois qui viennent de l'Algérie, et d'ailleurs comme la Tunisie, l'Espagne, le Maroc et du Proche-Orient.

thumb|right|upright=0.7|Quelques pièces exposées dans le hall du musée.

Le portique du musée rappelle, par son ornementation, les portes au Maghreb occidental. Dans le vestibule, au dessus de la porte menant à la cour, on trouve un parement mural en mosaïque d'une abondante décoration intérieure d’inspiration chrétienne représentant le bon pasteur, provenant d'une basilique chrétienne de Rusguniae à Cap Matifou.

Les salles d'exposition s'agencent autour d'une cour dont le sol est pavé de deux mosaïques romaines. Sous les galeries, des inscriptions commémoratives et funéraires arabes et turques. Aux murs des carreaux de faïence italienne, espagnole, hollandaise, tunisienne datant de la période ottomane.

thumb|La bibliothèque du musée.

Une importante section est consacrée à la numismatique. Plus de pièces de monnaie et médailles de toutes les époques punique, numide, maurétanienne, romaine, vandale, byzantine, musulmane, ottomane, et coloniale, y sont exposées et conservées dans le musée. On y trouve même diverses pièces, remontant jusqu'à l'âge d'or musulman au Moyen-Orient, précisément aux époques omeyyade et abbasside.

En raison de la richesse des collections, il ne saurait être question dans ce cadre de présenter ici l'ensemble des pièces exposées.

Collection des antiquités Le fonds antique du musée provient des nombreux sites antiques répartis sur toute l'Algérie : Djemila, Sitifis, Lambèse, Calama, Cherchell, Timgad, Hippone, Cirta, Tiddis, Tipasa de Maurétanie… Bronzes La sculpture en bronze est représentée dans le musée par des pièces de grand format qui sont exposées au centre de la salle, alors que les pièces de petit format sont exposées dans des vitrines.

On y trouve des fibules, balances, et lampes à l’huile. Les œuvres les plus importantes dont Casque à visière et Umbo de Grimidi de Sidi Aïssa (M'Sila) datant du , Diane chasseresse de N'Gaous (Batna) et tête d'enfant de Berrouaghia (Médéa). Au centre de la pièce, l'enfant à l'aiglon, une tête de cheval bouche ouverte en bronze et qui servait comme bouche de fontaine trouvée dans le site antique Lambèse (actuellement Tazoult). Aussi, on y trouve une buste en bronze de la déesse Africa de la période romaine découverte aussi à (Berrouaghia).

Mosaïques Parmi les mosaïques de la salle, nous citons: au sol, la mosaïque Les quatre saisons découverte à Aïn Babouche (Aïn Beida) datant du et la mosaïque de Lambiridi, découverte en 1917 à Kherbet Ouled Arif (Oued Chaaba) au sud de Batna.

Aux murs, La légende d'Achille découverte en 1936 à Tipasa par Ernest L. Ives et son épouse, scène de chasse au chien (Ténès) et Le triomphe d'Amphitrite de la Kalâa des Béni Hammad à (M'Sila) découverte en 1898.

D'autres mosaïques mythologiques aux murs : amours de Jupiter trouvée aux vestiges du site M'Rikeb Thala (Oum El Bouaghi), toilette de Vénus (Batna) : scènes de la vie quotidienne : chasse au sanglier (Ouled Agla) : ou à décor géométrique (Icosium).

Une remarquable mosaïque d'oceanus découverte à Djemila datant du porte l'inscription : Que les cœurs envieux se brisent à cet aspect céleste. Que chez nous, la langue impudente se taise, car dans ce travail, nous surpassons nos ancêtres ; et dans nos édifices, le sommet le plus élevé de l'art brille agréablement. Sois heureux.

Cultes païens et inscriptions Les cultes païens sont représentés des divinités issues des cultes orientaux comme des stèles, poteries et bronzes, dédiées à Saturne, Isis et Esculape.

Parmi les pièces d'art que le musée renferme, des stèles libyques et un remarquable sarcophage en marbre blanc représentant la légende du héro Bellérophon datant du découvert au cours des fouilles effectuées en 1934 à (Azzefoun), un autre sarcophage représentant les sept miracles du christ sculpté sur la face antérieure datant du (Dellys).

