Cet article présente diverses statistiques sur la population carcérale française, à savoir l'ensemble personnes détenues (prévenues ou condamnées) incarcérées au sein d'un établissement pénitentiaire et placées sous la responsabilité de l'administration pénitentiaire.

Au , les prisons nationales comptent (87 961 au hors collectivités d'outre-mer).

Évolution

thumb|Évolution de l'activité carcérale en France de 1997 à 2008. Source : statistiques du ministère de la Justicechiffres clés de Ministère de la JusticeStatistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France en février 2007 Statistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France en janvier 2007 Statistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France pour l'année 2006Statistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France pour l'année 2005Statistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France pour l'année 2004Statistique du Ministère de la Justice de la population écrouée et détenue en France pour l'année 2003. L'évolution de la population carcérale et du nombre de places en France est la suivanteLa population écrouée non détenue n'est pas incluse : le rapport de mars 2007 signale que (page 18) : en 1946, personnes détenues en métropole, ce qui donne un taux de détention record de 155 détenus pour habitants, près de la moitié des prisonniers étant incarcéré pour fait de collaborationPierre-Victor Tournier, « La population pénitentiaire en France depuis 1945 », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 4 mars 2013 ; en 1957, personnes détenues, soit le taux de détention le plus bas de l'histoire de 45 détenus pour habitants ; de 1950 à 1980, la population carcérale française regroupe, en plus des détenus de droit commun, de nombreux prisonniers bénéficiant d'un régime pénitentiaire spécial, 25 % des détenus étant des Nord Africains en 1959 (contexte de la guerre d'Algérie) ; depuis 1975, l'inflation carcérale est corrélée avec l'augmentation de la durée d'incarcération ; en 2006, on compte places opérationnelles pour écroués, soit une densité de 121 % ; en , on compte places opérationnelles pour écroués ; en , on compte places opérationnelles pour écroués, soit une densité de 122 % ; au , , ; en , l'ancienne garde des Sceaux Élisabeth Guigou estimait le nombre de places au à Libération du 22 septembre 2008, page 36.

Au , d'après le ministère de la JusticeStatistique du Ministère de la Justice sur la population écrouée et détenue en France en mars 2007 : des écroués (31 %) sont des prévenus, c'est-à-dire en attente de procèsle chiffre est de 2/3 pour les mineurs écroués ; la population écrouée non hébergée a crû de 54,1 % entre et .

Au , d'après le ministère de la Justice, il y a : places ; personnes écrouées détenues dont condamnés (69 %) et prévenus (26 %), c'est-à-dire en attente de procès ; personnes écrouées non hébergées.

Au , d'après le ministère de la Justice, il y a : places ; personnes écrouées détenues dont condamnés (75 %) et prévenus (25 %), c'est-à-dire en attente de procès ; personnes écrouées non hébergées.

Au , d'après le ministère de la Justice, il y a : places ; personnes écrouées détenues dont condamnés (71,5 %) et prévenus (28,5 %), c'est-à-dire en attente de procès ; personnes écrouées non hébergées.

Au , d'après le ministère de la Justice, 249 298 personnes sont prises en charge par l'administration pénitentiaire, dont 172 007 personnes suivies en milieu ouvert et 76 601 personnes sous écrou. Et on compte 187 établissements pénitentiaires (86 maisons d'arrêt, 94 établissements pour peine, 6 établissements pénitentiaires pour mineurs, 1 établissement public de santé national à Fresnes), 103 services pénitentiaires d'insertion et de probation (SPIP), pour 37 801 agents (27 115 personnels de surveillance et 5 095 personnels des SPIP) et 2,69 milliards d'euros de budget annuel (hors pensions).

Au , sont incarcérés selon le ministère de l’Intérieur, soit 104,3 pour habitants.

Durant la pandémie de Covid-19, une baisse de détenus sur tout le territoire est due à deux facteurs. Le premier, pour près de la moitié, est dû à la réduction de l’activité des juridictions pénales. L'autre facteur est l'augmentation des sorties de détention consécutives aux mesures mises en œuvre par les parquets et les juges d’application des peines depuis le début du confinement de 2020 en France.. Thierry Cordelette, personnel pénitentiaire à la maison d'arrêt de Dijon, et délégué régional UFAP-UNSA, s'interroge .

Au : les prisons françaises comptent détenus pour places opérationnelles ; près de 30 % des personnes incarcérées () sont des prévenus détenus dans l'attente de leur jugement ; au total, personnes sont placées sous écrou, dont non détenues font l'objet d'un placement sous surveillance électronique () ou d'un placement à l'extérieur (712)Prisons : près de 68.000 détenus au 1er juillet, une hausse de 15,7% en un an, lefigaro.fr, 28 juillet 2021. Au , les prisons françaises comptent 72 173 détenus, dont 5 489 en outre-mer, pour une densité carcérale de 119 %.

Au :

les prisons françaises comptent pour opérationnelles (densité carcérale de 118,7 % en moyenne) ; incarcérées sont des prévenus détenus dans l'attente de leur jugement et sont des condamnés-prévenus (condamnés pour une ou plusieurs affaires et simultanément mis en cause dans d'autres affaires) ; au total, sont placées sous écrou, dont non détenues font l'objet d'un placement sous surveillance électronique () ou d'un placement à l'extérieur (734). Au :

les prisons françaises comptent 84 862 détenus pour 62 501 places opérationnelles (densité carcérale de 135,8 %) ; 22 301 personnes incarcérées sont des prévenus détenus dans l'attente de leur jugement ; au total, 102 086 personnes sont placées sous écrou, dont non détenues font l'objet d'un placement sous surveillance électronique ou d'un placement à l'extérieur. Au :

les prisons françaises comptent 86 229 détenus pour 63 613 places opérationnelles (densité carcérale de 135,6 %). Au :

les prisons françaises comptent pour 63 289 places opérationnelles (densité carcérale de 136,9 %). Au :

les prisons françaises comptent , pour 63 353 places opérationnelles (densité carcérale de 137,5 %). Au :

les prisons françaises comptent 88 145 détenus (densité carcérale de 139,1 %). Au 1er mai 2026 :

les prisons françaises comptent 88 654 détenus (densité carcérale de 140 %). Au :

les prisons nationales comptent 89 446 détenus (densité carcérale de 141,3 %). Au : les prisons nationales comptent 89 668 détenus (densité carcérale de 141,6 %).

