Quemper-Guézennec est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.
Géographie Situation thumb|left|Carte de Quemper-Guézennec et des communes avoisinantes.
La commune est située à proximité de la Manche, sans être véritablement littorale, car à de la côte du Trégor-Goëlo ; elle se trouve entre le fleuve côtier Trieux et son affluent de rive droite, le Leff. Historiquement Quemper-Guézennec fait partie du Trégor. La commune appartient à l'arrondissement de Guingamp et, après avoir appartenu en 1996 à la Communauté de communes Paimpol-Goëlo, fait partie désormais depuis 2017 de la communauté de communes Guingamp-Paimpol Agglomération. Relief La majeure partie du finage communal est constituée d'un plateau qui culmine à 97 mètres d'altitude au sud-ouest du bourg et dont l'altitude décroit progressivement vers les périphéries du territoire communal en raison des vallées des cours d'eau qui le bordent, lesquelles descendent pour celles du Trieux et du Leff jusqu'au niveau de la mer, leurs vallées étant dans leur partie aval encaissées de plusieurs dizaines de mètres par rapport au plateau, notamment au niveau de leur confluence (oppidum de Frinaudour) . Le bourg est vers 65 mètres d'altitude.
Hydrographie
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Quemper-GuézennecLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Trieux, le Leff, la Font Kergavel., le Poul Jaudour. et le ruisseau de la Fontaine kergavel...
Le Trieux, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé .. La marée remonte jusqu'au barrage de l'Écluse et une partie de la zone d'activités portuaires de Pontrieux se trouve sur le territoire communal de Quemper-Guézennec. En aval de Pontrieux, le Trieux sépare les communes de Quemper-Guézennec et de Ploëzal ; en amont de Pontrieux le Ruisseau de la Fontaine Kergavel, affluent de rive droite du Trieux, sert de limite communale avec Saint-Clet.
Le Leff, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Leslay et se jette dans le Trieux sur la commune et de Plourivo, après avoir traversé .. Les caractéristiques hydrologiques du Leff sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 29/07/2024 à 02:05 TU à partir des 618 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/01/1973 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le .. La marée remonte jusqu'au lieu-dit Le Houel. Le Leff sépare les communes de Plourivo et de Quemper-Guézennec dans sa partie aval ; plus en amont il sert un temps de limite communale côté est de Quemper-Guéennec avec Lanleff ; son affluent de rive gauche le Ruisseau de Poul Jaudour, sert côté sud de limite communale avec Le Faouët et alimente l'étang du Moulin de Kerlouët, d'une superficie de 3 hectares.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Lanleff à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Transports La ligne ferroviaire de Guingamp à Paimpol passe près de la limite occidentale de la commune, longeant en la dominant la rive droite du Trieux et franchit par un viaduc métallique en treillis le Leff près de Frinaudour ; la gare la plus proche de Quemper-Guézennec est celle de Pontrieux..
Quemper-Guézennec n'est desservi que par des routes secondaires, principalement la D15, axe routier nord-est -sud-ouest venant de Plourivo et se dirigeant vers Pontrieux, qui croise dans le bourg la D82 qui, côté sud vient de Saint-Clet.
Le GR 34A longe la rive droite du Trieux, à la limite occidentale de la commune.
Urbanisme Typologie Au , Quemper-Guézennec est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paimpol, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
La commune, bordée par l'estuaire du Trieux, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (87,8 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (87,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (55,3 %), zones agricoles hétérogènes (32,4 %), forêts (7,2 %), zones urbanisées (3,9 %), eaux maritimes (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Kemper en 1235, ecclesia de Kemper vers 1330, Quemper Guezenec à la fin du , Quenpergueheneuc en 1405, Quemper Gueheneuc en 1426, Quemperguehennec en 1464 ..
Du celtique ancien -ber (coule) et de kem (ensemble, avec), signifiant littéralement « couler ensemble » d'où le sens global de « confluent »Article ber du Dictionnaire étymologique du breton, par Albert Deshayes, Coop Breizh, 2003, et Divi Kervella, Noms de lieux bretons, 2008.. et doit son appellation au confluent du Leff et du Trieux..
