Les Tramways de la Sarthe (TS) sont un ensemble de lignes de chemin de fer secondaire à voie métrique appartenant au Département de la Sarthe et concédé à une société privée, la Compagnie des tramways de la Sarthe. Son centre se situait à la gare monumentale du Mans-les-Halles, distincte de celle qui deviendra celle de la SNCF.

Les trams circulaient sur la route, mais aussi très souvent en site propre et le réseau comportait de nombreux ouvrages d'arts, dus à l'ingénieur Louis Harel de la Noë.

Une gare monumentale, située sur les bords de la Sarthe, avait été réalisée au Mans.

La traction des trains, était assurée par des locomotives à vapeur, assistées après 1924, par des autorails. Le réseau ouvert en 1880, disparaitra le samedi .

Situation du réseau Le réseau s'étendait sur le département de la Sarthe. Le centre du réseau était situé au Mans.

Histoire

Évolution du réseau

La Compagnie des Tramways de la Sarthe développera un réseau, qui atteint une longueur totale de en 1922.

Les lignes du réseau ont été construites en plusieurs étapes qui ont fait l'objet de différentes concessions..

Premier réseau

Par décret du ., Monsieur Falies, ingénieur civil, obtient la concession de deux lignes : Ballon - Les forges-d'Antoigné (Sainte-Jamme-sur-Sarthe) par Montbizot ; Le Mans - Le Grand-Lucé.

Ces lignes ouvrent en 1882, elles sont construites à voie métrique et implantées le long des routes.

Par la suite, les sections suivantes ont été ajoutées : Le Grand-Lucé - La Chartre-sur-le-Loir, en 1884 ; Ballon - Montbizot, en 1886 ; Le Mans - Saint-Denis-d'Orques , en 1888Loi du 20 août 1885, ..

Second réseau vignette|La gare de Saint-Rémy-des-Monts, sur la ligne Le Mans - Mamers.

En 1893, débute la construction du deuxième réseau, long de et comprenant les lignes suivantes : Le Mans - Mamers ; La Détourbe (Rouperroux-le-Coquet) - La Ferté-Bernard ; Le Mans - Mayet.

Troisième réseau

En 1908, est établi un troisième réseau, dont certaines lignes seront inachevées après la Première Guerre mondiale : Le Grand-Lucé - Saint-Calais ; Changé - Château-du-Loir ; Le Mans - Ségrie ; Fresnay-sur-Sarthe - Alençon.

Lignes inachevées :

Mamers - Alençon. Ségrie - Assé-le-Boisne.

Catastrophe du à Dehault

L'hiver 1910 fut particulièrement pluvieux et marqué par de nombreuses crues (crue de la Seine, du Doubs, ecr). La Sarthe et ses affluents ne furent pas épargnées.

Le , le premier train partant de La Ferté-Bernard en direction du Mans s'ébranla à , avec de nombreux voyageurs, puis franchit le viaduc de Dehault. Peu avant d'atteindre la gare de ce village, la rame dérailla, entraînant la machine, un wagon à marchandise, les deux voitures à voyageurs et un fourgon déraillèrent et dévalèrent en contrebas, tuant net le chauffeur, et blessant mortellement le mécanicien. Le chef de train et quelques voyageurs furent blessés.

L'enquête établit que les pluies diluviennes avaient rongé le remblai établi en flanc de coteau sur un sol tourbeux et causé un important glissement de terrain de 12 m. de hauteur, qui laissaient les rails sans aucun soutien, causant ainsi la catastrophe..

Infrastructure

Lignes du réseau À son extension maximum, le réseau de tramways de la Sarthe était composé de onze lignes structurées en étoile au départ du Mans.