La surpopulation chronique Les condamnations de la France par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) se multiplient. Entre 2015 et 2017, 32 requêtes ont été déposées par des personnes détenues auprès de la Cour. Cette dernière a condamné la France dans une décision du pour les conditions de détention et l'absence de recours efficaces pour les détenus. Le principal problème pointé par la Cour est la surpopulation et ses conséquences (crasse, absence d'intimité, hausse des tensions, difficile accès au soin). Le principe du placement en cellule individuelle, inscrit dans la loi depuis 1875 et réaffirmé en 2009, paraît alors bien loin.

Si la loi a évolué, le Parlement votant largement une loi tendant à garantir le droit au respect et à la dignité en détention (promulguée le ), le problème de surpopulation n'a pas bougé.

Si certains établissements ou quartiers ont un taux d'occupation normal voire faible (notamment s'agissant des quartiers pour mineurs), six dépassent la barre des 200 % au et cinquante ont une densité comprise entre 150 et 199 %. La moyenne est de 118,7 % d'occupation. Or cette situation n'est pas en voie d'amélioration : au , il avait fallu ajouter au sol pour que tous les détenus aient une place pour dormir, un chiffre en hausse de 21,7 % par rapport au .

Période de détention thumb|Durée moyenne de détention en France 1975-2004. Source : ministère de la Justice.

Au , d'après le ministère de la Justice : 36,8 % des écroués sont condamnés à une peine de moins d'un an ; 23,4 % des écroués sont condamnés à une peine de un à trois ans ; 9,8 % des écroués sont condamnés à une peine de trois à cinq ans ; 30 % des écroués sont condamnés à une peine de plus de cinq ans.

En 2012, Casanova Agamemnon est le plus ancien détenu du pays. Incarcéré à La Réunion, il a déposé en 2018, après quarante-huit années passées derrière les barreaux, sa demande de libération conditionnelle.. Maurice Gateaux détient lui le record de l'incarcération la plus longue avec 53 ans de prison de suite.

Répartition

Population féminine

La population carcérale est composée en très grande majorité d'hommes : ainsi, selon les données du ministère de la Justice, les femmes représentaient 3,7 % des détenus en , 3,5 % au et 3,2 % (soit ) au , tableaux 24 et 30..

La découverte de l'ampleur de cette disparité statistique et de la surreprésentation masculine qu'elle traduit est au point de départ de la réflexion qui conduit l'historienne Lucile Peytavin à tenter d'estimer . Ainsi, pour la seule administration pénitentiaire, sur la base d'une dépense annuelle totale d'environ d'euros et d'une répartition de 96,3 % d'hommes pour 3,7 % de femmes parmi les détenus, elle évalue le à quelque d'euros par an.

Comparatif international Avec 96,8% de population carcérale masculine en 2023, la France possède la plus haute part d'hommes emprisonnés de toute l'Europe à 27.

L'observatoire des disparités dans la justice pénale donne comme piste d'explication à cet écart que

Population mineure thumb|Population carcérale par tranche d'âge en France. En grisé, les 30 ans et plusMinistère de la Justice, chiffres 2003.

Elle représente entre 1 et 2 % de la population carcérale. Au , d'après le ministère de la Justice, les mineurs représentaient 1,1 % des détenus (724 mineurs). Au , 626 écroués détenus sont mineurs.

Population non hébergée

Une partie de cette population n'est pas détenue en prison mais placée sous surveillance électronique.

Population étrangère

En , le ministère de la Justice a publié, en réponse à une question posée à l'Assemblée nationale par le député Les Républicains Guillaume Larrivé, une statistique de la nationalité des détenus dans les prisons françaises. Cette statistique ne fait pas de différence entre prévenus et condamnés.

En , le ministère de la Justice précisait que la population carcérale était composée de , soit 23,6 % des détenus, la France comptant 7 % d'étrangers à cette date. Ce pourcentage élevé est en partie lié au fait qu'à délit égal, les étrangers, de même que les personnes sans domicile fixe, sont plus susceptibles d’être condamnés à de la prison ferme...

+ Population étrangère par nationalité Ressortissants Nombre (et % des détenus en France)   au en 2007 pic de 1993 au Algériens     Marocains     Roumains       Tunisiens     Albanais 551       Portugais 480       Congolais 427       Espagnols 319       Turcs 301       Surinamiens 271       Néerlandais 239       Géorgiens 237       Italiens 213       Comoriens 196       Sénégalais 194       Chinois 157       Allemands 63       Suisses 18       Américains 15       Apatrides 10       Japonais 2       Non connu ou non renseigné 66       Autres ...       Totaux (et taux d'extranéité) (soit 22 %) (soit 19,2 %) (soit 31,1 %) (soit 23,6 %)

Infractions commises

En 2012, environ ont donné lieu à environ pénales prononcées à l’encontre de ( ont fait l’objet de plusieurs condamnations). Délits : 93,9 % (22 % des délits ont eux une condamnation ferme) Contravention de classe : 5,7 % (Pas de condamnation ferme) Crime : 0,4 %

Caractéristiques Mortalité