L'étymologie erronée de Guézennec est parfois comprise comme signifiant « planté d’arbres », mais son origine vient de la fondation de l'ancienne paroisse primitive en 1202 par un moine gallois nommé Gwezennec, qui englobait outre le territoire actuel de Quemper-Guézennec, ceux de Saint-Clet et Notre-Dame-des-Fontaines (aujourd'hui en Pontrieux).
Un seigneur nommé Guehenoc de Kemper est mentionné en 1235 dans une enquête relative aux droits de Henri d’Avaugour. Au XIVᵉ siècle, le seigneur de Kergozou, de Lanozou, de Trostan et de Kersallic fait don de ses domaines à l’abbaye de Beauport. Dès 1405, une châtellenie de Quemper-Gueheneuc et de Pontreu est attestée. Enfin, Quemper-Gueheneuc est cité comme paroisse en 1426.
En breton, la commune se nomme Kemper-Gwezhenneg.
Frynaudour (Fri an daou dour en breton) signifie en français "nez des deux eaux"..
Histoire
Moyen Âge Sous l'Ancien régime, Quemper-Guézennec était une paroisse appartenant à l'évêché de Tréguier. thumb|Dessin de deniers bretons des Penthièvre provenant de Quemperli, contraction de Quemper-Lié, Lié étant un ancien nom du Leff (Docteur Macé, Les deniers bretons de Quemperli, Courrier numismatique, 1923). La famille de Quemper est citée pour la première fois en 1218 ; elle semble être issue en juveignerie de la famille de La Roche-Derrien ; la vicomté de Quemper fut par la suite réunie avec celle de Pontrieux-Frinaudour. La vicomté passa successivement aux mains des familles de Penthièvre, de Kergorlay, de La Roche-Jagu, de Montfort, de Laval, de Rieux, d'Acigné, du Plessis de Richelieu, Fleuriot de Langle et enfin de Coëtrieux avant la Révolution française.. Les terres de la seigneurie de Quemper étaient étendues sur les paroisses et trèves de Quemper-Guézennec, Le Faouët, Lanmodez, Pommerit-le-Vicomte, Saint-Clet, Saint-Gilles-les-Bois et Trévérec..
Le château de Frinaudour [Frynaudour ou Frinandour], construit probablement au par la famille de Kergorlay, situé sur un éperon rocheux à la presqu'île de confluence entre le Trieux et le Leff, était entouré d'un fossé (douve) que l'on franchissait par un pont-levis, possédait 4 ou 5 tours et un logis ; il était précédé d'une basse-cour, également avec fossé et pont-levis ; il fut démantelé lors de la Guerre de la Ligue à la fin du . Le site est désormais envahi par la végétation.. Un inventaire du mobilier du château de Frinandour [Frinaudour] au a été conservé.. Son plan est aussi disponible et ..
Selon Jean-Baptiste Ogée « le château de Frinaudour [Frynaudour], place jadis assez bien fortifiée, appartenait, en 1393, au Duc de Bretagne Jean IV [faux, à la famille d'Avaugour]. Le Connétable de Clisson , qui fit la guerre à ce Prince , se rendit maître du château de Finaudour, l'an 1393 ; il appartenait, en 1512 , au Sire de ChateaubriandProbablement Jean de Laval-Châteaubriant. ; il a été démoli depuis , l'on n'en voit plus que les ruines et l'ouverture d'un souterrain qui passe sous la rivière de Trieux, et conduit au château de Kermarquer, dans la paroisse de Ploezal [douteux]. On en a fait boucher l'entrée pour éviter les accidents qu'une curiosité imprudente occasionnait assez souvent ; ce château appartient présentement [en 1778] à M. de CoëtrieuxCharles de Coëtrieux, né le à Tréglamus, décédé avant le . »..