Ligne du Mans à Mamers

Sections Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Le Mans - Bonnétable 30 Bonnétable - Mamers 26

Ligne de La Détourbe à la Ferté-Bernard et Montmirail

Sections Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises La Détourbe (Bonnétable) - La Ferté-Bernard 16 La Ferté-Bernard - Montmirail 26

Ligne du Mans à Ségrie

Sections Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Le Mans - Saint-Jean-d'Assé 24 1915 1937 1940 Saint-Jean-d'Assé - Vernie 11 1915 1940 Vernie - Ségrie 2 1915 1935

Ligne de Ballon à Saint-Jean-d'Assé

Sections Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Ballon - Montbizot 4 1921 Montbizot - Les forges-d'Antoigné (Sainte-Jamme-sur-Sarthe) 3 1921 1969 Antoigné - Saint-Jean-d'Assé 4 1919 1921 1921

Ligne du Mans à La Chartre-sur-le-Loir

Sections Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Le Mans - Le Grand-Lucé 31 Le Grand-Lucé - La Chartre-sur-le-Loir 18 1883 1884

Ligne du Grand-Lucé à Saint-Calais

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Grand-Lucé - Saint-Calais 26

Ligne de Changé à Château-du-Loir

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Changé - Brette 15 1944 1944 Brette - Marigné 11 1934 1935 Marigné - Jupilles 11 1920 1934 1935 Jupilles - Château-du-Loir 17 1922

Ligne du Mans à Saint-Denis-d'Orques et Saint-Jean-sur-Erve

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Le Mans - Saint-Denis-d'Orques 46 Saint-Denis-d'Orques - Saint-Jean-sur-Erve 6

Ligne du Mans à La Flèche

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Le Mans - Foulletourte 24 1946 1946 Foulletourte - La Flèche-ville 26 1914 La Flèche-ville - La Flèche-Paris-Orléans 1 1921

Ligne de Foulletourte à Mayet

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Foulletourte - Mansigné 14 1934 1937 Mansigné - Mayet 11

Ligne de Fresnay-sur-Sarthe à Alençon

Section Longueur (km) Date de concession Date d'ouverture Date de fermeture aux voyageurs Date de fermeture aux marchandises Fresnay-sur-Sarthe - Alençon 21 1914

Tracé des lignes

Les lignes étaient construites voie unique implantée le plus souvent sur l'accotement des routes. Il existait des sections en site propre pour s'affranchir du relief. Certaines de ces sections comprenaient des ouvrages d'art.

Des évitements réalisés dans les stations permettaient les éventuels croisements, peu fréquents compte tenu des faibles fréquences des convois.

La voie La voie était à l'écartement métrique construite en rail vignole de . Dans les chaussées certaines sections possédaient un contre rail.

Principales gares Gare du Mans-Gué-de-Maulny La première gare des TS au Mans fut installée à l'intersection du boulevard du Grelfier et de la rue du Gué-de-Maulny, sur un terrain d'environ , situé en position centrale et près de la gare du Mans et desservi par des voies larges pouvant accueillir les voies des Tramways de la Sarthe.

Elle fut remplacée dès 1888 par la gare du Mans-les-Halles, mais conservée à la fois comme station et comme atelier des TS.

Gare du Mans-les-Halles

L’hôpital général de la Sarthe était implanté depuis le derrière la Visitation, lorsqu’il est brusquement déplacé en 1888 vers l’avenue Rubillard. L’architecte Poivet travaille sur les nouveaux locaux sanitaires et ces derniers sont inaugurés en 1891. La place libérée par l’ancien hôpital est idéale pour installer la nouvelle gare.

La gare centrale des TS y est installée en 1888. Après l’extension des lignes du TS, le conseil général souhaite créer un grand dépôt sur les bords de Sarthe. Un emplacement entre le pont Gambetta et le pont de fer est choisi.

En fait, il ne fait que remplacer la gare provisoire qui était installée depuis 1882 à l’angle de la rue Paul Ligneul et du Boulevard de la gare. Un encorbellement soutenu par des pilastres sont mis en place et on agrandit les quais. Le but est de transformer l’espace en véritable gare centrale de la ville, mais aussi du département. L’auteur du bâtiment est l’ingénieur Louis Harel de la Noë, qui fut également le responsable de nombreux ouvrages d'art sur les Chemins de fer des Côtes-du-Nord.

Le bâtiment est composé d’un dôme central, sorte de lieu de rassemblement de tous les voyageurs. Les bureaux sont situés en marge des voies sur le côté « terre » et non le côté Sarthe. Le hall central est grand de ² et juste derrière se trouvent deux grandes remises pour les voitures et les locomotives. Le bâtiment est loin de faire l’unanimité. Construit avec du cailloux mosaïqué de silex, ils font de l'architecte Harel de la Noë, le « père nougat » des Tramways de la Sarthe au Mans.

