vignette|Un masque chirurgical.
vignette|Chirurgien et assistants au bloc opératoire portant des masques chirurgicaux afin de ne pas contaminer le champ opératoire stérile.
Un masque chirurgical (aussi nommé anti-projections, ou d'hygiène ou à trois plis) est un masque de protection respiratoire à usage unique conçu pour limiter la propagation vers l'environnement très proche des germes (bactéries, virus) depuis la bouche, le nez et les voies respiratoires de la personne qui le porte, en retenant les gouttelettes respiratoires (les postillons) dans un écran filtrant non tissé pouvant comporter une couche imperméable. Ainsi la contamination microbienne de l'entourage immédiat du porteur du masque est significativement restreinte. Toutefois l'efficacité de son action dépend de sa conception, de sa fabrication, de son ajustement et se réduit énormément après un port de quelques heures : il faut alors le jeter dans un récipient approprié.
Un type de ce masque est porté par les professionnels de la santé durant une intervention chirurgicale pour protéger le champ opératoire stérile et empêcher une pareille infection du patient qui s'y trouve. Dans le même but, ce masque devrait être porté par un malade contagieux par les voies respiratoires et il est parfois porté par les femmes allaitantes envers leur nourrisson.
Bien qu'il ne soit pas conçu pour cela, et surtout parce qu'il est relativement peu coûteux, il est aussi souvent porté pour se protéger d'une part contre la pollution de l'air et d'autre part contre d'éventuelles infections, comme lors de la pandémie de Covid-19 en 2020 : s'il est bien conçu et ajusté, son efficacité reste réelle quoique assez imparfaite.
Mais cet usage généralisé cause une pénurie mondiale de ces masques : c'est un problème central de la pandémie de coronavirus en 2020 qui est résolue par la création de filière de masque en tissu en surproduction.
Le masque chirurgical n'est pas un appareil respiratoire filtrant et ne peut être certifié comme tel. Les autres masques comparables sont les masques de protection dit FFP, médicaux (FFP2 et FFP3) et non médicaux (anti-poussières : FFP1), et les masques barrières (non médicaux : pour le grand public).
Caractéristiques Fonctionnement vignette |Shadowgraph montrant l'écoulement d'air lors d'un éternuement lorsque différentes mesures-barrières sont prises : usage de la main, d'un mouchoir ou d'un masque Lors d'un usage unique, un masque dit chirurgical contient plutôt bien la dispersion des gouttelettes respiratoires produites lors d'un éternuement (voir la vidéo ci-contre). Toutefois cette efficacité dépend de sa conception, des matériaux utilisés pour sa fabrication, de ses dimensions et de son ajustement sur le visage. Il a été montré qu'alors il permettait de limiter fortement la transmission des virus aéroportés (grippe, coronavirus…) par des personnes infectées.
Son efficacité a également pu être démontrée dans les espaces clos (à l'intérieur des bâtiments). Par exemple le port généralisé (par les patients, le personnel, les visiteurs) de ce type de masque à l’hôpital permet d'y diminuer significativement le risque de grippe nosocomiale. Dans ce cadre, il montre aussi une efficacité très supérieure aux masques en tissus qui peuvent être utilisés en cas de pénurie, comme pendant la pandémie de Covid-19 en 2020See comment of . Les raisons principales évoquées pour la moindre efficacité des masques en tissus étant la rétention de l'humidité, leur faible capacité de filtration mais aussi la contamination lors de leur réutilisation sans lavage au savon.
La protection apportée lors d'une inspiration est réelle mais n'est pas quantifiée pour un masque chirurgical : Il n'est pas conçu pour protéger le porteur contre l'inhalation de bactéries ou de particules virales en suspension dans l'air. C'est pourquoi les masques de protection FFP offrent une meilleure protection pour ce type d'utilisation.
Pour que l'efficacité du masque subsiste, il ne faut pas qu'il soit trop humide, voire mouillé, car la couche filtrante est alors colmatée. Or ceci se produit après un port prolongé (humidité cumulée de l'expiration), après des éternuements intenses et/ou répétés, si la sueur l’imbibe (utilisation sportive), en extérieur avec la pluie.
Description + Propriétés physiques des masques chirurgicaux Paramètre Unité typique Pression différentielle, ∆P cm de H2O / cm Efficacité de filtration % Résistance aux projections de liquide mbar Perméabilité à l'air ml/s⋅cm à 100 Pa Perméabilité à la vapeur d'eau g/24 h⋅cm Imperméabilisation degré vignette|gauche|Couche externe d'un masque chirurgical vu au microscope électronique. Il s'agit de polymère en monofilaments fusionnés en treillis. Ils sont photographiés à l'aide d'une lumière polarisante, ce qui donne ces effets colorés. Un masque dit « chirurgical » est constitué de trois couches : deux couches de tissu non tissées enserrant une couche filtrante. Il peut être de différentes formes : à plis (le plus souvent trois plis longitudinaux pouvant se déployer), en bec de canard (permettant une tenue légèrement distante des lèvres), en coque moulée. Il est tenu sur le visage soit par des élastiques latéraux passant derrière les oreilles (facilité de mise en place mais ajustement au visage moins étroit), soit par des lanières à nouer derrière la tête (difficulté à mettre en place mais bon ajustement au visage).
La présence d'une barrette nasale interne à la bordure haute et ajustable améliore beaucoup la qualité de l'ajustement au visage et donc l'efficacité du masque. De plus elle permet de réduire la formation de buée sur des lunettes.
Le masque se déploie de dessous le menton jusqu'à proximité de la racine du nez, et latéralement sur les joues. Des tailles sont possibles (exemples : homme/femme/adolescent/enfant).
