Mai 68 est un ensemble de mouvements sociaux, de grèves et de manifestations survenus en France, en mai-juin 1968.
Ces événements constituent une période et l'une des ruptures marquantes de l'histoire contemporaine française, caractérisés par une vaste révolte spontanée antiautoritaire, de nature à la fois culturelle, sociale et politique, dirigée contre la société traditionnelle, le capitalisme, l'impérialisme et, plus immédiatement, contre le pouvoir gaulliste en place.
L'Historiographie de Mai 68 a rappelé à partir des années 1990 que Mai-juin 1968 a vu aussi les grèves les plus massives de l'histoire de France avec près de dix millions de grévistes juste avant la négociation des Accords de Grenelle qui actent un relèvement de 35% du Smic.
Enclenchée par une révolte de la jeunesse étudiante parisienne, puis gagnant le monde ouvrier et pratiquement toutes les catégories de population sur l'ensemble du territoire, elle reste le plus important mouvement social de l'histoire de France du .
Prémices
en 1961, la création du Front universitaire antifasciste est un point de départ pour la "Génération 68", selon l'enquête de Hervé Hamon et Patrick RotmanGénération (histoire sociale et politique) sur le Gauchisme, aux Éditions du Seuil de Hervé Hamon et Patrick Rotman (Tome 1 : Les Années de rêve, en 1987, Tome 2 : Les Années de poudre, en 1988) car elle entraîne la création au sein de l'UNEF, sur fond d'attentisme de sa direction face à l'OAS et la fin de la Guerre d'Algérie, d'une opposition de gauche, menée par la Fédération des groupes d'études en Lettres (FGEL) de militants qui élargissent les mobilisation aux luttes sociales et le périmètre des étudiants mobilisés via la création de groupes d'études, par discipline, où chacun peut apporter ses idées et regards critiques sur l'enseignement. , enquête-documentaire de l'ORTF sur la résidence universitaire Nanterre. Didier Gallot et Patrick Buisson, militants à la FNEF de Nanterre avec Hubert de Kervenoaël l'emmènent porter plainteInterrogé plus tard, Daniel Cohn-Bendit se souvient moins bien de Patrick Buisson que d'autres, voir "Quand Patrick Buisson faisait la contre-révolution" par François Krug Publié dans Le Monde du 20 février 2015 . 30-31 mars : à Paris, premier Congrès des Comités Vietnam de base (CVB), qui annonce 120 CVB à Paris et région parisienne, 150 en province. au 3 avril : dans une série de trois articles de Michel Legris, Le Monde se demande : « Qui sont les « pro-chinois » en France ? ». vendredi 19 avril, avant-veille de l'Assemblée de l'UNEF, Occident est soupçonné d'avoir brisé les vitrines, Rue Gît-le-Cœur, d'une librairie et d'un cinéma sympathisant du Comité Vietnam national, projetant le film de Joris Ivens sur la Guerre du Vietnam, Parallèle.. L'extrême-droite est très affaiblie par les 13 condamnations du pour « violence et voies de fait avec armes et préméditation"Génération Occident" par Frédéric Charpier Le Seuil p. 142. », sanctionnant son attaque du sur le campus de l’université de Rouen"Génération Occident" par Frédéric Charpier Le Seuil, qui a fait déposer les armes à ses leaders Gérard Longuet, Alain Madelin et Patrick Devedjian. Mais elle joue de sa réputation pour instiller des tensions symboliques par des incendies ou bris de vitres nocturnes. dimanche 21 avril, une nouvelle assemblée générale extraordinaire de l'UNEF a lieu de 15 heures à minuit dans un amphithéâtre annexe de La Sorbonne, et doit élire un successeur à son président Michel Perraud, qui a démissionné à la mi-mars 1968, après avoir été mis en minorité par le bureau national et par l'assemblée générale de l'UNEF. Il est vrai qu'il avait rencontré un responsable de la jeunesse communiste. Mais il ne pouvait accepter sa proposition de communiqué commun dénonçant les trotskistes. De la même manière, avec le secrétaire général à l'organisation de l'UNEF, Jean-Louis Cardi, il y eut une rencontre avec un responsable de l'UJC(ml) qui exigeait