Les bâtiments de la gare seront détruits après la fermeture du réseau en 1947. C’est alors que seront construits les bâtiments de Courboulay et de Le Couteur inspirés par Le Corbusier.

Ouvrages d'arts Il existait de nombreux ouvrages d'art, tous construits par Harel de la Noé.

Le viaduc de Saint-Georges-le-Gaultier, construit en 1912 pour le prolongement resté inachevé de la ligne du restée inachevé Alençon - Moulins-le-Carbonel de Ségrie à Assé-le-Boisne..

Exploitation

Dessertes Les conventions initiales de concession prévoyaient une desserte de chaque ligne par trois aller-retour journaliers.

C'était toujours la trame de la desserte en , si ce n'est sur les lignes du Mans à Mamers et Le Mans - La Chartre, desservie par quatre aller-retour, et l'embranchement de Montbazot à Ballon, qui n'avait que deux aller-retour journaliers.

Les compagnies exploitantes 1880, la Compagnie des Tramways de la Sarthe, intégrée ensuite au groupe Carel Fouché & 1895, l'ensemble du réseau est sous le statut des Chemins de fer d'Intérêt Local de 1880, mais conserve l'appellation Tramways de la Sarthe. 1932, le , les TS reprennent l'exploitation de la ligne à voie normale du Chemin de fer Mamers-Saint Calais, jusqu'au

Le matériel Locomotives à vapeur thumb |right |maquette de la locomotive 030t N° 108 Premier réseau

1881 : 020T Corpet-Louvet, 1 à 4 (341-44), à vide, distribution système Brown 1882 : 030T La Metallurgique, Tubize, 12 (533), à vide, 1883 : 030T La Metallurgique, Tubize, 13 (537), à vide, 1884 : 030T La Metallurgique, Tubize, 14 (540), à vide, 1887 : 030T ANF Blanc-Misseron, 15 (626-1), 16 (681-19), à vide. 1888 : 030T ANF Blanc-Misseron, 17 (682-20), 18-19 (689-90), à vide,

Deuxième réseau 1896 : 030T ANF Blanc-Misseron, 50-54, (1049-54), à vide, 1897 : 030T ANF Blanc-Misseron, 55-58, (1055-57), à vide, 1898 : 030T ANF Blanc-Misseron, 59-61, (1058-60), à vide, 1898 : 030T ANF Blanc-Misseron, 62, (1061) , à vide,

Troisième réseau 1910 : 030T ANF Blanc-Misseron, 101-104, (1636-39), à vide, 1913 : 030T ANF Blanc-Misseron, 105-106, (1737-38), à vide, 1912 : 030T ANF Blanc-Misseron, 107-116, (1642-52), à vide, 1913 : 030T ANF Blanc-Misseron, 117-119, (1653-55), à vide

Autorails

201-202, De Dion-Bouton livrés neuf, type JM2 1924 203, Saurer livré neuf 204-206, De Dion-Bouton, ex Tramways de l'Ain, type JM4 1932 207, SCF.Verney, ex Tarn, type SCF 51,1934,transféré en 1945-1946 au PO-Corrèze, 207, De Dion-Bouton, ex Chemins de fer des Côtes-du-Nord 9, type JM4 1932 208-212, De Dion-Bouton, ex Tramways d'Ille et Vilaine, type JM2 1924

Matériel remorqué vignette|droite|Voitures à bogies préservées par la FACS Voitures à deux essieux, construites par les Ateliers métallurgiques de Nivelles en 1881 et 1882 et Carel frères & puis Carel aîné, Fouché & de 1884 à 1896 voitures de : A1 à A16 voitures de : B1 à B63 voitures mixtes, , : AB 1 à AB20 voiture mixte, & Fourgon : BD 1 voitures mixtes, & compartiment postal : BP 1 à BP 20

Voitures à bogies, construites par Carel aîné, Fouché & en 1902 et 1909 voitures mixtes, , : AB 51 à 54 voitures de : AB 151 à 165

Wagons de marchandises wagons couverts, non freinés : K 1 à 45, freinés : Kf 101 à 167, wagons tombereaux, non freinés : L 1 à 48, freinés : Lf 101 à 137,