On y trouve les tablettes Albertini qui viennent compléter la collection, ces dernières constituent un ensemble d'actes notariés privés écrites à l’encre et en latin, sur le bois datant de l'époque vandale découvertes en 1928 dans le sud de (Tébessa)., un bas relief découvert à la cité romaine de Rapidum à Djouab (Médéa).

Aussi, on trouve un précepte de l'église catholique avec comme inscription « Paix éternelle à l'église catholique » découvert à Beni Rached au nord-est de Chlef datant de la fin du . Une stèle Kerfala de la période libyque découverte dans une tombe en 1954 à Lakhdaria (Wilaya de Bouira).

On y trouve aussi une inscription gravée en 187, où l'on voit un citoyen de Rusicada donner aux habitants des spectacles de toute sorte, une inscription découverte à Djenane Abderahmane (Dely Ibrahim) et fait connaître le nom de Mattia ou Matiat ou Messia, fille de Saltum, morte à vingt ans, et une inscription découverte à El Hadjeb (Biskra), datée de 495, et relative à un évêque dont le nom manque et qui périt en 495, dans la guerre des Maures.

Marbres et poteries Nous découvrons ensuite céramiques, lampes et poteries romaines et puniques ainsi que quelques éléments d'orfèvrerie romaine exposés en vitrines.

On y trouve des marbres dont les trois pièces maîtresses proviennent de Cherchell, il s'agit de trois sculptures de Vénus, Neptune et Déméter. De Carthage, deux têtes dHermanubis et dHadrien ainsi qu'un bas-relief représentant Mars, Vénus et César divinisé. Aussi, une statue en marbre de l'empereur et philosophe romain Marcus Aurelius, une tête de Minerve la déesse de la sagesse (Khemissa) et les bustes de Juba Ier, Juba II, Cléopâtre Séléné II et Ptolémée de Maurétanie de (Cherchell). Aussi, nous trouvons une statue en marbre d'un magistrat municipal romain découverte à Ain Sadjar (Constantine) et la statue de Livilla fille d'Antonia Minor datant du découverte à (Cherchell). D'autres sculptures sont exposées.

Une collection de poteries puniques, des étrusques et grecques, de poteries rouge foncé et clair provenant d’Italie. On trouve de nombreuses lampes à l’huile de différentes époques avec une variété de décorations.

Bijoux de l'antiquité Le musée possède une importante collection de bijoux des périodes romaine et pré-romaine découverts dans les différents sites archéologiques en Algérie.

On y trouve des éléments et boucles de ceintures en bronze (Tiddis), fibule zoomorphe en bronze «trois dauphins», boutons en ivoire incisés, bague en pâte de verre, entaille de cornaline (Djemila), fibule cruciforme en bronze du , une bague sceau en bronze du , fibule en bronze (hippocampe) de (Timgad).

Le Trésor de Ténès (anciennement Cartennae) découvert en 1936 et datant du comprend 19 pièces : une broche en or formée d'un grand médaillon avec une effigie de Galla Placidia (fille du grand Théodose Ier et impératrice d'Occident entre 421 et 424) auquel pendent trois petites croix, trois fibules en or, sept éléments de garniture de ceintures en or ciselé et ajouré, quatre bracelets en or, une ampoule d'argent, deux étuis en or dont un reliquaire, une anse en bronze.

Collection d'arts musulmans Le fonds d'art musulman du musée s'est constitué à partir de 1854 d'objets algériens et orientaux. Il s'est progressivement enrichi de pièces parvenues des fouilles archéologiques réalisées dans le pays, ou par le biais d'achats mais aussi par des dons et des legs de collectionneurs et amateurs des arts islamiques. Cette collection d'arts islamiques contient diverses créations artistiques des périodes Omeyyade, Abbasside, Rostémide et Aghlabide, Zianide, Hammadide, Almoravide, Almohade, Hafside, Mamelouk, Mérinide, Andalouse, ottomane, État d'Abdelkader jusqu'à l'époque contemporaine, et d'autres œuvres d'art provenant de civilisations, de cultures et d'époques variées.

Archéologie islamique L'archéologie islamique est représentée par des fragments de structures, objets et pièces produites ou traces matérielles laissées par l'Homme pendant des époques variées. La collection continent des spécimens de diverses créations artistiques.