Les masques dits « de soins » sont des masques chirurgicaux simplifiés (type I)., peu étanches et peu coûteux : ils sont privilégiés pour le grand public.
Malgré ce qu'une campagne de désinformation prétend démontrer, le fait que la maille d'un masque chirurgical soit de alors que celle d'un virus avoisine les (soit moins) n'empêche en rien le masque de protéger contre ceux-ci, car les virus se propagent via les gouttelettes d'eau expirées par les personnes contaminées (bien plus grosses que les mailles) et non directement dans l'air.
Utilisation
Parce que le masque chirurgical doit être très ajusté au visage en couvrant bien la bouche et le nez, le port d'une barbe épaisse ne permet pas un bon ajustement. Pour cela, les liens de maintien doivent donc être suffisamment serrés. Pour les jeunes enfants, les élastiques à passer derrière les oreilles peuvent être raccourcis par un nœud mais des masques pédiatriques sont recommandés. Pour assurer au mieux le contact de toute la bordure du masque avec le visage, un renfort modulable intégré permet au porteur d'ajuster le haut du masque à l'arête du nez... De nombreux masques chirurgicaux ont deux faces : l'une blanche, contenant le filtre (donc à mettre en contact direct avec la source de contamination : la bouche et le nez du porteur), et l'autre colorée, le plus souvent bleue, ne contenant pas de filtre (donc à disposer vers l'extérieur). Le masque dit « à trois plis » se pose avec les plis tombant côté face extérieure.
Pour ne pas toucher l'avant (ni l'arrière) du masque, le masque doit être retiré en le prenant par les liens à l'arrière, puis jeté (usage unique) dans un bac fermé approprié avant un nouveau lavage des mains.
En contexte d'épidémie, si le masque est utilisé pour se protéger d'une contagion de maladies infectieuses, il ne sera efficace qu'en combinaison avec un lavage des mains fréquent et efficace. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande : de bien se laver les mains avant de le poser, de ne pas toucher le masque durant son utilisation (ou se nettoyer les mains sans attendre) et de changer de masque dès qu'il est humide. Il ne doit jamais être porté sur le front, sur le cou, sur une oreille ou être mis dans la poche, au risque de contaminer son porteur en cas de repositionnement..
L'OMS souligne que : s'il est mal utilisé par le grand public, le masque pose plus de problème qu'il n'en résout., et, dans tous les cas, les gestes barrières restent indispensables ; le masque est efficace seulement si son porteur se lave fréquemment les mains, avec de l'eau et du savon ou avec un gel nettoyant à base d'alcool.
Le GECU considère une fréquence d’utilisation réaliste de 4 masques par 24 h pour les adulteshttps://www.anses.fr/fr/system/files/CONSO2021SA0087.pdf.
Usages Dans les contextes, pays ou régions de faible couverture vaccinale des professionnels de santé ou des patients, ou d’efficacité variable du vaccin, le port du masque chirurgical est l'un des moyens de prévenir ou diminuer la propagation d'une épidémie.
En milieu professionnel médical Malgré leur nom, tous les masques dit « chirurgicaux » ne sont pas appropriés pour être utilisés pendant les opérations chirurgicales. Ils peuvent être utilisés comme des masques chirurgicaux, médicaux, dentaires ou d'isolement sanitaire. Ils peuvent alors être des équipements de protection individuelle.
Pour le grand public Ce masque dit chirurgical est notamment utilisé dans les grandes villes d'Asie de l'Est et du Sud-Est pour limiter l'inhalation de polluants atmosphériques, ou la contamination par des virus comme ceux de la grippe ou les coronavirus.
Depuis le début des années 2000, les masques chirurgicaux sont généralement portés par le grand public toute l'année dans les pays d'Asie de l'Est comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud pour réduire les risques de propagation de maladies aéroportées à d'autres et pour empêcher l'inhalation de particules liées à la pollution atmosphérique. Ces masques chirurgicaux sont devenus une déclaration de mode, en particulier dans la culture contemporaine d'Asie orientale, renforcée par sa popularité dans la culture populaire japonaise et coréenne.
En période de pollution atmosphérique En période d’épidémie : acceptabilité et efficacité Ces masques sont ainsi largement utilisés en Chine, à Hong Kong, au Viêt Nam, ou encore à Toronto lors des épidémies de SARS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, à Mexico lors de la pandémie de grippe A (H1N1) de 2009 et dans de nombreux pays lors de la pandémie de Covid-19 (2019-2021). En cas de pénurie, ils sont avant tout recommandés aux personnel soignant et aux personnes présentant des symptômes (toux et fièvre).
France En France, le port du masque chirurgical en contexte d'épidémie n'est pas spontané ni traditionnel..
En 2017, deux services-pilotes (Maladies infectieuses et Unité post-urgence) du centre hospitalier de Chambéry ont systématiquement imposé le port d'un masque chirurgical, tant pour les visiteurs que pour les soignants et les malades (dès qu'ils circulaient dans les espaces communs du service) et ce, durant toute une épidémie de grippe (du au ).
Lors de cette expérience, de médecine chirurgie obstétrique (MCO) de cet établissement de 780 lits.
Cette mesure est apparue . Du côté des professionnels de santé, les agents non vaccinés se sont sentis plus en sécurité et estiment ainsi mieux protéger les patients. Bien que le masque protège aussi d’autres virus (virus respiratoire syncytial par exemple), et que le vaccin antigrippal ne soit pas efficace dans tous les cas, les personnels vaccinés se sont montrés plus mitigés sur l’intérêt de devoir le porter en période d'épidémie grippale..