La est une pandémie mondiale de grippe qui dure de 2009 à 2010. On estime qu'elle est responsable de . C'est la seconde pandémie historique causée par le sous-type H1N1 du virus de la grippe A, la première étant la grippe de 1918.

La contamination s'effectue principalement par voie aérienne, c'est-à-dire toux et éternuements. Le virus peut survivre de à l'air libre, selon la nature de la surface sur laquelle il repose. Devant l'ampleur de l'épidémie, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qualifie la situation de pandémie le .. En , le monde entre en période post-pandémique selon l'OMS. Cependant, le virus circule toujours abondamment autour du globe.

La maladie est provoquée par un nouveau virus de la grippe A de sous-type H1N1. Ce virus est différent de ceux de la grippe saisonnière, également de type A-H1N1. En effet, le virus contient des gènes de plusieurs virus connus d’origines porcine, aviaire et humaine. D’après Jean-Philippe Derenne, chef du service pneumologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière., « Le virus A/H1N1 ne peut pas être appelé grippe porcine, car c’est une grippe inter-humaine. Il a en fait une structure très originale en trois parties, l’une porcine, la deuxième aviaire, et la troisième humaine. La grippe est peut-être passée par le porc, mais pour l’instant il n’existe aucune preuve, et le virus n’a pas pour l’instant été isolé chez l’animal. ». Il s'agit ainsi d'un virus réassorti« De la grippe porcine à la grippe mexicaine : L’épicentre de l’épidémie », www.santelog.com, 29 avril 2009.

Les symptômes de la maladie, qui peuvent durer jusqu'à une semaine, sont similaires à ceux de la grippe saisonnière et peuvent inclure fièvre, éternuements, mal de gorge, toux, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires. En général, le traitement est symptomatique, analogue à ce qui est pratiqué face aux autres syndromes grippaux et essentiellement à base de paracétamol.. Pour les cas plus sévères, des médicaments antiviraux, inhibiteurs de la neuraminidase tels l’oseltamivir ou le zanamivir, sont prescritsFoire aux questions sur la grippe A(H1N1) - De quels médicaments dispose-t-on pour le traitement ?, OMS, publié le .. Un vaccin a été développé, et des campagnes de prévention ont invité la population à se faire vacciner.

La maladie a un taux de complications sévères de l'ordre de 2 à , analogue à celui des grippes saisonnières.. Dans la plupart des cas, les malades ne présentent que des symptômes bénins et leur guérison est rapide et complète« D’après les données factuelles actuellement disponibles, dans l’énorme majorité des cas, les malades n’ont présenté que des symptômes bénins et leur guérison a été rapide et complète, souvent en l’absence de toute forme de traitement médical. Au niveau mondial, la mortalité est faible. Chacun de ces décès est tragique et nous devons nous préparer à ce qu’il y en ait d’autres. Néanmoins, nous ne nous attendons pas à une augmentation soudaine et spectaculaire du nombre d’infections graves ou mortelles. » Margaret Chan, Directeur général de l’OMS () lire en ligne, néanmoins à la différence des épidémies de grippe saisonnière, les femmes enceintes et les personnes souffrant d'obésité présentent une surmortalité. Les personnes âgées ont connu des souches similaires dans les années 1950 et en ont conservé pour la plupart une bonne résistance. Cette grippe circule donc beaucoup plus aisément chez les jeunes.

Durant la saison 2013-2014, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains détectent aux États-Unis une seconde vague de la grippe A après une saison 2012-2013 où sa prépondérance était pourtant très basse.. Le nombre de cas reste cependant dans les moyennes saisonnières et ne cause pas d'alerte. Ceci laisse à croire que la grippe H1N1 pourrait revenir de façon cyclique tous les comme les autres grippes.