un communiqué commun dénonçant le trotskisme et le révisionnisme. Ces exigences étaient inacceptables. Mis en minorité par la majorité du bureau national, et par l'AG de mars 1968, Jean-Louis Cardi et Michel Perraud démissionnèrent. Si Jean-Louis Cardi fut convoqué pour « déviation maoïste » devant la commission des conflits du PSU (il ne s'y présenta pas), jamais Michel Perraud ne reçut une telle convocation. Le bureau du PSU, mené depuis 1967 par Michel Rocard affiche sa défiance envers le gauchisme groupusculaire et estime que Jacques Sauvageot, également adhérent du PSU, doit succéder à Michel Perraud à la tête de l'UNEF. Mais l'assemblée de l'UNEF échoue à nouveau le 21 avril à élire un président à cause de l'irruption le soir d'associations générales d’étudiants tenues par la droite via la FNEF, menées par Olivier Noc, le président du groupe Sciences-Po. Suspendues pour non-paiement de leurs cotisations, elles protestent contre le projet d'exclusion de celles restées dans l'UNEF. Parmi les intrus, des militants d'extrême-droite, appelés ou tolérés par Olivier Noc. Des heurts font un peu plus tard trois blessés dont un sérieusement, les trotskistes du CLER étant intervenus pour chasser les intrus, avant de perdre ensuite un vote sur leur proposition de boycotter des examens. Entre-temps, la police a fait évacuer la salle : le vice-président Jacques Sauvageot doit à nouveau assumer l'intérimLe Romarin, le Seringa et la blanche Aubépine" par Gilbert Bereziat - 2013, porté par une coalition de courants communistes, trotskystes et maoïstes s'étant opposés à l'intrusion violenteChronologie de Mai 68 - 21 avril 1968HISTOIRE DES ASSOCIATIONS ETUDIANTES FRANÇAISES selon la FAGE 24 FÉVRIER 2013 . Quant à l'Amicale des élèves de l'Institut d'études politiques de Paris accusant Michel Perraud d'avoir « encouragé les délégués trotskistes » à expulser sa délégation, sans intervenir "pour secourir les blessés", cette déclaration est stupide : si Michel Perraud a assisté à l'AG du comme président démissionnaire, il n'avait aucune raison et aucun mandat pour y prendre la parole. lundi 22 avril, le Mouvement du 22 Mars lance à Nanterre des représailles contre le local de la FNEF, dirigée à Nanterre par Jean-Luc Gréau, jugée responsable de l'intrusion de la Sorbonne. Ils affichent « FNEF = Occident » sur ce local et empêchent les militants d'en sortir"Les Trublions" par Jean Bertolino, Stock, 1969, page 25. « C’est ainsi que les heurts se sont déclenchés », observe Le MondeEn 1998, Libération mentionnera par erreur que la bagarre a eu lieu devant le local de l'UNEF Nanterre . Dans un livre de souvenirs consacrés à de Gaulle, le ministre de l'éducation de l'époque, Alain Peyrefitte, parlera, par approximation de saccages du siège de l'UNEF, des locaux du Comité Vietnam national et du local de la FNEF"De Gaulle, Volume 2 par Alain Peyrefitte , ce qui n'est confirmé par aucune autre source. mardi 23 avril : séance de l'examen de la motion de censure déposée par la Fédération de la gauche marqué les critiques de l'opposition contre la politique gouvernementale de l'information, s'en prenant essentiellement à l'ORTF. mardi 23 avril, nouvel incident à la faculté de Nanterre en relation avec les problèmes à l’UNEFL’article du Monde en page 9: après avoir contredit Cohn-Bendit lors d'un cours en travaux pratiques de lettres dans la Faculté, un militant de Nanterre de la FNEF, Hubert de Kervenoaël, a été menacé par ce dernier puis frappé par une dizaine d'étudiants et délesté de son portefeuille. Selon l'historien américain Bertram Gordon, cité par son compatriote Michael SeidmanThe Imaginary Revolution: Parisian Students and Workers in 196 aux Editions en 2004, , Hubert de Kervenoael, qui écope de dix points de suture et dix jours d'interruption"La droite buissonnière" par François Bousquet, Editions du Roche, 2017, ne militait pas à Occident. Didier Gallot, président FNEF de l'Association des