L'église Notre-Dame de Dresde ( en allemand) est une église luthérienne de Dresde, œuvre de l'architecte George Bähr, commencée en 1726 et achevée en 1743. On l'a considérée comme une des plus belles églises luthériennes d'Allemagne. Avec son immense dôme surhaussé en pierre, chef-d’œuvre technique de l'architecture baroque, et le grand lanternon qui le surmonte, l'église mesure de hauteur.

Elle fut presque entièrement détruite, comme la majeure partie de la ville, lors du bombardement allié de Dresde le . Sa reconstruction à l'identique débuta en 1994 et fut achevée en 2005. Les anciennes pierres qui ont été réintégrées à l'édifice se démarquent par leur couleur foncée, due au vieillissement, alors que les nouvelles pierres, majoritaires, sont de couleur claire.

Histoire Dès sa construction, l'église Notre-Dame est considérée par les habitants luthériens de Dresde comme le symbole du protestantisme, face au prince-électeur de Saxe et roi de Pologne, Auguste II le Fort, qui s'est converti au catholicisme en 1697. Son fils Auguste III va faire construire l'église catholique de la Sainte-Trinité, en même temps que la municipalité fait construire l'église Notre-Dame.

Construction (1726-1743) L'architecte municipal de la ville, George Bähr, dresse les plans de l'édifice entre 1722 et 1726 et commence les travaux à partir de 1726. L'église Notre-Dame est consacrée en 1734. Après la mort de George Bähr en 1738, c'est son élève J. G. Schmid qui termine la construction jusqu'au , par la fixation de la croix sur le dôme.

Destruction (1945) Lors du bombardement du 13 au , la ville de Dresde est pratiquement entièrement détruite par la Royal Air Force et l'United States Army Air Forces. Le , sous l'effet de la chaleur causée par les bombes incendiaires, et non parce qu'il a été bombardé, l'édifice s'effondre. Il n'en reste qu'un immense champ de ruines.

Reconstruction (1994-2005) Il faut attendre la réunification allemande en 1990 pour que la situation évolue. Si quelques Dresdois engagés évoquent une reconstruction en 1989, l'impulsion est donnée le avec « l'appel de Dresde » (Ruf aus Dresden) lors du de la destruction de la ville.

L'initiative, sous la direction du musicien dresdois Ludwig Güttler, démarre en 1990 avec quatorze membres. Après l'appel de Dresde, qui touche une audience mondiale, l'association compte , répartis dans plus de vingt pays, en 1991. Quatre cents associations sont affiliées : ainsi le Dresden Trust au Royaume-Uni, les Friends of Dresden, Inc. aux États-Unis ou encore, en France, l'« association Reconstruction de la Frauenkirche à Dresde ».

D'expositions en concerts, de donations en subventions, le projet de reconstruction trouve son véritable point de départ avec la mise en place de la Stiftung Frauenkirche Dresden (Fondation Église Notre-Dame de Dresde) sous le patronage du Land de Saxe et de l'Église protestante. Les travaux de reconstruction sont évalués à quelque d'euros.

Entamée le , la reconstruction a débuté par le démontage des décombres, pierre par pierre, suivi d'un relevé tridimensionnel des ruines au millimètre près. Après cette étape, la première pierre du nouvel édifice a été posée le sous la direction de . En 1996, la voûte de la crypte est reconstruite. Les travaux d'assemblage se poursuivent jusqu'en 2002 et la reconstruction totale est achevée à l'automne 2005.

Il convient de souligner que le projet de reconstruction n'a pas fait l'unanimité. En Allemagne, une majorité de conservateurs du patrimoine, ainsi que certains cercles religieux, l'ont désapprouvé, le considérant comme une falsification de l'histoire au détriment d'une imposante ruine qui, pour beaucoup, rappelait et symbolisait l'effondrement du Troisième Reich. « C'est ainsi que la Frauenkirche de Dresde devint une pierre d'achoppement sur l'attitude à avoir, à la fin du , à l'égard du patrimoine monumental », écrit MagiriusHeinrich Magirius, « Der Wiederaubau zerstörter Baudenkmäler - dargestellt an der Wiederherstellung von vier Dresdner Monumenten: Zwinger, Oper, Residenzschloss und Frauenkirche » dans Denkmalpflege heute, 1996 pp. 83-116 et Georg Germann et Dieter Schnell, Conserver ou démolir? Le patrimoine bâti à l'aune de l'éthique (Archigraphy Poche), Infolio, Gollion 2014, pp. 93-95..

L'église est rebâtie à l'identique. La croix dorée surplombant l'église est financée par des crédits britanniques, en signe de réconciliation. À l'intérieur de l'église, l'orgue signé du facteur alsacien Daniel Kern n'est pas une copie de l'ancien orgue disparu, mais un instrument moderne qui peut aussi bien jouer les pièces romantiques du que la musique contemporaine. Les fresques sont refaites sur la base de documents et de récits. De nouvelles cloches sont installées.

L'église parachevée a été consacrée le dimanche . Elle a été dévoilée complètement aux yeux du public en 2006 à l'occasion du de la ville. Elle peut recevoir jusqu'à fidèles et accueille régulièrement des concerts.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes La cathédrale catholique de la Sainte-Trinité de Dresde L'église orthodoxe russe de Dresde Église de la garnison Saint-Martin (Dresde) L'ancienne synagogue de Dresde

Liens externes

Une caméra en direct montre la Frauenkirche

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