Terminologie vignette|Structure de l'influenzavirus. Initialement appelée « grippe porcine » par l’Organisation mondiale de la santé« Le point sur la grippe porcine », déclaration de l’OMS, publiée le 25 avril 2009, cette grippe a également été nommée, par différentes institutions internationales, « grippe nord-américaine »« Grippe humaine A/H1N1 au Mexique et aux États-Unis », déclaration de l’OIE, publiée le 27 avril 2009, mise à jour le 29 avril 2009., « grippe mexicaine »« La grippe change encore de nom », France24.com, publié le . ou « grippe nouvelle »« VIRUS - Ne l’appelez plus “grippe porcine”… », Le Point.fr, publié le 28 avril 2009, modifié le . avant que l’OMS ne recommande le nom de le « Grippe A(H1N1) », OMS.« Ne l’appelez plus “grippe porcine” mais… A(H1N1) », Le Figaro, publié le 30 avril 2009.. Toutes ces dénominations démontrent les difficultés qui ont été rencontrées pour nommer cette affection due à un nouveau virus sans gêner une filière ou un pays..

D'un point de vue scientifique, l'appellation « grippe A H1N1 » recouvre l'ensemble des virus du sous-type H1N1 de la grippe A, telle la grippe de 1918 (surnommée « grippe espagnole ») et une bonne partie des grippes saisonnières. La moitié des virus grippaux sont de type A H1N1. Le virus pandémique de 2009 possède donc un nom scientifique plus précis, indiquant la date et le lieu d'apparition de ce nouveau type (de type : A/California/04/2009 "H1N1") Influenza research database, sur www.fludb.org.

Virus vignette|upright=1.25|Réassortiment du génome du virus de la grippe A H1N1 de 2009

Le du CDC a déclaré que les cas américains résultent d’un virus caractérisé par une recombinaison d’éléments génétiques provenant de quatre virus différents : une grippe porcine nord-américaine ; une grippe aviaire nord-américaine ; une grippe humaine du type A du sous-type H3N2, et un virus de grippe porcine typiquement trouvé en Europe et Asie ; soit Cette nouvelle souche pourrait résulter d’une surinfection chez une personne malade.

Pour deux isolats, des séquences génomiques complètes ont été obtenues. Celles-ci sont utilisées par les chercheurs américains pour développer un vaccin. Le a déclaré , Steven Reinberg. que le virus est résistant à l’amantadine et la rimantadine, mais est sensible à l’oseltamivir (Tamiflu) et au zanamivir (Relenza). Sur la base des données disponibles au , A. Schuchat estimait que dans un foyer chaque personne malade contaminait en moyenne un quart environ des autres membres de la famille, comme dans le cas d’une grippe saisonnière ; et dans le même temps, le Nancy Cox (chef du département grippe des CDC américains) ne constatait pas chez ce virus , tout en restant prudente en raison du fait que la dangerosité des virus grippaux reste mal comprise..

La caractérisation génétique préliminaire a montré que le gène de l’hémagglutinine (HA) est similaire à celui des virus de la grippe porcine présents aux États-Unis depuis 1999, mais les gènes de la neuraminidase (NA) et celui de la matrice protéique (M) ressemblent aux variants que l’on trouve dans les isolats de grippe porcine européenne.

Épidémiologie Prévalence La prévalence d'une maladie décrit le nombre de cas dans la population à un instant donné. La grippe commune, dite « saisonnière », touche entre 5 % et 15 % de la population. À l’opposé, la grippe aviaire fait moins de cas car elle est peu contagieuse : le nombre de cas au niveau mondial est de l'ordre de quelques centaines sur les quatre dernières années. Plusieurs indices laissent penser que la prévalence de la est plus proche de la grippe saisonnière que de la grippe aviaire. Le premier d’entre eux provient de l’analyse virologique montrant l’existence d’éléments provenant de la grippe porcine. L’histoire enseigne que les grippes ayant des origines porcines peuvent être contagieuses comme le fut la grippe de Hong Kong de 1968.