Étudiants en Lettres, qui avait été interviewé le 26 mars par l'ORTF pour plaider le dialogue avec les autorités universitaires"Les résidents de Nanterre", dans l'émission de l'ORTF, Tel quel 26 mars 1968 time code décide d'accompagne Hubert de Kervenoael déposer plainte contre Cohn-Bendit. La FNEF accuse Cohn-Bendit dans un communiqué d’avoir prononcé de violentes menaces devant témoins à l’encontre de Kervenoaël« Nanterre : M. Cohn-Bendit est interpellé par la police » dans Le Monde du samedi 27 avril, page 8 , juste avant la bagarre, dans le TP (Travaux pratiques) de lettres où il était au travail. jeudi 25 avril, à , Pierre Juquin, invité par les étudiants communistes de Nanterre à une réunion-débat visite le doyen puis s'installe à la tribune dont il est chassé par les maoïstes. Cohn-Bendit avait décidé avec eux qu'ils n'interviendraient que si Juquin refusait de répondre aux questions de Cohn-Bendit sur les articles jugés hostiles de L’Humanité concernant Nanterre« L’agitation chez les étudiants / Nanterre : les "pro-chinois" empêchent M. Juquin de parler », dans Le Monde du samedi 27 avril, page 11 . Une demi-heure après, débat dans un autre amphitéâtre avec Laurent Scharwtz et André Gorz sur la fonction sociale de l'Université, Daniel Cohn-Bendit reproche à un militant du CLER de vouloir les empêcher de parler et le fait taire avec l'assentiment des maoïstes. vendredi 26 avril, une seconde plainte a été déposée par le recteur Jean Roche, au sujet de la publication de la recette du Cocktail Molotov, dans le journal Mouvement du 22 mars. samedi 27 avril, Daniel Cohn-Bendit arrêté à , en bas de chez lui puis perquisitionné et interrogé dans deux commissariats successifs car Hubert de Kervenoaël a porté plainte et l'accuse de l’avoir molesté le 25 avril. Il est libéré à , sur décision du Garde des sceaux, Louis Joxe et du premier ministre Georges Pompidou. A sur France-Inter (ORTF), Jean-Pierre Elkabbach présente Daniel Cohn-Bendit comme , en mentionnant sa libération, avec un court portrait flatteur mentionnant qu'on avait ce jeune homme et le présentant comme un militant de l'UNEF, et Ina: Inter actualités de 20H00 du 27 avril 1968 à partir de 8 minutes 45 sur le journal . dimanche , les GPA attaquent à Paris l'exposition sur les « crimes » des Vietcongs organisée par le Front uni de soutien au Sud-Viêtnam dirigé par Roger Holeindre qui se tient, 44, rue de Rennes. lundi 29 avril, Cohn Bendit, libéré, affirme qu'il a davantage protégé qu’agressé Kervenoaël et seulement fait un canular potache avec la recette du Cocktail Molotov. Conseil universitaire à Nanterre : . Le principe d'une force universitaire de sécurité sur le campus, est approuvé par un vote quasi unanime des professeursChronologie des événements à Nanterre en 1967-1968", par Rachel Mazuy et Danièle Le Cornu dans la revueMatériaux pour l'histoire de notre temps 1988 . 2 mai, plusieurs cours n'ont pu avoir lieu du fait d'incidents (menaces proférées contre des étudiants, des professeurs, des fonctionnaires).
Mercredi Des ouvriers de Renault-Billancourt occupent spontanément leurs ateliers; La CGT procède au premier défilé de rue depuis qu'il avait été interdit en 1954 à cause des affrontements à l'aube de la Guerre d'AlgérieRéalisé avec les archives de l'Agence France-Presse et remplacé par un rassemblement à la Pelouse de ReuillyCiné-Archives, Archives françaises du film. La CFDT s'y joint dans certains villes comme Toulouse, Clermont-Ferrand ou Marseille, via un défilé unitaire. A Paris, Cohn-Bendit rejoint avec un drapeau noir la centaine de trotskites et maoistes qui s'insèrent de force au milieu du défilé, mais sont expulsés par le service d’ordre de la CGT au prix de , selon le rapport du préfet de police. Huit étudiants de Nanterre dont Daniel Cohn-Bendit, René Riesel et Jean-Pierre Duteuil sont convoqués pour un conseil de discipline de l'Université de Paris le 6 mai, sans notification officielle des motifs.