Saint-Connan est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France.

Le nom de la commune en breton est Sant-Konan.

Géographie Localisation vignette|left|Carte de Saint-Connan et des communes avoisinantes. Saint-Connan fait partie du canton de Saint-Nicolas-du-Pélem et dépend de l'arrondissement de Guingamp.

Communes limitrophes

Relief et hydrographie Le relief de la commune est assez accidenté : les points les plus élevés sont à l'Est (281 mètres à la Villeneuve, point le plus élevé), au Sud (270 mètres au sud de Coat ar Bellégues et 261 mètres au point le plus au sud du territoire communal) ; la partie ouest est moins élevée (231 mètres à Sainte-Marie, 220 mètres à l'extrême ouest, au sud de la chapelle du Logo) ; le Nord de la commune est moins élevé, le point le plus bas se trouve à la confluence du Trieux et du Ruisseau de la Villeneuve à 161 mètres d'altitude. Le bourg est vers 220 mètres. vignette|left|Carte du réseau hydrographique de Saint-Connan. Situé à d'altitude, le fleuve côtier Trieux est le principal cours d'eau qui traverse la partie Nord-Ouest du finage communal, puis le longe servant de limite commune avec Plésidy ; son affluent de rive droite, le Ruisseau de la Villeneuve, sépare côté Est Saint-Connan du Vieux-Bourg et de Saint-Gildas et côté Nord de Senven-Léhart. Un de ses affluents alimente l'un des deux étangs de la commune, l'Étang du Bourg (dit aussi l'étang de Saint-Connan) ; l'autre étang, l'Étang Neuf, situé au nord-ouest du territoire communal, est directement sur le Trieux ; chacun de ces deux étangs est d'une superficie de 9 hectares chacun environ, de deux à trois mètres de profondeur et qualifiés en 1890 par Jean-Marie Rigaud de « très poissonneux ».. Un parcours dédié à la pêche de la truite à la mouche en réservoir a été aménagé à l'Étang Neuf par la fédération de pêche..

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Trieux, la Villeneuve et un autre petit cours d'eau..

Le Trieux, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Kerpert et se jette dans la Manche entre Lézardrieux et Ploubazlanec, après avoir traversé ..

La Villeneuve, d'une longueur de , prend sa source dans la commune du Vieux-Bourg et se jette dans le Trieux sur la commune, après avoir traversé ..

Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Saint-Connan () et l'étang Neuf ()..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Saint-ConnanLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Transports Saint-Connan n'est desservi que par une seule route départementale d'importance secondaire, la D 4, qui, côté nord vient de Saint-Fiacre et Senven-Léhart et, côté sud, dessert Saint-Gilles-Pligeaux et Canihuel ; toutefois la D 767 (ancienne Route nationale 167) venant de Guingamp côté nord, et se dirigeant vers Corlay côté sud longe un temps le territoire communal, mais en passant sur la rive gauche du Trieux, côté Kerpert.

Habitat et paysages Saint-Connan présente un paysage de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (Saint-David, Galbouan d'en Haut, Coldabry, Coat ar Belléques) et fermes isolées. Éloignée des grands centres urbains et des principaux axes de communication, la commune a conservé son caractère rural, ne connaissant pas de rurbanisation. Au contraire la commune a connu depuis le début du un fort dépeuplement, perdant les deux-tiers de ses habitants en raison d'un important exode rural.

Une vue aérienne du bourg est disponible sur un site Internet..

Les bois sont rares : celui de Saint-Bernard est une annexe de la forêt de Coat-Mallouen, située en Kerpert.

Urbanisme Typologie Au , Saint-Connan est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (82,2 %), terres arables (10,8 %), forêts (7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Sanctus Conanus en 1156 et en 1166, treffve Sainct Chorentin en 1535 et en 1536.

Sous l’Ancien Régime, on rencontre les formes suivantes : Saint-Connen, Saint-Conan ou Saint-Connan..

Au cours de la Révolution française, la commune porta provisoirement le nom de Roc-Conan.

Saint-Connan vient du nom d’un moine d’origine armoricaine, Konan., disciple de saint Cadoc et/ou de saint Cadvan, établi dans l'île d'Ely (Bardsey island)

En breton, le nom est . C'est également la forme préconisée par l'Office public de la langue bretonne..

Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 82,6 % des toponymes de la commune sont bretonsJean-Yves Le Moing, Les noms de lieux bretons de Haute-Bretagne, Coop Breizh, 1990, p. 394.

Histoire Préhistoire et Antiquité Un dolmen se trouve près des ruines de l'ancien château-fort de la Ville-Neuve.

Dans une lande dite Crech-ar-Leurren, située à environ 1,5 km à l'Est du bourg, se trouvent les vestiges d'un camp romain, traversé du sud au nord par une voie romaine.

Moyen Âge Saint-Connan est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Pligeaux. La seigneurie de Saint-Connan (Conani terram) est signalée en 1142, comme ayant été donnée à l'abbaye cistercienne de Coatmalouen (ou Coat-Mallouen) par Alain Le Noir, père du duc Conan IV qui confirme la donation en 1156 et en 1166Mor., Pr. I, 641.

Saint-Connan est une ancienne paroisse succursale de Saint-Gilles-Pligeaux. L'ancienne paroisse primitive de Pligeaux (de « pleiaut » paroisse primitive) englobait jadis outre le territoire actuel de Saint-Gilles-Pligeaux ceux de Kerpert, Saint-Connan, Kerien, Lanrivain, Canihuel, Sainte-Tréphine, Magoar, Le Vieux-Bourg, Saint-Gildas, Le Leslay, Bothoa et Saint-Nicolas-du-Pélem. Pligeaux est réduit dès le . Son chef-lieu est transféré de Kerpert à Saint-Gilles avant 1371. L'église Saint-Gilles est l'église paroissiale de Pligeaux dès 1393. En 1393, des indulgences lui sont accordées par le Saint-Siège : Archives du Vatican. vignette|Village et église Saint-Corentin de Saint-Connan, carte postale, v. 1904-1908. Saint-Gilles-Pligeaux (Pleiaut) est mentionné dès 1146 dans un acte de Conan IV (duc de Bretagne et fils d'Alain Le Noir), confirmant la fondation de l’abbaye de Coatmalouen (ou Coat-Mallouen)Le site de cette ancienne abbaye est actuellement en Kerpert, mais à la limite de Saint-Connan., de l'ordre de Cîteaux, le par le comte Alain Le Noir, sur le territoire de Saint-Connan (alors paroisse de Saint-Gilles-Pligeaux). Saint-Gilles-Pligeaux (Ploegeau) est cité en 1368 dans les bénéfices du diocèse de Quimper, et comme paroisse lors du procès de canonisation de Charles de Blois.

Temps modernes

En , le marquis de Pontcallec, chef de la conjuration qui porte son nom, trouve refuge dans l'abbaye de Coat-Mallouen.

À la fin de l'Ancien Régime, la paroisse de Saint-Gilles-Pligeaux possède deux succursales : Kerpert et Saint-Connan. À la suite d'un échange avec Saint-Connan, Saint-Gilles-Pligeaux cède les villages de Creniel, Pradou, la Villeneuve, Lescanic et Cosquer en 1836 et reçoit en échange, les villages de Kerhoué, Bossant et Jarnay.

Révolution française

Durant la Révolution, la paroisse de Saint-Connan dépendait du doyenné de Saint-Nicolas-du-Pélem. La première municipalité est élue au début de 1790. Pendant la Terreur révolutionnaire, Saint-Connan porte le nom de Roc-Connan (arrêté du district de Guingamp en date du ).

Le

Saint-Connan devient une paroisse à part entière dès 1804. Par l’ordonnance du , Saint-Connan s’est agrandi des villages de Creniel, Pradou, la Villeneuve, Lescanic et Cosquer, et cela, au détriment de Saint-Gilles-Pligeaux. En échange, Saint-Connan a cédé à Saint-Gilles-Pligeaux, les villages de Kerhoué, de Bossant et du Jarnay.

En , au village de Kerdavid en Saint-Connan, une enfant de 7 ans, Anne Le BihanicAnne Le Bihanic, née le à Saint-Connan, décédée après 1905., fut mordue au visage par un loup et se trouvait dans un état grave., mais elle survécut et fut filandière à Kerpert.

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Saint-Connan en 1853 : « Saint-Connan ; commune formée de l'ancienne trève de Saint-Gilles-Pligeaux ; aujourd'hui succursale. Géologie : constitution granitique. On parle le breton »..