Un facteur important dans la dangerosité de ce virus est sa capacité à se déployer sur une partie plus ou moins vaste du monde. Certaines épidémies, même dues à un virus très contagieux, sont restées locales. Ce fut le cas à Madagascar en juillet et : une épidémie due à un virus de type A(H3N2). Dans certaines régions, elle a touché jusqu’à 85 % de la population, mais est restée limitée à un espace géographique de quatre des six provinces et n’a pas quitté l’île. Ce caractère local de la grippe n’est pas une généralité, certaines d’entre elles se répandent sur une vaste partie de la planète, dont la .

Parmi les certitudes : la maladie se transmet d'humain à humain sans nécessairement passer par les animaux non-humains, et la maladie s'est diffusée dans plusieurs pays différents ; le virus a semblé plus « dur » en zone de l'hiver austral ( au Chili 3,8 % des cas confirmés par un laboratoire ont nécessité une hospitalisation, et 0,2 % (16 cas) ont abouti au décès du malade ; il y a eu 16 morts au Mexique entre le () et la mi-, pour cas recensés, souvent déclarés au sud (plus froid et pluvieux durant l'hiver austral), et 53 % des malades déclarés étaient des jeunes () ; sa morbidité était initialement mal connue, les données statistiques étant en mi-2009 encore trop limitées pour tirer des conclusions précises. En France, la séroprévalence du virus A (H1N1) a été étudiée en 2009 chez la femme enceinte de 20 à 39 ans, les trois premiers mois de grossesse (durant les semaines 48 et 49 de 2009). La séroprévalence était de 10,6 % chez les femmes enceintes. Par extrapolation aux adultes jeunes, on a conclu qu'il y a eu infectées dans cette même tranche d’âge en 2009. Or, selon le réseau Sentinelles, le nombre de consultations attribuables au H1N1 pour les jeunes adultes a été de (19,6 % de cette tranche d'âge). 80,4 % des cas en 2008 auraient donc été asymptomatiques (taux incluant les cas paucisymptomatiques ou n'ayant pas consulté un médecin).

Mortalité thumb|right|300px|Carte temporelle des sous-types de l'influenzavirus

Mécanismes La grippe A (H1N1), tout comme la grippe saisonnière, peut, dans de rares cas, entraîner la mort des malades, par trois mécanismes différents : le premier est la mort par surinfection bactérienne, devenue rare dans les pays développés en raison de l'accessibilité aux traitements antibiotiques ; le deuxième est une infection pulmonaire virale entraînant un syndrome de détresse respiratoire aigu (SDRA) létal dans 50 % à 60 % des cas ; le troisième, le plus fréquent, est l'aggravation de maladies préexistantes chez une personne fragile (insuffisance cardiaque ou respiratoire, diabète…).

Taux de mortalité L'ensemble des chiffres sur la mortalité reste approximatif car l'incidence des grippes (tant saisonnières que celle-ci) est potentiellement sous-évaluée (et donc leur mortalité sur-évaluée) : étant donné le caractère bénin des symptômes, une proportion difficile à estimer de la population malade ne consulte pas et peut n'être pas prise en compte dans ces statistiquesSophie Caillat, Bien malin celui qui prédira la mortalité de la grippe A, article de Rue89, nouvelobs.com, le .Evidence-based public health policy and practice: Finding the real case-fatality rate of H5N1 avian influenzaF C K Li, B C K Choi, T Sly, A W P Pak. J Epidemiol Community Health 2008;62:555-559 .. D'après les données disponibles, le taux de mortalité global de cette grippe A (H1N1) reste faible et serait inférieur à celui de la grippe saisonnière. Ainsi , Article citant Denis Coulombier, du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies.. Néanmoins chez les populations sans facteurs de risques et en particulier chez les enfants et les jeunes adultes.Donaldson LJ et al. Mortality from pandemic A/H1N1 2009 influenza in England: Public health surveillance study. BMJ 2009 Dec 10; 339:b5213. ., cette grippe A présente un taux de mortalité de pour qui est environ plus élevé que ce qui est observé pour les grippes saisonnières dans ces populations où le taux de mortalité est de l'ordre de pour ..